
Sale temps pour la houppette. Alors que la Belgique célébrait en mai le centenaire de la naissance de Georges Rémi alias Hergé, Tintin s’est attiré une levée de boucliers, ces dernières semaines. Le 23 juillet, un étudiant congolais résidant à Bruxelles a ainsi porté plainte contre « Tintin au Congo ». Son argument pour demander « réparation »: la xénophobie des planches dont la première édition remonte à 1931, époque à laquelle le Royaume de Belgique colonisait le Congo. « Il n’est pas admissible que Tintin puisse crier sur des villageois qui sont forcés de travailler à la construction d’une voie de chemin de fer ou que son chien Milou les traite de paresseux », argue Bienvenu Mbutu Mondondo.
Ce recours devant la justice belge intervient alors que la chaîne de librairies anglophones Borders vient déjà de monter au créneau contre le même album, sorti du rayon enfants pour être remisé au rayon adultes. C’est un avocat britannique, spécialiste des droits de l’homme, qui s’est dit outré du contenu de l’album redécouvert à la faveur d’une ballade en famille dans une librairie. Il a mobilisé la Commission for Racial Equality à Londres, qui a alerté Borders et plaidé en faveur du retrait de l’album incriminé des rayonnages jeunesse au motif que l’ouvrage est porteur de « préjugés racistes abominables où les indigènes sauvages ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles”. Dans la foulée, on a appris que l’éditeur sud-africain Human and Rosseau avait fait marche arrière et renoncé à publier une version de « Tintin au Congo » en afrikaans, tandis qu’un autre éditeur, Penguin Books, ajoutait un avertissement à ses pages quant au « caractère sensible de certaines références raciales » de la bande dessinée.
Pierre Assouline, écrivain et chroniqueur littéraire, auteur d’une biographie de Hergé, s’agace d’une démarche « politiquement correcte »:
Ce n’est pas la première fois que Tintin s’attire les foudres de l’opinion. D’autres albums ont déjà été expurgés avec le temps, et « Tintin au Congo » a lui-même subi quelques modifications. Si l’on compare l’édition d’origine et celle que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce, on peut voir ainsi que le célèbre reporter ne s’adresse plus aux écoliers pour « leur parler de leur patrie: la Belgique » mais désormais pour leur enseigner des rudiments d’algèbre.
De ces changements d’après-guerre, sont toutefois demeurés les personnages iconiques, tels que la Castafiore ou le Capitaine Haddock. Mais ce sont aujourd’hui essentiellement les propos colonialistes de certaines planches qui est brocardé.
D’autres bandes dessinées de l’époque coloniale, à l’instar de « Buck Dany » et ses « faces de prunes », n’ont à ce jour enregistré aucune poursuite sur le terrain judiciaire. Il est vrai que quelque 200 millions d’exemplaires de Tintin ont été écoulés dans le monde à ce jour. Objet de plusieurs biographies au vitriol, Hergé demeure toutefois contesté pour son passé durant la Seconde guerre mondiale et l’occupation allemande de la Belgique.






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Dommage que la censure ait déjà eut lieu.
Je trouve la scène de Tintin expliquant aux petits congolais: « Voici votre patrie, la Belgique » hilarante !
Effectivement , on a tous lu » Tintin au Congo » quand on etait petit .
Est ce que cela nous a rendu RACISTE ? Bien sur que non , ca nous à seulement fait RIGOLER !
Si on commence à brûler « Tintin au Congo » il va falloir expurger bibliothèques et librairies d’un tas d’autres titres… Ca créera des emplois.
Nous vivons actuellement en plein anachronisme : nous lisons le passé avec nos certitudes et nos lunettes d’aujourd’hui.
« Tintin » s’inscrit dans une époque, certes déplaisantes, comme « la Marseillaise » dont il est bon de dire qu’elle doit être remise eau goût du jour avec des paroles douces et lénifiantes : comme si tout cela ne s’inscrivait pas dans l’Histoire.
Le problème n’est pas de faire disparaître (ce qui nous rappelle vraiment de très bons souvenirs) mais d’enseigner l’Histoire ; couper les branches qui dépassent, c’est nier l’Histoire. Ce n’est pas sans danger, n’en déplaire aux belles âmes.
C’était ce que l’on nous enseignait à l’école primaire (pour moi dans les années 1950).
Depuis, on a réfléchi !
Mais, à l’occasion, ne chante-t-on pas aujourd’hui encore « La Marseillaise » sur l’ile de La Réunion (et ailleurs), … département français d’Outremer !?!
C’est encore plus hilarant, … surtout en 2007 !
moi, quand j´ai lu tintin au congo á 7,8 ans je ný ai pas vu de racisme ou autre, arretez de nous nles casser avec ces conneries!!!!!
Cela vous fait tellement peur de vous appercevoir que vous ne faites pas parti des gentils du monde libre? Vous avez tellement été traumatisé par ce qu’on ressenti les allemands apres la guerre auqnd on leur rappelait le nazisme que cvvous ne vboulez pas vivre la meme chose?
Ils s’en sont relevé. Je suis sur que vous en feriez de meme ….
C’était ce que l’on nous enseignait à l’école primaire (pour moi dans les années 1950).
Depuis, on a réfléchi !
Mais, à l’occasion, ne chante-t-on pas aujourd’hui encore « La Marseillaise » sur l’ile de La Réunion (et ailleurs), … département français d’Outremer !?!
C’est encore plus hilarant, … surtout en 2007 !
Allons allons !!!! camarades Noirs, un peu de sérieux.
Prenez Tintin au Congo et faite la différence par rapport à ce que vous êtes en train d’essayer de faire.
Le résultat est la mesure de la liberté.
Laissez Tintin au Congo tranquille, c’est un vieillard de 77 ans.
et le dernier discours de Tintin-Sarko lors de son
dernier periple en Afrique , notamment AU SENEGAL, n’aurait-il pas fallu le censurer également??
La non-repentance concerne aussi le vrai « TINTIN »
Concerne Ca de 3H09
TINTIN-SARKO - DERIVE Racialo-Ethiniciste
l’album « Tintin au Congo » ça n’est pas bien méchant
Par contre ce qui est grave c’est
la dérive racialo-etniciste (cf Marianne) de
Sarko-Tintin lors de son voyage éclair en Afrique
cet été!
Tintin-Sarko a dit dans un discours public au Sénégal
« Le drame de l’homme africain, c’est que,dans
son imaginaire,il n’y a de place ni pour l’aventure
humaine,ni pour l’idée de progrés.C’est toujours de
ressasser….. »Qu’est ce que l’Afrique ?L’Enfance.
Le besoin de croire plûtot que de comprendre, de
ressentir plutôt que de raisonner »
L’etudiant congolais devrait porter plainte contre
Sarko-Tintin
Si,Si , Sarko est bien un héros de bande dessiné!
(Sarko et Sarkozette)
A Lille , des sans papiers ( 52 dons des Africains) continuent leurs grèves de la faim.(depuis le 15 juin)
Le prèfet Canépa , aux ordres (de qui déjà ?), refusent les accords de régularisation (2004)et souhaite que le rayonnement de ces africains se facent ailleurs… dans les caves ou les chantiers pour travailler au noir … .
http://fils2prof.over-blog.com/article-11794070.html
http://fils2prof.over-blog.com/article-11738706.html
Pardon? Cet étudiant congolais demande simplement de faire appliquer les lois de Belgique. Pourquoi autant de haine pour quelqu’un qui ne fait que vouloir faire respecter la loi?
Et vous comparez ca a de la censure?
Cette question fait écho aux autodafés — peut-être qu’il n’est pas inutile de rappeler quelques bases.
Depuis Saint Paul (peut-être avant que sais-je), on a pensé qu’il fallait brûler une catégorie d’écrits — considérés comme blasphématoire et par extension, tout écrit ou objet-symbole pronant une idéologie contraire à la morale dominante, selon les époques et les idéologies en place.
Evidemment l’acte en lui-même est symbolique et révèle la dénégation de l’homme qui refuse de surmonter les contradictions, les paradoxes, qui forment pourtant l’intelligence humaine.
La peur sollicite en l’homme de la haine, qu’il manifeste à l’extérieur par le feu. Ainsi, plutôt que de trouver des solutions transcendant le paradoxe, il soulage son angoisse par la destruction de l’idée inacceptable.
C’est évidemment une infamie — puisque tout peu devenir l’objet de la peur. De la page du livre à la chair de l’homme…
Ensuite pourquoi ne faut-il pas interdir Tintin au Congo ?
D’une part parce que cet ouvrage est une partie du tout de l’oeuvre de Rémi. Il serait donc bien imbécile de croire qu’en la détruisant, on aurait sauvé la morale de l’auteur et du lectorat. Il est clair que Rémi, au moment où il a réalisé cet épisode, a pensé qu’il était dans le vrai.
D’une part je poserais la question de savoir si on a retiré « Voyage au bout de la nuit » des rayons de libraires ? D’autre part je pense que cet épisode reflète une époque et la mentalité de cette époque — et en cela, il constitue une pièce historique.
La cruauté caché derrière l’immondice des jugements portés sous le terme — que j’aimerais désué — de « race » noire ne doit pas être camouflée, mais bien disponible aux consciences.
L’Histoire de l’humanité recèle de faits de même nature, nous ne pouvons que tristement le constater aujourd’hui encore.
Il me semble fondamental de faire connaitre ces ouvrages ou ces faits, puisque même la tragédie nazie, longuement condamnée dans l’espoir qu’elle ne se reproduise plus, est parfois remise en question par certaines « race » (cette acceptation du mot me paraît plus justifiée) d’être humain.
Dénoncer est donc une action nécessaire pour marquer un coche dans la dialectique humaine, et des gardes-fous qui perdurent dans le temps.
Pour en revenir à Tintin, la responsabilité de chacun est d’enseigner aux enfants la prise de position de l’auteur dans la bande dessinée et son caractère raciste et colonialiste.
A ma connaissance, Hergé n’était pas fier après coup du message qu’il fit passer. Et je ne pense pas qu’il serait contre les droits d’auteur, qu’une mise en garde et un éditorial soit placé en premières pages de cet ouvrage. Texte qui pourrait expliquer le contexte historique dans lequel a été réalisé le document, et les avancées — et les difficultés qu’elles connaissent — de la pensée humaine depuis. Une forclusion du fait serait par contre, lache, complice et coupable.
Merci,
L.A.F
Eh bien courageux anonyme je vous souhaite de bien vous fendre la poire :
Céline, L.F, Voyage au bout de la nuit, Paris, Denoël et Steele, (oct.)1932, p142 :
« Quant aux nègres on se fait vite à eux, à leur lenteur hilare, à leurs gestes trop longs, aux ventres débordants de leurs femmes. La nègrerie pue sa misère, ses vanités interminables, ses résignations immondes; en somme tout comme les pauvres de chez nous mais avec plus d’enfants encore et moins de linge sale et moins de vin rouge autour. »
L.A.F
Eh bien c’est avec cette même espèce de tendresse et de bienveillance que je te dis « bonne nuit ».
L.A.F
Je vous trouve une patience infinie…
Bravo…
Otto Naumme
Je suis d’accord avec vous.
Beau Fils d’un noir Guadeloupéen, j’ai gardé Tintin au Congo dans ma collection de Tintins (tout comme Coke en Stock où les pelerins Africains sont représentés comme des crétins).
Je garde pour le moment « Tintin au Congo » dans le haut de ma bibliothèque. Je le ferai lire à mes enfants quand ils seront un peu plus grand, avec explications de texte sur le racisme colonial.
Pourquoi pas maintenant ? Parce que les clichés racistes nous imprègnent malgré nous, même si nous ne sommes pas des racistes dans l’âme.
Il y a dans les écoles et les centre de loisirs des fêtes « Africaines » où, malgré la bonne volonté des adultes organisateurs, on confond encore l’Afrique en un unique univers fanstasmé avec ses éléphants, sa savanne, son Roi lion est ses habitants en pagne. Certes aujourd’hui sage et gentils plutôt que féroces ou crétins, plus joyeux et bon musiciens que canibales et guerriers, mais il s’agit toujours d’un fantasme. Mes amis qui aiment les noirs disent qu’ils sont beaux, qu’ils savent bien danser, qu’ils sont des « bons coups », sensuels… mais toujours proches de l’homme naturel. Pour beaucoup, le noir, c’est la part d’animale de l’humain. Et encore beaucoup de gens soutiennent que si les noirs sont nombeux dans le sport, c’est par quelque supériorité génétique…
Les clichés racistes sont encore là, bien présents. Et la lecture de tous ces ouvrages par les enfants forgent cette culture coloniale rémanente. Tout comme les westerns ont longtemps forgé l’image de l’Indien… ou comme on entant encore dans les écoles l’expression « Il a mangé son gouter en juif ». Je suis persuadé que même si notre conscience a pris le pas sur ces images enchassées au fond de nous, ces dernières s’expriment encore en cachette dans nos imaginaires (pensez aux scènes de poursuite avec les cannibales dans pirates de Caraibes 2).
« Tintin est-il raciste » ? Le vieux serpent de mer !
C’est Pierre Assouline qui, dans sa remarquable biographie d’Hergé, a révélé, preuves à l’appui, le passé collaborationniste de l’auteur des « Aventures de Tintin ». Hergé a dessiné dans des journaux collaborateurs, et c’est depuis cette période que les accusations de racisme ressurgissent régulièrement.
En privé, il a reconnu : « Certains dessins, je n’en suis pas fier ». Et concernant la question juive : « Peut-être me suis-je arrangé pour ne pas savoir ? »
Comme des millions de petits enfants de par le monde, j’ai dévoré l’intégralité des « Aventures de Tintin ». J’ai appris à lire avec Tintin. A cinq ans, je me suis vu offrir « Tintin et les Picaros », et c’est ma frustration de ne pouvoir déchiffrer les phylactères qui m’a donné envie d’apprendre à lire.
J’ai découvert le monde avec Tintin, car Hergé se documentait scrupuleusement pour chacun de ses albums. Je passe sur les fous-rires que me procurent encore les jurons du Capitaine ou les bêtises des Dupondt. A trente-six ans, vous vous rendez compte ?
Bien entendu, tout petit j’ai lu « Tintin au Congo ». Et bien entendu, cela n’a pu faire de moi qu’un affreux raciste imbu de préjugés sur la supériorité de la race blanche, n’est-ce pas ? Alors, nous devons être des millions de racistes de par le monde !
« Tintin au Congo » a subi une période de quarantaine jusqu’en 1970. Savez-vous où il est reparu ? Dans une revue zaïroise ! Précédé d’une préface dont je vous livre la fin : « (…) si certaines images caricaturales du peuple congolais données par « Tintin au Congo » font sourire les Blancs, elles font franchement rire les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l’homme blanc ‘qui les voyait comme cela’. »
Hergé lui-même a reconnu qu’il avait dessiné cet album sur ordre du directeur de son journal, « Le petit vingtième », d’obédience catholique, conservatrice et colonialiste, qu’il n’avait jamais mis les pieds au Congo et avait travaillé d’après la vision colonialiste qui prédominait en Belgique. En France aussi, d’ailleurs !
J’excuse la jeunesse de cet étudiant, qui devrait relire d’autres albums de Tintin. Notamment « Coke en stock », où Hergé dénonce la traite des Noirs.
Pour ne pas abuser de mon « temps de parole », je terminerai sur ces mots de Tintin dans « Le Lotus bleu » : « Mais non, Tchang, tous les blancs ne sont pas mauvais, mais les peuples se connaissent mal ».
Alors, arrêtons de déchaîner des tempêtes dans un verre d’eau. Tonnerre de Brest !
Thomas GREDAT
tout à fait d’accord. Il faut cesser de confondre racisme et paternalisme. Je trouve par contre Hergé beaucoup plus douteux vis à vis des juifs et des arabes.
Un bon conseil, reliisez l’album, avec en fond sonore du ndombolo ou du soukouss. Tabu Ley, Franco, Docteur Nico, c’étaient de vrais boulou matari.
Reconnaissez que l’impossibilité pour haddock de faire comprendre à ces gens le danger qu’ils courent laisse entendre qu’ils ont tout de même du mal à réflechir, même si après qu’ils aient discuté entre eux, on s’aperçoit que le message était bien passé mais qu’il falait qu’ils puissent d’abord discuter « entre eux ». Cela dit, cette discussion dégénère en dispute et c’est encore nos héros blancs qui doivent intervenir.
De plus, pendant tout le temps ou Tintin et Haddock « parent au plus pressé » comme vous dites, Tintin ne cesse de dire « Et les noirs », « si on s’occupait des noirs ». Pas des « hommes » ni des « gens ». Ils sont systématiquement désignés par leur couleur.
A mon avis, Hergé était conscient de tout cela. Il joue avec le lecteur en retardant si longtemps la libération des esclaves. Son message est peut être de nous confier son malaise par rapport au rascisme toujours latent en lui, même si ce rascisme le gène. J’ai l’impression qu’il nous dit : « j’aimerais bien que la couleur de peau n’ait plus aucune signification pour moi, mais je n’arrive pas à effacer ce que mon éducation à mis en moi de distance infranchissable avec ces gens ». Ce passage n’enlève rien au fait qu’Hergé était un génie absolu et que Coke en Stock est une oeuvre extraordinaire. Mais cette répétition obsédante du mot « noir » en si peu de pages m’interpellera toujours.
Cela dit, en matière d’auteur de BD que j’adore et qui pourtant ont écrit des trucs bien plus racistes, on peu citer Franquin et son Spirou qui règle une guerre inter-ethnique en démontrant que des noirs « noirs » sont en réalité des noirs « marrons » qui de se sont jamais lavés (spirou et les pygmés)!
Et que dire de ce best-seller de tous les temps, la Bible? Ce n’est qu’un brûlot raciste, anti-féministe, xénophobe et homophobe, en faveur de la guerre, de l’esclavage, de la peine de mort… et j’en passe. Qui saisira quelle Cour de Justice pour faire retirer cette publication politiquement-très-incorrecte des librairies et des mains des enfants ?
Supprimons déjà l’ancien testament, ce serait déjà un premier pas dans la bonne direction.
Comme pour Tintin, z’êtes sûrs qu’il y a pas vraiment mieux à faire ?
La bible raconte ce qu’elle raconte. Et alors ? Si vous y croyez, vous y croyez. En cas contraire, c’est pareil !
Et l’interdiction n’a jamais empêché des idées de se propager. Arrêtons le ridicule !
Otto Naumme