A débattre

Quand les e-mails augmentent le stress au travail

En librairie ou dans les salles d’attente, la demande de prise en charge du stress va crescendo. Or une étude écossaise montre que la consultation des e-mails aggrave considérablement le sentiment de pression ressenti par les salariés. D’après les chercheurs des universités de Glasgow et Paisley , seulement 38% des travailleurs seraient capables d’attendre 24 heures avant de répondre à un message électronique. Une frénésie qui nuit à la sérénité au travail, affirme l’étude.

Les e-mails représentent la principale source de problèmes dans nos vies professionnelles , décrypte Karen Renaud, du département de science informatique de la Glasgow University, sur le site de la BBC. Parlant d’un phénomène harassant , Karen Renaud relève notamment qu’il n’est pas rare qu’un salarié rafraîchisse jusqu’à quarante fois par heure » sa messagerie électronique.

Selon l’étude, un salarié sur trois consulterait ses e-mails toutes les quinze minutes. Graham Jones, psychologue spécialiste d’Internet, rappelle que cette réactivité épuise, agace… et fait baisser la productivité . De son point de vue, il serait important de ne consacrer que deux ou trois temps dans la journée spécifiquement dévolus à la lecture des e-mails . Pour les chercheurs, c’est notamment d’interrompre son activité ou le fil de sa pensée qui engendre de la pression. Outre le volume de la boîte, le stress lié aux e-mails serait aggravé par la difficulté à distinguer l’urgence des messages.

D’après les médecins spécialistes du stress, 28% des travailleurs européens se plaignent de problèmes de santé liés au stress professionnel. Au creux de l’été, un sondage TNS Sofres rappelait déjà que, pour 75% des Français, le mot stress » arrive en tête de ceux qui décrivent le mieux la façon dont se vit le travail aujourd’hui ... loin devant intérêt (39% des sondés), corvée » (28%) ou encore ennui et plaisir , ex aequo à 18%. Près de deux Français sur trois estiment de surcroît que les conditions de travail se sont dégradées » .

Le New-Yorkais Will Schwalbe a publié en avril avec David Shipley Send : The Essential Guide to Email for Office and Home (éditions Knopf Publishing Group, 2007). Lui qui estime recevoir 60 000 messages par an pointe une tendance de plus en plus répandue : basculer sa boîte mail en mode réponse automatique ( » out of office ). Le but étant de reconquérir un peu d’air tout en étant présent au boulot… et laisser ses correspondants croire qu’on se la coule douce loin de l’ordinateur.

A l’heure du Blackberry, l’histoire ne dit pas ce que deux personnes qui viennent de s’échanger des messages d’absence se racontent lorsqu’ils tombent l’un sur l’autre dans le métro ou sur l’esplanade de la Défense.


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uneetoilefilante
09H53 15/08/2007

63% : je me sens moins seule.
j’ai l’âge de fabius et de juppé (qui sont bon pour le service, eux): c’est à dire 61 ans et on m’a mise à la retraite d’office malgré ma demande de continuer jusqu’à 65 ans.
du coup, j’ai recherché un autre travail, ce qui n’a pas été simple, étant donné les règles de cumuls des organismes de retraites complémentaires (règles qui datent des années 50).
La prochaine fois, je voterai pour le candidat qui supprimera totalement l’âge de la retraite couperet.J’espère seulement qu’il y en aura un.
Parce que, dans ce domaine, continuer son activité (ou son mandat) après 60 ans, il y a encore beaucoup à faire pour que liberté et égalité soient effectives.
Vous qui faites partie des 63% de français qui veulent continuer à travailler y compris après 65 ans, comment pourrions nous nous organiser ?

 
uneetoilefilante
14H44 15/08/2007

je voyage, j’ai des petits enfants, je vis,
et j’ai retrouvé un travail qui m’intéresse.
je n’ai pas d’avis sur vos regrets, chacun son truc, je demande seulement d’avoir le choix.

 
billou
21H39 15/08/2007

Moi aussi j’aimerai avoir le choix
je travaille depuis l’age de 17 ans et je n’ai nullement envie d’arrêter à 75 ans

 
caro | délinquante avérée
22H31 15/08/2007

excusez-moi, mais il me semble que la règle actuellement, c’est 40 annuités. Ceux et celles qui les ont peuvent s’arrêter à 60 ans, ceux qui ne les ont pas doivent continuer jusqu’à 65 ans pour avoir un peu plus de retraite. Ce n’est plus un choix, mais une nécessité. J’ai entendu qu’il était question de passer à 42 annuités. Comme maintenant les jeunes commencent à travailler de plus en plus tard, qu’il y a des périodes de chômage de plus en plus nombreuses, jusqu’à quel âge devrons-nous travailler pour avoir une retraite décente ?

Pour en revenir au sujet : les e-mails, c’est pratique, à condition de ne pas devenir accro, d’accepter que, parfois, un coup de fil fait perdre moins de temps pour traiter un problème. Combien de fois on envoie un mail au collègue du bureau d’à côté au lieu d’aller discuter ? N’aurait-on pas comme une tendance, dans notre société, à oublier les relations inter-personnelles directes ?

 
Choucroute
20H03 15/08/2007

Le courrier électronique est bien souvent utilisé en remplacement du téléphone et en ce sens il diminue le stress au travail. Mon expérience personnelle me permet d’être assez affirmatif sur cette constatation. Depuis que le courrier électronique a été développé dans les rapports professionnels, la fréquence des appels téléphonique a considérablement baissé. C’est un point positif qui contribue à améliorer les conditions de travail. Le courrier électronique permet à la différence du téléphone, de réfléchir tranquillement à la réponse à apporter, donc il permet de diminuer le stress de la décision à prendre rapidement. Je ne vois que des aspects positifs à l’utilisation de la messagerie électronique dans les rapports professionnels. Il me parait effectivement aberrant de prôner une latence de 48 heures avant de répondre à un expéditeur. Il faut juger au cas par cas de l’urgence de la réponse et surtout éviter les relances.

 
Alexad
11H50 15/08/2007

En mission récemment dans une entreprise, j’ai constaté ce que j’appelle l’abus de mails.
Sur la messagerie des salariés de la société arrivaient des dizaines de messages journaliers, et très souvent émanant de bureaux voisins… Certains me les ont fait lire. Edifiant..
Ces pratiques semblent marquer une fois de plus à quel point les collectifs sont détruits au profit de l’individualisme grandissant.
Les salariés n’ont pas toujours les mêmes horaires, les mêmes jours de congés ou travaillés, les mêmes lieux et heures de repas, etc…
Chacun est dans sa bulle devant son écran et tente de réaliser ses missions avec et sans les autres !!
On y trouve :
le mail-parapluie : avis adressé à un individu avec copie à, à et à (j’ai informé).
Le mail-shamalo qui répond sans répondre et qui renvoie le destinataire à l’interrogation initiale.
Le mail-venimeux qui contient des reproches qu’en aucun cas l’expéditeur oserait formuler en face à face.
On voit bien dans ce dernier cas, que les gens sont vraiment entrer dans le virtuel et sont totalement déconnectés de la réalité. Ils ne se rencontrent que lors de réunions où il est bon de faire « gaffe »…

 
Choucroute
07H05 17/08/2007

Rien n’a changé sous le soleil si ce n’est le média. Avant le courrier électronique, les mêmes procédaient de la manière en écrivant des rapports qu’ils diffusaient largement par courrier interne.
Je trouve au contraire que l’information circule plus vite et que tout le monde y gagne.

 
kayak
13H06 15/08/2007

Merci pour cet article !
On ne parlera jamais assez de ce problème, et de tous les autres d’ailleurs, liés à tous les boulots se rattachant au domaine informatique et web.
Je pense que la plupart des gens(patrons ?) ne s’imaginent pas à quel point certaines organisations de travail via mail et/ou tchat peuvent se révéler désastreuses dans le travail et empêcher un employé de bien travailler…sans parler des effets de stress ou autre qui surviennent (je parle en conséquences de causes).

Ensuite, comme le dit le dernier « courageux anonyme », le problème ne se pose pas si la personne le gère très bien, si ça « colle » avec son caractère ou si tout simplement son travail est un vrai bonheur ;)

Sinon, le « courageux anonyme » qui à écrit que
« Pour favoriser la communication dans les entreprise entendre des conneries pareilles, c’est quand même ubuesque….. » ne simagine alors pas à quel point le travail dans certaines sociétés peut devenir un cauchemar…ne serait-ce qu’en recevant un mail et qu’il faut toujours bien préparer sa réponse à un mail (professionel).
Je suis donc également étonné de vous lire.

 
la_tortue2001 | Paris
18H32 22/08/2007

ça dépend aussi de la volumétrie. j’en reçois plus de 100 par jour hors spam et ça me parait ingérable. les petits ruisseaux font les grandes rivières et des milliers de mails s’accumulent. le taux de réponse plafonne à 20-25 %. le reste moisit dans la boite de réception jusqu’à effacement pour obsolescence. il ne reste qu’à jeter ceux qui ont plus d’un an, avec ou sans réponse. certains jours l’essentiel de la journée part en fumée à répondre à des mails. les messages importants sont noyés, même avec quelques règles. le classement prend des plombes et retrouver des vieux mails est une galère.
D’accord avec l’un des commentaires précédents sur la typologie de mails : bcp de mails parapluie et chamallow.
La règle consistant à réserver deux trois créneaux dans la journée pour les traiter me parait bonne, mais pas simple en pratique.