
La justice des hommes a encore failli face au père Munyeshyaka. Plus précisément la justice française. Le lundi 6 août 2007, le tribunal a jugé irrecevable un mandat d'arrêt du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) contre deux Rwandais, le père Wenceslas Munyeshyaka et Laurent Bucyibaruta, ex-préfet de Gikongoro, au sud-ouest du pays, tous deux soupçonnés d'avoir commis des actes de génocide en 1994. Cette décision semble d'autant plus absurde que la France, qui siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, a voté pour la création du TPIR !
L'ambiance à la cour d'appel de Paris était étrange, pour ne pas dire surréaliste, le 1er août dernier, dans la chambre de l'instruction où la magistrate Edith Boizette présidait l'audience sur le sort de différents étrangers dont les pays d'origine demandent l'extradition. Serré dans une salle trop étroite –seules quinze places sont ouvertes au public, gros, lui, d'une trentaine de personnes venues en majorité pour les deux Rwandais : journalistes, deux hommes d'église présents pour soutenir leur « poulain » et surtout des Rwandais, les plus nombreux–, l'auditoire reste pourtant attentif.
La pièce, avec ses bancs de bois, ressemble de façon troublante à l'intérieur d'une petite église de province, malgré la présence de plusieurs gendarmes armés jusqu'aux dents. Munyeshyaka a peut-être lui aussi songé à une chapelle, tenant ses mains jointes comme sur un prie-Dieu, sur le bord de la fenêtre de la « cage » vitrée d'où s'expriment les prévenus.
Les droits de l'homme invoqués
La première séance commence par l'audition d'accusés de « petit calibre » : un vieux Polonais sans chaussures et incapable de s'exprimer en français, pas du tout désireux de retourner au pays natal ; un Suédois présumé escroc au profil de timide, un petit lascar lituanien qui semble vouloir oublier sa vie d'avant la France. Rien de comparable, en tout cas,avec les faits de meurtres, viols, « actes commis dans l'intention de détruire un groupe racial ou ethnique » pour lesquels Munyehshyaka et Bucyibaruta sont poursuivis.
Quand vient le tour de Wenceslas Munyeshyaka, qui entre avec assurance dans le box, la tension et l'attention montent d'un coup dans le public. Munyehshyaka a vieilli depuis l'époque du génocide où il paradait, un pistolet à la ceinture (voir la photo ci-dessus). L'homme a grossi et est désormais affligé d'une calvitie, mais il ne semble avoir perdu ni espoir ni énergie. Le père écoute, l'air tendu et attentif, la présidente lui lire les renseignements le concernant (identité, profession, etc.) puis les quatre chefs d'accusation : actes de génocide, viols, exterminations et assassinats.
A plusieurs reprises, il hoche la tête en fermant les yeux ou chuchote quelques mots aux oreilles de l'un de ses deux avocats. La procédure dure une éternité : tirade de l'avocat général, qui demande que les prévenus soient remis au TPIR, plaidoirie des trois avocats –l'un des deux défenseurs de Munyehshyaka ne parvient pas une seule fois à prononcer correctement le nom de son client ! – qui arguent des droits de l'homme ( ! ! ! ), invoquant une « détention arbitraire tant qu'un juge n'est pas saisi », des articles 55 à 61 du règlement de procédure des preuves… Le second relève des erreurs dans les réquisitions écrites, témoigne de la « bonne foi » du prêtre qui n'a jamais cherché à échapper au contrôle judiciaire auquel il est soumis depuis sa précédente arrestation, met en avant des lettres de moralité en sa faveur de différentes autorités ecclésiastiques françaises…
» Un combattant de la liberté »
Après l'intervention de l'avocat de Bucyibaruta, c'est au tour de Wenceslas Munyehshyaka lui-même de prendre la parole. Avec la véhémence d'un tribun, il réaffirme son innocence face à tous les faits dont il est suspecté, rappelle que la cour de Nîmes l'a relâché une première fois, assure qu'il « n'est même pas inscrit sur la liste rouge » pour témoigner de sa bonne conscience et n'hésite pas à terminer par une douteuse envolée lyrique : « Le peuple français a reçu sur son territoire non un génocideur mais un combattant de la liberté. »
Et les délibérations s'éternisent, reportées deux fois, renvoyant les auditeurs anxieux patienter dans les couloirs du palais. Puis tombe la décision de remise en liberté définitive des deux Rwandais, même si ceux-ci restent sous contrôle judiciaire, dans le cadre d'une procédure instruite en France pour actes de génocides depuis plusieurs années.
Alors donc, le père Munyeshaka est rentré reprendre son ministère à Gisors. Ses paroissiens auront-ils désormais un autre regard sur celui qui leur donne la Communion, les marie et baptise leurs enfants, et organise le catéchisme ? Songeront-ils, sans même prendre parti, aux rares rescapés de la Sainte-Famille et à leurs proches qui attendent au Rwanda que l'accusé affronte la justice ?
Les relations entre le Rwanda et la France ont prit,à nouveau, un coup dur après ce qui paraissait une éclaircie liée ( ? ) au nouveau gouvernement qu'on pouvait espérer décidé, par sens de la justice ou par pragmatisme, à oublier les tristes pratiques de la Françafrique d'antan. Depuis que le Rwanda a rompu, en novembre 2006, ses relations diplomatiques avec la France, après les mandats d'arrêts émis par le juge français Jean-Louis Bruguière contre neuf proches de l'actuel président rwandais Paul Kagame, la situation semble bloquée.
Le refus obstiné de la France de juger sous régime de compétence universelle ou à extrader les génocideurs présents sur son territoire ne trahit-il pas la crainte de reconnaître sa complicité criminelle et jusqu'auboutiste avec les régimes hutus racistes ? Plusieurs pays, la Belgique, la Grande Bretagne, la Suisse, Etats-Unis, le Canada et même le Cameroun ont procédé soit à l'exécution de mandats émis par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) soit au jugement des coupables de génocide rwandais sur leur territoire.
Alors, en quoi la France ferait-elle exception à la règle ? Et surtout pourquoi le pays des droits de l'homme renâcle-t-il ainsi à autoriser la justice à suivre son cours ? La sentence de la présidente Boizette m'a atterré au point que j'en ai pleuré à son énoncé, empli soudain de chagrin devant tant d'injustice de la justice. Terrible constat que celui d'observer qu'en jouant légalement sur la procédure, on peut empêcher la justice des hommes de s'exercer.
Je ne cesse d'y penser depuis. J'ai rencontré des victimes de Munyeshyaka dont une nièce, hélas décédée du sida aujourd'hui. Et quand je me suis rendu au Rwanda en juillet 1994, il y avait encore des réfugiés dans l'église de La Sainte Famille. Tous accusaient le père Wenceslas de crimes de génocide.





















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De caro
délinquante avérée | 18H52 | 13/08/2007 |
J'apprécie beaucoup votre article. Il est vraiment lamentable que le tribunal n'ait pas donné suite à la demande du TPIR pour extrader l » accusé génocideur et qu'il soit enfin jugé. C'est au TPIR à apprécier son implication dans le génocide des Tutsis et à le juger. C'est encore plus lamentable quand on sait que le gouv français n'a pas tenu la promesse de Mitterand pour Cesare Battisti, dont la culpabilité n'a pas été prouvée (condamné sur dénonciation seule) et l'a arrêté pour l'extrader.
On en viendrait à souhaiter qu'un commando enlève le père Wenceslas pour qu'il soit enfin jugé (référence à Eichmann)
à caro
De
09H03 | 14/08/2007 |
SEHENE écrit « … Je ne cesse d'y penser depuis. J'ai rencontré des victimes de Munyeshyaka dont une nièce, hélas décédée du sida aujourd'hui. Et quand je me suis rendu au Rwanda en juillet 1994, il y avait encore des réfugiés dans l'église de La Sainte Famille. Tous accusaient le père Wenceslas de crimes de génocide … »
Si MUNYESHYAKA a violé ta nièce qui est morte de SIDA, MUNYESHYAKA serait alors porteur de sida, soit pour l'avoir inoculé à ta nièce, soit l'avoir attrappé d'elle, s'il ne portait pas de capote. A propos, les victimes de ses viols auraient-elles déclaré qu'il enfilait une capote à chaque coup ?
MUNYESHYAKA est trop « beau gosse », ce n'est pas pendant le génocide qu'il aurait voulu profiter de ces malheureuses femmes. De plus belles lui courraient après avant les massacres.
Arrêtez vos mensonges.
Gilbert.
De
13H42 | 14/08/2007 |
L'ignominie de vos propos donne toute leur valeur à vos commentaires et à ceux des autre négationistes.
à caro
De
15H26 | 14/08/2007 |
Les dossier de Munuyeshyaka et Bukibaruta sont entre les mains de la justice.En france ,la justice fait son travail.Alors,cessez vos interférences ! Demandez plutôt au Rwanda pourquoi il ne collabore pas pour arrêter KABAREBE et cie !
à caro
De
21H17 | 14/08/2007 |
voici un lien interessant sur le rwanda www.r94.org
à caro
De
20H37 | 26/09/2007 |
Salaud ou Héro ? une enquete du centre de lutte contre l'impunité et l'injustice au Rwanda (association des droit de l'homme)dément les accusations contre le père Wenceslas. Document à l'adresse ci-jointe.
http://www.grandslacs.net/doc/3898.pdf
Dans un autre interwiew (sur ce site) l'une des parties civiles qui à eu sa fille tué lors du génocides n'a pas tout à fait la même version que sur l'acte d'accusation du gouvernement Rwandais. Celle-ci est réfugié actuellement au canada.
69.94.11.53/FRENCH/cases/Munyeshyaka/indictment/munyeshyaka_ind_fr.pdf (acte d'accusation)
Il est souhaitable que le père soit jugé, mais en toute impartialité et en dehors des passions. Je ne suis pas persuadé que le gouvernement Rwandais soit très fiable quant à ses intentions réelles. Je me méfie des preuves et témoignages fabriqués par un état qui utilise l'assasinat politique.
L'affaire n'est pas simple et il y a beaucoup de mensonge de par et d'autres. Je précise que je n'ai pas d'action chez les uns ou les autres.
De LAVOIX
15H27 | 02/10/2007 |
De toutes façons si jugement il y a il ne pourra se faire soit au tpir à ARUSHA ou en FRANCE
De Liesel Schiffer
Ecrivain | 20H11 | 13/08/2007 |
A présent que leur prêtre leur a été « rendu », y a -t-il eu débat au sein de la paroisse, ce qui me semblerait la moindre des choses ? Ont-il interrogé Wenceslas sur son refus de se présenter devant la justice puisqu'il s'affirme innocent ? Munyeshyaka doit avoir confiance en la justice des hommes et compter, de toute façon, sur la protection ou le pardon de Dieu quel que soit le résultat du jugement, non ? De quoi a-t-il peur ? De quoi à peur l'Eglise ? De quoi a peur la France ? Et tous ceux qui protègent Munyeshyaka, comme s'il était absolument inconcevable qu'il soit coupable du fait de son statut eccésiastique (voir l'actuel procès du prêtre bourreau argentin dont j'ai oublié le nom, mea culpa ! ). La mer d'indifférence, de « bienpensance », un moment troublée par la demande du TPPIR va-t-elle se refermer définitivement au mépris des victimes de la Sainte-Famille et de la dignité humaine (chrétienne, je n'ose même pas l'écrire ! ). La solution commando proposée par Caro ci-dessus, pour expéditive qu'elle soit, serait-elle la seule voie possible pour palier les faiblesses d'une justice étrangement inerte ou efficace avec partialité ? En effet, à quand un couple à la Klarsfeld pour pourchasser les génocidaires hutus rwandais et leus vils zélateurs ? …
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 01H48 | 14/08/2007 |
Si j'ai bien compris l'article, les prévenus ont « bénéficié » d'un vice de procédure. C'est rageant mais en droit c'est imparable.
Tout n'est pas fini pour autant, la justice doit reprendre le dossier et le traiter cette fois sans faire d'erreur.
Quant aux paroissiens un reportage à la télé faisait
ressortir qu'ils aimaient bien leur curé.J'en sais pas plus.
De
08H09 | 14/08/2007 |
je souhaite courage et (je sais, c'est terrible) patience encore à toutes les victimes qui attendent la justice.
Et à tout ceux qui refusent de faire face à cette part du passé de la France sous prétexte que ses exactions coloniales et néocoloniales sont de vieilles histoires qu'il faudrait aujourd'hui oublier, je lance une invitation à penser aux victimes d'Oradour sur glane qui viennent de voir décéder dans la plus tranquille impunité le Bourreau SS de ce village symbole.
Pourquoi ce qui est important pour la mémoire des Français ne pourrait il pas l'être pour les Rwandais, les Camerounais ou les Algériens ?
Accepterons nous encore longtemps de voir des criminels contre l'humanité s'éteindre tranquillement sans avoir eu a affronter la justice ?
Ne comprenons nous pas que la justice face aux crimes contre l'humanité est une nécessité absolue pour la sécurité du monde et qu'elle a un effet préventif réel sur les tentations d'actes de barbarie qui pourraient encore ensanglanter l'humanité dans les temps à venir, alors que l'impunité est la garantie du recommencement sans fin des guerres d'écorcheurs et des exterminations de peuples entiers ?
La jurisprudence qui tente difficilement de se mettre en place nous protège tous, que nous vivions en occident ou en Afrique.
De behemoth
08H51 | 14/08/2007 |
Vu de Belgique - où l'attitude collective et les responsabilités anciennes du pays dans le drame de 1994 ont fait l'objet de nombreuses enquetes et procedures politiques et judiciaires - , l'attitude quasi-autiste des autorités françaises sur ces questions laisse au minimum perplexe , voire suspicieux quant aux implications réelles du pouvoir présidentiel de l'époque dans l'engrenage diabolique qui a conduit aux massacres. Cette forme de négationnisme français sur le genocide rwandais finira par devenir radicalement suspecte.
De Liesel Schiffer
Ecrivain | 10H44 | 14/08/2007 |
Il serait intéressant de voir quel est le point de vue de Mazarine Pingeot sur l'implication de la France dans le génocide rwandais sous le gouvernement Mitterrand puisque la jeune femme semble vouloir assumer l'héritage politique et la mémoire de son père. Elle présie, je crois, la fondation Mitterrand. Et le Rwanda est loin d'être un détail dans l'héritage mittarrandien. Danielle Mitterrand semble plus préoccupée de défendre les vieux fascistes castristes et Miiterrand junior serait dépresssif (le remord, peut-être ? Ca mine…) Mazarine Pingeot épouse-t-elle fidèlement les thèses védriennes qui consistent à défendre avant tout l« honneur de la France », y compris quand le gouvernement de cette nation prend des partis abominables ?
Cette jeune femme écrivain et journaliste qui semble s'intéresser à différents problèmes de société, de politique et qui devrait être porteuse des valeurs humanistes de la gauche, que pense-t-elle de cette situation, de la perpétuation de cette politique françaisepour le moins ambigue vis-à-vis des génocideurs et présumés tels sur notre territoire ? Voilà un sujet tout aussi intéressant que celui d'une mère criminelle et qui touche grandement à l'Humain. Un peu de courage, mademoiselle, l'héritière, creusez le sujet et donnez un avis sur un passé honteux qui plombe encore et pour longtemps, la vie de milliers de Rwandais !
De
11H39 | 14/08/2007 |
Ce n'est CERTAINEMENT pas la France qui interfère dans la justice, mais des personnes comme Sehene qui pensent que les juges français sont sous les ordres du gouvernement. Comme cela est le cas au Rwanda de Paul Kagame. Le principe de séparation des pouvoirs est sacro-saint, de même que celui de la présomption d'innocence. Qui peut expliquer que l'abbé Wenceslas qui a passé trois moie à risquer sa vie, à sauver des milliers de Tutsi à la paroisse de la Sainte Famille se soit retourné pour en tuer certains d'entre eux ?
Toutes proportions gardées, le père Wenceslas a sauvé plus de Tutsi que l'armée entière du Front Patriotique Rwandais (100000 éléments) lourdement armée, et entraînée à tuer. Avec sa verve et un grain de courage (de de folie ? ), Munyeshyaka a fait face aux Interahamwe et aux autres tueurs. Il a dû recourir à toutes sortes de subterfuges pour soustraire des milliers de Tutsi et de Hutu à leurs poursuivants. Et on veut l'accabler aujourd'hui ? Wenceslas Munyeshyaka est un héros et non un criminel. Le monde ne tardera pas à le savoir. Sa seule faute, c'est d'avoir refusé les ofres pressantes d'adhérer au FPR qui le considérait comme « un Tutsi dévoyé ». La famille du chanteur Corneille a été massacrés par le FPR pour les mêmes raisons. Lorsque viendra l'heure du procès Munyeshyaka - car la justice française traveille dans la sérénité -, des témoignages montreront la supercherie qui se cache derrière la cabale à laquelle est soumis le père Munyeshyaka. Rira bien qui rira le dernier, cher Monsieur Sehene !
John Kamana
Forum « Egalité, Vérité, Justice et Réconciliation »
De
12H16 | 14/08/2007 |
Bravo Monsieur KAMANA. J'espère qu'il y aura encore des courageux à faire face à ces TUTSI fous et leurs accolytes pour dire tout haut la vérité. Je souhaite que les avocats de MUNYESHYAKA feront savoir sur les forums comme DHR la manière par laquelle des gens pourraient leur faire parvenir des témoignages.
MUTABAZI, Genoa, Californie.
De
13H34 | 14/08/2007 |
Le FPR n'avait que 15,000 hommes en 1994, pas 100000 comme affirm John Kanama.
De
14H53 | 24/08/2007 |
Et avec 15 000 hommes, il lui a fallu 3 mois pour mettre en déroute 2 millions de génocidaires armés et soutenus par l'armée française.
Et quand il a attaqué le Zaïre, il avait combien d'hommes ?
De Liesel Schiffer
Ecrivain | 13H40 | 14/08/2007 |
… comme Kamana et Mutabazi qui se sont exprimés ci-dessus et seraient prêts à dire n'importe quoi pour attaquer le Front Patriotique Rwandais (FPR qui, répétons-le, actuellement au pouvoir au Rwanda, a arrêté le génocide, s'occupe du bon déroulement de la justice sur place et a relâché de nombreux prisonniers ex-génocideurs). Leur intervention haineuse et absurde permet au moins d'évoquer le cas, très ambigu lui aussi, du chanteur Corneille, Nyungura de son vrai nom, dont la famille, a été en effet tuée en 1994, je ne sais dans quelles circonstances, mais toutes sortes de rumeurs circulent à ce sujet (et Corneille ferait bien de clarifier les choses puisqu'il semble décidé à évoquer ses origines et à s'affirmer victime du génocide). Si c'est au moment de l'arrêt du génocide par les troupes du FPR, on peut imaginer que c'est parce que cette famille, des Hutus, étaient impliqués dans le génocide. Il est certes tragique pour le chanteur que les siens aient été tués et d'une certaine manière, on peut le dire, dans le contexte du génocide. Mais il n'est en aucun cas, comme Corneille le laisse dire dans la presse française une victime tutsie du génocide, se flattant d'une aura de héros (avec des chansons aux paroles toujours ambiguës qui peuvent s'appliquer autant à un désespoir amoureux qu'à l'épreuve d'un génocide vécu par une victime). Dans un article du Monde que je retrouverai (il s'agit, je crois de sa prestation à l'Olympia), il est même écrit noir sur blanc que Corneille est un Tutsi orphelin du génocide. Et dans une biographie de lui destinée à ses fans (donc une majorité de jeunes souvent ignorants des faits historiques et qui s'identifient à leur idole), il ose écrire ou laisser écrire, que sa famille, sous le régime raciste d'Habyarimana, avait pris le parti de « rester neutre ». Un peu comme si, dans l'Allemagne hitlérienne, quelqu'un affirmait qu'il était « resté neutre » face à l'antisémitisme, et cela en toute quiétude. Dans ce genre de société totalitariste, c'est impossible et le dire, cela suppose que le régime d'Habyarimana était tolérant et libéral !
Mais les négationnistes, à mon grand désespoir, gardent toujours leur pugnacité à vouloir retourner la vérité au service du mal.
à Liesel Schiffer
De
17H20 | 24/08/2007 |
Je te vois bien effectuer des contrôles d'identité au Rwanda.
« Bouge pas salopard ! Chef, je tiens un hutu ! Chef, j'ai trouvé ces gosses planqués dans le coffre, ça doit aussi être des hutus, ils ressemblent à Corneille. On les emmène. ? »
L'idiot utile a toujours besoin de l'accord de ses chefs. Et il faut le remercier.
« C'est bien mon petit, c'est comme ça que l'on combat le fascisme ! Staline serait fier de toi ! Tiens les bien en joue le temps que j'interroge sa femme »
L'idiot utile collabore, mais appelez-le résistant.
Et dire qu'au Rwanda après le génocide, des ennemis du peuple s'étaient glissés dans le gouvernement. Heureusement Kagame était là…
Pasteur Bizimingu, président de la république 1994 -2000 (forcé de démissionner, condamné à 15 ans pour incitation à la haine, formation de milice (un parti d'opposition), libéré au bout de 3 ans
Faustin Twagiramungu, premier ministre 1994-95, parti en exil en belgique, revenu se présenter aux présidentielles en 2003 comme candidat indépendant, son mouvement étant interdit (accusé par les médias de proner le divisionnisme, appartements fouillés par la police, arrestations de personnes ayant avoué avoir voté pour lui)
Pierre-Célestin Rwigema, premier ministre 1995-2000 (en fuite aux USA, suspecté de malversations financières puis de participation au génocide..)
Seth Sendashonga, ministre de l'intérieur 1994-1995 (démission, exil au Kenya, où il fut abattu)
Le colonel Alexis Kanyarengwe, president du Front patriotique rwandais, vice-Premier ministre et ministre de l'Interieur 1994-97 (démission suite à un conflit relatif à des exactions commises par des unités militaires)
Mgr Misago (jugé en 2000 après plus d'un an de prison pour génocide et crimes contre l'humanité et acquitté.-Le ministère public avait requis la peine de mort contre l'évêque de Gikongoro, tandis que les parties civiles avaient réclamé un total de 27 milliards 300 millions de francs rwandais, équivalent à environ 76 millions de dollars américains, de dommages moraux.)
Sam Nkusi, ministre de l'energie 2004 (forcé de démissionner pour détournement, innocenté et placé en résidence surveillé)
etc, etc…
On notera la mobilisation de l'association Survie très soucieuses des droits de l'homme au Rwanda contre une main mise du pouvoir sur tous les secteurs clés …
Non, je rigole…
De
13H48 | 14/08/2007 |
Vous doutez de la justice Rwandais. Pourquoi pas. Mais alors, pourquoi la France n'a-t-elle toujours pas elle-même jugée Wenceslas Munyeshyaka au titre de la compétence universelle treize ans après les faits qui lui sont reprochés ? La présomption d'innocence ne veut pas dire immunité ni impunité.
De
16H16 | 14/08/2007 |
Vous parlez de « juger » comme s'il s'agissait d'un simple petit exercice de gacaca à la rwandaise. Au Rwanda, il y a encore des prévenus en prison depuis 1994 et qui ne sont toujours pas encore jugés ! Sachez, Monsieur, que le dossier du père Wenceslas est presque vide ; juridiquement parlant ! Il ne suffit pas que Kigali demande sa tête pour que la France se mette au pas. ça ne se passe pas comme ça dans les pays de droit. Patientez jusqu'à ce que le dossier complet à charge soit transmis par le TPIR. La liberté est un bien trop cher pour qu'on la piètine à sa guise pour plaire à Kagame ! Les magistrats français le savent.
Quant à Corneille, la position du blogiste qui vous a précédé démontre à suffisance l'état d'esprit qui règne au Rwanda actuellement : Ou on est Tutsi et on peut prétendre avoir survécu au génocide, ou alors on est Tutsi ou Hutu victime du FPR, et dans ce cas on doit la fermer. On n'est pas un être humain, quoi ! On est négationniste, révisionniste. Dans ce cas il y aurait plus de 7 millions de rwandais négationnistes ou révisionnistes !
Le cas de Corneille :
Corneille est Tutsi et victime du FPR. Comme moi. Et comme des milliers d'autres Tutsi du Rwanda d'avant 1994. C'est malheureusement la triste vérité. Pour votre information, sachez que le père de Corneille Emile Nyungura, était bel et bien Tutsi. Je connais toute sa famille. Tous Tutsi. Demandez à son grand frère Kalinda de Radio Canada et membre du FPR, il vous en dira plus. Je connais aussi la mère de Corneille. Elle était Hutu originaire d'un pays voisin du Rwanda.
Si Emile Nyungura s'est senti dans l'obligation de changer d'ethnie, c'est que la situation politique du moment l'y a contraint. Et c'est terrible de devoir renoncer à son identité pour contourner un système discriminatoire. Mais cela n'excuse en rien les assassins de la famille Nyungura. Tout le monde sait qu'un commando du FPR est responsable de cette sale besogne. Vous avez la chance que Corneille, un garçon bien élevé et apôtre du pardon réconciliateur, préfère ne pas faire de révélations à ce sujet. Mais mon petit doigt me dit que cela ne saurait tarder. Je ne parle pas au nom de Corneille, mais je sais qu'il sait. Car il a tout vu.
Dernier petit point : arrêtez cet amalgame qui veut que toute opinion contraire à celle du FPR soit révisionniste ou négationniste.
Est révisionniste ou négationniste celui qui nie l'évidence. Nier que des centaines de milliers de Tutsi ont été massacrés en 1994, c'est du négationnisme. Nier que le FPR a massacré des dizaines de milliers de Hutu entre 1990 et 1994 ou nier qu'il a massacré des centaines de milliers de Hutu après avril 1994 au Rwanda et au Zaïre, ça c'est du négationnisme. Arrêtez donc de jouer à faire peur. La vérité est têtue. Elle monte par les escaliers, mais elle arrive quand même. Lorsque vous sortirez de l'ascenseur du mensonge, ne soyez pas étonné de la croiser dans les couloirs.
John Kamana
Forum « Egalité, Vérité, Justice et Réconciliation »
De
18H18 | 14/08/2007 |
Non Corneille est Hutu. Tout le monde(les Rwandais) le savent bien.
De Liesel Schiffer
Ecrivain | 11H46 | 15/08/2007 |
Commentaires sur les propos de John Kamana :
1) Au sujet de Munyeshyaka :
Ecrire : « Sachez, Monsieur, que le dossier du père Wenceslas est presque vide ; juridiquement parlant ! » est pour le moins révélateur car doublement ambigu. Outre le « presque » vide, le « juridiquement parlant » suppose que si le dossier est juridiquement vide, il ne l'est pas dans la réalité des faits, sur le fond.
Dans un précédent commentaire, Kamana écrit : « Toutes proportions gardées (sic ndlr ! ), le père Wenceslas a sauvé plus de Tutsis que l'armée du FPR tout entière. » En dehors de l'inexactitude manifeste et choquante du propos, on tombe là dans le procédé « en miroir » souvent utilisé par les négationnistes et si bien décrit par Jean-Pierre Chrétien, le spécialiste du Rwanda. En général, le bourreau retourne la réalité des faits à son profit, accusant sa victime de l'avoir attaqué. Là, c'est encore plus tordu : on prête au présumé bourreau l'attitude altruiste de celui qui l'a arrêté dans son crime !
« Il ne suffit pas que Kigali demande sa tête –ndlr celle de Munyeshyaka – pour que la France se mette au pas. » Mais le Tribunal International pour le Rwanda d'Arusha est bien international, comme son nom l'indique. Rwandais ou pas, c'est la communauté humaine entière qui attend que les bourreaux de tous les génocides soient traduits devant la justice dans le monde. Pour le génocide rwandais qui nous intéresse, les Français sont particulièrement concernés. Entraînés sans même le savoir, pour la plupart des citoyens lambdas, par leur gouvernement d'alors, celui de Mitterrand, à soutenir le régime raciste d'Habyarimana et maintenant à protéger ses bourreaux, il ont grande envie, je l'espère, de voir les choses avancer et s'éclaircir et les responsables assumer leurs actes. D'autre part, personne ne « demande la tête » de Wenceslas, la peine de mort étant abolie au Rwanda, y compris pour les crimes de génocide, depuis juillet dernier.
2) Au sujet de la justice au Rwanda :
John Kamana regrette la lenteur de la justice rwandaise, on ne peut qu'être d'accord mais il ne faut pas oublier que le Rwanda est un pays du tiers-monde, pauvre, avec des infrastructures insuffisantes, même si depuis 1994 les choses semblent s'améliorer. Le problème, n'en déplaise à Kamana, c'est que les bourreaux sont en effet en grand nombre, l'ethnie majoritaire des Hutus ayant tenté de liquider l'ethnie minoritaire des Tutsis. Le nombre d'ex-bourreaux génocidaires est pléthorique et une magistrature normale ne suffit pas à la tâche, d'où la réintroduction des gacacas, ces tribunaux populaires entre villageois, qui font ce qu'ils peuvent. Je trouve, à ce propos, paradoxal le jugement réducteur de Kamana qui parle d'« un simple petit exercice de gacaca à la rwandaise » ! ! ! ! ! ! ! !
Des Tutsis du Rwanda, il ne reste quasiment plus personne après le génocide (76% d'entre eux ont disparu…). La majorité des Tutsis vivant au Rwanda aujourd'hui sont donc ceux de la diaspora (ou leurs descendants), qui avaient pu échapper aux premiers massacres des années 1960-70, se réfugiant en Ouganda pour la plupart et partout ailleurs où on les acceptait. Ils sont revenus en 1994, ont arrêté le génocide (au risque de me répéter mais pour lutter contre le négationnisme, je comprends qu'il faut marteler la réalité historique) et vivent désormais dans le pays de leurs ancêtres, parmi les ex-bourreaux des leurs. Les génocidaires en cavale doivent bien rire de l'inextricable situation laissée au FPR : un pays constitué d'une majorité d'ex-génocideurs hutus et de leurs descendants, côtoyant la poignée de Tutsis survivants et ceux de la diaspora de retour… Bien difficile cohabitation ! Surtout quand on voit que la repentance n'est pas vraiment « en vogue » dans les rangs des ex-génocideurs. Rappelons que des rescapés du génocide, au Rwanda et même ailleurs dans le monde, se voient à nouveau menacés par leurs bourreaux qui souhaitent « finir le travail ».
N'en déplaise à Kamana, oui, être Tutsi « de l'intérieur » ou de la diaspora, c'est de toute façon être constamment menacé par la « philosophie » raciste et destructrice du Hutu Power, toujours bien vivace (S'il est tutsi, il devrait le savoir, le ressentir et ne jamais pouvoir imaginer attaquer sur leur action libératrice, ceux qui ont sauvé les Tutsis ni soutenir ceux qui ont cherché à les détruire ! ). Pour le vérifier, il suffit de surfer sur le net ou d'assister à des débats sur le génocide à Paris ou à Bruxelles, de plus en plus souvent perturbés par des négationnistes (jeunes pour la plupart, ce qui suppose que les génocideurs s'efforcent de transmettre leurs concepts racistes à leurs enfants ! ) très convaincus et très actifs.
3) Au sujet de Corneille :
Ou le chanteur mène sa carrière en tant que simple chanteur, comme il en a tout à fait le droit, choisissant de ne pas faire allusion à ses origines ni à l'histoire de son pays natal ni à celle de sa propre famille, ou il se positionne vraiment. Contrairement aux allégations de Kamana, on a le droit de s'exprimer, qu'on soit hutu ou tutsi, fils de victime ou de génocideur mais pas pour tenir des propos négationnistes, toujours les mêmes, ayant pour étrange but d'accuser sans trêve ceux qui ont arrêté le génocide, les Tutsis du FPR, d'être des génocideurs (de Hutus ou de Tutsis puisque dans le domaine de l'affabulation, tout est possible). J'ai du mal à croire qu'un homme doué de raison en général, et un Tutsi en particulier dans le cas qui nous occupe, puisse se prêter à un tel jeu dangereux qui ne peut servir que la cause des génocideurs. Et Corneille s'est déjà étrangement positionné (à moins que le journaliste ait mal retranscrit ses propos ? ) dans le portrait en dernière page que lui a consacré « Libération » en avril 2004, au moment de la commémoration du génocide où il a dit – je cite de mémoire mais c'était vraiment le sens de la formule – « je ne veux pas parler de cette commémoration, on va encore dire que les Hutus étaient responsables. » Eh bien oui, n'en déplaise à Nyungura, les Hutus, formés par des années de propagande raciste matinée souvent d'un christianisme dévoyé, sont responsables du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994. Quant à cette allusion de Kamana au sujet de la famille Nyungura, des « Tutsis d'origine » qui se seraient « acheté une virginité » hutue sous le régime d'Habyarimana, elle est bien improbable. Contrairement aux temps anciens où l'on pouvait passer d'une ethnie à l'autre, ce n'était plus possible sous les régimes racistes de Kayibanda puis d'Habyarimana. Kamana avance que les Nyungura auraient été tués par les troupes du FPR. Quelle raison celles-ci auraient-elles eu d'éliminer une famille de Tutsis victimes des génocideurs ? Quand Corneille raconte qu'il a fui le Rwanda à la fin du génocide avec les Rwandais qui allaient vers le Congo, on peut s'interroger encore. Qui étaient ces Rwandais qui fuyaient le FPR arrêtant le génocide ? Pourquoi Corneille se serait-il senti plus en sécurité au milieu des criminels en déroute qu'auprès des sauveurs du FPR ? Un peu comme si un Juif français racontait qu'à la Libération, en 1944, il avait suivi les collaborateurs à Siegmarinen pour se protéger des troupes de la France Libre et des Américains ! Etrange comme parcours, non ? Qu'il parle enfin, alors, ce Corneille ou qu'il chante seulement des bluettes…
4) Les exactions présumées du FPR
Quant à l'assassinat de « dizaines de milliers de Hutus par le FPR entre 1990 et 1994 », j'aimerais que Kamana avance des faits, des chiffres. A cette époque, le FPR n'était qu'une toute petite force isolée en Ouganda face à un Rwanda bien soutenu par la France et son armée. Ses incursions téméraires au regard de ses effectifs et de sa force de feu, sont toutes restées vaines, en dépit de leur courage à attaquer ce régime qui avait tué leurs parents et qui continuaient (voir le génocide des Bagogwe, par exemple, à cette période…). Au sujet de la victoire du FPR en 1994, certes, il y eu de nombreux morts parmi les génocidaires hutus, c'était une guerre destinée à arrêter un génocide, et des excès ont probablement eu lieu comme dans toutes les guerres. La différence avec l'armée rwandaise et les Interahamwe, c'est qu'on les poussait à tuer les Tutsis. Les soldats du FPR qui ont commis des exactions au cours de la guerre ont été sanctionnés par leurs supérieurs, comme c'est le cas dans toutes les guerres, même si parfois des injustices restent impunies, dans ce genre de circonstances.
Pour terminer, je conseille à ceux qui lisent ces échanges de comparer, rien que par leur style, fort révélateur, l'esprit de John Kamana et celui de Benjamin Sehene, leur perception du génocide. Au sujet de l'arrestation manquée de Munyeshyaka, suspecté de crimes de génocide, Kamana dit « Rira bien qui rira le dernier ». Sehene, lui, pleure…
à Liesel Schiffer
De
10H11 | 16/08/2007 |
Palatine dit : « … Quant à cette allusion de Kamana au sujet de la famille Nyungura, des “Tutsis d'origine” qui se seraient “ acheté une virginité ” hutue sous le régime d'Habyarimana, elle est bien improbable. Contrairement aux temps anciens où l'on pouvait passer d'une ethnie à l'autre, ce n'était plus possible sous les régimes racistes de Kayibanda puis d'Habyarimana. Kamana avance que les Nyungura auraient été tués par les
troupes du FPR. Quelle raison celles-ci auraient-elles eu d'éliminer une famille de Tutsis victimes des génocideurs ? Quand Corneille raconte qu'il a fui le Rwanda à la fin du génocide avec les Rwandais qui allaient vers le Congo, on peut s'interroger encore. Qui étaient ces Rwandais qui fuyaient le FPR arrêtant le génocide ? Pourquoi Corneille se serait-il senti plus en sécurité au milieu des criminels en déroute qu'auprès des sauveurs du FPR ? Un peu comme si un Juif français racontait qu'à la Libération, en 1944, il avait suivi les collaborateurs à Siegmarinen pour se protéger des troupes de la France Libre et des Américains ! Etrange comme parcours, non ? Qu'il parle enfin, alors, ce Corneille ou qu'il chante seulement des bluettes… … »
Il est certaines pratiques qui ont existé dont celle de changement d'identité dans les documents officiels, il serait très idiot de le nier. Ceux qui l'ont fait ont leurs raisons, je ne peux m'y attarder. Si le père de Corneille a fait pareil, c'est possible. Seulement, si l'on accepte qu'il était le frère de Léo KALINDA qui travaille actuellement à Radio Canada depuis 1976 et si celui-ci ne nie pas sa fraternité avec NYUNGURA père, vu que KALINDA est Tutsi de notoriété publique, attendu qu'il ne nie pas être Tutsi, nous devons admettre que Corneille est Tutsi par filiation. Oui sa mère était Hutu (originaire d'un pays voisin du Rwanda, selon KAMANA) mais la coutume fait que la filiation ethnique soit par le père. Si vous voulez, voici l'adresse email de Kalinda, vous lui poserez directement la question : lkalinda@montreal.src.ca , adresse qui est accessible sur cette page de Radio Canada : http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/dimanchemag/equipe.shtml
Dans l'histoire du Rwanda, Nyungura n'était pas le premier à travestir son identité. KABALISA Palatin, qui fut préfet de Butare et plus tard Notaire au MINIJUST, était TUTSI mais avait des documents le présentant comme HUTU. Il a dû passer au tribunal pour cette affaire. Il y en avait bien d'autres. On parle aussi de l'ancien député KAYONDO. Sans aller très loin, demandez à NSEKALIJE Aloys comment il était devenu Hutu et qu'il a réclammé sa « TUTSITE » après l'avènement du FPR.
Si Kamana est Tutsi, comment pouvez-vous le taxer de révisionniste ? Y a-il des Juifs révisionnistes ? Exemples ?
Kalisa, Géophysicien, TORONTO
De
14H22 | 15/08/2007 |
Message paticulier à Palatine et à Sehene.
1. Extrémisme ethnocentrique
La différence entre votre discours et le mien, c'est que vous parlez au nom d'une ethnie, alors que moi je parle de tous les rwandais sans discrimination aucune. Pour Palatine et Sehene, seules les victimes Tutsi doivent être prises en compte. Moi je suis dans la ligne de Abdoul Ruzibiza et des autres Tutsi qui se sont engagés à combattre tous les extrémistes, qu'ils soient Hutu ou Tutsi, ou même Twa !
Un petit exemple : lorsque vous dites « ayant pour étrange but d'accuser sans trêve ceux qui ont arrêté le génocide, les Tutsis du FPR, d'être des génocidaires (de Hutus ou de Tutsis puisque dans le domaine de l'affabulation, tout est possible), vous affirmez que le FPR était un mouvement Tutsi. Pourtant tout le monde sait que son président était un Hutu. Voulez-vous insinuer que Kanyarengwe n'était qu'un paravent comme Hassan Ngeze l'a souvent écrit ? Voulez-vous remettre en cause le rôle de Seth Sendashonga, Lizinde, Pasteur Bizimungu, et des milliers de Hutu qui ont combattu au sein du FPR-APR ? Certes non. Je crois que vous êtes tout simplement obnubilés par le racisme rampant qui vous dévore le coeur. Vous n'êtes guère différents des Ngeze, Kantano et autres extrémistes qui ne voyaient le Rwanda qu'à travers leur ethnie Hutu.
2. Le FPR aurait sauvé les Tutsi.
Contradiction avec les statistiques que vous donnez dans le même article. Vous affirmez que 24% de Tutsi de l'intérieur ont échappé au génocide. C'est un scénario trop optimiste. Cherchez plutôt entre 10% et 15%. Tout le monde sait que Kagame, après avoir fait assassiner Habyarimana, avait donné l'ordre de ne pas se préoccuper des massacres de Tutsi en dehors de la zone occupée par les troupes Inkotanyi. Pourtant il avait les moyens de sauver nos parents s'il en avait eu la moindre volonté. Alors oui, les Tutsi de l'intérieur ont été sacrifiés par Kagame, pour permettre à Kagame de reconquérir le pouvoir. Qu'en ont retiré nos parents ? Le génocide. Kagame est aussi responsable du génocide de nos parents que les Interahamwe. Kagame = Bagosora. Ni plus ni moins. Abdoul Ruzibiza, Déo Mushayidi et Aloys Ruyenzi ne seront désormais plus les seuls Tutsi à l'affirmer haut et fort. Non seulement l'APR a sacrifié les Tutsi de l'intérieur pour prendre le pouvoir, mais il s'est aussi livré à des actes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité à l'encontre des populations Hutu.
3. Négationnisme - Révisionnisme
Palatine dit (en parlant de moi) : “S'il est tutsi, il devrait le savoir, le ressentir et ne jamais pouvoir imaginer attaquer sur leur action libératrice, ceux qui ont sauvé les Tutsis ni soutenir ceux qui ont cherché à les détruire”. Eh bien oui, je suis Tutsi et fier de l'être. Mais je ne soutiens pas les ethnocentristes.
Drôle de conception de la liberté d'expression. Ainsi pour Palatine, les actions du FPR seraient sacro-saintes. Ne jamais les critiquer, surtout lorsqu'on est Tutsi ? Plus ethniste que Palatine, ça n'existe pas ! Cela me rappelle la période où les Kangura et autres RTLM considéraient comme “traîtres Ibyitso” tous les Hutu qui osaient défendre les Tutsi au nom de l'égalité citoyenne et du droit de tout homme à la vie. L'histoire ne nous a donc rien appris ?
J'ai dit et je répète que tous les méchants méritent le même traitement. Nous avons nos méchants au sein de l'ethnie Tutsi. C'est une évidence. Si nous voulons éviter de perpétuer la haine entre les Tutsi et les Hutu, et partant éviter d'autres drames futurs, nous devons apprendre à dire la vérité. Globaliser, positivement ou négativement, n'est pas une bonne chose. Personne n'a le droit de dire que tous les Tutsi ou tous les Hutu sont bons ou méchants. Les 24% de Tutsi rescapés dont parle Palatine l'ont été grâce à des Hutu courageux qui ont mis leur vie en danger pour sauver des êtres humains. Or Sehene et Palatine globalisent trop. Parler au nom des Tutsi en globalisant n'est pas acceptable. Il faut vraiment revoir votre discours. Qui peut nous prendre au sérieux lorsque nous utilisons le discours globalisant et raciste de la RTLM et du Hutu Power en prétendant combattre le racisme ? Le Tutsi qui aime vraiment les Tutsi et le Rwanda doit éviter de culpabiliser globalement et injustement tous les Hutu. Le Tutsi qui n'est ni réaliste ni patriote s'acharne contre les Hutu, oubliant que l'Histoire n'est pas un boulevard droit. Regardez ce que Kagame nous a fait au Zaïre. Le Tutsi est devenu l'étranger le plus haï dans ce pays. Pourquoi ? Vous le savez très bien. La situation n'est guère meilleure en Ouganda, même si Museveni préfère ne rien dire.
Cessons de traiter de révisionnistes ou de négationnistes toutes les personnes qui expriment un point de vue différent du nôtre. C'est une forme de macarthisme qui ne fait plus peur, même pas à une mouche. Je ne suis pas un militant Tutsi mais un humaniste. Chaque fois que la vie de mes compatriotes Twa, Hutu et Tutsi sera menacée, je me battrai comme je peux. Je pleurerai toutes les victimes, car je refuse d'entrer dans le moule du racisme en vogue au Rwanda. Tous les Tutsi ne sont pas des “ gentils ”, comme tous les Hutu ne sont pas des “ méchants ”. Et vice-versa.
Juste un petit rappel historique :
Qui était le président du FPR en 1994 ? Un Hutu : Alexis Kanyarengwe.
Et le président des Interahamwe ? Un Tutsi : Robert Kajuga.
Et le premier président de l'Unar ? Un Hutu du nom de Rukeba.
Figurez-vous qu'il y avait beaucoup de petits Kajuga au sein des Interahamwe. Abdoul Ruzibiza peut vous en parler des heures durant. Il y avait aussi des milliers de Kanyarengwe au sein du FPR. Seule la vérité sauvera le Rwanda.
Et si nous bannissions la haine de nos coeurs pour bâtir un avenir exempt d'anathèmes haineux ?
4. Le cas Corneille :
Corneille est un Tutsi. Que vous le vouliez ou non. Sauf qu'il est aussi Hutu par sa mère ! Et puis cela n'est pas le plus important dans son histoire.
Vous êtes vraiment injustes voire cruels à son égard ! Je ne connais pas Palatine, mais je suis très déçu par Sehene que j'avais toujours pris pour un humaniste raisonnable.
Pourquoi je dis que vous êtes injustes et cruels à l'égard de Corneille ?
Voilà un enfant qui, après avoir assisté à l'assassinat de toute sa famille, a pris la bonne décision de fuir la zone des combats pour se réfugier au Zaïre, au milieu de milliers d'autres réfugiés Hutu et Tutsi. Et vous le traitez de collaborateur des génocidaires ? Quelle cruauté, Monsieur ou Madame Palatine ! C'est exactement ce que le FPR a reproché aux rescapés dès sa prise de Kigali. En 1994, un de mes frères, rescapé, s'est vu demander de justifier pourquoi et comment il n'avait pas été tué. Le fait qu'il soit vivant en juillet 1994 constituait un crime et signifiait, pour nos compatriotes venus d'Ouganda, que mon frère était un traître et un collaborateur. Choquant et révoltant.
Auriez-vous préféré que Corneille subisse le sort de Madame Alodia Nkundabagenzi, la veuve de Bonaventure Nkundabagenzi de Butare ? En juillet 1994, Madame Alodia Nkundabagenzi, une Tutsi âgée de plus de 70 ans, est revenue du Burundi après trois mois d'exil. Arrêtée par les soldats du FPR, elle s'est vue reprocher d'avoir eu des amitiés coupables avec la famille de Martin Bucyana, ex président de la funeste CDR. Et d'avoir survécu grâce à la protection de ses beaux-frères Hutu. Elle a été conduite dans un endroit secret et exécutée sans sommation, sur ordre personnel de Paul Kagame. Et elle était pourtant Tutsi. Je peux donner des centaines d'exemples, si les circonstances le permettaient.
5. Les exactions commises par le FPR :
Vous dites “A cette époque, le FPR n'était qu'une toute petite force isolée en Ouganda face à un Rwanda bien soutenu par la France et son armée. Ses incursions téméraires au regard de ses effectifs et de sa force de feu, sont toutes restées vaines,.”.
FAUX. ARCHI FAUX. “ A cette époque (1992,1993, 1994) ”, nos troupes n'étaient plus isolées en Ouganda. Leur quartier général était au Rwanda, à Mulindi. Une partie des troupes du FPR se trouvait à un jet de pierre de Kigali. L'APR occupait Byumba, une partie de Ruhengeri, Kibungo, Kigali. Par ailleurs, plusieurs autres milliers de combattants étaient infiltrés à Kigali et ailleurs. Ne cherchez pas à minimiser l'importance de la présence de l'APR pour minimiser les responsabilités de ses chefs militaires qui ont refusé toute assistance militaire à nos parents. Ma prophétie est la suivante : la direction actuelle civile et militaire du FPR répondra bientôt de cette responsabilité criminelle historique devant une nouvelle direction en préparation, constituée de jeunes et braves officiers Tutsi et Hutu. Ce procès sera l'acte fondateur d'un nouveau Rwanda, d'un nouveau FPR, et préparera la réconciliation nationale. Basée sur la vérité.
Pour finir, vous dites : “Les soldats du FPR qui ont commis des exactions au cours de la guerre ont été sanctionnés par leurs supérieurs, comme c'est le cas dans toutes les guerres, même si parfois des injustices restent impunies, dans ce genre de circonstances.”
Vous n'avez vraiment pas froid aux yeux. Que faites-vous du massacre de Kibeho en avril 1995 ? Les milliers de personnes massacrés à coup de grenades, canons et mittrailleuses, n'étaient pas des citoyens rwandais ? Qui a dirigé les opérations ? Le général Ibingira en personne. Après un simulacre de procès et de condamnation, ce criminel a été réintégré et nommé général au sein de l'Armée. Il est aujourd'hui l'un des conseillers les plus écoutés de Paul Kagame.
Est-ce cela la fameuse justice rwandaise dont parlent Palatine et Sehene ?
John Kamana
Forum “Egalité, Vérité, Justice et Réconciliation”
De Liesel Schiffer
Ecrivain | 15H50 | 15/08/2007 |
… On frémis à la lecture de la prophétie de Kamana : « (…) une nouvelle direction en préparation (…) Ce procès sera l'acte fondateur d'un nouveau Rwanda (…) »…
Quant au reste, je me suis déjà bien exprimée sur les thèmes négationnistes récurents, dissimulés sous les mots « réconciliation nationale » et escortés d'un tas de contre-exemples tortueux, constitués uniquement de Tutsis génocideurs issus de la diaspora (les « Ougandais », n'est-ce pas ? ). Au final, donc, selon Kamana et ceus qui partagent ses idées, le génocide serait une action des Tutsis du FPR, contre ceux de l'intérieur pourtant protégés par leurs bons génies hutus habyarimanesques. No comment !
Ah si, juste une précision : le Rwanda d'aujourd'hui serait donc encore un régime raciste où tous les Hutus seraient persécutés ainsi que leurs quelques amis les bons Tutsis hostiles au FPR… La théorie de l'effet miroir, vous vous rappelez ? … C'est terrible, on n'en sort pas.
à Liesel Schiffer
De
18H33 | 24/08/2007 |
Réconcialition nationale ? Mais c'est du négationisme ! ! !
Vas-y continue comme ça, tu va retourner la situation ! Ne te laisse pas embrouiller par le témoignage de Kamana. Et perds pas de temps à essayer de savoir ce qui s'est passé en Ouganda, au Burundi et en RDC, t'as déjà tout compris ! T'es avec les bons !
De Liesel Schiffer
Ecrivain | 16H06 | 15/08/2007 |
J'oubliais, la merveilleuse « cerise sur le gâteau négationniste » de Kamana qui écrit sans broncher : Kagame = Bagosora ! ! ! Aussi judicieux et fin que de dire Patton = Himmler ! …
Au moins, ce dévoilement de la propagande négationniste montre que le danger existe toujours, bien vivace (on va bientôt pouvoir dire génocidaire, arrivés à ce stade). Mais cette fois, la communauté internationale ne laissera pas faire.
De Brig
20H10 | 15/08/2007 |
Un article récent très intéressant de Rue 89 à lire sur ce sujet : Rose Rwanga accuse de génocide le prêtre rwandais libéré
Par Jean-François Dupaquier 13/08/2007
De
11H22 | 16/08/2007 |
Pour des gens (Palatine& Sehene)qui defendent soi disant des victimes, je vous trouvent particulierement haineux… ! Il est vrai qu'aujourd'hui il est de bon ton de faire croire que Mr Kagame et sa troupe du FPR sont des sauveurs du Rwanda et des personnes tres frequentables. Je pense que la realite est beaucoup moins jolie. Pierre Pean a emis une these interessante sur la cause du genocide suite a l'attentat contre Habyarimana, qu'en pensez vous ?
De Liesel Schiffer
Ecrivain | 11H49 | 16/08/2007 |
Pierre Péan, celui qui a été attaqué par SOS racisme et Ibuka pour diffamation raciale et incitation à la haine raciale pour ses écrits ? Il appartient à la même clique que Lugan et Onana, ces plumes prêtes à défendre la France dans ses pires compromissions.