Sarkozy encensé aux Etats-Unis... à un abordage près

Globalement, Sarkozy passe plutôt très bien dans les médias américains. N'est-il pas celui qui veut secouer la société française, qui veut dépoussiérer son vieux modèle gaullo-socialiste à bout de souffle?

Qu'on lise, par exemple, l'article que Roger Cohen, chroniqueur du New York Times, lui consacrait lundi dans le quotidien International Herald Tribune: "En un peu plus de deux mois, Nicolas Sarkozy et sa suite de ministres ont appelé à la 'réhabilitation de l'argent', exhorté les Français à travailler plutôt que penser, cité des paroles de rap pour illustrer le 'goût des jeunes pour le succès', a aboli l'interview présidentielle traditionnelle du 14 juillet, et s'est moqué des 35 heures."

Pour le chroniqueur, Sarkozy donne le sentiment d'une "bouffée d'air frais" . Le Président, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, s'est rendu à plusieurs reprise à Washington. "Certains, en France, m'appellent Sarkozy l'américain", lançait-il à ses interlocuteurs charmés.

Néanmoins, l'affaire de "l'abordage" du bateau des photographes, dimanche, n'a pas été très bien comprise par les journaliste américains. Voir un Président partir à l'abordage d'un bateau, insulter des photographes en français, saisir l'un de leurs appareils. Sur son site, la télévision MSNBC titrait lundi: "Sarkozy perd son sang froid dans le New Hampshire." Et un confrère américain nous envoyait un email étonné: "Qu'est-ce qui se passe avec votre Président? Un peu trop de caféïne?"

Le site satirique Wonkette a fait ses choux gras de l'affaire, avec un certain sens de l'autodérision, et pour présenter Sarkozy comme un héros: "Pouvez vous imaginer un scénario dans lequel des reporters prenant sans autorisation des photos du président des Etats-Unis, pendant ses vacances dans un pays étranger? Bien sûr que non, parce qu'ils seraient aussitôt jeté dans des sacs de toile de jute par un commando du NSA et envoyés dans une prison en Ouzbékistan pour y être torturés à mort. Mais tous les leaders de la planète ne se cachent pas derrière leur services d'ordre comme des fillettes".


A lire:
Notre dossier sur Nicolas Sarkozy
vu par la presse internationale

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