A la Une 13/08/2007 à 16h03

Rose Rwanga accuse de génocide le prêtre rwandais libéré



Rose Rwanga au siège de la FIDH à Paris, en 1998 (Jean-François Dupaquier)

Tutsie, Rose Rwanga était réfugiée avec sa fille Hyacinthe à l’église de la Sainte-Famille à Kigali durant le génocide. Son mari et ses deux fils venaient d’être tués. Le 17 juin 1994, des miliciens Interahamwe sont venus tuer sa fille. Elle accuse le père Munyeshyaka de n’avoir rien fait pour la sauver, alors qu’elle se savait visée et l’avait suppliée de la cacher.

Le génocide de 1994 au Rwanda, beaucoup en parlent sans savoir, sans vraiment vouloir se renseigner. Surtout à Gisors (Haute-Normandie), la paroisse qui a accueilli le père Wenceslas Munyeshyaka. « Ca fait mal », commente Rose Rwanga, une rescapée du génocide, depuis son exil au Canada.

Lorsqu’elle prend connaissance des déclarations du père Morin, actuel prêtre de Gisors, présentant son prédécesseur comme une victime, elle s’exclame : « Comment peut-il dire que l’Eglise est persécutée au Rwanda ? Les églises n’ont jamais été aussi remplies, l’Eglise n’y a jamais été aussi puissante. Qu’il nous dise quels prêtres sont aujourd’hui persécutés au Rwanda ! Quels prêtres seraient empêchés de voyager. Quels prêtres auraient été empêchés d’aller voir Munyeshyaka à Gisors ? Ca me fait mal d’entendre ça. »

Mais ce qui la fait davantage souffrir encore, ce sont « tous ces prêtres ou évêques français qui n’ont jamais un mot pour les victimes. Où sont les vraies victimes ? Je comprends qu’on rappelle la présomption d’innocence. Mais présenter le père Munyeshyaka comme une victime, ce n’est pas faire œuvre de paix et de justice. C’est une injure au million de victimes de 1994, et notamment à ma famille, mon mari, mes deux fils, et Hyacinthe. Qu’est ce que Munyeshyaka a à dire sur la mort de Hyacinthe, tuée sous ses yeux, alors que nous savions que les Interahamwe allaient venir la chercher ? Que nous avons supplié le prêtre de la cacher et qu’il a refusé ? “

Histoire banale

Le malheur de Rose Rwanga est malgré tout une histoire banale au Rwanda parmi les familles de Tutsi et de Hutus démocrates, décimées par le génocide et les massacres politiques de 1994.

Rose Rwanga-Murorunkwere est née le 6 août 1947 dans la commune de Bwisige (préfecture de Byumba, à l’est du Rwanda). Rose est l’aînée d’une famille de neuf enfants dont tous, sauf elle, ont fui les persécutions de Tutsis au Rwanda pour se réfugier en Ouganda dès 1961.

Elle avait choisi d’achever ses études secondaires chez les Sœurs blanches. Elle est ensuite devenue enseignante monitrice à Ruhengeri. En 1964, à la suite des nouvelles persécutions de Tutsis dans le nord du Rwanda, elle a trouvé un poste dans une école religieuse de Kabgayi, un énorme centre diocésain.

En 1968, Rose a épousé à Kigali Charles Rwanga, mécanographe indépendant. Ils ont trois enfants : Wilson né en 1970, Degroot en 1972 et Hyacinthe en 1974.

Classe moyenne

A Kigali, Rose et son mari appartenaient à la classe moyenne urbaine. Son époux possédait une petite entreprise de quatre salariés, Kigali-Meca, dans le quartier commercial de la capitale. Ils étaient relativement heureux malgré la carte d’identité ethnique qui mentionnait leur appartenance à la ‘race’ tutsie et leur valait pas mal de désagréments.

Charles Rwanga a été arrêté en 1973, lors de la dernière vague de persécutions lancées par le régime de Grégoire Kayibanda, le président hutu fondateur de la république du Peuple majoritaire. Il a de nouveau été arrêté en octobre 1990 après la prétendue attaque de Kigali par le Front patriotique rwandais (FPR) et a passé quatre mois en prison à Kigali parmi d’autres ‘Ibyitso’ (complices -c’est le sobriquet lancé par les extrémistes du régime et désignant tous les Tutsis du Rwanda considérés comme radicalement complices du FPR). Jusqu’en 1994, Rose et son mari ont été plusieurs fois interrogés par la police comme ‘Ibyitso’.

Lors du génocide, la famille Rwanga s’est d’abord cachée dans la maison d’un voisin. Le 9 avril 1994, ils ont trouvé refuge au Cela, le Centre de langues des pères blancs. Le 22 avril à 9 heures du matin, un groupe de miliciens appuyé par des militaires a procédé à une rafle massive des hommes et des jeunes gens. ‘Le père Wenceslas Munyeshyaka, curé de la Sainte-Famille, était lui-même présent avec des miliciens et des gendarmes’, raconte Rose.

Affirmations que le père réfutait pourtant en 1994 devant les caméras, comme le montre cette vidéo issue des archives du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) :



Charles Rwanga et ses fils Wilson et Degroot ont été emmenés pour une ‘destination inconnue’ et vraisemblablement assassinés dans les minutes qui ont suivi. A la suite de cette opération, la plupart des réfugiés au Cela a cru trouver asile en l’église de la Sainte-Famille, mais les Interahamwe y venaient périodiquement rafler et assassiner des Tutsis.

Partie civile

A la mi-juin de la même année, Rose a appris que sa fille avait été spécialement désignée comme cible. ‘Nous avons supplié le père Munyeshyaka de la cacher. Il a refusé. Hyacinthe avait refusé ses avances…’

Le 17 juin, Hyacinthe Rwanga a été abattue par des miliciens. Le père Wenceslas Munyeshyaka lui a organisé des funérailles à la paroisse et a versé ce que Rose appelle ‘des larmes de crocodile’. Rose Rwanga a été évacuée quelques jours plus tard par la Minuar (Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda).

Rose Rwanga témoigne depuis sur les développements du génocide à l’intérieur de l’église de la Sainte-Famille. Elle-même s’est constituée partie civile contre le père Wenceslas Munyeshyaka par l’intermédiaire de Maître William Bourdon, avocat à Paris.

Wenceslas Munyeshyaka a toujours proclamé son innocence dans cette affaire. Incarcéré le 20 juillet 2006, il vient d’être libéré le 6 août. Selon lui, toutes les femmes et les jeunes filles réfugiées à la Sainte-Famille ont échappé au génocide. Toutes sauf au moins une, Hyacinthe Rwanga.

► Article précédemment publié sur le site de L’Echo régional.



A lire :
Rwanda : la justice des hommes a encore failli
La tribune de Benjamin Sehene, écrivain.


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  • Anonyme

    Il aura fallu 12 ans pour les arrêter et douze jours pour les relâcher.L’ancien préfet Laurent Bucyibaruta et le père Wenceslas Munyeshyaka sont inculpés de génocide,extermination,assassinats et viol constitutifs de crimes contre l’humanité.
    Il semblerait que ce soit une erreur de procédure.
    Le TPIR(tribunal pénal international pour le Rwanda.)
    a demandé que ces personnes soient arrêtees et maintenues en détention,jusqu’à ce qu’il ait statué sur le transfert du dossier,à la France-qui a compétence universelle,pour juger sur son territoire ou ailleurs tout responsable de génocide.
    La cour d’Appel de Paris a estimé que cette demande de mise en détention sine die ne pouvait être éxécutable,au regard de la présomption d’innocence.
    Le TPIR a refait la même demande,avec extradition et remise au tribunal international-ou attendre que les problèmes de transfert de dossier soient réglés.
    Les deux inculpés restent sous contrôle judiciaire.
    (source prise dans Charlie hebdo-,article deGérard Biard)Couverture remarquable avec Lustiger ! ! ! !)

    • Anonyme

      Le TPI a compétence universelle pour arrêter les criminels de guerre qui ne sont pas alliés des USA et des européens. La nuance est importante, et le rôle de la France n’est pas étranger dans cette affaire. Le génocide a quand même été plus ou moins couvert par la France et continue de l’être, on le voit bien.
      Si le prêtre avait été un imam taliban pakistanais, présomption d’innocence ou pas, l’aurait-on relaché ?

      • Anonyme

        La présomption d’innocence débouche de la déclaration universelle des droits de l’homme,de 1946.
        Il serait,cependant souhaitable,qu’on l’applique lors des arrestations scandaleuses des sans-papiers par exemple..
        Il y a vraiment un dysfonctionnement dans la justice.
        A ce demander si le génocide est un crime !
        jl

         
        • Anonyme

          Il ne faut pas dire n’importe quoi. Parler de présomption d’innocence lors de l’arrestation de sans papier est une absurdité. On a les papiers ou on ne les a pas. Rien à comparer avec le cas de ce prêtre pour qui il y a manifestement des témoins qui disent que ce n’est pas vrai ce dont on l’accuse, même s’il y a un syndicat constitué contre lui par ...

          Steven, prof de français à Dublin

        1 autres commentaires
  • Nizan Netzar
    Nizan Netzar
    exilé
    • Posté à 19h46 le 13/08/2007
    • Internaute 14361
      exilé

    Les Tutsis et les Hutus ont vécu en bonne intelligence pendant des siècles sur les collines du Rwanda et du Burundi, avant que la Région des Grands Lacs ne soit découverte par les européens à la fin du XIXème siècle. L’implantation de l’Eglise Catholique consécutive à la conquète belge a contribué à nourrir des idéaux égalitaristes parmi les Hutus. Les Pères Blancs ont contribué, et sciemment, à défaire la structure ethnique imbriquant les deux peuples : les Tutsis étant traditionnellement pasteurs étaient reconnus comme rois régnant de droit sur les hutus, non moins traditionellement cultivateurs et éthiquement inféodées aux précédents. Situation improprement perçue comme féodale, précisément, par nos religieux septentrionnaux, qui vécurent somme toute comme un sacerdoce l’impératif de « libérer » la conscience des Hutus de leur minorité socio-culturelle, donc - ou puisque - spirituelle. Selon les belges, les Tutsis seraient des nomades originaires du nord-est (Nubie, voire Inde sinon Tibet selon certains) qui se seraient tardivement fixés dans la région des grands lacs, se mêlant à une population de Hutus (et de Twas) au sein de laquelle ils maintinrent une structure royale étroitement liée aux coutumes pastorales. L’argument missionnaire venait là comme la résolution d’une situation socialement injuste, ou présentée comme telle à ceux qui la vivaient, rattachant les Tutsis aux descendants de Cham, fils de Noé. Thèse désavouée par l’histoire moderne, qui pose la présence depuis un millénaire de Tutsis et de Hutus organisés autour de la ritualité tutsie qui reste effectivement proche de celles indo-iraniennes (sacralité des vaches, danse et magie rituelles, nomadisme tribal).

    L’indépendance en 1961, revendiquée d’abord par les Tutsis, que les allemands puis les belges avaient dans un premier temps appréhendés comme des alliés du processus colonisateur, donna finalement raison aux visées religieuses plus qu’à celles politiques pour enfin les concilier - sinon les étrangler : les Hutus furent massivement soutenus par les occidentaux pour une lutte visant à l’équilibre politique, dans une perspective certes démocratique, mais qui prenait racine sur un terrain idéologique chargé.

    Le résultat fut, grosso modo, au Burundi comme au Ruanda, les divers massacres et génocides que l’on sait.

  • Anonyme

    Pas de cours d’histoire pas d’opinions politiques ici dans ce texte. Juste pour parler d’une femme parmi des myriades dans ces collines. Imaginez son chemin, son parcours, ses images, ses cauchemars, son énergie aussi et sa vivacité pour en arriver à ne pas lâcher, à rester déterminée, à trouver les contacts,à prononcer les paroles et à écrire les mots justes pour arriver à en faire un titre sur un site ou dans un canard.
    Une émotion et une solidarité bien vaines me saisissent..
    La monstruosité est immense,la souffrance accablante,
    le temps n’efface rien mais au contraire le temps fait apparaître de plus en plus de drames indicibles
    de génocideurs en cavale ou se victimisant.
    Juste le visage de Rose m’est insupportable tant il fait surgir l’image du chaos des tueries et le cahos des jugements, fuites, témoignages...
    Et le regard de Rose est infiniment lointain seul et doux.
    martine.michel@nunc.be

  • Anonyme

    Tout ça finira par se tasser comme le reste. En attendant la France ce beau pays si propre sur lui ( et en particulier l’église catholique ) continuera d’héberger, nourrir, soigner, protéger les braves criminels rwandais comme elle l’a fait pour les criminels nazis et collaborateurs. Toutes les planques sont bonnes, dans la mouvance catho, je pense en particulier à des communautés Emmaüs .....

    • Anonyme

      « Toutes les planques sont bonnes, dans la mouvance catho, je pense en particulier à des communautés Emmaüs »

      Avez-vous des exemples de communautés Emmaüs pour appuyer de telles accusations ?

      • Anonyme

        Ce n’est pas Emmaus au Rwanda mais Caritas !

  • Liesel Schiffer
    Liesel Schiffer
    Ecrivain
    • Posté à 11h30 le 14/08/2007
    • Internaute 12931
      Ecrivain

    Oui, moi aussi, cette allagation me semble floue. Qielles sont vos références ?

    • Anonyme répond à Liesel Schiffer

      Il y a 3 ans, un acquitté du TPIR (qui fut bourgmestre dans une province extrêmement marquée par le génocide) vivait - et vit peut-être encore - dans une communauté Emmaüs, à Mulhouse précisément. France Culture avait diffusé son interview. L’homme se montrait passablement négationniste, alors qu’il avait plaidé devant le Tribunal avoir fait son maximum pour protéger et sauver en vain de l’extermination les Tutsi de sa commune (c’est donc contradictoire).

      Quant à Munyeshyaka : après l’Ardèche, il est en effet allé dans l’Eure. Le premier évêque à l’accueillir à l’époque dans son diocèse, avant Mgr david, fut... Mgr Gaillot.

  • Anonyme

    Bon j’y connais rien et c’est la première fois que j’entend parler ce monsieur, alors pas taper.

    Je trouve l’article calamiteux. Il parle bien des victimes, de leurs vies, mais rien sur l’accusé !

    Questions :
    sur quel plan se situe l’accusation de Munyeshyaka ? l’accuse t-on de génocide, meurtre ou de non assistance ? (la victime dans l’article parle plutôt de non assistance).
    Ce monsieur avait -il de l’influence ?
    Des gens réfugiés dans l’église on t-ils survécus ?
    Il a été présenté comme une victime : qu’a il été dit à ce sujet ?
    Sa vie a t elle menacée ?

    Merci pour vos réponses

  • Anonyme

    Eh bien, voilà l’histoire :

    entre le 6 avril et le 4 juillet 1994, le père Wenceslas Munyeshyaka était le seul prêtre officiant dans la paroisse de la Sainte-Famille à Kigali, la capitale du Rwanda. Il s’agit d’une gigantesque église pouvant contenir environ 3 000 fidèles et d’un vaste ensemble de bâtiments annexes. Des milliers de personnes y avaient trouvé refuge, essentiellement des Tutsis et des Hutus démocrates, espérant échapper au programme d’extermination mené alors par les milices « Interahamwe », sortes de groupes néo-nazis qui s’étaient jurés d’exterminer tous les Tutsis.

    Un rôle trouble

    Quel est alors le rôle du père Wenceslas Munyeshyaka ? Hutu, lui-même se décrit comme un homme courageux qui s’oppose durant trois mois à plusieurs opérations de liquidation de paroissiens. Il se trouve des témoins pour confirmer ses dires.

    Mais beaucoup d’autres le décrivent comme un homme qui profite des circonstances pour terroriser les paroissiens, les insulter, allant jusqu’à leur couper l’eau courante. C’est la chasuble recouverte d’un gilet pare-balles et revolver à la ceinture qu’il dit la messe.

    Selon ces témoins, le soir, il « invite » certaines jeunes et jolies paroissiennes à partager sa chambre. De fait, ces femmes échapperont au génocide à l’exception d’une seule, Hyacinthe Rwanga, tuée devant lui et sous les yeux de sa mère Rose, sans qu’il fasse un geste pour la défendre. Rose Rwanga est aujourd’hui un de principaux témoins de l’accusation.
    Si les femmes, à l’exception de Hyacinthe, ont « miraculeusement » ( ?) échappé à l’extermination dans l’église de la Sainte-Famille, et si aujourd’hui certaines accusent Munyeshyaka de les avoir violées en échange de sa protection, tout autre fut le sort des hommes.

    Durant cette période, environ trois cents personnes réfugiées dans l’église de la Sainte-Famille et qui s’étaient placées sous la protection du prêtre, presque toutes de « l’ethnie » tutsie, sont exterminées.
    Ce sera notamment le cas d’un des plus célèbres journalistes rwandais, André Kameya, fondateur et directeur du périodique Rwanda Rushya, dont le père Munyeshyaka signalera la présence aux autorités à la fin du mois de mai 1994, et qui a été vraisemblablement assassiné peu après.

    Lorsque, presque cernés, les « génocidaires » doivent fuir Kigali dans la nuit du 3 au 4 avril 1994, l’abbé Munyeshyaka part avec eux. Il racontera plus tard sa fuite vers le Zaïre (aujourd’hui République Populaire du Congo) comme une véritable épopée où il aurait été lui-même harcelé par les Interahamwe - ce que rien ne semble confirmer.

    Ce qui est par contre avéré, c’est que réfugié à Goma, il retrouve de nombreux autres prêtres rwandais plus ou moins compromis dans le génocide et les massacres.
    Tous ces prêtres ont laissé une preuve tangible de leur état d’esprit : une « Lettre au Souverain Pontife » qu’ils cosignent le 4 août 1994, et dans laquelle ils nient qu’un génocide des Tutsis ait eu lieu au Rwanda, prétendant qu’au contraire les Hutus ont été victimes de massacres systématiques. Une argumentation directement calquée sur les discours de la tristement célèbre Radio Télévision libre des Mille Collines, lorsqu’elle diffusait les slogans du génocide.

    Exfiltré par l’Église

    Pourtant cette lettre au Souverain Pontife que l’abbé Wenceslas justifie aujourd’hui comme signée sous le coup de l’énervement ou encore qu’il n’aurait « pas lue avant de signer » (sic), n’a pas découragé l’Église de lui accorder son appui. Affirmant que Wenceslas Munyeshyaka vit sous la menace de Hutus extrémistes, les Pères blancs usent de leur influence pour lui obtenir un asile en France.
    Munyeshyaka est d’abord affecté dans la paroisse de Bourg-Saint-Andéol (Ardèche) sous la protection de l’évêque de Privas, Mgr Bonfils. On présente ce nouveau vicaire aux paroissiens comme une « victime » de la tragédie rwandaise. Pas de chance : des parents d’authentiques victimes de la Sainte-Famille le retrouvent et portent plainte le 21 juin 1995. Le 28 juillet 1995, l’abbé Munyeshyaka est arrêté par les gendarmes et conduit en détention provisoire.
    Il n’y reste pas longtemps : l’Église mandate un cabinet d’excellents avocats parisiens (les mêmes qui interviendront en 2006 dans la défense du juge Burgaud), lesquels réussissent à le faire sortir de prison et à « geler » l’instruction pendant plusieurs années.

    Entretemps, l’évêque de Privas, déconcerté par la tournure de l’affaire, « refile » l’abbé rwandais à Mgr Jacques David, évêque d’Evreux, son véritable protecteur.

    Nommé successivement à la paroisse des Andelys, puis à celle de Gisors, Wenceslas Munyeshyaka n’a de cesse de convaincre ses paroissiens qu’il est la victime expiatoire d’un régime raciste. Très vite, il a un étonnant ascendant sur la plupart des fidèles. Au point que les rares protestations organisées à l’extérieur de l’église (5 en 10 ans) sont l’objet de huées, voire d’épisodes plus violents de la part des paroissiens.

    Cet ascendant n’est pas général. À Gisors, les membres d’un groupe de prière qui expriment des doutes sur le rôle du père Munyeshyaka durant le génocide sont écartés par l’évêque David.

    Visiblement, Munyeshyaka a convaincu le clergé local qu’il était une victime, et non pas ce kapo sadique, tueur et violeur que certains rescapés de la Saint-Famille décrivent. Mgr Jacques David ne lui ménage pas son soutien public, lui accorde le statut de prêtre coopérateur, lui confie l’aumônerie du lycée de Gisors, celle des Scouts de France. Le père Morin, prêtre en charge de la paroisse de Gisors-Vallée d’Epte, apparaît aux côtés du père Munyeshyaka, riant aux éclats face aux accusations portées. Et tous sourires, côte à côte, en page 6 du Bulletin paroissial aujourd’hui encore distribué à Gisors.

    Rappelons que la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) avaient « pris acte de ces arrestations », en rappelant qu’elles « avaient lancé de nombreux appels en ce sens » et dénoncé à plusieurs reprises « la lenteur de la justice française » dans les dossiers des deux Rwandais.

    Depuis, on en est revenu pratiquement à la case « départ ».

    Jean-François DUPAQUIER

    • Anonyme

      merci beaucoup pour ce post lumineux.

    • Anonyme

      Monsieur DUPAQUIER,
      Est-ce une erreur ? Vous écrivez »...Lorsque, presque cernés, les « génocidaires » doivent fuir Kigali dans la nuit du 3 au 4 avril 1994, l’abbé Munyeshyaka part avec eux... ». De notoriété publique, l’avion du Président du Rwanda a été abattue dans la nuit du 6 avril. Et on nous dit que c’est le départ des meurtres des tutsi et autres. Ausii, dans ces pages, on dit que le prêtre est resté à Kigali pendant 3 mois après ce début de tueries. Précisez donc. Aussi, vous semblez « bien » informé. Dites-nous, ce prêtre aurait violé ces filles en présence du prêtre tutsi qu’il câchait et qui est actuellement dans cette fameuse Paroisse de la Sainte Famille ? Auriez-vous une déclaration de ce prêtre TUTSI incriminant son confrère MUNYESHYAKA ?

      DEPERDANGE

    • Anonyme

      pour votre information lisez aussi ceci :

      CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE
      ET L’INJUSTICE AU RWANDA

      BP 141 Bruxelles 3
      Bruxelles, le 9 janvier 2006
      1030 BRUXELLES
      Tél. /Fax : 32.81.60.11.13
      GSM : 32.476.70.15.69
      COMMUNIQUE n° 88/2006
      Les héros du génocide rwandais sont assassinés,
      emprisonnés et persécutés au lieu d’avoir des médailles.
      Le Cas du prêtre Wenceslas MUNYESHYAKA diabolisé injustement.
      « Je souhaite rencontrer l’homme qui m’a sauvé la vie et qui a caché ma mère », déclare un des nombreux enfants rescapés du génocide rwandais et sauvés par le père catholique Wenceslas MUNYESHYAKA à la paroisse Sainte Famille dans la capitale rwandaise KIGALI. Ce jeune garçon, désigné par la première lettre de son nom R…réside avec sa mère en Europe et a manifesté, depuis qu’il a l’âge de raison, de rencontrer l’homme qui l’a sauvé avec sa mère et ses autres proches parents entre avril et juillet 1994.
      Ce jeune garçon, âgé aujourd’hui de 12 ans, avait sept (7) mois et était gravement malade en avril 1994. Le père Wenceslas a remarqué parmi d’autres enfants, ce nourrisson atteint de diarrhée et de pneumonie suite au froid et a décidé de le cacher avec d’autres enfants fragiles dans les chambres du presbytère jusqu’à leur évacuation vers la zone de KABUGA (préfecture de Kigali-Rural) contrôlée par le Front Patriotique Rwandais (FPR) depuis fin avril 1994.
      Ce jeune garçon, qui n’a pas été entraîné par le régime du FPR à s’investir dans ladélation comme d’autres rescapés tutsi ingrats, fait partie des 18.000 personnes réfugiées et recueillies à la paroisse Sainte Famille où elles ont été nourries et soignées grâce au père Wenceslas MUNYESHYAKA.
      Ce prêtre catholique, devenu a bête noire du régime terroriste et délateur du Général Paul KAGAME, mériterait bien une médaille de bravoure si le régime du FPR était préoccupé de reconnaître les héros et de rendre une justice équitable. Si notre communiqué commence par la déclaration de ce jeune garçon de 12 ans, c’est pour souligner qu’à côté de milliers de « Syndicats de délateurs » créés, encouragés, manipulés et protégés par le régime du FPR et certaines sections de l’association des rescapés tutsi du génocide IBUKA (Souviens-toi), il existe de nombreux rescapés tutsi qui ont refusé de sombrer dans la délation institutionnalisée au plus haut niveau de l’Etat rwandais.
      Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)* dénonce et condamne le gouvernement rwandais qui utilise la délation, finance et assure l’impunité des milliers de « Syndicats de délateurs » manipulés et corrompus par les différentes « machines à tuer » dont la Directorate of Military Intelligence (DMI) mises en place par les chefs militaires et politiques du Front Patriotique Rwandais (FPR).
      Notre Centre enquête aussi depuis 10 ans sur le père Wenceslas et confirme les témoignages qui attestent qu’il a utilisé tous les moyens à sa disposition pour sauver le maximum des 18.000 réfugiés de la Sainte Famille. Notre Centre demande à la justice française de rejeter toute demande d’extradition de Wenceslas et le mandat d’arrêt international lancé le 27 décembre 2005 par les autorités rwandaises.
      Toutes les institutions officielles de l’Etat rwandais sont complètement noyautées, contrôlées et paralysées par le noyau dur des chefs militaires et politiques du FPR impliqués dans les crimes de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis au Rwanda depuis le déclenchement de la guerre du FPR le 1/10/1990 jusqu’aujourd’hui. Leur seule préoccupation consiste à s’assurer l’impunité par la nomination des magistrats soumis et inféodés aux dirigeants du FPR et par la mise en place d’un appareil judiciaire destiné à condamner les seuls suspects Hutu et/ou à les maintenir en prison sans aucun procès. Ce sont ces institutions de façade (gouvernement, parlement, sénat, et magistrature) que ces chefs militaires manipulent et contraignent à voter et à appliquer des lois injustes et liberticides. C’est cette junte militaire qui commandite des lois, des décrets-lois, des commissions d’enquête parlementaire (comme celle qui a anéanti depuis 2004 la Société civile rwandaise qui a assisté à l’assassinat de ses membres (M. RAMBA Léon Pasteur de COFORWA tué le 29/12/2003) et qui a vu s’exiler plusieurs journalistes indépendants et 13 dirigeants de la Ligue Rwandaise pour la Promotion des Droits de l’Homme (LIPRODHOR). Cette junte militaire commandite également des assassinats politiques, la promulgation des décisions et directives arbitraires, des enlèvements, des crimes de torture, des arrestations et des emprisonnements arbitraires. Tous ces actes criminels et impunis sont destinés à opprimer et à terroriser la population afin de mieux l’opprimer et l’empêcher de réfléchir, de s’organiser, d’évoluer et de se développer matériellement, moralement et spirituellement. C’est encore cette junte militaire qui a ordonné le 27/12/05 au Ministère rwandais des Affaires Etrangères de négocier avec le gouvernement français l’extradition de l’Abbé Stanislas MUNYESHYAKA, sous prétexte qu’il serait un complice du Général Laurent MUNYAKAZI. Ce dernier est emprisonné depuis le 05/09/2005 après avoir rendu, pendant 10 ans, de bons et loyaux services à l’actuel Président rwandais, le Général Paul KAGAME. Il a commandé des bataillons et une division des Forces Rwandaises de Défense (FRD) depuis 1995. S’il était génocidaire, il n’aurait pas été promu jusqu’à son grade actuel de Général Major (Voir notre Communiqué n°85/2005 du 25/10/2005 sur l’emprisonnement du Général MUNYAKAZI). Si le Général Munyakazi doit être jugé, il devrait l’être pour avoir omis d’arrêter les massacreurs hutu tout comme il n’a pas pu arrêter les massacreurs Tutsi du Bataillon 99 de l’Armée Patriotique Rwandaise qui a décimé des milliers de civils innocents dans la préfecture de Ruhengeri (Nord-Ouest) entre 1997 et 2000. C’est justement Munyakazi qui était commandant de ce bataillon qui a commis des crimes de génocide sur des civils Hutu innocents pendant la guerre attribuée à des « infiltrés hutus ».
      Le FPR pourchasse depuis 11 ans d’autres héros du génocide : En tant que doyenne de la Société Civile Rwandaise, l’Eglise Catholique du Rwanda constitue le plus grand « témoin gênant » de l’histoire du Rwanda pour les extrémistes tutsi qui continuent de décimer des civils innocents sous plusieurs formes et qui tentent de la démanteler. Pour illustrer cette soif de démanteler l’Eglise Catholique en vue de l’empêcher d’aider spirituellement, moralement et matériellement le peuple rwandais, le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda rappelle que le FPR n’a jamais arrêté son programme de destruction et de déstabilisation des églises chrétiennes du Rwanda :
      - Le 5 juin 1994, le FPR décapite l’Eglise catholique du Rwanda par le massacre de trois évêques et une dizaine de prêtres catholiques à Gakurazo, commune Mukingi, préfecture de Gitarama. Les trois évêques catholiques sont Mgr Vincent Nsengiyumva, Archevêque de Kigali, Mgr Thaddée Nsengiyumva, Evêque de Kabgayi, Mgr Joseph Ruzindana, Evêque de Byumba et Mgr Innocent GASABWOYA qui était tutsi. Le 30/11/1996, Mgr Phocas Nikwigize, évêque du diocèse de Ruhengeri fut enlevé par les soldats du FPR et porté disparu depuis.
      - Entre avril et juillet 1994, plusieurs familles Hutu, qui avaient caché leurs voisins Tutsis pendant le génocide, ont été massacrées avec leurs protégés à Byumba, Kibungo, Gitarama. - Le 17/10/1994, le Père canadien Claude SIMARD, qui venait de passer 29 ans au Rwanda a été assassiné dans la soirée dans sa paroisse catholique de RUYENZI en préfecture de Butare (sud). Il avait sauvé des tutsi et dénoncé les massacres du FPR auprès du HCR au Rwanda.
      - Les religieux espagnols catholiques assassinés par le FPR étaient des héros qui ont été tués parce qu’ils défendaient des rwandais menacés de mort : le père Joacquim VALLMAJO SALA né le 21 mars 1941 et arrivé au Rwanda le 27 juin 1965 et tué le 26 avril 1994 à Byumba au nord-est du Rwanda, Le père Isidro UZCUDUN Pouso né le 24 janvier 1931 tué à Mugina le 10 juin 2000. Les frères maristes tués par le FPR à Nyamirangwe (Congo) le 31 octobre 1996 sont : Servando MAYOR Garcia né le 20 juillet 1952 et arrivé au Rwanda en 1995, Julio RODRIGUEZ Jorge né le 20 octobre 1956 (14 ans dans la région), Miguel Angel ISLA LUCIO né le 8 mars 1943, Fernando DE LA FUENTE né le 16 décembre 1943.
      - Les coopérants espagnols tués par le FPR le 18 janvier 1997 à Ruhengeri (nord-ouest du Rwanda) sont : Maria FLORS SIRERA FORTUNY (33 ans) né le 25 avril 1963, Manuel MADRAZO OSUNA (42 ans) né le 14 septembre 1954 et Luis VALTUENA GALLEGO (30 ans) né le 7 février 1966. Ils ont été tués pour avoir identifié des victimes tuées par le FPR.
      - Le 2 février 1997, le Père canadien Guy PINARD a été tué pendant la messe du dimanche vers 10h par un enseignant ex-militaire de l’APR nommé Dieudonné. Ce prêtre de la Congrégation des Missionnaires d’Afrique (Pères blancs), a passé tous ses 35 ans de sa vie missionnaire au Rwanda. Lors des massacres au Rwanda en 1994, il avait plusieurs fois risqué sa vie pour aider les personnes menacées de mort.
      Il fut tué sur le champ au moment où il distribuait l’Eucharistie dans sa paroisse de Kampanga, à 16 km de Ruhengeri.
      - Dans la nuit du 27 au 28 avril 1997 à 1h du matin, la Directrice Belge de l’Ecole catholique Secondaire de MURAMBA, Griet BOSMANS, a été tuée avec 17 élèves et quatre personnes (qui logeaient à l’Ecole de Tetero) par des malfaiteurs « non identifiés ». Elle a toujours protégé par sa présence de près de 40 ans au Rwanda la population locale qui a soupçonné les éléments de l’APR suite à leur refus d’intervenir pour arrêter les assassins.
      - Le 31/01/1998 vers 20h30, le Père croate VJEKO a été tué de huit balles en plein centre de la ville de Kigali. Le père VJEKO était économe général du Diocèse de Kabgayi et curé de la paroisse de Kavumu. Il a sauvé et nourri les 35.000 réfugiés à l’Evêché de Kabgayi. - Détenu arbitrairement depuis février 1995, l’Abbé Joseph NDAGIJIMANA est un prêtre catholique Hutu qui était curé de la Paroisse de Byimana avant, pendant et après les crimes de génocide perpétrés au Rwanda entre avril et juillet 1994. Il est connu et reconnu pour avoir sauvé des centaines de tutsi qu’il a cachés et protégés avec les maigres moyens qu’il avait à sa disposition. Il reste emprisonné arbitrairement malgré le tribunal Gacaca qui l’a innocenté le 01/09/ 2005. Pour éviter de le libérer, un autre faux procès est organisé pour le 19/01/06.
      - KAREKEZI J.M.Vianney a été secouriste de la Croix Rouge pendant 20 ans. C’est un ancien employé de la BNR. Il a bravé les bombes, les balles et les massacres de civils innocents pour évacuer des milliers de blessés dans la ville de Kigali. Depuis janvier 1995 Il est détenu arbitrairement à la prison centrale de Kigali parce que les interahamwe ont enlevé de son ambulance et assassiné l’ancien Ministre tutsi CYUBAHIRO Constantin.
      - 30 volontaires du CICR (Comité International de la Croix Rouge), qui ont nourri et soigné plus de 35.000 réfugiés à l’Evêché de Kabgayi, ont été emprisonnés arbitrairement pendant 7 ans. Certains sont morts en prison, les survivants libérés sont traumatisés à vie.
      - NSENGIYUMVA Fidèle (alias CASTRO) a été emprisonné pendant plus de 5 ans pour avoir sauvé plus de 600 orphelins du génocide ramassés dans la ville de Kigali. Cette action humanitaire a été menée conjointement avec un bienfaiteur français, Marc VAITER et l’ancien Sous-préfet des affaires sociales à la Préfecture de la Ville de Kigali, Aloys SIMPUNGA. Les trois bienfaiteurs ont créé trois orphelinats avant d’être emprisonnés arbitrairement. Leurs orphelinats ont été démantelés après leur emprisonnement et la mort de Marc VAITER.
      - Le général RUSATIRA Léonidas a été emprisonné sur ordre du TPIR et grâce à la manipulation du FPR et des membres d’IBUKA pendant trois mois à Bruxelles (du 15 mai au 15 août 2002). Il est connu pour avoir sauvé des centaines de tutsi pendant le génocide. - Le 23 avril 2003, le Lt Colonel Augustin Cyiza, président de l’Association ARDES-TABLE RONDE, est porté disparu à Kigali jusqu’à ce jour. Il a sauvé de nombreuses personnes menacées pendant le génocide de 1994. Rappelons qu’il a été président de la Cour de Cassation et Vice président de la Cour Suprême de 1995 à 1998 sous le régime FPR.
      - Le 6 septembre 2005, le prêtre belge, le père Guy THEUNIS, a été arrêté et emprisonné arbitrairement à Kigali alors qu’il est reconnu pour avoir milité pour les droits humains et une presse indépendante au Rwanda. Il a été transféré en Belgique comme détenu libre, mais poursuivi inutilement car son intégrité morale est reconnue par tous ceux qui l’on connu. Etc.

      Des témoignages très crédibles confirment l’héroïsme du père Wenceslas :
      - Le premier témoignage très crédible de Monsieur GAHURURU Jean Népomuscène , responsable au CICR (Comité International de la Croix Rouge), présente le père Wenceslas comme un véritable héros du génocide dans ces termes :
      « l’intérieur du presbytère fermé et gardé à la porte par des agents de sécurité, était particulièrement réservé aux personnes menacées. Elles y étaient cachées dans différents coins et recoins de l’Eglise et à l’intérieur des bâtiments de la paroisse. C’est là que l’on rencontrait les personnes poursuivies (comme l’ancien ministre du FPR, Bonaventure NIYIBIZI et l’entrepreneur tutsi Stanislas), les malades, les femmes et les enfants, bref toutes les personnes du groupe vulnérable… Le prêtre était préoccupé par la survie de tous les déplacés hébergés dans sa paroisse. A un certain moment, le nombre record de 16.000 personnes fut atteint dans sa paroisse, et ce, sur un espace de moins d’un kilomètre carré. Il a pu se démener pour nourrir tous ces gens, les faire soigner, mobiliser une unité de gendarmes commandés par un capitaine (Ntirugiribambe) et un lieutenant (Sekamana) en vue de protéger jour et nuit cette population qui n’avait d’autre recours que lui, seul, fatigué, stressé. Il ne dormait que très peu d’heures :
      souvent dans la journée pour veiller la nuit, nous disait-il. Il a pu assurer l’accompagnement spirituel et il a entrepris des démarches auprès de la MINUAR (Mission des Nations Unies au Rwanda) et des différentes autorités civiles et militaires et aussi auprès des Interahamwe en vue de la libération ou de l’évacuation de certaines personnes qu’il savait en danger…Vers la fin du mois de mai 1994, le blocus des voies routières avait asphyxié le ravitaillement de l’aide humanitaire sur Kigali. Là encore, l’Abbé Wenceslas n’hésita pas à ouvrir les dépôts de l’Eglise catholique, partout où ils étaient disséminés dans la ville, pour nourrir les affamés en commençant par les femmes et les enfants. J’ai assisté personnellement à la distribution gratuiteaux nécessiteux d’une partie du stock de l’économat général de l’Eglise catholique logé dans l’enceinte de sa paroisse. Le père Wenceslas a joué unrôle important dans l’action humanitaire de la Croix-rouge, car il avait accepté d’aider à désengorger les effectifs de l’hôpital de fortune du CICR… ».
      - Par ailleurs pendant la trêve, le père Wenceslas faisait charger discrètement des camions du CICR de vivres, au profit de Tutsi affamés se trouvant sur le territoire placé sous contrôlé du FPR, à l’hôpital Fayçal, à l’hôtel Méridien de Kacyiru et sur le site de Kabuga (Kigali-Rural). Au moindre soupçon, lui et ses collègues auraient été massacrés par les miliciens hutus sous l’accusation d’entente avec l’ennemi.
      Extrait du témoignage de GAHURURU J.Népomuscène cité pages 412 à 413 dans le chapitre 22 consacré à l’héroïsme du père Wenceslas par le journaliste Pierre PEAN dans son livre de 544 pages intitulé « Noires Fureurs, Blancs menteurs » et publié à Paris en novembre 2005 aux éditions « Mille et une nuits ».
      - L’autre témoin crédible, le père catholique Célestin HAKIZIMANA , nous décrit (pages 414 à 416) qui était le père Wenceslas et ce qu’il a fait pendant le génocide :
      « Wenceslas est un homme de relations. Il connaissait des grandes personnalités. Si bien qu’en voyant ses amis, on pouvait se tromper sur lui alors que ce sont justement ces gens, ces personnalités qui nous ont aidés pendant la guerre. Tous ensemble, collectivement, les prêtres de Kigali se sont partagés les responsabilités de la gestion des réfugiés et de leur protection. En tenant compte de sa personnalité et de ses relations, nous avons chargé Wenceslas du service de la sécurité et de l’approvisionnement en nourriture. Nous lui avons dit : “ Procure-nous des gendarmes pour nous protéger, et comme tu es courageux, tu es Hutu, tu peux sortir, passer les barrages et aller chercher la nourriture des réfugiés… ” “ Wenceslas est un type qui s’habille comme un jeune, c’est un artiste… Quelqu’un qui ne le connaissait pas pouvait mal interpréter sa façon de s’habiller, surtout quand il a revêtu un gilet pare-balles et qu’il a porté un pistolet à la ceinture. C’est son style, mais c’est aussi ce qui l’a aidé à faire tout ce qu’il a fait. Il n’a tué personne, et, au contraire, ce pistolet l’a aidé à faire peur aux miliciens pour défendre les réfugiés. Il faut faire un effort pour ne pas se méprendre sur la personne de Wenceslas ”. Au fil de la narration, il fait apparaître un Wenceslas inaccessible à la peur, toujours sur la brèche, avec son gilet pare-balles et son pistolet, se démenant pour “ ses ” réfugiés. “ Wenceslas a transporté beaucoup de réfugiés de la maison à la paroisse, de la paroisse à l’hôtel des Mille collines. Il était devenu comme le fournisseur de l’hôtel ; il donnait aux réfugiés le lait en poudre, les flocons d’avoine, l’huile, les boîtes de conserves. Quand le climat est devenu tendu, les miliciens rôdaient autour de la paroisse, Wenceslas n’a pas eu peur, n’a pas voulu partir à Kabgayi avec les autres prêtres ; même si des gens ont été tués à la Sainte Famille, c’est l’une des rares paroisses qui ont pu en cacher jusqu’à la fin de la guerre, puisque le prêtre n’a pas laissé les réfugiés aux mains des miliciens. A Kigali, la vie est devenue dure, Wenceslas a pris la camionnette Mazda de l’Economat général ; pour approvisionner les stocks en aliments des réfugiés, il allait en ville à la Caritas nationale, à Nyamirambo, au CICR. Encours de route, il a été maintes fois menacé parce qu’il apportait de la nourriture aux ‘ complices du FPR’.
      - Un troisième témoin aussi héros du génocide comme les pères Wenceslas et Célestin, c’est l’ancien Sous-préfet des Affaires sociales dans la PVK (préfecture de la Ville de Kigali), Monsieur Aloys SIMPUNGA, qui Extrait du livre de Pierre PEAN, page 414 : ‘ Noires fureurs, Blancs menteurs ’ : Dans une publication de 2003 intitulée ‘ Hommage au Rwanda ’, African Rights a classé le père Célestin HAKIZIMANA parmi les 19 héros du génocide rwandais. Le Sous préfet Aloys SIMPUNGA a été emprisonné et libéré plus de 6 fois par les militaires du FPR entre 1994 et 1996. Il est connu pour avoir évacué mi-avril 1994 les réfugiés menacés de mort au Centre Hospitalier de Kigali (CHK) vers l’Eglise Sainte Famille où le père Wenceslas les a accueillis, cachés et nourris. Cette évacuation s’est déroulée à pied durant plus de 5h pour un trajet de moins de 2 km. Il a sauvé les orphelins et les tutsi réfugiés à l’orphelinat GISIMBA de Nyakabanda qu’il a évacué vers la paroisse Saint Michel à Kigali devant le ministère de la défense. L’ancien ministre du FPR, Pie MUGABO, lui doit la vie. Aloys Simpunga s’est surtout distingué dans le sauvetage des orphelins du génocide dans la ville de Kigali en collaboration avec un autre héros du génocide, le français Marc VAITER (décédé de maladie en 1995) ainsi qu’un ancien musicien rwandais de l’orchestre ‘ Les copains ’, Monsieur Fidèle NSENGIYUMVA (lui aussi emprisonné pendant plus de 5 ans par le FPR et libéré faute de dossier). Avec ces deux héros du génocide, il a sauvé plus de 600 enfants évacué, protégé et nourri des milliers de réfugiés et déplacés de guerre dans la capitale rwandaise Kigali. Il a témoigné sur la bravoure du père Wenceslas en quelques phrases : ‘ Je ne comprendrais jamais où le père Wenceslas tirait toute l’énergie qui lui a permis de secourir autant de réfugiés tout en bravant la mort sous les bombes, les balles, les grenades et les machettes des Interahamwe. Il s’est démené comme un fou pour approvisionner les réfugiés en nourriture, en eau et en bois de chauffe sans tomber mort de fatigue et de dépression. Je lui ai confiés beaucoup de personnes menacées qu’il a accepté d’accueillir et qui ont survécu au génocide. Personnellement si j’étais autorisé à distribuer les médailles de bravoure, Wenceslas serait le premier à le ecevoir et je demanderais que tous s’inclinent devant son héroïsme. Il est injuste de le diaboliser injustement ’.
      -Le quatrième témoin en faveur de Wenceslas, c’est Monsieur Charles KAREMANO, un ancien cadre du Parti Social Démocrate (PSD) qui raconte que Wenceslas a refusé de l’évacuer vers la Sainte Famille lorsqu’il passait le 15 avril 1994 à 10h dans son quartier de Rugenge. Wenceslas lui a répondu qu’il n’était pas venu pour s’occuper des Hutu mais qu’il devait s’occuper d’abord des Tutsis plus menacés.
      Karemano affirme ceci : ‘ L’abbé est originaire de ma région. Je sais que l’un de ses parents est Tutsi. Je n’ai pas eu le temps de discuter sa réponse et de lui expliquer que moi aussi, j’étais en danger. A ce moment, j’ai conclu qu’il refusait de me secourir parce que j’étais Hutu et qu’il préférait secourir les Tutsi comme lui. Par la suite, j’ai compris qu’en refusant de me transférer dans sa paroisse, il m’a rendu service. J’y aurais été facilement localisé comme les autres Hutus dits modérés, et probablement tué. Toutefois, c’est parce que je suis en vie que je peux m’accorder le loisir de faire de telles conjectures. Et si j’avais été trouvé chez moi et tué ? Ma femme ou l’un ou l’autre membre de ma famille qui aurait survécu n’aurait-il pas traîné l’abbé en justice ?’.
      - Le cinquième témoin, c’est Madame Florida MUKESHIMANA, veuve de Boniface NGULINZIRA, ancien ministre des Affaires Etrangères du Rwanda pendant les négociations des accords de paix d’Arusha (Tanzanie), qui a été évacuée de Kicukiro, cachée au couvent des sœurs de la Charité, nourrie et sauvée avec ses enfants par Wenceslas. Dans la nuit du 3 au 4 juillet, en évacuant Kigali, Florida faisait partie d’un même convoi de 20 personnes dont le père Wenceslas et trois gendarmes. Elle raconte les menaces proférées contre Wenceslas sur des barrières tenues par les interahamwe lors des contrôles routiers :
      ‘ Ils nous ont fait sortir des camionnettes où nous étions entassés. Les miliciens ont commencé à nous frapper, nous traitant d’Inkotanyi. Ils ont prix les trois fusils des gendarmes et on commencé à les tabasser. Monsieur l’abbé Wenceslas Munyeshyaka était avec nous. Quand il leur a dit : Je suis l’aumônier des jeunes de la Sainte Famille ’, ils lui ont répondu : ‘ Tais-toi ! Les prêtres sont les complices du FPR ! D’ailleurs, toi et les gendarmes de la Sainte Famille, vous nous avez empêchés de tuer les Inyenzi (combattants du FPR) qui étaient dans l’église ! Aujourd’hui, vous allez mourir à leur place ’.
      L’abbé, les gendarmes et nous tous avons été enfermés orphelins dont les parents venaient d’être massacrés dans la Ville de Kigali. Fin 1994, nos trois héros du génocide avaient déjà ouverts trois orphelinats à Kigali, à Nyanza et à Kibuye (commune Gitesi).
      Témoignage de Karemano tiré de son livre ‘ Au-delà des barrières ’, Paris, l’Harmattan. Ngulinzira Boniface a été tué pendant le génocide lorsqu’il tenta de fuir Kicukiro (Kigali-ville).
      dans une maisonnette au bord de la route. Ils disaient qu’ils prendraient plaisir à nous tuer tous à tour de rôle ; ils prendraient un plus grand plaisir encore à tuer le prêtre et les gendarmes ! Heureusement pour nous, sous la pression des combats, la ville de Kigali se vidait de ses habitants et les miliciens n’ont pas eu le temps de mettre leur plan à exécution. Ils ont pris les camionnettes et sont partis ! (…) Nous avons pu atteindre Goma (Congo) le 7 juillet. ”

      Chronologie d’une campagne de délation orchestrée contre le père Wenceslas :
      - Dans son programme de destruction et de persécution de l’Eglise Catholique du Rwanda, le FPR a choisi de s’attaquer aux héros catholiques qui ont survécu à leur bravoure de cacher et de sauver des personnes menacées de mort pendant le génocide. Dès septembre 1995, quelques membres du FPR présentent, dans les médias nationaux et internationaux, le père Wenceslas MUNYESHYAKA comme un monstrueux curé catholique qui a livré des tutsi réfugiés dans l’Eglise Sainte Famille à des miliciens hutu pendant le génocide ;
      - En octobre 1995, le journal Umusemburo cite le père Wenceslas parmi “ ceux qui ont porté des fusils ou autres armes, ceux qui se sont livrés aux harcèlements sexuels envers des femmes et ceux qui ont livré les personnes réfugiées pour qu’elles soient tuées ”.
      - En novembre 1994, la revue anti-catholique GOLIAS de Christian Terras publie un article intitulé : “ Une odeur de révisionnisme ” dans lequel il dénonce la lettre des prêtres rwandais de Goma (Zaïre) au Pape Jean Paul II. Wenceslas est classé dans la catégorie des révisionnistes.
      - En janvier 1995, Wenceslas est inscrit, sous le numéro 421, sur la liste des “ génocidaires ” publiée par le gouvernement de Kigali. Ces listes sont l’arme absolue du nouveau pouvoir. Elles lui permettent, de façon absolument arbitraire, d’éliminer, au moins moralement, toute personne qui dérange la clique dirigeante du Rwanda. Figurer sur cette liste, c’est avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Cette seule inscription libère tous les chiens de meute.
      - Quelques semaines plus tard, Yvonne MUTIMURA, une rwandaise tutsi mariée le 6 juin 1994 au français Pierre Galinier, découvre que Wenceslas est vicaire à Bourg-Saint-Adéol en France et informe le réseau français pro-FPR. En février 1995, la communauté rwandaise Tutsie pro-FPR dénonce auprès de Mgr DUVAL, président de la Conférence épiscopale, la présence de prêtres impliqués dans le génocide. Tous les réseaux FPR accumulent dès lors de nombreuses fausses accusations. Yvonne MUTIMURA, épouse de Pierre Galinier, était secrétaire du Colonel Médecin français Jean Marie Milleliri au projet du Ministère français de la Coopération sur la lutte contre le Sida au Rwanda en 1994, d’après un extrait du livre de Pierre PEAN “ Noires Fureurs, Blancs menteurs ” pages 420 et 421.
      - Dès 1995, les “ Syndicats de délateurs oeuvrant au Rwanda et en Europe s’activent pour manipuler et financer des faux témoins qui feront le voyage en France pour témoigner à charge de Wenceslas. Les réseaux de GOLIAS, African Rights dirigé par Rakiya Omar, le réseau pro-FPR, Liaison-Rwanda, dirigé par Thierry Laniesse (marié à SARA, rwandaise tutsie) se chargent de traquer le père Wenceslas. Le 25 mai 1995, Thierry Laniesse, accompagné de sa femme Sara et d’un rwandais Jean-Louis Nyirinkwaya, entre dans l’église, agresse et insulte Wenceslas en pleine messe dans l’Eglise à Bourg-Saint-Andéol, après avoir pris des photos. Les trois agresseurs collent des coupures de journaux accusant Wenceslas à la porte de l’église, à la mairie et au couvent des sœurs. Simultanément, GOLIAS publie un dossier diffamatoire intitulé : Le ‘ Touvier ’ rwandais sous haute protection de l’Eglise de France - Le 21 juin 1995, l’avocat William Bourdon, aidé par les français François Dupaquier et Jean-Paul Gouteux, accompagnés de leurs femmes d’origine TUTSIE, Eugénie Gatari et Marie Mukashema Kabano, obtint qu’un huissier délivre une sommation interpellative au procureur de Nîmes pour procéder à l’arrestation immédiate de Wenceslas. Le 26 juillet 1995, le juge d’instruction de Privas délivre un mandat d’amener qui fut exécuté 2 jours plus tard. Wenceslas est mis en liberté sous contrôle judiciaire le 11 août 1995, la Cour d’Appel de Nîmes ayant jugé les témoignages sans consistance. Pendant que Wenceslas est en prison, le groupe de militants français se constitue parties civiles. On y trouve les deux couples Dupaquier et Gouteaux, le couple Galinier et Yvonne Mutimura (qui prend la tête de l’accusation), le couple Jean-Louis Nyilinkwaya (qui accompagne le couple Laniesse à Bourg-Saint-Andéol et sa femme Marie Louise. Ils sont rejoints par six rwandais dont Clémence Safari, une nièce d’Yvonne Mutimura
      . Le 9 janvier 1996, le juge déclare irrecevables les plaintes du couple Dupaquier. Les Dupaquier sortis judiciairement du dossier, Yvonne MUTIMURA devient la principale accusatrice du père Wenceslas et utilise les on-dit et rumeurs et exploite les faux témoignages de sa nièce Clémence SAFARI.
      - La mécanique FPR tourne à plein régime, en France comme à Kigali. L’association de rescapés tutsis IBUKA (Souviens-toi) fait le nécessaire à Kigali. Clémence SAFARI vient confirmer, huit jours après sa tante Yvonne, la responsabilité du père Wenceslas dans l’assassinat de son frère Christophe. Elle ment. Et son premier mensonge, qui entraînent d’autres, est d’affirmer qu’elle était réfugiée à la Sainte Famille alors qu’elle se trouvait au Centre pastoral Saint Paul ‘ dans la chambre 21, tout près de la Chapelle ’, selon les précisions du père Célestin qui y encadrait les réfugiés L’opération montée autour de Clémence Safari par IBUKA, associée aux réseaux pro-FPR de France, n’est que l’illustration d’une pratique courante du régime de Kigali : la fabrication de faux témoins, dénoncée à maintes reprises par des associations des droits de l’homme. L’ancien Ministre de l’Intérieur, assassiné le 16 mai 1998 à Naïrobi, s’apprêtait à apporter, devant le Tribunal Pénal International .
      La Revue GOLIAS a été condamnée en avril 1997 par le tribunal correctionnel de Lyon à deux mille francs d’amende pour avoir diffamé l’Abbé Wenceslas en l’accusant d’avoir participé au génocide.
      Ces précisions sont tirées du livre de Pierre PEAN ‘ Noires Fureurs, Blancs menteurs ’ pages 424 à 427.
      - pour le Rwanda, des éléments sur la ‘ fabrication ’ de faux témoins pour les procès au Rwanda et au TPIR.

      CONCLUSION :
      L’abbé Wenceslas MUNYESHYAKA est poursuivi parce qu’il a été choisi comme le premier bouc émissaire qui devait aider le FPR à salir et à détruire l’Eglise.
      Que ce soit lui ou le Général Laurent MUNYAKAZI personne n’a participé à un quelconque meurtre dans la ville de Kigali. Ils sont tous victimes de la délation et de l’absence d’une justice équitable au Rwanda.
      Notre communiqué n°85/2005 explique que le Général Munyakazi a sauvé et a secouru les réfugiés de la Sainte Famille dans la mesure des maigres moyens humains et matériels qui étaient à sa disposition. Il a ensuite servi le FPR pendant 10 ans.

      RECOMMANDATIONS : Notre Centre recommande instamment :
      Au gouvernement rwandais :
      - De cesser tout assassinat et toutes les persécutions dirigées contre les héros du génocide rwandais. De libérer le Général Laurent Munyakazi détenu pour son ethnie.
      - De libérer immédiatement tous les héros du génocide emprisonnés et cités ci-dessus ;
      - De récupérer les médailles que les criminels de guerre du FPR se sont octroyés le 4 juillet 2005 et de les attribuer aux véritables HEROS du génocide rwandais ;
      - De poursuivre par contre l’actuel chef d’Etat-Major de l’Armée rwandaise, le général James KABAREBE, qui a ordonné les bombardements meurtriers des camps de réfugiés de la Sainte famille (les 1 mai et les 22, 24, 27 juin 1994), des colonnes de réfugiés Hutu qui quittaient la ville de Kigali (sur la route de Kicukiro les 21 et 22 mai 1994) et les colonnes de fuyards le 4 juillet 1994 sur les routes Gitarama et Shyorongi.
      Au gouvernement français :
      - De reconnaître l’existence des milliers de syndicats de délateurs manipulés et encouragés par le régime de Paul Kagame qui les utilise pour éliminer ses opposants pour des raisons politiques.
      - De refuser toute extradition de l’Abbé Wenceslas Munyeshyaka et d’ignorer le mandat d’arrêt international délivré par le Rwanda ou la peine de mort est encore appliquée.
      - De considérer l’Etat rwandais comme un état terroriste et de constater l’absence d’une justice équitable car les institutions et le peuple rwandais sont pris en otage par un noyau de chefs militaires et politiques criminels qui s’assure ainsi l’impunité. - De constater que les listes noires publiées par le régime FPR violent les droits de l’homme (le droit à la présomption d’innocence et à un procès équitable) et préconisent la peine de mort avant tout procès.
      Aux rescapés tutsi du génocide rwandais :
      - de refuser toute compromission dans la délation institutionnalisée et de reconnaître la lourde responsabilité du FPR dans le déclenchement et l’exécution du génocide.
      - De reconnaître la souffrance et le deuil de leurs voisins hutu innocents qui ont vu leurs membres de familles exterminées par les militaires et les cadres du FPR ainsi que certains rescapés qui ont été manipulés et qui sont devenus à leur tour, de gré ou de force, des génocidaires au même titre que les génocidaires tutsi. Au cas où la vengeance serait un droit reconnu aux Tutsis, on pourrait alors reconnaître aux massacreurs HUTU le même droit d’avoir vengé la mort des leurs, celle du président Habyarimana et ses collaborateurs Hutu assassinés (dans l’attentat terroriste du 6/04/1994 attribué aux dirigeants Tutsi du FPR) ainsi que de toutes les autres victimes Hutu des massacres du FPR d’avant avril 1994 tels qu’ils ont été décrits et confirmés par le Lieutenant - ABDUL RUZ IBIZA.

      Fait à Bruxelles, le 9 janvier 2006.

      Pour le Centre, MATATA Joseph, coordinateur.
      CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.
      RWANDA - 4 janvier 2006
      - XINHUALe Rwanda a demandé à la France d’arrêter et d’extrader un prêtre catholique rwandais, accusé d’être impliqué dans le génocide de 1994, a rapporté mercredi la presse locale.
      Le gouvernement rwandais exige que le père Wenceslas Munyeshyaka soit jugé pour son éventuelle implication dans le génocide en complicité avec le général Laurent Munyakazi, selon le journal local New Times. Le ministère des Affaires étrangères du pays a donc demandé l’extradition de ce prêtre au gouvernement français le 27 décembre dernier, dans le cadre du mandat d’arrestation international. En cas d’extradition à Kigali, le prêtre devra comparaître avec Munyakazi devant la cour militaire pour des accusations de génocide, de conspiration de génocide et d’incitation au génocide.
      Rwanda asks France to extradite Catholic priest over genocide charges Rwanda has requested France to arrest and hand over a senior Rwandan Catholic priest, over genocide charges, local media reported Wednesday.
      Reverend Father Wenceslas Munyeshyaka is wanted to stand trial for genocide crimes he allegedly committed with Maj. Gen. Laurent Munyakazi during the 1994 genocide, according to the New Times newspaper.
      The Foreign Affairs Ministry requested an extradition along with the international warrant of arrest for Munyeshyaka to the French government on December 27.
      Kigali says the priest’s extradition is key to the commencement of Gen. Munyakazi’s trial. A number of genocide survivors said that Munyeshyaka supervised mass killings and torture in the Cathedrals around the city.
      Gen. Munyakazi, who was arrested in mid-2005 on orders of traditional courts known as Gacaca that tries genocide suspects, is currently detained at Mulindi Military Prison in Kigali city. The court accused the General of intimidating survivors and attempting to destroy evidence against him.
      At the time he had been pinned down by eyewitnesses before the gacaca session, who accused him of ordering mass killings at St. Famille Cathedral.
      The community-based tribunal later referred his case to the military for trial.
      If extradited to Kigali, Father Munyeshyaka will stand trial alongside Munyakazi in the Military Court Martial on charges of genocide, conspiracy to commit genocide, incitement of the public to commit genocide, war crimes, rape and other crimes against humanity in 1994. This comes amid the commencement of an inquiry by the French military prosecution into allegations that French soldiers participated in the genocide, which claimed the lives of an estimated 800,000 people.

      Source : Xinhu

  • Anonyme

    Est ce un crime de ne pas pouvoir assister tout le monde ? Ce pretre a sauve des milliers de vie avant (en sssistant les refugies de la guerre menee par le FPR a Nyacyonga) et pendant le genocide (A l’eglise Sainte Famille). Arretez de voir et de croire que tout Hutu est geniocidaire vous avez tous vu Hotel Rwanda. Est ce que s’il y aviat eu des personnes tués ca aurait été la faute de Rusesabagina (le heros). Ce qui est dit par les medias est ce qui qrrqnge la grande masse populaire, la verite est ailleurs.

    • Anonyme

      Rusesabigana ? Vous ne savez donc pas encore qu’il s’agit d’un dangereux révisioniste et négationiste ? Il a même osé porter plainte contre le grand libérateur du Rwanda, Paul Kagame. (source Lien et la section canadienne de l’observatoire de l’afrique centrale, qui possèdent le monopole des larmes sincères). Je ne comprend d’ailleurs pas qu’il soit encore en liberté.
      Des preuves troublantes de son double jeu existent.
      1) il aurait sauvé la mère du père Wenceslas. Une tutsie certe, mais quand même la mère d’un génocidiaire
      2) il a eu des contacts avec des responsables français, acteurs actifs du génocide rwandais.

      « Durant les cent jours du génocide (800 000 morts), il fut une journée où l’assaut de cet hôtel, programmé par l’armée rwandaise et les milices, aurait dû être donné. Si celui-ci fut évité in extremis, ce fut grâce - des témoignages en attestent - à l’intervention téléphonique d’un haut responsable français qui, joignant la haute hiérarchie militaire rwandaise lancée dans l’entreprise du génocide, parvint à la convaincre d’annuler l’assaut programmé . »
      Saint-Exupéry -Figaro (30-03-05)

      Camarades l’heure est grave. Après les trahisons de RFI (il a fallu empécher sa diffusion à Kigali), de l’ancien président rwandais (il préparait un nouveau génocide, tout comme deux anciens premiers ministres), de RSF, d’Amnesty international, de la ligue des droits de l’homme (son antenne locale étaient constituée de révisionnistes), MSF (dont l’ancien président a critiqué l’éxecution de femmes et d’enfants non-armées devant une de ces équipes en 1995, alors qu’il s’agissait apparement de génocideurs), des médias anglo-saxons (l’interview du président sur la BBC était quasi-injurieux), de Colette Braeckman (qui montre un manque d’entrain certain depuis quelques temps), souvenons nous du livre d’Alyson des Forges de Human Right Watchs (qui a aussi trahi, elle a des doutes sur la culpabilité du père Winceslas, etc) : « Tout doit disparaître ».
      Ne répondons pas au questions, épurons !
      Et faites bien attention à tous les livres qui n’ont pas le label Survie. Ne les ouvrez surtout pas !

  • Anonyme

    Mr Dupaquier brode l’histoire à sa façon,
    il n’a pas pu joindre Rose Rwanga récemment et sa réaction sur les déclarations de Père Morin sont pure invention. qu’il prouve sa rencontre ou ses sources.
    dans cette histoire, il n’y a que de la manipulation et de désinformation.
    - il y a des témoins qui l’accusent et il y a des témoins qui l’innocentent et le traitent en héros.
    je ne prétends pas que Wenceslas est innocent, nous n’en savons rien !
    Le tribunal tranchera - pas le tribunal militaire de Kigali - en attendant prêtons lui la présomption d’innocence.

    il faut quand même savoir que JF Dupaquier n’est pas un anticlérical comme les autres. il reprocherait plutôt à l’Eglise d’être d’extrême gauche.

    une réunion d’information aura bientôt lieu à Gisors en présence de témoins rwandais à décharge de Wenceslas et de Pierre Péan qui l’innocente totalement dans son enquête sur le Génocide.