Brochures, affiches, newsletters, spots, interpellations sur les places publiques… Nous sommes constamment exposés à la pub et aux stratégies de communication des organisations non gouvernementales (ONG). Des actions des « casseurs de pub » aux autocollants « Stop pub » sur les boîtes aux lettres, les mobilisations contre l'omniprésence de la publicité sont nombreuses, mais les critiques des stratégies de communication des associations restent peu fréquentes.
Pourtant, même si les objectifs des ONG diffèrent de ceux des entreprises, elles utilisent parfois les mêmes techniques pour toucher le public. Les associations à but non lucratif peuvent-elles respecter leurs impératifs d'éthique tout en faisant du marketing ? Rue89 a consulté François Bordes, maître de conférence au Celsa (Ecole des hautes études en sciences de l'information et de la communication). Ce directeur de programme à Capgemini est aussi le fondateur d'un projet visant à faciliter la communication entre associations et bénévoles, Human Village. Il considère que les quelques différences qui existent entre la communication d'une ONG et celle d'une entreprise sont fondamentales. C'est, assure-t-il, ce qui permet de donner au public des garanties d'éthique.
L'objectif premier des campagnes de communication des ONG étant de sensibiliser le public aux causes qu'elles défendent, elles ont d'abord une mission informative. En même temps, il s'agit à terme de donner au public l'envie de soutenir l'association. Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières (MSF), signale que la poursuite de ces objectifs comporte le risque pour les communicants des ONG de s'éloigner de la réalité en cherchant à toucher un public insensible.
La surenchère constitue certes un problème au niveau éthique mais cela peut aussi valoir aux ONG la méfiance d'un public toujours plus sollicité. C'est précisément à cette sollicitation constante que les communicants des ONG doivent faire face pour empêcher que le public ne sature.
Jean-Marie Pierlot, responsable de la collecte de fonds à Amnesty International dans la zone francophone de la Belgique et maître de conférence en communication des organisations à l'université catholique de Louvain, explique à Rue89 qu'à plusieurs reprises les ONG ont été contraintes de changer leur stratégie de communication pour récupérer l'attention du public :
« Vers le milieu des années 90, le “direct mail”, que les grandes ONG avaient adopté dès le début des années 80 en s'inspirant plus ou moins des grandes entreprises de vente par correspondance (Les 3 Suisses, La Redoute, etc.), a commencé à avoir des rendements nettement décroissants (le taux de réponse est passé de 3% à 1%), surtout pour recruter de nouveaux sympathisants. On le comprend, quand certaines cibles (classiquement, les veuves catholiques pratiquantes de milieu aisé) recevaient plus de 30 sollicitations d'associations différentes par mois, soit en moyenne une par jour ! “
On a alors inventé une nouvelle technique, celle du ‘dialogue direct’, de l'interpellation directe du public dans les rues, qui selon Jean-Marie Pierlot a eu de bons résultats, mais un certain temps seulement.
‘Le pire, c'est que le succès de cette approche attira des sociétés de marketing orientées associations'. Celles-ci mirent principalement l'accent sur la vente directe, à l'instar de la pratique des représentants de commerce. Aujourd'hui, quelques associations continuent à former elles-mêmes leurs recruteurs, mais celles qui font appel à de la sous-traitance subissent les dérives du marketing de type commercial. Ce qui implique par ailleurs un questionnement éthique au sujet du mode de rémunération de ces entreprises.’
Le public fait-il la distinction entre les militants sincères et les professionnels de la communication ? Est-il possible de concilier des services de communication professionnels avec la sincérité du militantisme ? A vous d'en débattre.


















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De
16H39 | 15/08/2007 |
Je suis surprise de lire que les techniques de « direct mail » aient été abandonnées ou moins utilisées depuis le milieu des années 90.
Une de mes proches, qui correspond à la définition de la cliente « cible » si ce n'est qu'elle n'est pas aisée, reçoit plusieurs courriers par semaines. Des lettres très culpabilisantes avec témoignages et photos à l'appui. « Allez vous abandonner cette pauvre petite fille orpheline, illettrée, lépreuse etc… ». J'exagère à peine.
Alors forcément, cette personne, qui en plus souffre de déficiences intellectuelles dues à l'âge, répond à de nombreuses sollicitations. A tel point que ces dons ont représentés autour de 10% de ses modestes revenus en 2006.
Et ces associations sont tellement charitables que pour épargner le souci de faire un chèque régulièrement, elles proposent le prélèvement automatique. Tellement plus facile !
Je suis très reconnaissante du travail formidable que font ces ONG auprès de personnes qui en ont besoin. Mais je ne cautionne pas ces méthodes de levées de fond auprès de personnes vulnérables.
En plus, je les soupçonne de faire circuler leurs fichiers d'adresses. Comment se fait-il qu'en envoyant un don à une association, vous receviez ensuite des courriers de dizaines d'autres ?
De
17H10 | 15/08/2007 |
entre communication, marketing, et manipulation…
http://video.google.fr/videoplay ? docid=5547481422995115331
ou bien continuez à dormir.
De
10H52 | 16/08/2007 |
La structure de financement des ONG est de moins en moins assise sur les dons, même ceux du coeur de cible « veuves catholiques pratiquantes de milieu aisé » et de plus en plus sur les fonds publics (programme Echo de l´Europe, US aid des USA…), ce qui en fait des auxiliaires des gouvernements qui s´appuient sur la mégalomanie des dirigeants de ces ONG.
http://ec.europa.eu/echo/index_fr.htm
Les gouvernements s´abritent derrière les « fonctionnaires de Bruxelles » mais ils décident eux-mêmes dans chaque pays quelle ONG sera privilégiée par l´Europe. Lors de la guerre en Yougoslavie par exemple, la fabrication de milliers de colis était sous traitée à des ONG alors qu´elle aurait pu ètre produite directement et à moindre coût par les Etats. Aujourd´hui les interventions militaires s´appellent « opération humanitaire ». Mais il faudrait peut être faire la différence entre les grandes ONG usines à gaz et les réseaux d´associations, forcément plus petites, qui s´organisent autour de la solidarité et du contact humain.
www.lyonenfrance.blogspot.com
De
11H45 | 17/08/2007 |
J'aimerais bien savoir d'où vous tenez une telle idiotie, vous avez un peu tendance à tout mélanger. La tendance actuelle est au contraire, en tout cas pour les grosses ONG qui en ont les moyens, de dépendre de moins en moins des fonds publics car vous n'êtes pas sans savoir que ceux-ci sont en constante diminution ces dernières années et que l'on est toujours très loin des 0,7% du PIB. C'est d'ailleurs cela qui entraîne parfois certaines dérives.
Les 4 plus grosses ONG françaises reçoivent quasiment toutes (sauf ACF) plus de la moitié de leurs ressources de fonds privés et la tendance est je le répète à la hausse de cette part :
-MSF : 99% de ressources provenant de fonds privés en 2006
-MDM : 68% (2006)
-Handicap International : 59% (Rapport 2006)
-ACF : 40%
Toutes les données sont disponibles sur les sites de chaque ONG, pour ceux qui veulent plus d'information. Encore une fois, attention aux raccourcis !
De
10H58 | 16/08/2007 |
La structure de financement des ONG est de moins en moins assise sur les dons, même ceux du coeur de cible « veuves catholiques pratiquantes de milieu aisé » et de plus en plus sur les fonds publics (programme Echo de l´Europe, US aid des USA…), ce qui en fait des auxiliaires des gouvernements qui s´appuient sur la mégalomanie des dirigeants de ces ONG.
http://ec.europa.eu/echo/index_fr.htm
Les gouvernements s´abritent derrière les « fonctionnaires de Bruxelles » mais ils décident eux-mêmes dans chaque pays quelle ONG sera privilégiée par l´Europe. Lors de la guerre en Yougoslavie par exemple, la fabrication de milliers de colis était sous traitée à des ONG alors qu´elle aurait pu ètre produite directement et à moindre coût par les Etats. Aujourd´hui les interventions militaires s´appellent « opération humanitaire ». Mais il faudrait peut être faire la différence entre les grandes ONG usines à gaz et les réseaux d´associations, forcément plus petites, qui s´organisent autour de la solidarité et du contact humain.
www.lyonenfrance.blogspot.com
De
11H46 | 17/08/2007 |
J'aimerais bien savoir d'où vous tenez une telle idiotie, vous avez un peu tendance à tout mélanger. La tendance actuelle est au contraire, en tout cas pour les grosses ONG qui en ont les moyens, de dépendre de moins en moins des fonds publics car vous n'êtes pas sans savoir que ceux-ci sont en constante diminution ces dernières années et que l'on est toujours très loin des 0,7% du PIB. C'est d'ailleurs cela qui entraîne parfois certaines dérives.
Les 4 plus grosses ONG françaises reçoivent quasiment toutes (sauf ACF) plus de la moitié de leurs ressources de fonds privés et la tendance est je le répète à la hausse de cette part :
-MSF : 99% de ressources provenant de fonds privés en 2006
-MDM : 68% (2006)
-Handicap International : 59% (Rapport 2006)
-ACF : 40%
Toutes les données sont disponibles sur les sites de chaque ONG, pour ceux qui veulent plus d'information. Encore une fois, attention aux raccourcis !
De
11H55 | 17/08/2007 |
J'aimerais bien savoir d'où vous tenez une telle idiotie, vous avez un peu tendance à tout mélanger. La tendance actuelle est au contraire, en tout cas pour les grosses ONG qui en ont les moyens, de dépendre de moins en moins des fonds publics car vous n'êtes pas sans savoir que ceux-ci sont en constante diminution ces dernières années et que l'on est toujours très loin des 0,7% du PIB. C'est d'ailleurs cela qui entraîne parfois certaines dérives.
Les 4 plus grosses ONG françaises reçoivent quasiment toutes (sauf ACF) plus de la moitié de leurs ressources de fonds privés et la tendance est je le répète à la hausse de cette part :
-MSF : 99% de ressources provenant de fonds privés en 2006
-MDM : 68% (2006)
-Handicap International : 59% (Rapport 2006)
-ACF : 40%
Toutes les données sont disponibles sur les sites de chaque ONG, pour ceux qui veulent plus d'information. Encore une fois, attention aux raccourcis !
De
17H12 | 15/08/2007 |
Autant d'argent qui ira dans les caisses des groupes de médias mais certainement pas dans celles de ces pays pauvres qui méritent notre attention.
A croire que la misère est devenue un business dans lequel tout le monde se lance.
Regardez un peu le scandale de cet argent détourné et dont personne ne sait ce qu'il est advenu suite au tsunami en indonésie.
De toute façon la mentalité occidentale est de plus en plus pourrie et individualiste… Cette société vers laquelle nous avancons est de plus en plus abjecte ! !
De
17H37 | 15/08/2007 |
Il n » y a pas que de l » argent direct et visible
qui va dans les groupes de communications .
Un « People » qui vient pleurer en direct pour son association à la télé , combien cela lui rapporte t » il en popularité et en image de marque ? Et donc en revenu supplementaire quand il negocie un role pour son prochain film ou sa future serie télé …
De
00H42 | 16/08/2007 |
Par rapport au commentaire précédent sur les dons pour les victimes du tsunami, j'invite les participants à ce forum à faire preuve d'esprit critique face au fonctionnement des médias et à consulter par eux-mêmes le rapport de la cour des comptes sur ce sujet :
http://www.ccomptes.fr/CC/documents/COFAGP/RapportTsunami.pdf (rapport global)
http://www.ccomptes.fr/CC/documents/COFAGP/RapportComptesEmploi32Organis…
(rapport détaillé par ONG avec leurs réponses)
Ce rapport a été monté en épingle par beaucoup de journaux sur le thème : on vous ment, tous pourris… et finalement aboutit au genre de commentaire comme celui-ci.
Pour résumer ce (long) rapport : il n'y a eu aucun détournement contrairement à ce que pense l'internaute précédent. Les réserves apportées par la Cour des comptes étaient de trois types :
1. une partie des fonds récoltés n'avait toujours pas été décaissés plusieurs années après
2.Problème de communication de certaines ONG qui ont réaffecté les fonds récoltés pour d'autres cause sans avertir les donateurs
3.manque de rigueur dans la comptabilité de certaines ONG
Pour donner plus d'information et pour répondre brièvement, disons déjà qu'il n'y a eu aucun rejet total des comptes (ce qui aurait été le cas s'il y avait eu détournement) et que les réserves émises par la CC portaient sur 17 ONG sur 32, pas toutes, et que beaucoup de grosses ONG ont reçu une approbation sans réserve : entre autres Action contre la Faim, le CCFD, Handicap International, Médecins sans Frontières, Fondation de France…
Par rapport aux points développés :
1. Cette critique porte surtout en volume sur la Croix rouge qui a et de loin reçu le plus de dons (plus de 100 millions d'euros) et le Secours Catholique. La réponse de la CRF est cependant éclairante et convaincante. En gros, passé l'urgence, les besoins concernent des projets de reconstruction et de réhabilitation qui sont prévus pour des durées de 5 ans, donc il est logique que tous les fonds ne soient pas décaissés après 2 ans. J'ajouterais décaisser ce n'est pas dur, l'important c'est de faire des projets durables ce qui nécessite de ne pas agir dans la précipitation.
2.Là effectivement, il y a eu un manque de communication de la part de certaines ONG : quand on fait appel à la générosité publique, la moindre des choses est de tenir les donateurs informés de ce que l'on fait de leur argent. Ce point ne concernait cependant qu'un petit nombre d'ONG (essentiellement MDM) et ne remet pas en question la qualité des actions menées sur le terrain.
3. C'est là les réserves les plus nombreuses mais quand on regarde dans le détail autant parfois certaines ONG font preuves d'un certain amateurisme dans leur gestion ( ce qui n'est pas surprenant dans le cas de petites associations) autant parfois la CC coupe parfois des cheveux en quatre. Un exemple m'a marqué : celui d'une petite association (secouriste sans frontières) qui a financé un chalutier pour 22500 euros pour des pêcheurs qui avaient perdu leur embarcation, ce qui a été jugé comme un « engagement hors champs statutaire » par la CC ! Bref, l'argent ils ne se le sont pas mis dans la poche, il est quand même allé pour des victimes du tsunami, non ?
Tout ça pour dire, qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat dans ce rapport quand on veut bien le lire en entier et dans le détail et que c'est énervant de voir les médias se ruer là dessus pour augmenter leurs ventes (de ce point de vue là je suis sûr que ça a fonctionné). C'est d'ailleurs un peu ce que fait rue89 avec cet article entre parenthèse.
Parce qu'au fond qu'est ce qu'il en reste à la fin dans l'esprit du public : on met tout le monde dans le même bateau, ça ne sert à rien de donner parce que l'argent est mal utilisé… Vraiment, on a le droit de s'interroger, les ONG ont des comptes à rendre, ça d'accord, mais attention aux amalgames et aux faux scoops qui ressemblent plus à de la désinformation.
De
14H59 | 16/08/2007 |
merci pour cet éclaicissement qui modifie mon jugement mais croire les médias ou la cours des comptes c'est choisir d'attrapper la peste ou le choléra donc le choix reste difficile.
Si vraiment les médias mentent éhontement pourquoi ne pas voter une lois punissant les médias menteurs ? ah bah oui, suis je bête, cela les obligeraient aussi à dire la vérité sur nos politiques…
De
10H25 | 17/08/2007 |
Je crois qu'il ne faut pas tomber dans la paranoia non plus. Je ne vois pas de raison de ne pas croire la cour des comptes, tout au moins sur ce sujet. Le rapport est pondéré : pas de satisfecit global (s'ils avaient voulu passer sous silence les problèmes) et pas de chasse aux sorcières (s'ils avaient voulu forcer le trait).
J'ajouterais que souvent la cour des comptes est une institution qui dénoncent les dérapages et dysfonctionnement de l'Etat. Le problème est plutôt que ses rapports sont peu exploités par les médias, à part par le Canard Enchaîné qui les citent souvent, sauf lorsqu'ils pensent qu'ils tiennent un scoop (rappelez-vous les journaux télévisés sur ce sujet)…
Bien à vous
De
18H02 | 15/08/2007 |
CHAQUE jour à la sortie du métro des démarcheurs de MDM, MSF, Handicap International, etc. vous mettent sous le nez leurs tracts et dépliants.
Argumentaire de départ très agressif :
« que faites vous pour les malheurs dans le monde ? »
ma réponse est devenue invariable : « rien ».
commence alors la leçon, la culpabilisation quand on n'en arrive pas à « vous êtes égoiste » !
si c'est ça le marketing, les ONG devraient mieux former leur personnel.
De
20H18 | 16/08/2007 |
Alors un conseil : la prochaine fois demandez leur « c'est un don pour MDM/MSF/Handicap International ou pour ONG conseil ? »
Vous verrez généralement ça les calme…
(pour information ONG conseil et la boite de communication qui paie ces démarcheurs http://www.ongconseil.com/ … contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent il ne s'agit pas de volontaires des associations en question)
De
18H24 | 15/08/2007 |
Que les ONG emploient des méthodes de marketing pour obtenir des fonds propre et ne pas dépendre uniquement des fonds publics ne me choque pas. En revanche, lorsqu'on sollicite le public pour financer des actions, il me semblerait logique que la communication marketing s'accompagne d'une réelle transparence sur ce que sont devenus ces fonds.
Beaucoup de projets d'ONG sont cofinancés par des bailleurs de fonds qui exigent des évaluations, pourquoi ne pas les rendre publique ?
Peut-être des associations de consommateurs devraient faire des tests comparatifs sur certains critères objectifs : part du budjet réellement utilisé pour des activités opérationnelles, transparence, capacité à s'évaluer, à travailler en réseau, à définir des méthodologies, etc… la concurrence existe aussi bien sur le marché des aspirateurs que sur celui du caritatif après tout. Il serait sain qu'une personne souhaitant faire un don puisse choisir l'organisme bénéficiaire en fonction de critères objectifs et pas seulement en fonction des campagnes de com.
Il existe bien des méthodes pour évaluer les entreprises pour savoir lesquelles peuvent faire partie de fonds d'investissements éthiques, pourquoi ne pourrait-on pas évaluer des ONG ?
De
18H24 | 15/08/2007 |
Je reçois des courriers, me fais arrêter dans la rue (les démarcheurs fonçant sur les femmes, les démarcheuses sur les hommes) et à n'importe quelle heure de la journée, samedi compris, je suis susceptible de recevoir un appel téléphonique.
Les discours sont culpabilisants et si j'essaie de dire non, je suis renvoyée au poids de la misère à combattre. ALors je fais une promesse de don, je reçois un courrier… et un coup de fil me rappelant à l'ordre si je n'ai pas assez vite renvoyé l'adresse.
Il n'empêche que l'autre jour, à Montpellier, j'ai été arrêtée par un représentant d'AIDES. Cette association mène une campagne pour obtenir des soutiens réguliers. La personne qui s'est adressée à moi maitrisait son sujet et n'avait manifestement pas été recrutée sans avoir reçu une formation ou sans être elle-même sensibilisée. Fonctionnement de l'association, utilisation des fonds, difficultés concrètes de l'action sur le terrain… J'ai donc accepté de fournir une aide alors que généralement ces démarchages me laissent assez froide, car dès que je pose des questions, je me rends compte du flou de la connaissance de l'association et du vide de l'argumentaire, en dehors de la culpabilisation.
C'est quand même un peu court le « tout émotif » comme marketing !
De
18H29 | 15/08/2007 |
Que les ONG emploient des méthodes de marketing pour obtenir des fonds propre et ne pas dépendre uniquement des fonds publics ne me choque pas. En revanche, lorsqu'on sollicite le public pour financer des actions, il me semblerait logique que la communication marketing s'accompagne d'une réelle transparence sur ce que sont devenus ces fonds.
Beaucoup de projets d'ONG sont cofinancés par des bailleurs de fonds qui exigent des évaluations, pourquoi ne pas les rendre publique ?
Peut-être des associations de consommateurs devraient faire des tests comparatifs sur certains critères objectifs : part du budjet réellement utilisé pour des activités opérationnelles, transparence, capacité à s'évaluer, à travailler en réseau, à définir des méthodologies, etc… la concurrence existe aussi bien sur le marché des aspirateurs que sur celui du caritatif après tout. Il serait sain qu'une personne souhaitant faire un don puisse choisir l'organisme bénéficiaire en fonction de critères objectifs et pas seulement en fonction des campagnes de com.
Il existe bien des méthodes pour évaluer les entreprises pour savoir lesquelles peuvent faire partie de fonds d'investissements éthiques, pourquoi ne pourrait-on pas évaluer des ONG ?
De
20H23 | 15/08/2007 |
On ne pourrait pas évaluer les ONG pour la bonne raison que la plupart ne sont que des sociétés écrans de ministère du commerce extérieur.
Ceci est vrai pour la France, les USA, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Allemagne (et d'autres pays de l'UE comme l'Italie). Le Vatican est aussi un exemple pertinent et controversé que je m'abstiendrais de développer ici.
Les ONG de bonne foi (qui existent je vous l'assure), celles, donc, qui n'ont pas de fond public à vocation néocolonialiste, sont malgré elles inclues dans le système.
Mais la plupart des ONG connues qui ont des moyens logistiques suffisants pour collecter des centaines de milliers d'euros, pas l'ONG du coin qui peine pour obtenir 10000 euros à l'année, sont vraiment de la pourriture ambiante (ce que je décris dans « le lamentable échec de la politique internationale en Haiti, sur mon blog - http://aelor.over-blog.com/article-6258850.html -)
Les gouvernements ne vont pas se tirer une balle dans le pied en votant une loi qui nuirait à leur soutien, soutiens qui sont désormais inclues dans les armées (comme au Soudan) et qui se font tirer dessus au même titre que n'importe quel soldat. Logique.
Vous voyez Sarkozy demander une loi qui affirme les magouilles internationales honteuses de la France ?
Et pourquoi pas une loi anti Bouygues et Areva ?
T. Rebecchi
http://aeor.over-blog.com
De
04H47 | 16/08/2007 |
A partir du moment où les ONG nous traitent en consommateurs, pourquoi ne pas nous comporter en consommateurs exigeant ?
Il est vrai que de nombreuses ONG sont des extensions d'autres organisations. De même que quand j'achète un produit, je peux lire sur l'étiquette « contient des OGM » ou « contient du préservatif E112 », je trouverais normal que les consommateurs aient accès à une information qui précise : « telle ONG contient du Vatican, de l'Areva, du Bouygue, de la scientologie, etc. »
De
11H38 | 16/08/2007 |
UNE ONG ET UNE ENTREPRISE SE DISTINGUE PAR LEUR OBJECTIF.
TOUTEFOIS, CHACUNE DE SES STRUCTURES A UN BESOIN DE COMMUNIQUER.
si certaines personne veulent se laisser seduire par les actes marketing pour liberer des cheques.
De
20H55 | 15/08/2007 |
Bonjour, je suis recruteur de donnateur dans la rue pour Aide et Action.
Je vais vous éclairer un peu sur le sujet.
D'abord Aide et Action comme Care, Aides, Médecin du Monde, la Croix Rouge Francaise et Handicap International utilisent une entreprise prestataire de service : ONG Conseil, pour acheter des heures de street marketing.
Ok le mot est grossier mais derrière, c'est un moyen d'économiser justement pour les associations. C'est bien moins cher que la publicité grand média, le fait de passer par une même entreprise pour une multitude d'association permet de faire des économies dans la gestion et l'administration.
De plus cela permet d'avoir un code d'éthique commun.
Je lis que certains recruteurs vous font culpabiliser… hmm étrange c'est totalement interdit (et je ne plaisante pas, c'est clair autant de la part des anciens recruteurs, que des responsable d'équipe, que des responsables du recrutement ou que des formateurs). Rembarrez le si il joue sur cette corde et lui rappelant que c pas dans l'éthique de l'assoss comme d'ONG conseil.
Ensuite l'article parle de différencier le militant du communiquant. Toute personne dans la rue est militant et croit en son travail et sa tâche. C'est très simple sans cela il ne serait pas engagé car il est impossible de toucher et transmettre les gens si soit même on n'est pas convaincu est engagé.
Etre engagé j'ai dis. Oui les recruteurs sont rémunérés. Pourquoi ? Parce que déjà passer une mission d'un mois dans la rue à se faire insulter, rembarrer d'un coup de main, jeter, jeter, jeter, avec toute la volonté du monde de vouloir apporter des fonds à l'association, c'est impossible sans le plus du salaire. J'ai vu plusieurs collègues en pleure depuis un mois face aux insultes et aux propos racistes. Nous sommes polis, il suffit de dire non désolé.
Donc évidemment il y a un recrutement qui se fait sur l'aisance dans le dialogue, mais aussi et surtout dans l'implication dans l'humanitaire. Car tout comme l'humanitaire seul ne suffit pas pour tenir une mission, le salaire seul non plus.
Ensuite la formation pour le recrutement de donnateur n'est pas une formation ultra commercisante. Au contraire, la seul parti là dessus concerne le fait de sourire, être poli, ne pas avoir peur de parler d'argent. Je dirai que 90% du temps de la formation (2 jours) est employé pour développer les connaissances sur l'association et nous sensibiliser encore plus que l'on peut l'être. Evidemment avec l'objectif de le restituer mais la communicatino c'est loin d'être un péché ; ) .
Si vous avez des question n'ésitez pas.
De
21H00 | 15/08/2007 |
Bonjour, je suis recruteur de donnateur dans la rue pour Aide et Action.
Je vais vous éclairer un peu sur le sujet.
D'abord Aide et Action comme Care, Aides, Médecin du Monde, la Croix Rouge Francaise et Handicap International utilisent une entreprise prestataire de service : ONG Conseil, pour acheter des heures de street marketing.
Ok le mot est grossier mais derrière, c'est un moyen d'économiser justement pour les associations. C'est bien moins cher que la publicité grand média, le fait de passer par une même entreprise pour une multitude d'association permet de faire des économies dans la gestion et l'administration.
De plus cela permet d'avoir un code d'éthique commun.
Je lis que certains recruteurs vous font culpabiliser… hmm étrange c'est totalement interdit (et je ne plaisante pas, c'est clair autant de la part des anciens recruteurs, que des responsable d'équipe, que des responsables du recrutement ou que des formateurs). Rembarrez le si il joue sur cette corde et lui rappelant que c pas dans l'éthique de l'assoss comme d'ONG conseil.
Ensuite l'article parle de différencier le militant du communiquant. Toute personne dans la rue est militant et croit en son travail et sa tâche. C'est très simple sans cela il ne serait pas engagé car il est impossible de toucher et transmettre les gens si soit même on n'est pas convaincu est engagé.
Etre engagé j'ai dis. Oui les recruteurs sont rémunérés. Pourquoi ? Parce que déjà passer une mission d'un mois dans la rue à se faire insulter, rembarrer d'un coup de main, jeter, jeter, jeter, avec toute la volonté du monde de vouloir apporter des fonds à l'association, c'est impossible sans le plus du salaire. J'ai vu plusieurs collègues en pleure depuis un mois face aux insultes et aux propos racistes. Nous sommes polis, il suffit de dire non désolé.
Donc évidemment il y a un recrutement qui se fait sur l'aisance dans le dialogue, mais aussi et surtout dans l'implication dans l'humanitaire. Car tout comme l'humanitaire seul ne suffit pas pour tenir une mission, le salaire seul non plus.
Ensuite la formation pour le recrutement de donnateur n'est pas une formation ultra commercisante. Au contraire, la seul parti là dessus concerne le fait de sourire, être poli, ne pas avoir peur de parler d'argent. Je dirai que 90% du temps de la formation (2 jours) est employé pour développer les connaissances sur l'association et nous sensibiliser encore plus que l'on peut l'être. Evidemment avec l'objectif de le restituer mais la communicatino c'est loin d'être un péché ; ) .
Au niveau de la transparance, pour ONG Conseil toutes les assoss présentent dans la rue publient les provenances de leur fonds et la répartition dans le budget.
Et quand à dire que les actions des assos ne servent à rien merci d'éviter les phrases bateaux sans sources. Aide et Action scolarisent 5M d'enfants dans le monde par exemple. Et quand dans la rue on rencontre un immigré qui nous remercie comme personne ne dira jamais merci, de bosser pour cette assoss qui lui a permis d'apprendre à lire et à écrire dans son pays, je vois mal le vice caché…
Si vous avez des question n'ésitez pas.
De
21H54 | 15/08/2007 |
« Ha non désolé, je n'ai pas une minute… oui on va dire que je suis pressé »
… hum ça c'est pour taquiner et vous rappeler le boulot : p
Mais ça m'amène quand même à une question : vous préférez quoi généralement, quelqu'un qui dit non tout de suite (se faire « jeter » comme vous dites), ou qui prends la minute pour vous écouter (par politesse) et qu'au final ça donne rien (et qui donc vous a fait perdre du temps) ?
De
22H07 | 15/08/2007 |
Une question bien naive et qui ne fermera pas le debat mais je me demandais si vous aviez des primes aux resultats ou des objectifs quantitatifs.
De
01H51 | 15/09/2007 |
DES PRIMES ? TU VEU DIRE PAYé A LA COM ?
C TOTALEMENT INTERDIT ! ! ! !
De Maria Mancilla (auteur)
Rue89 | 08H59 | 16/08/2007 |
Je vous remercie d'avoir raconté votre expérience. C'est très intéressant.
De
20H47 | 16/08/2007 |
Le vice caché ? Le parasitisme envers les plus petites associations qui n'ont pas les moyens d'engager ONG conseils… Alors que ces petites associations de terrain font un travail beaucoup plus efficace et ont une utilisation plus rationnelle des fonds (pas de siége social dispendieux à entretenir, rémunération beaucoup moins importante des dirigeants et frais de transports réduit aux minimum) elles doivent subir la concurrence des multinationales de l'émotion qui sont prête à mettre des budget de plusieurs millions d'euros en promotion pour récupérer les donateurs (et en plus elles s'échangent même entre elles les « fichiers clients »)…
Le parasitisme envers les fonds public : les dons aux ONG sont déductibles des impôts… Et ce sont ces dons qui servent justement à rémunérer ONG conseil… Chaque euros gagné par cette société c'est autant d'argent en moins pour les services publics, les écoles, les hopitaux, etc. On est dans le summum du libéralisme et de la privatisation !
De
22H22 | 15/08/2007 |
Franchement pouvoir sortir de la robotisation des variantes du bonjour pour parler une minute parfois ça fait énormément de bien : ) . Mais c'est sur que d'un pts de vue qualité du boulot c'est une minute de plus ou moins perdue.. m'enfin ça sert toujours à sensibiliser.
Mais sensibiliser n'est pas vraiment notre travail. On est là pour que les personnes déjà sensibles et qui veulent faire quelque chose puissent le faire en ayant des comléments d'informations. Parce que comme tout le monde, nous on peut rentrer chez nous la tête plein d'idée d'engagement et si y a pas un dialogue pour pousser à l'action, le quotidien fait retomber le désir d'engagement. A nuancer bien sur.
Sinon les vestes on apprend à les aimer ; ) . Mais c'est vrai qu'un simple bonjour plus qu'une main devant le visage ça fait toujours plaisir.
De
22H31 | 15/08/2007 |
Non pas de prime au résultat. Par contre je crois qu'une partie des bénéfices d'ONG conseil (je parle bien d'ONG conseil, l'entreprise qui nous engage pour défendre les associations, pas les associations elles même) est redistribué entre chaque acteur de l'entreprise selon la réussite de chacun. Un ptit coup de boost.
Par contre oui on a des objectifs, des taux à atteindre. Ils sont là pour que justement le recrutement dans la rue ne se face pas contre la scolarisation des enfants. Pour Aide et Action qui est une association qui propose du parrainage dont le soutient financier se fait à partir de 20e, il faut ne moyenne trois bulletins par jour. Pas facile.. la mission actuelle ne les atteind pas.
On n'empêche pas non plus des enfants d'aller à l'école, loin de là sinon de toute façon on nous incite plus ou moins à partir ; ) mais on déséquilibre le budget de l'association qui est de 7% investi dans le recrutement de parrains par la rue (puisqu'on fait entrer moins de dons). Ces 7% ça n'est vraiment rien quand on sait que le street marketing est l'un des modes de financement le plus éfficace.
Pour rebondir sur l'article d'ailleurs. Cette démarche n'est pas en train de s'éssoufler, au contraire. Même si le nombre de parrains n'augmentent pas beaucoup, il reste stable ce qui permet de continuer de réaliser des projets un peu partout dans le monde pour scolariser des enfants.
Sinon autre information vis à vis des « vous êtes toujours au même endroit, vous allez jamais dans les quartiers dit “riches et résidentiels” de paris ». C'est le prefet qui a séléctionné des zones où l'on a le droit de recruter des fonds pour les assoss. : )
De jjezfm
Internaute | 08H50 | 16/08/2007 |
globalement je soutiens les ONG et leur travail, et mes déductions au titre des dons annulent ou dépassent le montant de mon très faible impôt sur le revenu. je voudrais bien avoir un revenu qui justifie plus d'impot, et pouvoir donner plus…
il est évident que les ONG se vendent les fichiers donateurs, car je croule sous les sollicitations.
par contre je n'apprécie pas du tout la dérive actuelle, qui consiste à appeler au domicile le week-end et en soirée, parfois à 21h ! J'ai plusieurs coups de fils de ce type par mois, c'est totalement anormal.
et ce d'autant que j'imagine que les appelants ne sont pas forcément des bénévoles, mais peut-être des centres d'appels, pas forcément en France non plus et payés allez savoir comment… Là ça devient vraiment pas éthique du tout.