Le New York Times pourrait mettre fin à sa zone web payante

Le New York Times serait sur le point de revenir sur sa décision de faire payer l'accès à certains de ses meilleurs articles sur son site, un choix qui risque d'ébranler les stratégies d'accès payant pour les sites généralistes du Net.

Selon des informations de la presse américaine, TimesSelect, la zone payante du New York Times lancée en 2005, serait ainsi abandonnée. Une porte-parole du quotidien new-yorkais s'est contentée d'indiquer que la direction du journal étudiait toutes les options...

En 2005, le New York Times avait regroupé dans la zone payante TimesSelect les articles de ses principaux chroniqueurs, comme Thomas Friedman et Maureen Dowd, qui figuraient parmi les articles les plus consultés du site du journal. L'accès coûte 7,95 dollars (environ 6 euros) par mois, et a attiré quelque 225000 abonnés. Cette mesure avait fait grincer des dents chez les lecteurs du Times, mais aussi chez les auteurs eux-mêmes, ainsi privés d'une grande partie de leur public. Pour Gavin O'Malley, du site spécialisé OnlineMediaDaily, "quel que soit le nombre d'abonnés sur TimesSelect, le coût pour le journal est considérable".

Ces informations sont également liées aux rumeurs qui agitent le monde de l'Internet aux Etats-Unis, selon lesquelles Rupert Murdoch, qui vient de remporter la bataille pour le contrôle du Wall Street Journal, serait déterminé à abandonner l'accès payant au site du quotidien économique au profit d'un modèle d'accès gratuit financé par les recettes publicitaires. Le Wall Street Journal est l'un des plus gros sites payants au monde. Son modèle payant est suivi en France par le quotidien économique Les Echos.

La plupart des sites d'information sont d'accès gratuit et sont financés par la publicité: c'est le modèle suivi par Rue89. D'autres tentent de créer une zone payante avec des services supplémentaires, comme le New York Times ou, en France, Le Monde. D'autres, enfin, plus spécialisés, rendent payant l'essentiel de leur contenu. Le passage au modèle gratuit du New York Times, et, a fortiori, du Wall Street Journal, aurait un impact considérable sur l'ensemble des sites d'information dans le monde, dont le modèle économique est toujours en débat.


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Courageux anonyme
17H01 08/08/2007

"La plupart des sites d'information sont d'accès gratuit et sont financés par la publicité: c'est le modèle suivi par Rue89"

De la pub? où ça? (http://adblock.free.fr/ pour ceux qui connaissent pas)

Hum, faut p'têtre pas trop le dire, j'vais vous couler vos recettes publicitaires :p

 
Courageux anonyme
18H56 08/08/2007

Ca doit être les bandes latérales grises.

 
17H07 08/08/2007

Vivement le jour où on pourra à nouveau lire librement ce cher Krugman dans le NYT, non seulement parce que c'est un grand économiste, mais aussi parce que nous aurions bien besoin de ses brillantes analyses du démantèlement de la sécurité sociale états-unienne pour contrer les manigances de l'homme-aux-tics.

BTW, PK est autrement plus fin et plus subtil que Steven E. Landsburg, l'économiste de service du partenaire états-unien de Rue89, Slate, qui passe sa vie à convaincre ses lecteurs de la nécessité de laisser crever les pauvres (voir notamment l'immonde "Do the Poor Deserve Life Support": http://www.slate.com/id/2133518/).

PS: Les journalistes de Rue89 ne sont évidemment ni responsables, ni coupables des saloperies qu'un petit maitre publie chez ses partenaires, mais il me semble préférable qu'ils en soient informés.

 
06H07 09/08/2007

Bien d'accord avec vous cher Antonin à propos de Paul Krugman.Ses articles me manquent bien que l'on peut les trouver de temps en temps gratuits sur www.commondreams.org.
C'est un journaliste et un économiste très brillant.

 
15H13 09/08/2007

Chris,
Merci pour l'info. Cependant, il me semble que tous les articles de Krugman y sont "password protected".
Je les trouvais pendant un moment sur "Truthout", mais il semble que le NYT se soit aperçu de la fuite et ait colmaté la brèche.
Pour le reste, Krugman publie de temps à autre dans "The Economists' Voice" dont l'éditeur est Stiglitz (http://www.bepress.com/ev/). On y trouve toutes sortes d'opinions (Bradford DeLong est co-éditeur). Ils demandent à un moment à quelle institution on appartient pour voir et télécharger les articles, mais donne quand même l'autorisation si on ne répond pas à cette question (je ne me souviens pas exactement de la procédure que je suis, mais j'y suis toujours arrivé, peut-être parce que je suis abonné (gratuitement) à leur lettre électronique).
Bonnes lectures!

 
Courageux anonyme
18H13 08/08/2007

Il est temps que cette décision tombe!
Les meilleurs auteurs, les plus incisifs faiseurs d'opinion sont indisponibles pour la plupart des lecteurs, ce qui est tout à fait contre-productif par rapport aux buts de base du NYT.

J'attends avec impatience le moment où je pourrai relire les articles de Friedman, Krugman et le vitriol de Dowd. Sans eux, le NYT perd une grande partie de son âme, et il est clair que le NYT a perdu toute une partie de lectorat internet qui devait quand même lui être utile du point de vue volume de trafic quotidien à mettre sous le nez des annnonceurs publicitaires...

 
Courageux anonyme
11H36 09/08/2007

Je ne pense pas que le nytimes.com ait perdu des lecteurs a cause de TimesSelect. Et si les recettes publicitaires du journal papier diminuent, celle de nytimes.com continuent d'augmenter (certes moins que prevu).
La partie payante de nytimes.com ne concerne que moins de 2% du contenu (si l'on met de cote les archives, qui elles ont toujours ete payantes pour les articles vieux de plus de 7 jours).
Je conviens que les pages Opinions ('Op-Ed') du Times aient une influence particuliere (y compris les editoriaux non signes du Times, toujours gratuits) dans les debats aux USA, mais de mon point de vue c'est la partie News (gratuite) qui fait du Times le meilleur journal au monde (en langue anglaise).
Quant aux editorialistes, le seul qui me manque vraiment - cache derriere le mur TimesSelect - est Frank Rich. Solution: acheter le Herald Tribune version papier.

 
Courageux anonyme
19H17 08/08/2007

La couverture des débats à l'ONU suivi du début de la guerre en Irak m'a enlevé pas mal d'illusions sur le NYT.
Un type comme Friedman est tout bonnement imbuvable.

 
gecils | retraitée pas en retrait
20H12 08/08/2007

bonne nouvelle. lectrice assidue des articles de Friedman, j'ai payé pour lire ses articles pendant un mois ou deux puis j'ai laissé tomber. C'est dommage car ils m'ont toujours été d'une grande utilité. Le retour à la gratuité permettra à un plus grand nombre de lecteurs d'apprécier les analyses pertinentes des éditorialistes du NYTimes. C'est nécessaire pour avoir accès à des analyses qui donnent à voir une autre conception de la politique étrangère de Bush d'une part et comprendre les enjeux de la campagne présidentielle américaine.

 
01H02 09/08/2007

Comment fait-on pour exercer librement son travail de journaliste si le média est entièrement financé par la publicité, donc par le pouvoir économique, à une époque où justement, le fonctionnement des entreprises, le rôle du pouvoir économique est ( ou devrait être) un des principaux champs d'observation et d'investigation journalistique ?

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
03H10 09/08/2007

Simple phase de transition. Nous allons vers l'abonnement (payant) de l'internaute, non pas à un site journal - qui finalement ne transmettra plus que la nouvelle brute des fils de presse, les commentaires des lambda et le fera gratuitement - mais au blogue de un ou plusieurs chroniqueurs, auxquels il fera confiance pour émonder, faire la synthèse et contribuer à lui façonner sa vision du monde. Je l'annonçais il y a 14 ans, dans 5 ans nous en serons là

http://www.nouvellesociete.org/124.html (1992)
http://www.nouvellesociete.org/5153.html (2006)

Pierre JC Allard

 
20H43 10/08/2007

Merci pour cette réponse constructive.

 
Courageux anonyme
10H58 09/08/2007

Mauvaise question.

Comment fait on pour exercer librement son travail si le média est entièrement financé par la publicité et que l'un des annonceurs me demande d'écrire un article l'impliquant? alors vous connaissez la réponse.

Les sous-entendus font penser que:
- un journaliste de télé n'est pas un journaliste, la télé c'est bien souvent 100% pub
- un journaliste de média public ou subventionné est impartial (voire les journalistes des régimes stricts, ou moins exotiques, ceux de la BBC...)
- un blog de bon niveau comme Techcrunch par exemple(100% pub pour son auteur qui en vit bien), n'est pas du journalisme
- un journal gratuit sur le net comme rue89.com n'est pas du journalisme...

Ce sont les institutions démocratiques, l'environnement économique et une culture de la critique qui font la liberté du journaliste.

Les journalistes ont un peu vite tendance à jeter la pub aux orties, alors que c'est ce qui les nourrit tous. L'exemple du NYT le montre bien, le média futur ne saura être payant, l'offre est trop abondante pour justifier un quelconque abonnement. Regardez ce qui se passe dans tous les domaines: la musique, les détenteurs de droits n'arrivent plus à vendre des CD; les journaux qui deviennent gratuits par le fait de la concurrence (de bons sites comme rue89.com)... just face the reality.

Un expat aux amériques

 
20H51 10/08/2007

"Comment fait on pour exercer librement son travail si le média est entièrement financé par la publicité et que l'un des annonceurs me demande d'écrire un article l'impliquant?"
Je n'ai pas écrit cela.
Comment fait-on pour garder son indépendance sans perdre les budgets pubs quand une info dérange?
La question n'est pas nouvelle, je vous l'accorde. Régulièrement des budgets sautent quand un sujet a déplu, les journalistes connaissent cela. Parfois ce sont les sujets qui sautent pour épargner le budget.
Si la question n'est pas nouvelle, je souhaiterais néanmoins savoir comment se prépare la riposte des nouveaux médias.

 
Courageux anonyme
02H13 09/08/2007

formidable analyse webcitizen, je partage complètement et songez que la presse américano-anglaise est substentiellement dirigé par un seul homme(R.M.) davantage d'affaires que journaliste..

 
Courageux anonyme
02H22 09/08/2007

le figaro est gratuit et le restera

 
Courageux anonyme
03H14 09/08/2007

ça vaut pas plus ! :D

 
Courageux anonyme
11H37 09/08/2007

Ce genre de commentaires inutiles polluent le site

 
Courageux anonyme
13H49 10/08/2007

Pas franchement d'accord !

Il est aussi important que Le Figaro existe, que Libération existe aussi. Cela nous garantie un juste équilibre démocratique au niveau médiatique.

Rien ne vous empêche de ne pas le lire, mais vous y perdez ! (know your ennemy...)

---
C'est ce que j'aurais répondu si ta remarque n'était pas à prendre (j'espère!) au second degré, camarade citoyen (on a bien le droit de rigoler...).

Euuuh, en fait je l'ai écris quand même, tant pis !

--
GP

 
Courageux anonyme
07H48 09/08/2007

comme webcitizen, j'allais écrire pareil à la lecture des premiers coms assez hallucinants.

Le financement par l'audience est le seul garant d'indépendance des pouvoirs economiques pour une rédaction.

d'ailleurs à moyen terme c'est clairement la seule solution pour rue89 s'ils veulent s'approcher ne serait-ce que de loin de leurs objectifs éditoriaux (si j'ai bien compris le concept).

malheureusement vu l'etat des coms du haut... la partie est pas gagnée.
Mais pas perdue non plus. si la qualité est là, les gens qui en ont vraiment marre de voir libé faire l'apologie de nain 1er (cf un article d'hier avec l'afp, complètement révoltant) prendront peut-etre conscience de cette nécessité absolue et sans autre alternative viable pour les médias indépendants que d'être financés par leur public.

Il y a un service créé par du travail, donc c'est on ne peur plus logique.

 
Courageux anonyme
14H14 09/08/2007

Un domaine bien complexe:

« Le financement par l'audience est le seul garant d'indépendance des pouvoirs économiques pour une rédaction. »

Financièrement OK. Mais c’est aussi la cause de l’info spectacle qui est diffusée sur tous les supports d’information, au dépend d’informations non moins importantes. C’est ainsi qu’on nous a bassiné sur toutes les chaînes de TV avec la période de détention de Paris Hilton, alors que les infirmières bulgares étaient déjà otages mais que cette information n’avait apparemment aucune importance en terme d’audience. C’est alors un frein à la pluralité de l’information. Cela scele aussi solidement les supports d'information bien connus au dépend de ceux qui voudraient juste exister.
En fait, je pense ton raisonnement bon tant que l’audience n’influence pas l’information, or pour les journalistes, c'est aussi leur gagne pain...

Stouve

 
micke | utopiste
14H49 10/08/2007

oui certainement pour les TV généralistes
pour la presse écrite, je ne crois pas que ce raisonnement s'applique.

l'influence de l'audience sur l'information, oui mais ça devient bien compliqué quand sont utilisées les techniques de l'agenda setting (lepen en 2002 et sarko/sego en 2007).

j'avoue ne pas comprendre parfaitement comment ça marche. Mais en gros on balance de l'info ici et là qui va taper dans la masse et la rendre réceptive à un discours (qu'un certain homme politique va bien sur se charger complaisamment de donner dans les semaines suivantes) qui sera lui-même appuyé par la suite (jours/semaines) par des évènements voulant lui donner raison. oué c'est grave vicieux et planifié sur plusieurs années.

yavait un bon article dans le monde diplomatique au printemps qui expliquait bien, comment en quelques années, avec l'aide des médias, sarkozy avait réussi à monter et diviser la france "de ceux qui se levent tot" contre "celle des chomeurs et autres profiteurs des acquis sociaux".

 
Koomo | Tokyo
11H30 09/08/2007

Il est de toutes les facons, tres facile de lire gratuitement la zone payante de nytimes.com...comme la plupart des titres.
Sans en devoiler les moyens, il serait judicieux anyway, que d'autres sites suivent ce pas.
Cette ete d'ailleurs NBC offrira les JO en ligne..certainement limite a toutes personnes aux US, mais la aussi, c'est detournable.

 
Courageux anonyme
15H29 09/08/2007

Pierre,

Le Jerusalem Post s'apprête à faire de même… de là à dire qu'il y a onnivence entre les Etats-Unis et Israël, je n'oserais pas, ben voyons !

Bien chaleureusement,
Fabien Abitbol
http://menilmontant.noosblog.fr/

 
Hapax | avocat - rédacteur législatif
21H21 09/08/2007

J'avais un peu grogné lors du lancement de TimesSelect, mais avais décidé de m'y abonner, le journal offrant un tarif promotionnel assez avantageux, ce qui m'a donné accès aux Op-Ed, mais aussi à une foule d'autre contenu. À mon sens, cela valait bien le coût. En revanche, le tarif d'abonnement au Monde me semblant prohibitif, je m'en tiens aux pages accessibles gratuitement.

Certains journaux canadiens, dont le Globe&Mail et Le Devoir limitent l'accès à la plupart de leurs textes. Je rejoins ici les autres commentateurs pour dénoncer une pratique qui est un contresens. Ne voulant pas payer pour l'édition papier (arbre mort), pourquoi accepterais-je de le faire pour l'édition en ligne ? Par ailleurs, si les journaux se plaignent de la diminution de leur lectorat papier, comment peuvent-ils s'imaginer élargir leur audience en la frappant d'une » taxe Internet » au lieu de tirer pleinement parti de la convivialité de ce média.

Merci

 
Jonathan Balsamo | Bloggeur jojo13.over-blog.net
15H11 10/08/2007

Tout les sites qui font payer pour certains infos dans leur site web ont moins de visiteurs que les sites web gratuit qui vivent de la publicité .

Le modèle économique du gratuit remporte la bataille du net sur le modèle économique du payant .

 
Courageux anonyme
14H21 12/08/2007

Cool !
Si cette mesure s'étend à tous les sites d'information, cela permettrait d'arrêter de nous prendre pour des vaches à lait.