
(De New York) Après des semaines de lutte, les New-Yorkais peuvent sourire : ils garderont, comme les touristes, le droit de photographier librement leur ville. Vendredi, la municipalité a annoncé le retrait d'un projet du bureau municipal du film (MOFTB) qui aurait rendu obligatoire l'obtention d'un permis pour capter des images à New York.
Cette information, relayée par le New York Times, prouve que la mobilisation a payé. Des centaines de photographes, réalisateurs et militants de la liberté d'expression se sont en effet battus pour protéger leur droit à l'image gratuite. Ils ont battu le pavé et lancé des manifestations multimédia, afin de gagner des soutiens avant la fin de la période légale de consultation du public, vendredi dernier.
Les nouvelles règles auraient rendu l'obtention d'un permis obligatoire pour des tournages ou séances photo impliquant deux personnes ou plus pendant une durée supérieure à trente minutes, ou cinq personnes ou plus utilisant un trépied pendant plus de dix minutes. Les réalisateurs et photographes devaient aussi avoir une assurance responsabilité civile à hauteur d'1 million de dollars. Le MOFTB a reconnu que son projet était confus, et aurait pu être trop largement appliqué, y compris au détriment de touristes. De nouvelles règles seront soumises à l'approbation du public.
Les militants de la liberté d'expression, qui attendent cette nouvelle proposition avec vigilance, se sont mobilisés massivement ces deux dernières semaines. Plusieurs manifestations ont eu lieu contre le projet et une pétition en ligne a rassemblé plus de 31000 signatures vendredi. Un rassemblement a également eu lieu à Union Square et des vidéos en ligne ont été adressées à Julianne Cho, du MOFTB. A la tête de ces manifestations : une coalition d'artistes, de réalisateurs et de photographes baptisée » Picture New York Without Pictures of New York » .
Une menace pour les pigistes ?
Soutenue par la section new-yorkaise de l'Union pour les libertés civiles (NYCLU), Picture New York critiquait surtout la discrimination implicite à l'encontre des photographes et réalisateurs indépendants, qui n'ont pas les moyens de payer l'assurance requise. » Je fais partie d'un média indépendant qui n'est pas considéré comme une forme crédible d'information, déclarait Jim Costanzo, un artiste-photographe activiste, lors de la manifestation à Union Square. Je suis sûr que Fox et les grands médias obtiendront ce qu'ils voudront. Mais quid de ceux qui ne travaillent pas avec les grand médias ? C'est là que ça devient un problème de censure. »
De son côté, le site web du MOFTB notait qu'il est rare pour les photographes amateurs de rester au même endroit plus d'une demi-heure, et affirmait que les étudiants et les photographes de presse seraient à peine affectés par les nouvelles règles. Le site envisageait la possibilité de renoncer à l'obligation d'assurance au cas par cas, sous certaines conditions.
» Une violation du premier amendement »
Mais ça n'a pas suffit à apaiser les opposants, qui voyaient dans les nouvelles règles une violation du premier amendement de la Constitution américaine. Cet amendement protège les cinq libertés de religion, de parole, de la presse, de s'assembler et de lancer une pétition. La coalition Picture New York a ainsi répété plusieurs fois que le seul permis nécessaire pour photographier New York est justement le premier amendement : » Il y a certaines libertés de base dans notre démocratie, disait Ben Sheperd, un militant qui battait le pavé d'Union Square. Mais existent-elles vraiment si nous ne pouvons même pas en bénéficier ? »
Pour les militants des libertés civiles, ce projet n'était qu'une nouvelle tentative de restreindre les libertés dans la ville. Depuis janvier, de nouvelles règles de police imposent par exemple une autorisation pour les rassemblements publics de plus de 49 personnes. Par ailleurs, des photographes et réalisateurs se plaignent d'être déjà harcelés par la police. » Apparemment, la police arrête couramment les gens qui ont des caméras » , affirme James Wagner, un photographe et blogueur sur la politique et les arts visuels.
L'histoire d'amour de New York avec l'image
Ce projet de règlement était en fait la réponse à une plainte déposée par la NYCLU contre le MOFTB, après la mésaventure d'un documentariste indien, Rakesh Sharma. On lui avait interdit de filmer car il n'avait pas d'autorisation, malgré l'absence de réglementation en la matière. Le MOFTB soutient qu'il ne cherche qu'à éviter ce type de situation. Mais les militants ne l'entendent pas de cette oreille. Comme le disait un des manifestants, » New York vit une histoire d'amour avec l'image : les images que les gens adorent, les images à travers lesquelles ils tombent amoureux de New York ne pourraient pas exister si ce règlement est adopté. »
Traduction : Augustin Scalbert




















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De
18H14 | 07/08/2007 |
Les Etats-Unis ne sont plus une démocratie, c'est évident et cela va empirer…Laissons ces gens-là dans leurs délires et sauvons-nous nous-mêmes.
Séb
De
19H39 | 07/08/2007 |
Arrêtons les clichés !
tous les américains sont loin d'être stupides ! il y a des cons partout, beaucoup en france aussi !
et nous avons aussi nos problèmes de censure et manquements aux libertés !
penser qu'il n'y a que les américains pour se faire manipuler est bien orgueilleux ! penser que nos politiciens et medias ne sont pas passés maître dans cet art serait bien les sous-estimer !
Mon avis est que les libertés doivent se maintenir ensemble, que les peuples des pays démocratiques et approchant ne doivent pas se dénigrer, mais se soutenir pour combattre le tout sécuritaire, on a plus d'informations contradictoires sur la france depuis l'extérieur, et c'est parfois grâce à des journaux étrangers que des affaires peuvent éclater en France !
Ce n'est pas en disant que ce n'est pas notre problème que l'on résoudra les notre !
Ce que j'aime aux ÉUA, c'est justement que tous les excès sont possibles, les meilleurs comme les pires, et il est loin d'être intelligent de penser que les laisser plonger dans l'obscurantisme n'aura aucun effet en Europe !
je pense que NY est une ville intéressante et ne doit pas être délaissée ! C'est l'un des bastions de la connaissance et de l'intelligence aux ÉUA !
À l'époque de la mondialisation, on n'a pas le droit de dire « débrouillez vous » !
bouktin
De puerta13
20H30 | 07/08/2007 |
Certes, y a des cons partout…. mais aux states… PLUS ! ! !
Et oui mon cher, tout ceci est inversement proportionnel à la vitesse du vent.
à puerta13
De
01H44 | 08/08/2007 |
A mètre caré je crois qu'en france c'est vraiment plus …surtout la ou tu dois être !
Pathétique petit franchouillard !
De
18H04 | 08/08/2007 |
Je ne vois pas en quoi cela est un cliché et d'ailleurs personne n'a employé le mot « con ».
Prétendre que la démocratie est une chimère n'est pour moi qu'une réalité à laquelle il va bien falloir s'habituer.
Par contre il est vrai que nous n'avons rien à envier aux américains si ce n'est la longueur d'avance qu'ils ont sur nous, dans la course effrénée vers le mur dans lequel le monde entier semble se diriger.
« Dérouillez-vous » n'est peut-être pas la solution mais la complaisance dans un système qui cultive sa propre mort ne me semble pas pour autant la solution.
Et pendant ce temps là en Irak…
De
20H30 | 09/08/2007 |
non, « dérouillez-vous » n'est la solution pour personne. Et pour votre information, la guerre en Irak fait l'objet de contestations massives de la part des new-yorkais et autres habitants des grandes villes « éclairées », mais aussi et de plus en plus, de la part des « Américains moyens » malgré la contre-information qui leur est stratégiquement, frénétiquement et bêtement servie.
De
20H44 | 07/08/2007 |
parce que la France est une démocratie ? De gauche comme de droite, le gouvernement français est une véritable monarchie dont Sarko n'est qu'un héritier, certes flamboyant. Mais Mitterand n'était pas en reste.
Gilles, de Suisse
De
12H20 | 10/08/2007 |
Non, Monsieur, vous vous méprenez un dictateur nous est né. Un homme courtaud de taille, sanguin, au rictus mauvais, au gout « m'as tu vu ? “ de parvenu de NAP légendaire dans la capitale et bien au-delà. Un de ces hommes qui s'il n'est pas accroché à sa rollex tombe. Mais c'est vrai vous êtes Suisse. Les corbeaux ne vous ont sans doute pas encore ravitaillé de cette
charmante nouvelle et avec la chaine du jus ras…
A moins que vous ne l'ayez entre aperçu sur une de ces machines qui télédéportent les images où il se fait fort rare surtout s'il est en langue avec le garde des sceaux et vous avez trouvez qu'il était à votre image… flamboyant.
Heureuse, Monsieur, de pas vous connaitre.
De
23H15 | 07/08/2007 |
« Les Etats-Unis ne sont plus une démocratie, c'est évident et cela va empirer…Laissons ces gens-là dans leurs délires et sauvons-nous nous-mêmes. »
Oui mon clown ! Va photographier en france , au jardin du luxembourg, à la Eéfense, en ville avec un trepied etc…… !
Allons votre méconnaissance de la réalité parisienne n'a d'égal que votre pavlovien anti-americanisme primal !
De
19H03 | 07/08/2007 |
Et on dis que c est la plus grande démocratie du monde ?
De Ehim
ehim.over-blog.com | 19H53 | 07/08/2007 |
Décidément, ça ne s'arrange pas chez les cow-boys …
Ca doit bien être le seul pays où n'importe qui peut acheter une arme à feu mais doit demander la permission pour faire des photos.
http://ehim.over-blog.com
à Ehim
De
20H29 | 07/08/2007 |
eh bien essayez de poser un tripode surmonté d'un appareil photo devant la pyramide du Louvre…
De
06H37 | 08/08/2007 |
je ne suis pas spécialiste mais il me semble avoir entendu que certains volcans d'Auvergne ne sont pas photographiable ?
De Klaus
08H27 | 08/08/2007 |
Il faut distinguer la prise d'image et l'exploitation commerciale (la publication).
Mais dans ce cas précis un jugement a été rendu dans le sens des photographes.
De ilotdyonisien
12H39 | 08/08/2007 |
Bonjour
Il me semble que dans l'article ici présent, il s'agit aussi d'exploitation commerciale, Vous avez déjà vu un randonneur entouré d'une équipe de 5 personnes (preneur de lumière, assistant, maquilleur, coiffeur…) rester une demi-heure pour prendre la pyramide du louvre en photo sur un trépied ?
Cela ne veut pas dire que je suis Pour : au contraire, il faut garder la liberté d'utiliser l'environnement (commercialement ou non)
De
11H59 | 10/08/2007 |
Non, il faut payer son tribut à Giscard celui qui a remis la France sur les rails de l'ultralibéralisme : l'économie politique de la solution finale. Courage : c'est bientôt la fin …. enfin !
à Ehim
De
18H06 | 08/08/2007 |
tellement vrai !
De geranon
23H02 | 07/08/2007 |
Une des conclusions de l'article, n'en déplaisent aux anti-américains primaires : quelque soient les gens aux pouvoirs, les citoyens lambda sont prêts à se battre en nombre pour la défense de leurs libertés.
Et ils ont en plus la chance de pouvoir s'appuyer sur le premier amendement de la constitution qui a plus de 200 ans !
à geranon
De
06H44 | 08/08/2007 |
Le pouvoir va devoir demander des conseils à Sarko pour modifier la constitution sans l'avis du peuple. Jean-Paul
De PlayPause
08H52 | 08/08/2007 |
Réglementons aussi l'usage de l'air ambiant, de la lumière naturelle et des passages piétons, tant qu'on y est…
De
10H07 | 08/08/2007 |
Vous ne pouvex pas faire de photos à Paris avec un tripode sans autorisation.
Au moins les new-yorkais ont plus de c… que les photographes parisiens.
La censure parisienne est une tare anti-créativité, ce dont souffre le plus les jeunes francais…
De
11H26 | 08/08/2007 |
Et chez nous ?
Qu'en est-il du droit à l'image des architectes ? N'y avait - il pas un probleme pour faire une photo devant la Cite de la Musique (ou d'autres batiments publics) ?
amberson55
De
10H12 | 09/08/2007 |
En théorie, en France, on ne peut RIEN photographier (sauf ce qui est tombé dans le domaine publique évidemment) sans autorisation.
Tu prends une photo d'un HLM récent et tu le publies dans la presse. L'architecte - ou ses descendants - peut t'attaquer pour obtenir des droits d'auteur.
De
11H33 | 08/08/2007 |
Photographe freelance, j'ai de plus en plus de mal à faire des séances photo en extérieur. On se fait sans cesse emm……er par des flics, des agents de la circulation, de sécurité, des passants qui ne veulent pas apparaître sur des images. Il est bon de rappeler qu'en France, on peut (presque) tout photographier, la seule différence c'est si on en fait une exploitation commerciale. Il n'y a pas qu'aux States où l'ambiance devient parano, ici aussi on frise l'hytérie ! ! ! !
Mask
De
14H15 | 08/08/2007 |
L'Atomium a Bruxelles est soumise à ce genre de règlementation.
De
14H51 | 08/08/2007 |
ils auront le droit de tirer le portrait du français moyen en vacances à new-york.
sauf de photographier l'asticot de l'élysée, chou-chou du grand capital et malheureusement aussi
du grand public.
De
17H00 | 08/08/2007 |
Je ne pense pas que la disposition, retirée en final, fut proposée dans l'objectif d'une Censure. Ne pas confondre cause et conséquence.
Il s'agissait certainement à l'heure où les médias US dégraissent - voir meurent - à cause du Net gratuit, de bétonner l'image à leur profit.
L'image (animée ou non) est le nerf qui titille la cible potentielle : le lecteur - visionneur qui est alors suffisamment captif pour apercevoir les bandeaux de pub… Parce que en définitive les infos n'ont pas d'autre but que de faire acheter du coca comme dirait Mr TF1…
Bref, il n'y a pas qu'en France qu'une législation ubuesque puisse sévir…
Attention, les medias français étant déjà dans le rouge à cause des gratuits, nous ne somme pas à l'abris d'une chasse aux sorcières… à la française (ie lourde, ridicule, tapant à coté des « coupables » et en définitive inefficace – il paraît que cela fait notre charme…). Nous y posons déjà un orteil : lutte contre le piratage, taxe sur les supports…
Vigilance donc…
De
17H44 | 08/08/2007 |
EN GENERAL QUAND ON N EST PAS LIBRE DE PHOTOGRAPHIER DANS UN PAYS, ON APPELLE CA UNE DICTATURE ! !
De
18H04 | 08/08/2007 |
on ne peut plus d'accord !
De
07H25 | 09/08/2007 |
Oui. Cela fait longtemps que la France n'est plus une démocratie à cette aune. Nos lois sur la censure, le droit à l'image, le flicage des internautes, sont plus proches de celles de l'Iran que celles des Etats-Unis. Et dans notre beau pays « pétri de traditions démocratiques » (quelle blague, depuis quand ? ? ? ) ca ne gene personne alors que toute tentative de reguler l'internet ou l'image donne lieu à des manifestations aux US.
Un Français taxer les US de ne pas être démocratique ? C'est à pleurer.