
Hen Lasker, réalisatrice, s'est engagée à dix-huit ans dans les unités d'élite de combattantes féminines israéliennes.
Pendant deux et demi, elle apprend la guerre, à tirer comme un soldat, à survivre dans le désert. Ces unités de combat la projettent de l'enfance à l'âge adulte, sans transition. Hen découvre qu'elle est amoureuse de sa commandante. Sa mère dira plus tard que l'armée lui a volé sa fille pour en faire une lesbienne.
À son retour dans le civil, Hen voyage et fait des études de cinéma, son premier film, « Summer seeds », relate cette période à l'armée, sa découverte de son homosexualité, son lavage de cerveau. « Summer seeds » n'est pas un documentaire israélien comme les autres, il est intime et tendre, avec une photographie très recherchée, et en apparence ce n'est pas un film politique. » Summer Seeds » était présenté au dernier festival de cinéma de Jérusalem où Rue89 a rencontré Hen Lasker.
Pourquoi avoir fait ce film ? Pour parler de votre expérience à l'armée ou pour parler du fait que c'est à cette période que vous êtes tombée amoureuse d'une femme pour la première fois ?
Tout était important, et mélangé ; je suis tombée amoureuse d'une femme à l'armée parce que je me sentais plus à l'aise, et plus libre, cet endroit où tu es totalement à l'écart de la société, de ta famille, des amis, de toutes les normes et des lois.
A l'armée, je n'avais plus toutes les barrières, toutes ces normes et toutes ces limites sur les épaules, assez bizarrement d'ailleurs, car l'armée est un endroit où tu obéis à tous les ordres ; mais je me suis sentie plus libre. J'ai ressenti un changement dans ma « féminité », j'étais plus sûre de moi en tant que femme, je voulais m'affirmer. Tout cela était très intense.
C'est mon expérience personnelle qui a façonné mon point de vue sur l'armée. J'ai voulu parler de l'endroit, de la vie que nous menons là-bas, que les filles sont à un âge crucial, en fait une transition, et que l'armée les rend dures, enterre leurs rêves d'enfants. Je me suis dit qu'en revenant filmer je verrais les mêmes choses que j'ai ressenti à travers les yeux d'autres filles peut-être, et je voulais retrouver une histoire d'amour et la filmer.

Dans le documentaire, il y a des vies qui se croisent, Yarden, une nouvelle recrue, Smadar… Vous pensiez filmer une histoire d'amour entre deux filles et en fait, vous revivez une histoire d'amour…
Yarden a l'air d'avoir douze ans vraiment, c'est une enfant ; à l'armée c'est plus facile pour eux d'avoir des gens qui sont très jeunes dans la tête, ça leur permet de leur laver le cerveau plus vite. Yarden devient dur, elle doit tirer avec des armes qui sont plus lourdes qu'elle. Elle devient la répresensante du groupe du « quand tu veux, tu peux ! » Dans le film, elle devient la mascotte du groupe, parce qu'elle a une volonté de fer.
La manière dont je l'ai filmée était très particulière, je savais ce qu'elle endurait, j'ai montré cette rudesse, cette solitude, et surtout j'ai montré les méthodes employées par l'armée. Sa famille m'avait donné les autorisations pour la filmer, quand la mère de Yarden a vu le film, elle a éclaté en sanglot et Yarden aussi.
Ma relation avec la commandante Smadar dans le film, je ne l'avais pas vu comme cela, c'est en filmant, en la faisant parler, que nous nous sommes rapprochées. Je sais que cette relation que nous avons eue dans le film n'a pas été très bien acceptée ; mais je n'ai rien calculé. À l'armée, j'imagine que c'est pareil chez les hommes, il y a une tension sexuelle très forte, certains liens nous rapprochent. Je sais que certaines personnes ont pensé que je me suis servie de la camera pour la séduire, peut-être, je ne sais pas, ça c'est fait c'est tout.

D'un côté l'armée vous a donné des autorisations exceptionnelles pour filmer, probablement parce que vous avez été l'une des leurs ; En même temps, les activistes de gauche critiquent votre film, en disant que vous ne dénoncez rien, et ne montrez rien, que vous n'êtes absolument pas féministe… !
Oui, je sais, mais mon film est critique envers l'armée, il la critique différemment, il montre que l'armée utilise des méthodes d'aliénés et ne nous protége absolument pas des conséquences. Je n'avais pas envie d'envoyer à la figure des gens des choses toutes faites ; j'ai voulu filmer les faits, et utiliser mon expérience dans ces unités.
Je voulais retrouver une histoire d'amour, la filmer intimement ; j'ai filmé des jeunes filles qui traversent une épreuve très dure, qui veulent vivre comme des hommes, s'habiller comme des soldats, comme je l'ai voulu également. On ne peut pas toujours présenter les événements de la même façon, non ?
Le film a-t-il été pour vous une thérapie ?
Oui, complètement. Il m'a permis de clore cette période de ma vie comme étant très importante personnellement et cinématographiquement.
Fiche du film : « Zir'ei kayitz » , Israël 2007. 65mn
Réalisatrice : Hen Lasker
Production Edna Kowarsky, Elinor Kowarsky. Eden Productions, Tel-Aviv.


























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De
15H40 | 11/08/2007 |
Si des activistes dénoncent qu'elle ne soit « absolument pas féministe » c'est plutôt une bonne chose, un signe qu'elle est capable de réfléchir par elle même et de s'ouvrir aux autres au lieu de mépriser et considérer comme des moins que rien ceux qui ne sont pas comme vous comme le pronent nombres de féministes.
De asozial
aus Berlin | 22H38 | 12/08/2007 |
tous les commentaires sur israel ou la palestine laissent passer le premier : une attaque gratuite - et tellement ordinaire - contre les féministes ! un élément parmi d'autres de la révolution conservatrice que nous vivons actuellement, la répétition sempiternelle de ce genre d'attaques sans fondement est révélatrice de l'importance sans cesse renouvellée du combat et de la pensée féministes dont la société entière a besoin - pas seulement les femmes (nous avons le même genre de matraquage dans les commentaires sur d'autres articles associant athées et fanatiques, à coup sûr de la part de personne aux valeurs similaires…).
De
15H43 | 11/08/2007 |
Et les palestiniens dans tout ça, on en parle pas ?
De
17H06 | 11/08/2007 |
Pourquoi donc faudrait'il en parler ?
Ils sont assez occupés en ce moment à s'entretuer !
De
18H11 | 11/08/2007 |
grâce à qui ?
commentaire dégradant et qui n'a pas sa place ici
De
02H01 | 12/08/2007 |
« dégradant »…je rigole !
pourquoi nier la réalité ? Vous croyez peut-être que les terroristes du hamas jouent à la marelle ?
Oui le « romantisme » gaucho-franchouillard…c'est plutôt cela qui est dégradant cher ami !
« qui n'a pas sa place ici » personnellement je suis pour la liberté d'expression ..pas vous ? ..cela va avec le reste !
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 17H56 | 11/08/2007 |
c'est vrai , çà !
ni des bigorneaux anorexiques ,ni de la hausse du gaz , ni du temps pourri cet été ,
qu'est ce qui foutent les journalistes de rue 89 ! ! !
De
16H35 | 11/08/2007 |
Et où et quand le film passe en France ?
De puerta13
17H09 | 11/08/2007 |
Ca sent le soufre… Ca va encore ruer dans les brancards.
De
17H56 | 11/08/2007 |
C est bien la France, a nous souler avec tout ce que ce passe en Israël ou en Palestine… comme si cette région du monde avait plus d'importances que les autres.
Vous passez un reportage sur Israël et des cornichons vont vous sortir : et les palestiniens ?
Vous passez un reportage sur les palestiniens et d autres cornichons vont vous sortir : et les israéliens ?
Et franchement ce film n a pas plus d intérêts qu'un autre film du genre sauf d être encore un sujet sur Israël et son armée … (le premier qui me traite d antisémite et de pros-palestiniens a mon pied au cul)
bien a vous.
De
18H18 | 11/08/2007 |
ni pro ni anti, je trouve que votre message est plein de raison…
le sujet me semble un peu égoïste et nombriliste (sans aucune malice de ma part) et pourrait s'apparenter à la dominante du cinéma français qui se prend la tête et bavarde pour ne parler que des petits malheurs personnels au milieu d'un océan de merde
De Pierre Haski
Rue89 | 18H51 | 11/08/2007 |
Le sujet est à l'image d'une partie de la société israélienne, qui se pose les mêmes questions de mode de vie, de sexualité, de société que le reste du monde (occidental), en faisant abstraction du conflit israélo-palestinien. Ce n'est pas une découverte, et cet aspect de la société israélienne ne me semble pas inintéréssant.
à Pierre Haski
De
20H52 | 11/08/2007 |
bien sûr ce n'est pas inintéressant. Ne serait-ce que pour nous rappeler que des gens peuvent très bien vivre à côté d'atrocités en prétendant par la suite n'être au courant de rien, cela s'est déjà vu.
à Pierre Haski
De
21H35 | 11/08/2007 |
et alors les palestiniennes femmes , elles ne tombent pas amoureuses les unes des autres ?
ras le bol de cette pensée unique lassante..
De
21H49 | 11/08/2007 |
Vous avez raison, mais les femmes palestiniennes lesbiennes ont intérêt à bien se cacher. Si elles sont surprises ensemble, elles risquent la lapidation.
De
09H15 | 12/08/2007 |
faux
De
02H07 | 12/08/2007 |
Non…
Pourquoi « coller “ palestinien et israelien..ces deux societés n'ont rien à voir, culturellement, politiquement, écinomiquement, sociologiquement…artistiquement n'en parlons pas.. !
Au dela du fait qu'Israel a des frontières avec les palestiniens.. ; c'est en gros tout ! non ?
De
09H18 | 12/08/2007 |
la Palestine n'a pas de frontières mais justement aimerait bien en avoir !
vous semblez totalement ignorer l'imbrication des cultures (en ne voyant que le côté juif europe centrale alors que les sépharades existent ! ) et vous ignorez qu'un peu plus d'un million d'arabessont israéliens
De
13H08 | 12/08/2007 |
« l'imbrication des cultures “ ayant vécu à Jerushalem plusieurs années,non il n'y a pas d'imbrication..il peut y avoir une proximité économique mais rien ne rapproche, sinon vos fantasmes, la société israelienne et ce qui reste de la palestinienne.
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 14H42 | 12/08/2007 |
Plutôt que de ne parler que d'un côté et vouloir aire un truc sérieux, il y a bien plus culturel ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2007/04/west_bank_story.html
c'est marrant. dommage qu ça n'ait été diffusé qu'en pleine nuit en avril à la téloche, puis en juillet à La Villette.
Tout le monde n'est pas soit noctambule soit parisien.
Mais vraiment ça faisait chaud au cœur.
De
17H30 | 12/08/2007 |
Pourquoi parler de ce que n'est pas ce film ?
Il me semble en effet qu'il s'agit d'un film et non d'un reportage. Amalgame.
Un film ce ne peut pas être un sujet, ça ne peut pas parler de quelque chose. Ce ne peut pas non plus être du prêt-à-disserter. Et ça ne peut pas sauver le monde non plus.
Il me semble que ça peut raconter des histoires, avec des tensions, des émotions, des sons, de la lumière, des voix…
De
22H46 | 11/08/2007 |
Israël est un beau pays, très courageux, qui se relève malgré toutes les attaques dont il fait l'objet, je suis française, de confession juive, j'aime Israël, et j'aime la France, ce n'est pas incompatible.
De
09H23 | 12/08/2007 |
les attaques dont il fait l'objet ? ? ?
on prle bien du même pays là ?
celui qui entretient les ghettos palestiniens ?
De
13H02 | 12/08/2007 |
Le hamas et la corruption !
De
23H54 | 11/08/2007 |
Je comprends pas pourquoi vous ramenez tout à Israel. C'est une histoire, peut etre à la con, j'en sais rien j'ai pas vu le film. C'est surtout l'histoire d'une découverte sexuelle dans un cadre spécial et un peu atypique, l'armée. Bref, un sujet qui intéressera sans doute peu de personnes mais bon, toujours est il que cette histoire arrive, pour les raisons politiques qu'on connait mais qui ne sont pas le sujet ici, en Israel. Point barre. Si certains veulent sincèrement « la paix », qu'ils commencent par péter un coup quand ils entendent le mot d » « Israel ». Cet article ne fait pas l'apologie de Tsahal à ce que je sache. Mais si vous ne voulez pas qu'on parle du tout d'Israel, alors dites le carrément et au moins les choses seront claires. Sinon parlez cinéma et arretez de tout ramener au conflit israélo arabe. Car ni la société israélienne ni les scoiétés arabes environnantes ne se réduisent à ce conflit.
De Pierre Haski
Rue89 | 00H04 | 12/08/2007 |
Ce dernier commentaire me semble très censé. Il semble bien qu'il soit impossible de parler d'Israël, du Moyen Orient, du judaisme ou de l'islam sans déclencher une avalanche de réflexes pavloviens prévisibles. Je n'ai pas vu non plus ce film, mais la démarche de cette réalisatrice me semble intéressante à connaître, ne serait-ce que, parce que dans la grande histoire faite de guerres et de conflits, il y a aussi des petites histoires, humaines, et qu'on eut s'intéresser aux unes sans pour autant oublier l'autre.
De
23H59 | 11/08/2007 |
Je comprends pas pourquoi vous ramenez tout à Israel. C'est une histoire, peut etre à la con, j'en sais rien j'ai pas vu le film. C'est surtout l'histoire d'une découverte sexuelle dans un cadre spécial et un peu atypique, l'armée. Bref, un sujet qui intéressera sans doute peu de personnes mais bon, toujours est il que cette histoire arrive, pour les raisons politiques qu'on connait mais qui ne sont pas le sujet ici, en Israel. Point barre. Si certains veulent sincèrement « la paix », qu'ils commencent par péter un coup quand ils entendent le mot d » « Israel ». Cet article ne fait pas l'apologie de Tsahal à ce que je sache. Mais si vous ne voulez pas qu'on parle du tout d'Israel, alors dites le carrément et au moins les choses seront claires. Sinon parlez cinéma et arretez de tout ramener au conflit israélo arabe. Car ni la société israélienne ni les scoiétés arabes environnantes ne se réduisent à ce conflit.
De Otto67
01H33 | 12/08/2007 |
Ils y a deux choses qui me choque d'abord des femmes armées de fusil mitrailleur, et apres l'homosexualité.
Je précise quand meme que je prefere les voirs s'embrasser que de se tirer dessus.
Autre décalage leur histoire d'amour a l'interieur de la guerre.
Il y a plein de paradoxe.
On dirait aussi qu'il n'y a plus de regle ni dans l'amour ni dans la guerre.
Voila pourquoi je pense que le film peut etre interessant.
C'est pas Fair Play de forcer l'adversaire a tirer sur des femmes.
La guerre n'est jamais belle mais quand on y met des femmes et des enfants ca devient plus moche encore.
à Otto67
De
03H25 | 12/08/2007 |
Vous vous bon pour Paris Hilton !
à Otto67
De
15H15 | 12/08/2007 |
Les femmes et les enfants ont toujours fait partie de la guerre, notamment comme otages.
Votre raisonnement consiste à dire que les femmes n'ont pas le droit de combattre, donc pas le droit de se défendre ? ? ?
En tant que femme, je peux vous dire que je préfère tenir le fusil et mourir au combat plutôt qu'être la pauvre victime violée dans sa maison…
Quant aux « règles “ dans l'amour et dans la guerre… il n'y en a jamais eu, sauf pour les pauvres hères au cerveau embrumé de religion. Même la chevalerie est un mythe, il n'y a qu'à voir le comportement des chevaliers pendant les croisades : des brutes épaisses assassins et pilleurs.
Audrey - Pau 64