Jeudi et Vendredi, les grandes banques centrales (Europe, Etats-Unis, Japon) ont injecté des milliards d'euro de liquidité dans le marché monétaire. Qu'est-ce que cela veut-dire ? Sommes-nous au bord d'une crise financière de première grandeur, qui risque de plonger le monde dans la tourmente ? Très probablement pas.
Depuis quelques mois, la grande correction du marché de l'immobilier américain est en cours. Dans l'euphorie d'une croissance qui aura duré 10 ans, les établissements financiers américains ont consenti des prêts immobiliers à des clients qui, d'habitude, sont considérés comme des » mauvais risques » . Le prix des maisons s'est envolé au-delà du raisonnable alors que des milliers de ménage, ravis de pouvoir emprunter, s'engouffraient dans des achats qui, espéraient-ils, allaient les rendre riches.
Oui, mais voilà : quand les prix montent trop haut, ils doivent redescendre un jour. Et quand ils redescendent, ou même cessent de grimper, les ménages trop endettés et déçus de voir la bonne affaire s'évaporer, cessent de rembourser. Les établissements prêteurs saisissent les biens immobiliers pour les vendre aux enchères, ce qui pousse les prix à la baisse et enclenche une nouvelle vague de défauts de paiements. Et la roue tourne.
A chaque tour, les établissements prêteurs ne récupèrent qu'une partie de ce qu'ils ont prêté.
La normalisation tant attendue du marché de l'immobilier se devait de faire quelques dégâts. Quelques établissements spécialisés dans les prêts hypothécaires ont fait faillite, d'autres suivront. C'est normal et ce n'est pas vraiment grave. Même si les sommes en jeu sont considérables, ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan des marchés d'aujourd'hui. Le problème est ailleurs.
Du marché de l » immobilier au marché monétaire
Les établissements prêteurs savaient bien qu'ils prenaient des risques. Ils ont donc cédé leurs portefeuilles de prêts risqués à d'autres établissements financiers, qui les ont repassés à des collègues, qui ont fait de même encore et encore. Quand John Smith ne rembourse plus son prêt hypothécaire, c'est une banque française, japonaise ou australienne qui engrange une perte. Du coup, on ne sait plus qui aujourd'hui détient les créances sur les emprunteurs américains déçus. Des centaines d'établissements ont absorbé ces dettes, qui paraissaient bien juteuses mais sont aujourd'hui impayées.
Du coup, la scène se déplace sur le marché monétaire. C'est un gros marché qui rassemble les très gros professionnels de la finance, grandes banques et sociétés d'assurance. Ces pros se prêtent chaque jour les uns les autres de très grosses sommes. Ils le font d'ordinaire sans se poser de questions : ils se connaissent bien et se font une confiance absolue. Tout a changé ces jours-ci. Certains d'entre eux ont sans doute acquis un peu trop de ces dettes aujourd'hui en souffrance, mais personne ne sait qui est dans cette situation. Alors la confiance disparaît et, par prudence, plus personne de prête à personne.
Depuis le début de la semaine, le marché monétaire s'est gelé, par méfiance réciproque. Or c'est sur ce marché que comptent les grands établissements pour financer chaque jour leurs opérations. On risque donc de se retrouver dans une situation où il n'y aura plus de crédit bancaire, ni pour les entreprises, ni pour les particuliers, ni même pour les gouvernements. Et sans crédit, la mécanique économique se bloque, et ça peut être très grave.
Tout dépend des nerfs des banquiers centraux
Ce n'est pas parce que les financiers s'affolent un peu vite que nous devons, nous aussi, paniquer. Les pertes dues à la crise de l'immobilier aux Etats-Unis et ailleurs (là aussi, la contagion peut s'étendre) peuvent parfaitement être absorbées, d'autant qu'on vu venir la crise. Les établissements qui détiennent ces prêts hypothécaires risqués –les fameux » subprimes » – le savent et, pour la plupart d'entre eux, ont mis de l'argent de côté, en se gardant bien de le claironner. Le problème, c'est la méfiance qui s'est installée. Alors, très sagement, les grandes banques centrales interviennent. Elles prêtent aux établissements financiers l'argent qu'ils ne trouvent plus sur le marché monétaire, pour leur permettre de continuer à faire leur travail de distributeurs de prêts.
Combien de temps cette situation peut-elle durer ? Il va falloir des mois pour que le marché immobilier se stabilise et que les pertes des établissements exposés sortent du bois. On peut s'attendre à des faillites, dont certaines retentissantes, qui vont périodiquement secouer les marchés. Tant que ces accès de fièvre restent circonscrits aux marchés financiers, la croissance que nous connaissons devrait se poursuivre. Mais il y a des risques. D'abord, les banques centrales auront-elles les nerfs assez solides pour continuer à injecter de la liquidité comme elles viennent de le faire ? En principe, elles ne devraient pas fléchir, mais certains analystes vont bientôt crier au loup et dénoncer ces interventions comme inflationnistes.
Ils se tromperont, ce qui ne signifie pas qu'ils ne seront pas entendus. Et puis, surtout, il y a les ménages et les entreprises. Si ces nouvelles un peu ésotériques les troublent, ils pourraient bien se mettre à épargner plus, ce qui casserait la croissance et ferait repartir le chômage à la hausse. Ce serait vraiment triste.
Charles Wyplosz est professeur à l'Institut universitaire de Hautes études internationales. (Genève). Lire sa bio.




















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De
19H32 | 10/08/2007 |
Top cet article….
Pour une fois j'ai tout compris à de la finance !
De
21H38 | 10/08/2007 |
Enfin un article tres clair sur un sujet difficile !
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 15H14 | 11/08/2007 |
Moi aussi j'aime bien cet article. Il est clair, l'auteur est pédagogue et paraît bougrement compétent. On en lit parfois de semblables dans les tribunes « Rebonds » de Libé. Je suis accroo. L'ennui c'est que deux heures après j'ai tout oublié. J'avais aimé le démontage de la construction Légo fait par un spécialiste mais je suis terriblement empêtré avec les pièces du mécano démonté !
Alors je me dit que je suis con. Et ma femme le confirme mais qu'est-ce qu'elle y connaît ? Je vous l » demande.
Dites docteur c'est grave ? Et si notre Président, …… il poursuivait sa politique d'ouverture et recrute M. Alzheimer ou M. Parkinson ?
à Claude PELLETIER
De
10H03 | 12/08/2007 |
C'est pour tout le monde (ou presque) pareil mon pote.
La meilleur technique c'est de lire l'article deux fois, de le réécrire, d'en parler avec des gens, de se faire un avis dessus, de le faire vivre quoi ! !
Sans quoi, pauvres mortels à QI moyens, on est condamné à être des poissons rouges tournant sans cesse dans leur aquarium (mémoire du poisson rouge = 3 sec je crois).
Un p'ti effort mon pote.
De
10H45 | 11/08/2007 |
MOI AUSSI
De
11H13 | 11/08/2007 |
peut-être, mais cet article n'aborde pas le problème qui risque de rendre caduques toutes les options dont dispose le système monétaire, à savoir la menace chinoise d'utiliser « l'option nucléaire » de vendre ses dollars si les usa s'obstinaient à envisager des sanctions pour non-réévaluation du yuan.
drôle qu'aucun média français n'ai traduit l'article qui suit et qui a provoqué des remous dans la sphère financière ?
http://www.telegraph.co.uk/money/main.jhtml ? xml=/money/2007/08/09/cnfxne…
De
14H15 | 11/08/2007 |
Les Américains achètent les produits chinois avec l'argent des bons du Trésor que les Chinois achètent.
Si les Chinois n'achêtent plus de bons, les Américains voient le dollar chuter et ne peuvent plus acheter chinois qui ne vendant plus ne peut plus acheter de bons => Chine et USA en récession => dégats planétaires avec hausse du chômage généralisé.
De
15H46 | 11/08/2007 |
Kim Lê Evian - Genève
Suis d'accord avec vous. D'abord toutes les banques et tous les financiers ont intérêt à dire ne vous affolez pas. ça fait plusieurs années qu'on est sur une bulle mais alors la multiplication des stock options, des hedge funds des derives bonjour les dégâts, mon ex fait du day-trading, et je lis le MONDE DIPLO seul journal indépendant qui souligne les interdépendances comme vous.
De
13H42 | 11/08/2007 |
bonjour a ttes et a tous,dites moi ,a quand la chute des prix de l immobilier en france et si ,il peut en y avoir une ?
merci a ceux qui peuvent me repondre
De L.A.F
17H00 | 11/08/2007 |
Oui il est bien. Par contre je me permets de préciser que la France est dans une situation inédite. Et que ce à quoi nous assistons n'est pas si courant dans l'histoire économique mondiale. De nombreux auteurs s'accordent pour dire qu'il s'agit d'un Crack-up Boom - et nous ne savons pas bien à l'heure actuelle quel en sera le dénouement. Je rappelle que la dernière fois que la BCE a du intervenir pour préter des fonds c'était au lendemain du 11/09 -- la siutation actuelle n'est donc pas anecdotique.
Ensuite j'ai lu que le « subprime » circulait à nouveau dans la bouche tous… J'ai envie d'ajouter carry « trade ». Qu'est-ce que le carry trade ? Une technique hypersophistiquée qui permet à partir d'algorithme tordus de filtrer des fonds dans la bulle de liquité mondiale ? C'est un peu ça mais en beaucoup moins compliqué : il s'agit de faire un emprun en chine ou les taux d'intérêt sont proches de 0 ou de 1% et d'investir la somme sur des bonds de trésor US pendant le temps qu'il faudra.. et pendant que ces bonds tiendront le coup… effectivement la période que nous traversons à un peu contrarier le manège -- impossible de rembourser l'emprunt et d'empocher la différence lorsqu'on a un dollar qui touche des plus-bas historique (23 ans avec la livre) et qui -- finissons-en n'attire plus foule. Alors « Subprime » oui : on a taxé les petits payeurs pour grossir la bulle… oui on a bien profité des produits dérivés qui ne reposent sur aucun bien ni service… oui on arrive à des niveaux de monnaie scripturale parfaitement déconnectés de la réalité : tenez-vous bien : à ma connaissance 6,7 du PIB MONDIAL serait du vent… mais du vent convertible en Or par exemple, en matières premières, en obligations, etc… et voilà qu'on construit des logements de luxe de plus en plus cher, ce qui réhausse le prix des quatiers… effet de contagions sur les logements des classes moyennes… plus personnes n'épargne aux Etats-Unis alors pensez-vous… il n'y a cas allumer la télé, composer le xxx-xxx-xxx et contracter un crédit. Dans certaines régions des US tellement apauvrit par la crise du logement, on vous offrait une piscine pour tout contrat passé… Quand Wall Street éternue, la Bourse de Paris s'enrhume… alors on s'en remettra, certes. Mais un Crack-up Boom ou boom d'inflation -- n'a jamais touché que les hedge funds… Alors les plus riches vont sortir du marchés, acheter des chateaux, des logements, des oeuvres d'art, de l'or ou de matières premières en attendant la fin du déluge… et ça recommencera.
Pour finir je me demande encore pourquoi l'homme est-il si malin pour utiliser les masses dans un objectif de profit, de propriété…etc -- bien qu'on observe bien que ça ne tourne pas rond -- et qu'il est si faible lorsqu'il s'agit d'organiser une entente polico-économico-idéo-religieuse (excusez du peu) mondiale. Je finis sur cette note utopique-idéaliste parce que j'y ai droit, et que je ne pense pas être le seul à me dire que j'y contribuerais.
Enfin une dernière idée un peu à l'écart du débat : les medias utilisent de plus en plus les sondages pour connaitre le désir de leur cible : n'hésitez pas à être nombreux à y répondre, et à réclamer de la qualité (culture, ateliers politique, débats, et réflexions de fonds sur nos dirigeants et leur champ d'action…etc) Utilisons la machine telle qu'elle est, au niveau de la multitude.
merci,
L.A.F
De
18H42 | 11/08/2007 |
Bravo Mr Wyplosz,
La crise, quelle crise ? une crise de nerfs des banquiers centraux ! Voilà ce que nous risquons. nous n'en attendions pas moins d'un des économistes de la pensée unique, zélateur appliqué de la mondialisation heureuse.
Surprenant tout de même vous l'admirateur du marché, que vous trouviez normal l'intervention des banques centrales pour sauver les institutions financières et les bourses et les rentiers qui si elles étaient livrées au marché connaîtraient la déroute, la faillite.
Ce même Mr Wyplosz s'oppose à toute intervention de l'état et des banques centrales pour relancer l'économie ou lutter contre le chômage. Où est la contradiction ?
Il n » y en a pas les rentiers, les financiers méritent que les banques centrales, les pouvoirs publics viennent corriger les défauts et erreurs du marché, les ratés du marché, pas les chômeurs, s'il n » y avait pas de chômage, il y aurait risque d'inflation n'est ce pas ? que deviendraient le rendement du capital, la bourse ? les pauvres rentiers actionnaires ?
Bonsoir Mr Wyplosz,un peu de modestie dans vos analyses et prophéties serainet la moibndre des choses.
Jean Bachèlerie
De
18H55 | 11/08/2007 |
Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on vienne aider des banques qui pendant 10 ans s'en sont mis plein les fouilles ( tant que ça marchait, les « subprime », ça leur rapportait bonbon non ? ).
Pauvres rentiers ! Obligés de racheter de la pierre maintenant qu'elle va baisser.
Ha, heureusement qu'ils vont pouvoir transmettre avec encore moins de droits de succession leur « maigre » patrimoine à la génération suivante de rentiers.
Et comme disait Piccoli je crois, dans « le Sucre », et c'est vous, c'est vous qui paierez .
De
06H32 | 12/08/2007 |
ah quand meme ! !
De
14H39 | 12/08/2007 |
Bravo
La bourse a toujours servi a ce que les riches plument les autres. Le palais brognard est aussi absurde qu » une église, une mosquée une synagogue.
Seul le socialisme peut dépasser la capitalisme, et abolir la bourse.
Les sociaux démocrates allemands ont éliminné les révolutionaires, on a eu le nazisme.
Les socialistes français sont prets à assoir les retraites sur la bourse, comme ils l » ont imposé dans les années 2000 au CREF, une caisse volontaire de retraite mutualiste pour fonctionnaires.
Cordialement
Dominique
De
01H31 | 14/08/2007 |
c'est bien d'avoir compris, mais maintenant il faut savoir les montants des milliards d'encours ; (us$ ou euros, peu importe quoique l'euro serait + touche,cf injections BCE)
sans chiffrages, la theorie est belle, mais avec les chiffrages on saurait mieux si on va dans le mur.
et pour savoir, ne comptez pas sur les banques, ou autres assureurs : pour 2 raisons :
1/ elles gerent assez mal, donc elles ne savent pas exactement, ds 1 1er temps.
2/ ds 1 2eme temps, le mot d'ordre est ; « restons secret, c'est le sens de notre metier ».
mais par contre on peut savoir aux states exactement le montant des credits pourris ; sur ce sujet je renvoie a yahoo.com finances du 12 juillet 07.
a vous de comprendre……
De
17H19 | 15/08/2007 |
http://video.google.fr/videoplay ? docid=5547481422995115331
explication plus détaillée.
De
15H10 | 17/08/2007 |
Top ?
J'ai des doutes.
Cette foi en la nécessité de la croissance me semble bien suspecte.
De
20H01 | 10/08/2007 |
dans cette fable ou l'on s'aperçoit que la moralité est la suivante :
a tondre trop facilement le mouton le loup risque de perdre aussi quelques poils.
De cmoi69
20H02 | 10/08/2007 |
Je reprend ce mot. qui est pas de moi..
« les bénéfices sont privatisés et les pertes nationalisées »
Est ce vrai.. d'ou vient les pépétes servant à sauver les navires.. ? ?
Cette article se veut rassurant, il doit probablement faire partie des mesures d'urgence dans ce cas de figure.. Eviter la panique à tout prix.
De toute façons, moi j'ai rien à perdre ! n'ayant que des Euros négatifs.
Alors ma foi.. si cela pouvait leur péter à la figure et que l'on revienne à des régles de vie financière saines et justes et surtout rationnelles.
Car dans ce systéme rien de rationnel,si ce n'est faire toujours plus de bénef sur les bénefs.
A faire du blé avec le malheur.. pas de bonheur.
L'oiseau de Mauvais Augure..
De
21H48 | 10/08/2007 |
Tu sembles ne pas te préoccuper du pb uniquement parce que tu n'as « que des euros négatifs ». Jolie formule d'ailleurs. Mais dans ce cas le pb te concerne directement. Si tu as des euros négatifs sur ton compte, cela signifie que tu dois payer des agios de découvert. Comme la crise semble s'installer sur les marchés monétaires (ceux des prets des banques entres elles) cela signifie que les taux courts termes entre banques vont monter. Et c'est sur ce taux que sont calculés tous les frais de découverts puisque le terme est le même (court terme).
Donc, tes euros négatifs vont de couter de plus en plus cher. Première raison pour ne pas te désintéresser du pb.
Ensuite, si les banques françaises ont récupéré des prêts immo. américains subprime et risquent des pertes dessus, elles devront nécessairement rééquilibrer leur bilan en augmentant la rentabilité d'opération plus classiques et proches de chez elles ; comme par exemple les frais sur le fonctionnement des comptes des particuliers. Seconde raison pour que tu ne te desinteresse pas du pb.
C'est un simple jeu de vase communiquant. Si le niveau baisse qq part, il faut bien en rajouter dans les tuyaux autre part pour garder ne niveau d'eau constant.
De Le Yéti
yetiblog.org | 23H02 | 10/08/2007 |
Belle logique dans la réponse tentant d'inclure les « euros négatifs » dans la tourmente. Mais la logique ne tient pas puisque des euros déjà négatifs ne pourront pas payer plus par définition.
Et c'est sans doute ce qui panique les banques. Notamment celles, aux USA, qui ont consenti des prêts à risques qui ne leur sont plus remboursés.
à Le Yéti
De C. Creseveur
D'actualité | 11H06 | 11/08/2007 |
Malheusement si. Les euros négatifs payent, tout comme votre compte à découvert peut toujours être débité si votre banque ne s'y oppose pas.
Un Etat comme le Japon est par exemple endetté à la hauteur de 170% de son PIB annuel, soit près de deux fois la richesse qu'il créé dans l'année. Même chose pour les Etats Unis, qui financent leur dette en se reposant sur le reste du monde (dont 10% du total en Chine, et un peu moins au Japon).
Personne n'ayant intérêt à voir l'économie américaine s'effondrer, sous peine de s'effondrer soi-même dans un grand jeu de domino, tout le monde continue de la soutenir par vents et marée.
Du coup les américains ne cessent pas de vivre à crédit sur le dos de la planète.
L'économie américaine est une économie en carton, comme les maisons qu'elle construit. Je ne suis pas certain qu'il soit pertinent de continuer invariablement à lui avancer l'argent du carton.
à C. Creseveur
De paysan_du_danube
22H51 | 11/08/2007 |
200% d'accord ! On est au coeur du problème.
L'explication financière est parfaite.
Mais pourquoi tout le monde se précipite pour prêter aux ricains pour qu'ils continuent à gaspiller l'eau, l'énergie, à polluer à tour de bras en disant au reste de la planète « on vous emmerde avec votre réchauffement, nous on s'en fout » ?
Ein ! Pourquoi ?
Parce que c'est la seule puissance militaire capable d'intervenir n'importe où sur la planète. A tort ou à raison (voir l'Irak)et surtout quand il y a du pétrole en jeu, d'accord, mais c'est comme ça.
C'est le seul gendarme quoi.
Donc si tout le monde prête aux USA sans être vraiment sûr d'être remboursé, c'est tout bêtement à cause de la peur du gendarme.
à paysan_du_danube
De AE35
10H11 | 13/08/2007 |
Non, la réponse est plus simple et pragmatique.
1 / Rôle macro-économique. Les banques ont un rôle de mutualisation des risques au niveau de la planète. Dès qu'une banque commerciale investi dans un type de risque ou s'en fait même une spécialité (stratégie de niche), elle revend une partie de son risque afin de ne pas être la seule à le supporter. Tout ensuite est affaire de proportion.
2 / Saine gestion. Elles banques commerciales pratiquent et doivent pratiquer le vieille adage bien terre à terre de pas tous les œufs dans le même panier ! Adage bien terre à terre qui nous vient de nos bons vieux paysants ayant les pieds sur terre et gardant à l'esprit une saine gestion de leur récolte. Qu'ils soient ingénieurs à Grenoble ou bon vieux paysant Breton.
3 / Structure de Bilan. Selon les législations (avec des variables locales), les banques commerciales sont plus ou moins obligées de respecter des règles strictes de division des risques. Tant au niveau de leur bilan comptable qu'au niveau du hors bilan dans la gestion de leurs engagements. (Cf. les travaux de Bâle I et Bâle II maintenant).
En ce qui concerne la France et les banques françaises ou étrangères exerçant une activité sur le territoire, les « recommandations » de Bâle sont de véritables obligations via des règlements européens.
Conclusion : nul aspect polique la dedans, mais uniquement des règles de fonctionnement logiques dûes au rôle économique attibuée aux agents financiers qui ont pour mission de gérer les moyens de paiement, distribuer le crédit et mutualiser les risques (gestion des engagements).
à C. Creseveur
De LEPAPY
23H20 | 12/08/2007 |
D'accord avec vous Monsieur CRESEVEUR.
La planète TERRE est dans l'obligation de soutenir l'économie américaine (ce qui est un véritable scandale)et payons (en partie) pour eux, leurs maisons en carton. Quand tout explosera dans quelques temps peut être d'autres comprendrons que cette démocratie américaine était elle-aussi en carton.
à Le Yéti
De
04H50 | 12/08/2007 |
si ce n'est pas avec vos euros négatifs que la banque va se rembourser il y a d'autres moyens saisie immobilière, saisie mobilière, et enfin plus intéressant saisie sur salaire. Donc à moins d'être sdf faites gaffe .
De
22H57 | 10/08/2007 |
Autre petit aspect oublié les répercutions sur le budget des états. Et oui moins de bénéfices = moins d'impôts (sur les sociétés) et comme les dépenses de l'état sont toujours aussi importantes quelqu'un va devoir payer. Ce manque de rentrées plus les cadeaux du président qui va payer l'addition ? Les euros négatifs ou positifs par l'impôt sur le revenu des personnes physique - IRPP et par la TVA
De
11H02 | 11/08/2007 |
Déjà la crise ne concerne que les banques donc c'est une goutte d'eau dans les recettes de l'Etat. Et puis c'est une crise strictement financière qui n'affecte pas les revenus des entreprises qui eux proviennent des ventes de biens ou de services. Elle n'affecte que les marchés bancaires et financiers, vous ne risquez pas d'en voir les effets à moins que vous possédiez des actions.
N'oublions pas que les valeurs boursières des entreprises sont extrêmement surévaluées du fait de la spéculation à outrance en l'absence de tout contrôle. Une chute de la bourse et son retour à un niveau plus raisonnable ne peut être que salutaire selon moi.
De
04H43 | 12/08/2007 |
Désolé mais je persiste.
Si les banques font moins de bénéfices elles vont tenter de compenser les pertes d'un marché(USA) sur un autre marché et d'un produit sur d'autres produits.
Donc elles vont augmenter leurs prestations c-à-d les frais fi des entreprises et pas uniquement des particuliers. Ces frais financiers viennent en déduction de produits pour donner le résultat qui lui sera moindre = diminution des bénéfices et donc de l'IS. Avec une légère augmentation des rentrées de TVA sur les services bancaires.
De Le Yéti
yetiblog.org | 18H30 | 12/08/2007 |
Vous avez tout à fait raison de persister (mais signez au moins d'un pseudo, qu'on vous reconnaisse, qu'on se reconnaisse.) Je rajouterai ceci à ce que vous dites :
Que ceux qui cherchent à nous foutre la trouille en disant que tout le monde est menacé, euros négatifs compris, et qu'on est tous sur le même bateau, ne gaspillent plus inutilement leur énergie. Que ceux qui nous noient sous les explications techniques à n'en plus finir, remballent leur science. ON S'EN FOUT ! Il y a un moment qu'on l'attendait la grande dégringolade de ces requins mafieux de la finance.
Qu'on ne nous mette pas en avant les « petits » actionnaires qui risquent de tout perdre. ON S'EN FOUT AUSSI ! N'avaient qu'à pas jouer.
Je fais partie des quelques-uns qui pensent qu'on peut essayer de vivre, et bien, même avec peu. Ce n'est pas leur misérable déroute financière annoncée qui va nous empêcher de continuer.