tribune 07/08/2007 à 19h03

Devoirs de vacances : parlons méthode globale

Nestor Romero | Ancien enseignant

Pourquoi revenir, en plein mois d’août, sur cette question de l’apprentissage de la lecture qui défraya la chronique ces deux dernières années à l’initiative d’un ministre de l’Education nationale (comment s’appelait-il déjà ?) ? Tout simplement parce que je sais bien que des enseignant(e)s, en ce moment, surtout parmi ceux qui « entrent dans la carrière », ne peuvent réprimer une pointe d’anxiété, par instant, à l’idée de cette classe, de ces enfants qui les attendent les yeux écarquillés...

Alors voilà, une devinette pour commencer : le texte dont je vais donner l’introduction est connu, on le trouve un peu partout, pourtant je suis persuadé que certain(e)s vont le découvrir et, qui sait ? , peut-être leur sera-t-il d’un certain secours. Quel en est son auteur ?

Il faut dans toute période difficile trouver un bouc émissaire. La méthode globale est aujourd’hui responsable de tous les maux dont souffre l’École.
Si les enfants lisent moins bien qu’autrefois, c’est la faute à la méthode globale.
S’ils manquent d’attention et de concentration dans leurs devoirs, s’ils font trop de fautes dans leurs dictées ou dans leurs lettres, c’est évidemment la méthode globale qui en est la cause.
La discipline elle-même, et donc la marche générale des établissements, en sont affectées. Qu’on revienne donc à la bonne règle préalable du B-A BA et aux exercices méthodiques ; qu’on enseigne les bases avant d’aborder le tout, et l’éducation refleurira. L’État sera sauvé.
Évidemment, ceux qui prononcent avec tant d’assurance ces condamnations définitives ne savent pas même ce que sont les méthodes globales. Ils ignorent sans doute que ces méthodes ne sont pratiquées intégralement dans aucune école française, et que nous n’avons en France aucun manuel de méthode globale.

Ne dirait-on pas un écrit de l’hiver dernier ? Pourtant il date de près d’un demi-siècle. Il s’agit du fameux « La méthode globale, cette galeuse ! “ de Célestin Freinet, publié dans le n°19 du 30 juin 1959 de la revue L’Educateur. Il vaut, évidemment, d’être lu dans son intégralité (Archives, 6 février), et ce faisant on constatera le degré de ‘modernité’ des préoccupations de ce ministre dont le nom m’échappe.

La méthode globale n’existe pas

On constatera également que la situation à l’école, sur cette question, n’a guère varié. Bien sûr, un certain nombre d’évolutions, de bouleversements même, ont eu lieu en ce qui concerne, particulièrement, l’appréhension du fonctionnement cognitif de l’enfant (et de l’adulte) : Olivier Houdé a questionné et contesté la description piagétienne du développement de l’enfant, ce qui ne devrait pas être sans effet sur la pratique pédagogique elle-même. Et puis, le phénomène de la massification est intervenu, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il a bouleversé la vie dans l’école.

Pourtant, aujourd’hui comme il y a cinquante ans, en effet, rien n’a changé en ce qui concerne l’apprentissage de la lecture. On continue d’imputer à la méthode globale des effets et des conséquences qui ne peuvent être les siens tout simplement parce que, aujourd’hui comme hier, ainsi que le dit Freinet, cette méthode n’a pas été appliquée. J’ajouterais volontiers que non seulement elle n’a pas été appliquée mais qu’elle ne pouvait l’être puisque cette méthode... n’existe pas !

L’école par la vie, pour la vie

En effet, quand Célestin Freinet rend hommage à Ovide Decroly pour sa réflexion sur la notion de globalité, il ne se réfère nullement au seul apprentissage de la lecture mais, bien plutôt, à la saisie du monde, à son appréhension, d’abord globale, par l’enfant. Et c’est à partir de cette ‘globalité’ que se construit la pédagogie decrolyenne fondée sur la vie même des enfants dans l’école et que se met en place l’acquisition ‘naturelle’ (terme de Freinet, celui-ci) de la lecture.

Le mode de vie créé dans l’école (par la vie, pour la vie, disait Decroly), à partir de l’activité même des enfants (ce qui veut dire concrètement, à partir des événements quotidiens qui concernent directement les enfants), à partir des centres d’intérêt, que l’on ne confond pas avec les intérêts superficiels, aléatoires ou capricieux, ce mode de vie sensé implique la nécessité de la lecture pour être bien vécu. Autrement dit, la maîtrise de la lecture-écriture apparaît très vite à l’enfant comme un besoin vital, au même titre que parler, courir et jouer, car pour jouer aussi, il faut savoir lire.

La lecture-écriture comme outil

Et c’est à partir de cette nécessité que la ‘méthode’ d’acquisition de la lecture devient ‘naturelle’, naturelle en cela qu’elle correspond à un besoin que les adultes, qui ont en charge l’organisation de la vie dans l’école, prendront soin de stimuler sans cesse. De sorte que les matériaux de départ sont en effet des textes plus ou moins complexes, mais qui, toujours, surgissent de la vie quotidienne du groupe d’élèves. Et c’est cela qui change tout, parce que, en ce surgissement, ces mots, ces phrases prennent sens.

Comme le dit Freinet dans ce texte, ce peut bien être à partir d’une phrase que l’on travaille, ‘mais à condition, bien sûr, que cette phrase soit insérée intimement dans le contexte de vie des individus’. Et puis, après, on peut faire tout ce que l’on voudra, tout ce que cet enfant-là ‘aura besoin’ que l’on fasse, du syllabe à syllabe et du lettre à lettre... Comment, quand on a choisi l’imprimerie (Freinet), ou aujourd’hui l’ordinateur comme outil pédagogique privilégié, pourrait-on ne pas être attentif à la syllabe et à la lettre ?

Ce n’est donc pas la ‘méthode de lecture’ qui est globale mais l’appréhension du monde, laquelle implique alors la démarche ‘connaissante’, c’est-à-dire l’analyse méthodique, structurée, sensée de ce monde. Mais alors on voit bien que ce qui est objet d’étude ce n’est pas la ‘matière’ (ou la ‘discipline’) lecture-écriture, mais que cette lecture-écriture est un outil dont il faut acquérir l’usage pour connaître le monde, ce qui n’exclut pas, évidemment, que la langue devienne un jour, pour certains, objet d’attention, d’étude et de connaissance.

De sorte que la lecture-écriture ne devrait pas être présentée à l’école comme une ‘discipline’ au même titre que le calcul ou l’histoire, mais devrait être ‘travaillée’ sans cesse, maniée sans cesse, à l’occasion de toutes les activités et faire l’objet de toute l’attention des enseignants, quelle que soit leur spécialité. Ainsi, au collège, chacun devrait être d’abord ‘enseignant de langue’, ce qui n’a rien à voir avec la bivalence, on l’aura compris. C’est en ce sens que la ‘méthode globale’ n’existe pas, au sens où l’acquisition de la langue (et non pas de la lecture seulement) est un processus à l’œuvre de manière permanente au cours de toutes les activités de connaissance et qui prend son sens de ces activités et qui se perfectionne sans cesse de ces pratiques et de sa pratique.

Apprendre sans drame

On aura compris également que parler, comme on ne cesse de le faire, de ‘manuels de méthode globale’ ou, pire encore, ‘semi-globale’, est une pure aberration. Il ne peut y avoir de tels manuels puisque les textes sont issus, naturellement, de la vie même des individus et ‘saisis au vol’ par l’enseignant pour en faire la matière même de son enseignement (ce qui demande, il est vrai, un certain entraînement).

J’entends bien alors la question qui vient : ainsi, il serait possible que des enfants apprennent à lire sans manuel, sans ces ‘leçons de lecture’ qui se prolongent en ‘devoirs à la maison’ et se concluent, parfois, en petits drames arrosés de larmes ?

Mais oui, des enfants ont appris et apprennent à lire et à écrire et apprennent toutes les choses qui s’apprennent en apprenant à lire et à écrire. Ils ont appris et ils apprennent sans drame, ils ont appris ‘naturellement’ et ils sont devenus lecteurs, ils sont enseignant ou commerçant, ingénieur ou horloger, diplomate, musicien ou comédien, comme tout le monde, je peux en témoigner et d’autres aussi peuvent en témoigner. De sorte que la question, qui se pose depuis longtemps, me paraît être celle-ci : et si les enfants apprenaient à lire-écrire ‘malgré’ les ‘méthodes de lecture’ ? Je la soumets aux spécialistes.

  • 4637 visites
  • 45 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • Anonyme

    Style abscons, manque de clarté et de concision.

    (Ma fille a appris à lire en quelques semaines, je n’ai pas la moindre idée de la methode, elle non plus, elle a simplement eu un bon instit)

    • RoadRunner
      • Posté à 15h08 le 09/08/2007
      • Internaute 10478

      Environ 1/3 des enfants d’une classe de CP savent lire à Noël.
      Cela n’a pas grand-chose à voir avec le « bon instit ».

      • pikasso02
        pikasso02 répond à RoadRunner
        • Posté à 21h46 le 09/08/2007
        • Internaute 10134

        Pouquoi pas 3/3 des élèves ?
        Et pourquoi pas à la fin de CM2 ?
        Voilà ce qu’il nous faudrait réussir.
        Non ?
        Tant que cet objectif ne sera pas atteint, j’ai bien peur que rien ne change.

      • Anonyme répond à RoadRunner

        Les enfants ne sont pas égaux à la sortie de la grande section. Ceux qui sont déjà entrés « en phase alphabétique » (cf texte officiel et travaux de psychologie cognitive) apprendront facilement le code, quelle que soit la méthode. C’est ce fameux tiers ! Les deux autres tiers progresseront plus ou moins en fonction d’une part, de la conception qu’ils se font de la nature de l’écrit, d’autre part, de la façon dont l’enseignant de CP saura différencier le travail pour les faire avancer à partir de là où ils sont.

  • Ehim
    Ehim
    http://ehim.over-blog.com
    • Posté à 21h53 le 07/08/2007
    • Internaute 9598
      http://ehim.over-blog.com

    Il faut peut-être se demander ce qui peut empêcher un enfant d’apprendre à lire quand il en a les capacités et la motivation, à part un mauvais maître.
    Et le reste n’est peut-être qu’arguties.

    • Deborah
      Deborah répond à Ehim
      • Posté à 12h18 le 08/08/2007
      • Internaute 3584

      La méthode globale n’existe pas ? Alors qu’est-ce donc que cette mystérieuse méthode qui a, sinon fabriqué, du moin bien encouragé la dyslexie de ma fille, il y a 40 de ça ? Ce n’était pas le b+a ba de mon enfance... - Prise en charge par une spychologue-orthophiste, elle a été rééduquée dans de bonnes conditions par la méthode gestuelle. Une méthode qui devrait pouvoir être mieux connue, car elle aiderait un certain nombre d’enfants (sachant qu’aucune méthode n’est universelle - mais que certaines sont mieux adaptées que d’autres à l’apprentissage de la lecture

    • Bvois1
      Bvois1 répond à Ehim
      • Posté à 11h29 le 09/08/2007
      • Internaute 13961

      Tout a fait : comment expliquer que 6 élèves sur 27 dans la classe de mon enfant ne sachent pas lire en fin de CP.
      Du global ou semi-global enseigné par une instite globalement nulle.
      22% d’échec, pas de sanction. L’année prochaine elle peut re-sévir en toute impunité.

      • chalets109
        chalets109 répond à Bvois1
        • Posté à 10h52 le 11/08/2007
        • Internaute 14207

        c’est peut-être à cause de l’instit, c’est peut-être également à cause de la composition sociale de la classe. D’une école à l’autre, les taux de réussite aux évaluations nationales de CE2 peuvent varier de 30 à 40,quelque soit l’année d’évaluation, quelques soient les instits... On sait également, de nombreux articles st parus sur le sujet, que l’apprentissage de la lecture est grandement facilité par le nombre de mots connus par l’enfant quand il arrive en CP et que là encore le « capital » de mot d’un enfant varie.. en fonction, sans surprises, de son environnement socio culturel.. Avant d’acccuser l’instit publiquement, (vous aimeriez qu’on vous accuse ainsi devant tout le monde de mal faire votre boulot ?) étayez votre argumentation. merci

      • Anonyme répond à Bvois1

        Oui ! Brûlons-la en place publique ! ! ! C’est ce que vous semblez suggérer, non ?

    • RoadRunner
      RoadRunner répond à Ehim
      • Posté à 16h16 le 09/08/2007
      • Internaute 10478

      Les Héritiers de Bourdieu et Passeron, peut-être ?

      A moins que ce ne soit trop long à lire...

  • Anonyme

    j’ai appris à lire à mon fils quand il avait cinq ans. Sans aucune méthode homologuée par des soi-disant professionnels. Depuis le temps que les « enseignants » s’astiquent gentiment en maintes réunions stériles et théorisent ...

    même lu en diagonale l’article est d’une longueur ! ! !

    • Antonin Leguar
      • Posté à 22h35 le 07/08/2007
      • Internaute 4883

      C’est justement parce que vous avez lu ce texte en diagonale que vous l’avez trouvé trop long.
      En fait, votre remarque montre que vous n’avez pas encore appris à lire ...
      C’est pourquoi, je plains votre fils qui subira toute sa vie les conséquences de votre prétention à lui apprendre ce que vous ne savez pas faire.

      • Anonyme répond à Antonin Leguar

        ne vous inquiétez pas pour mon fils.
        et surtout n’émettez pas de jugement sur ce que vous ignorez.

         
        • RoadRunner
          • Posté à 16h15 le 09/08/2007
          • Internaute 10478

          Je me souviens d’un professeur (de math...) d’Ecole Normale qui disait « Apprendre quelque chose à un seul enfant, c’est à la portée de n’importe qui. Le travail d’un enseignant, c’est d’apprendre à toute une classe et ça n’a rien à voir ».

        1 autres commentaires
    • haggis
      • Posté à 13h26 le 09/08/2007
      • Internaute 1777

      entre apprendre à lire à un enfant demandeur, issu d’une famille francophone et lettrée, en individuel et apprendre à 25 enfants de milieux différents chacun avec ses difficultés, il y a de la marge ! et le probleme est là : trouver le moyen d’apprendre efficacement à tous les enfants, à LIRE, c’est à dire pouvoir déchiffrer ET comprendre en même temps ce qu’on lit. Ce n’est pas la même chose et c’est ce que bien des parents ont du mal à comprendre. Ils sont toujours dans le « moi moi moi » mon enfant, moi je fais ça ... etc , mais ils ne voient pas que l’enseignant s’occupe d’une classe et que chaque enfant est différent.

  • Anonyme

    je rajoute ce lien
    nous sommes avec un ami en train de mettre en ligne l’intégrale de l’oeuvre de Joseph Jacotot
    récupérée par nos soins aux quatre coins du monde

    Lien

    Bien à vous

    Viviane Lamarlère
    ( où inscrit-on son nom ? ? ?)

    • Nestor Romero
      Nestor Romero
      Auteur(e) de l'article Ancien enseignant
      • Posté à 23h37 le 07/08/2007
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Merci, pour ce beau et long,long travail qui fera, j’espère, mieux connaître Jacotot à tous ceux qui consentent à lire au-delà de dix lignes.Bien cordialement. N.

  • Anonyme

    Ah ben mince, le com précédent est passé au travers...
    Tant pire ; o))

    Lien

  • Robert Marchenoir
    • Posté à 23h53 le 07/08/2007
    • Internaute 10196

    Formidable ! Plus stalinien tendance Orwell, comme texte, c’est pas possible.

    La méthode globale ne doit pas être attaquée... car elle n’existe pas !

    Mais alors, pourquoi tous ces syndicats d’enseignants se sont-ils dressés contre ce ministre qui voulait interdire la méthode globale ? Pourquoi se sont-ils fatigués à lutter contre un mirage, puisque ce ministre – certainement un sombre imbécile – a jugé utile de pondre un décret contre quelque chose qui n’existait pas ?

    Pourquoi un syndicat des inspecteurs de l’Education nationale a-t-il publiquement promis de saboter cette réforme – et l’a fait effectivement ?

    Il suffisait à tous ces gens-là de ne rien faire, de continuer comme avant à ne pas utiliser une méthode globale qu’ils n’avaient jamais utilisé – et qui d’ailleurs n’a jamais existé –, et de laisser le ministre sombrer tout seul dans le ridicule.

    Cette réthorique, d’une mauvaise foi telle qu’il paraît difficile d’insulter davantage l’intelligence de ses lecteurs, des parents et des citoyens, est régulièrement employée par la gauche.

    Je n’ai pas à te rendre ta marmite, dit l’homme de mauvaise foi à son voisin, car tu ne me l’as jamais prêtée. D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi tu fais tout un foin avec cette vieille marmite, elle était percée de partout ; et en plus, ça fait longtemps que je te l’ai rendue.

    On a entendu la même chanson au sujet du service minimum : il est totalement ridicule d’interdire le paiement des jours de grève, ricanent les syndicats, car ils ne sont pas payés.

    Oubliant de dire que pendant de longues années, il était de tradition de payer les jours de grève, en douce et dans le silence quasi-total des médias complices.

    Avant que ne se terminent les grèves dans le service public, il était bien entendu qu’allaient s’engager des négociations pour le paiement des jours de grève, de façon plus ou moins ouverte, plus ou moins détournée. C’était un droit acquis. Et l’Etat, bonne fille, allongeait la monnaie.

    Puis, le sale petit secret a été éventé. La presse a commencé à en parler. Et, petit à petit, sous la pression de l’opinion publique qui trouvait que, quand même, fallait pas trop exagérer, ce « droit acquis » a reculé. Pas sous l’impulsion des syndicats, hein, ni de la gauche...

    Et aujourd’hui, les mêmes nous expliquent, la main sur le coeur : le paiement des jours de grève ? où ça ? ça n’a jamais existé...

    Outre que j’aimerais bien lire une enquête approfondie et indépendante pour savoir où nous en sommes aujourd’hui – et non me contenter d’affirmations syndicales selon lesquelles « ça n’existe pas », il est tout à fait utile d’avoir une loi assurant que cette funeste pratique – qui n’existe pas et n’a jamais existé, hein... – ne puisse pas être, un jour, comme ça, réintroduite en douce et contre la volonté du peuple.

    Pour en revenir à la méthode globale, la chanson syndicale ultra-rebattue suivant laquelle « ça n’existe pas » repose sur une escroquerie intellectuelle grosse comme une maison.

    La quasi totalité des « méthodes globales » utilisées sont des méthodes dites « semi-globales » ou « à départ global », qui utilisent un mélange de global et d’alphabétique.

    C’est ce qui permet aux gros malins de la secte syndicalo-pédagogiste de nous dire en écarquillant les yeux : la méthode globale ? Nooooon... vous avez vu ça où, la méthode globale ?

    Manque de bol, ces méthodes « semi-globales » ou « à départ global » sont tout aussi nocives que la méthode globale pure, comme le démontrent les chiffres, difficiles à cacher même pour un leader syndical : les parents, lassés de voir leurs enfants ne pas apprendre à lire en un an alors qu’eux-mêmes avaient appris à lire en quelques mois, ont déterré un vieux bouquin d’apprentissage de la lecture du début du siècle dernier – utilisant la méthode alphabétique pure, bien entendu – et ont résolu le problème en trois coups les gros à la maison, après l’école ; résultat, le bouquin en question a été réédité et retiré à tour de bras, et c’est un énorme best-seller. Evidemment, ce bouquin est à l’index dans l’Education nationale.

    Il en faudrait plus aux commissaires politiques de la bureaucratie de l’Educ’nat’ pour se laisser ébranler, comme en témoigne la seconde partie du texte de Nestor Romero, qui s’emploie à noyer le poisson sans fin.

    Il serait pourtant simple de comparer des faits, des chiffres, des études. Je veux dire : pour quelqu’un qui veut analyser la question de bonne foi. Depuis le temps qu’on débat de la méthode globale contre la méthode alphabétique – et ce aussi bien dans les pays de langue anglaise que de langue française –, il ne manque pas de matériaux d’étude objectifs.

    Hé bien non. Les sectataires pédagogols, comme les appellent les professeurs qui ont gardé les pieds sur terre et qui sont fous de rage devant ces élucubrations criminelles, préfèrent faire d’interminables phrases qui ont l’apparence de la profondeur mais qui ne veulent strictement rien dire, comme celle-ci :

    « Ce n’est donc pas la ’méthode de lecture’ qui est globale mais l’appréhension du monde, laquelle implique alors la démarche ’connaissante’, c’est-à-dire l’analyse méthodique, structurée, sensée de ce monde. »

    Quant à déterrer Célestin Freinet pour vilipender les opposants de la méthode globale, il y a un certain culot. Il suffit de lire les écrits de Freinet pour constater que la secte des pédagogistes, celle qui a fait tant de mal à l’Education nationale et continue à en faire, celle qui, alternativement, défend la méthode globale et prétend qu’elle n’existe pas, s’inspire largement de ses idées.

    Freinet fait partie du problème ; il est pour le moins singulier d’en faire l’arbitre impartial de la solution.

    Heureusement, Nestor Romero est « ancien enseignant ». Hélas, les fariboles qu’il présente ici sont enseignées dans tous les Instituts de formation des maîtres et font partie de la doctrine des hiérarques qui tiennent l’Education nationale par les couilles, et fabriquent à tour de bras des générations d’ignorants.

    • pom7848
      pom7848 répond à Robert Marchenoir
      Emmigré
      • Posté à 15h10 le 08/08/2007
      • Internaute 13588
        Emmigré

      Il est dommage que les contributions de Robert fassent à chaque fois l’objet d’une réactions si forte en terme de vote.

      Certes, il est agaçant, son ton est un peu amer et ses opinions contrastent souvent avec celles de la majorité des contributeurs. Mais c’est justement la raison pour laquelle il est important sur ce site. Lorsqu’on note un commentaire ou un article, ce n’est pas une opinion que l’on juge mais la qualité du propos et ce qu’il apporte à la discution. Et on ne peut pas reprocher à son propos de manquer d’arguments ou d’être de piètre qualité.

      La réaction « opinion différente = caca = vote défavorable » aboutit à une sorte de mini-censure. Or ce que Rue89 apporte d’intéressant et de nouveau est notamment la possibilité de confronter les points de vue différents. Alors de grâce ne tuez pas le débat par des votes de censure politique.

      • Ehim
        Ehim répond à pom7848
        http://ehim.over-blog.com
        • Posté à 09h18 le 09/08/2007
        • Internaute 9598
          http://ehim.over-blog.com

        Si son commentaire était moins orienté et moins excessif, il aurait peut-être plus d’intérêt. Mélanger méthode globale et paiement des journées de grève, c’est n’importe quoi.
        On sent tellement transpirer la haine du « fonctionnaire privilégié nanti qui-profite-d’avantages-acquis » que ça discrédite le propos.

         
        • pom7848
          pom7848 répond à Ehim
          Emmigré
          • Posté à 17h06 le 09/08/2007
          • Internaute 13588
            Emmigré

          Mais le lecteur sage et sagace sait dénicher les pépites au milieu des matériaux moins nobles qui l’intéresse peu ; -)

          Mettons l’excès et la verve du propos sur le compte des convictions et tant pis si elles ne sont pas partagées. Ce n’est pas un nazi, on est entre démocrates et il n’y a pas de loi contre la description caricaturale des fonctionnaires. La démocratie, c’est un écosystème : il nous faut une grande bio-diversité pour que le débat d’idée puisse vivre en bonne santé !

        1 autres commentaires
      • lucky_luke
        lucky_luke répond à pom7848
        informaticien
        • Posté à 16h21 le 11/08/2007
        • Internaute 14212
          informaticien

        D’accord avec vous et d’ailleurs j’ouvrirai plus souvent les commentaires fermés.

        Je n’aime pas la censure.

    • lucky_luke
      lucky_luke répond à Robert Marchenoir
      informaticien
      • Posté à 16h15 le 11/08/2007
      • Internaute 14212
        informaticien

      Merci Robert pour votre réaction.

      J’habite en Belgique où, hélas, on fait aussi des expériences avec cette méthode globale.

      J’ai cru tomber par terre quand j’ai lu cet ancien enseignant dire que cette méthode n’existe pas.

      Ce que j’ai pu constater dans ma famille c’est que mes neveux ou nièces qui ont eu droit à cette invention « géniale » ont tous eu un retard à rattraper.

      Merci

      Luc M. de Belgique

  • Anonyme

    J’aimerais que ce monsieur, ancien enseignant, ouvre les yeux et commence un peu à REGARDER, ce que de toute évidence il n’a pas fait pendant toutes ces années. REGARDONS l’aptitude à lire et à écrire des enfants et des adolescents : ils ne peuvent pas lire à haute voix sans trébucher tous les 4 ou 5 mots et surtout sans COMPRENDRE ce qu’ils lisent. Ils ne peuvent écrire un texte de 5 ou 10 lignes sans faire un nombre invraisemblable de fautes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire. Ce sont là les FAITS et toutes les belles paroles de monsieur Romero n’y pourront hélas rien.

    • Anonyme

      Rien à dire, voyons les faits plutôt que les brumes engendrées par l’incompréhension...

  • Anonyme

    Savoir lire c’est connaître son alphabet.
    Mes enfants ont appris à lire auprès d’un vieil instituteur qui leur apprenait le BA = BA.
    Leurs petits cousins ont appris selon la méthode dite « globale »
    Résultat : mes enfants lisent l’anglais (évidemment ils prononcent BO AT pour boat ou DI Pi pour dippy par exemple) pendant que leurs petits cousins regardent bêtement ces mots qu’ils n’ont jamais vus !

    • Anonyme

      C’est MAGNIFIQUE ! ! !

    • haggis
      • Posté à 13h35 le 09/08/2007
      • Internaute 1777

      si vos enfants lisent l’anglais comme un texte francais, c’est qu’ils ne savent pas lire l’anglais : c’est tout. ils n’ont rien de plus que leurs petits cousins, à part une possibilité de lire n’importe comment un texte qu’ils ne comprennent pas. Savoir lire c’est tellement plus que savoir son alphabet ! si vous appreniez l’alphabet arabe, ou tibetain ca ne vous permettrait pas de lire ces deux langues.

      • séccotine95
        séccotine95 répond à haggis
        • Posté à 08h38 le 13/08/2007
        • Internaute 13785

        merci, j’allais l’écrire.
        Bon je me suis déjà exprimée sur ce sujet dans des forums. Je n’ai plus envie de le faire et je vais de ce pas demander à mon banquier, boulanger, coiffeur et Mr le Maire un compte rendu détaillé de ce qu’il fait, comment, pourquoi,...
        Vous croyez que les enseignants changent leurs pratiques dès la parution d’un décret d’une loi, d’une annonce tapageuse du ministre en place. Non les changements de pratiques se font par notre expérience, les échanges entre collègues, les formations continues que l’on tend à nous restreindre par manque de personnel de remplacement. Cela s’appelle l’analyse de pratique.
        Au lieu de débattre stérilement sur ce sujet que l’on vous a mis en pâture pour ne pas voir l’essentiel, allez sur les sites d’enseignants et vous verrez ce que l’on y fait en ce beau mois d’août.

    • RoadRunner
      • Posté à 22h16 le 09/08/2007
      • Internaute 10478

      ça ne s’appelle pas lire, mais déchiffrer.
      Lire, c’est mettre du sens.

  • mama
    • Posté à 12h54 le 08/08/2007
    • Internaute 13084

    Je suis effarée et désepérée en même temps des commentaires après les articles de Nestor Romero ! Je ne comprends pas pourquoi tant de gens font des bonds lorsqu’on suggère qu’il serait possible d’envisager (je prends autant de pincettes car on en est si loin...) une école ou une manière d’enseigner qui soit moins dans la contrainte, dans la compétition, la pression que celle qui existe actuellement. Qu’y a-t-il de tellement odieux dans cette idée pour que ça fasse réagir aussi violemment les gens ? A croire qu’il faut impérativement souffrir pour bien apprendre, que le mot « pédagogie » est une injure... Qu’y a-t-il de si insupportable dans l’idée que l’apprentissage puisse se faire « globalement », plus sereinement ? ? Quand on a un (ou des) enfant(s), on voit pourtant de manière évidente et quotidienne la manière dont ils apprennent n’importe quoi qui les intéresse sans effort et sans obligation... pourquoi devrait-il en être différemment à l’école ? ?
    Mama

    • pom7848
      pom7848 répond à mama
      Emmigré
      • Posté à 14h59 le 08/08/2007
      • Internaute 13588
        Emmigré

      Le problème n’est pas que l’on conçoive difficilement que l’apprentissage puisse se faire autrement. Le problème ce sont certaines théories complètement abstraites. Il serait temps qu’on arrête un peu de théoriser et qu’on redescende sur Terre. Le mot pédagogie devient en effet une injure lorsque de sens pratique de l’enseignement, il devient un fatras de concepts plus ou moins farfelus.
      Alors ce serait peut-être bien de recourir à un certain « principe de précaution » avant de décreter que c’est ainsi qu’il faut enseigner.

      On nous apprend des tonnes de théories sur comment il faudrait enseigner. Pas mal d’entre elles se contredisent et pour être honnête, au bout d’un moment chacun finit par faire son mélange avec plus ou moins de bonheur. Qu’on introduise de nouvelles pratiques, qu’on les expérimente, pourquoi pas. Mais qu’on cesse de pontifier sur comment « l’apprenant » acquiert ci ou ça car ça devient vraiment de la foutaise. En lisant Nestor Roméro on croit entendre l’un des profs du Péril Jeune... Celui qui fait faire de la relaxation avant les interros et qui parle « du jeune » à tout bout de champ.

      Ce n’est pas une question de gauche ou de droite. On parle bien de l’école publique, l’école de tous. Or le niveau n’est pas très folichon en ce moment. Pas que chez nous d’ailleurs, vous devriez voir les lycées aux Etats-Unis... Alors plutôt que de chercher de nouvelles fumisteries à enseigner dans les IUFM, on serait bien inspiré de regarder ce qui marche ou qui a marché ailleurs, voire même dans le passé. Pas mal de modèles s’offrent à nous, du système finlandais très pragmatique au système soviétique qui a fait ses preuves pour fournir une éducation de qualité aux masses. Comme quoi noir ou blanc, le bon chat est celui qui attrape la souris, non ? ; -)

  • daniel machet
    daniel machet
    j'observe, j'apprends, j'essaie (...)
    • Posté à 21h32 le 08/08/2007
    • Expert 11649
      j'observe, j'apprends, j'essaie (...)

    Est-ce qu’il existe une personne ici pour comprendre que nos enfants sont différents, et n’accédent pas tous aux savoirs et savoir-faire de la même manière ? pour comprendre que les professeurs sont eux aussi différents, et n’ont pas les mêmes affinités avec toutes les méthodes d’apprentissage ? Il n’existe pas 2 méthodes (un peu plus en fait), mais un grand nombre de déclinaisons selon les enseignants, et les élèves que ceux-ci ont en charge. Ces gens qui disent : « mon enfant n’a pas appris à lire comme ça, mais comme ça, donc il faut que tout le monde fasse pareil » me font un peu rire, et me font penser que beaucoup de gens sont bien incapables de voir plus loin que le bout de leur nez et de prendre en compte l’existence et d’autrui et son caractère singulier.
    Et pour finir, il ne faut pas oublier que l’apprentissage de la lecture ne se limite pas à savoir ânonner des phrases en français, la fin de cet apprentissage est de comprendre le sens explicite, mais aussi implicite des mots, phrases, et textes, en sentir les tenants et aboutissants, en percevoir la valeur et les limites. Et à la lecture de certains commentaires sur cet article, c’est pas gagné pour tout le monde...

  • Hervé de Strasbourg
    • Posté à 07h16 le 09/08/2007
    • Internaute 8645

    Dire que la méthode globale et ses dérivées n’existent pas ou ne ne sont pas utilisées c’est soit un mensonge pur et simple (très idéologique) soit une méconnaissance de ce qui se fait en classe.
    je connais personnellement des cas d’utilisation de la méthode globale/mixte en CP pendant au moins les trois premiers mois de l’année.

    ce genre d’argument revient régulièrement pour discréditer les « anti-globale » : ils ne savent pas de quoi ils parlent ! ! ! Quel déni ! Si cela est vrai pour des intellectuels qui n’enseignent pas, qu’en est-il des instituteurs qui font le même constat ?

  • RoadRunner
    • Posté à 16h37 le 09/08/2007
    • Internaute 10478

    Partout, dans toutes les classes, on utilise une méthode mixte, dite aussi « semi-globale », depuis plus de 20 ans.
    Et, n’en déplaise aux fâcheux, c’est ce qui donne le meilleur résultat, les enfants choisissant ce qui leur convient dans chaque système. Tel enfant démarre de manière fulgurante en global, puis a du mal en syllabique et continue longtemps à s’appuyer sur ses connaissances globales, tel autre au contraire ne commence à lire qu’en syllabique.
    En général, le syllabique commence au plus tard à la Toussaint dans un CP. Mais on l’aborde déjà en maternelle.

    La « méthode naturelle », défendue par Freinet, qui semble ici confondue avec la méthode globale, consiste à utiliser des textes libres, fournis parfois par les enfants, parfois par l’actualité, parfois par l’enseignant, comme supports d’apprentissage. Ces textes sont plus motivants, parce qu’ils viennent de la vie et non d’un livre, mais ils sont souvent aussi plus pauvres, avantages et inconvénients se valant, à mon avis. On peut travailler tout autant en « globale » qu’en « syllabique » à partir d’un texte obtenu en méthode naturelle.
    La « meilleure » méthode que j’aie vue était « Boule et Bill », éditée chez Magnard. Elle partait de vrais textes : les B.D. de Boule et Bill puis utilisait des textes réécrits pour un apprentissage raisonné. Elle avait un avantage incommensurable : les enfants, tout autant que les parents, avaient le sourire jusqu’en juin...

    Les dernières I.O (Instructions Officielles) interdisaient les leçons strictement techniques de grammaire, conjugaison, orthographe (de calcul, aussi...). Cela devait se faire uniquement « au fil des textes ». De nombreux enseignants se sont élevés contre cela. Mais ce sont les I.O.. On a bien du les appliquer.
    Lien
    Elles viennent de changer :
    Lien
    Et si les parents lisaient les I.O. au lieu d’errer entre les mythes ? Celui du « bon-instit », du « fonctionnaire-corporatiste », du « syndicaliste-gauchiste » et j’en passe...
    Cela ne semble pas souhaité par le Monsieur le Ministre puisque la page grand-public (Lien) annonçant ces nouvelles Instructions Officielles ne donne pas le lien vers elles... Soyons honnêtes, les 159 pages demandent des compétences de lecture qui vont au-delà du B.A.BA dont le retour est prôné par certains dans une mouvance réactionnaire qui s’étend.

    « On n’enseigne pas ce que l’on veut ; je dirais même que l’on n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on n’enseigne et on ne peut enseigner que ce que l’on est. »
    > Jean Jaurès
    (L’Esprit du socialisme, Idéalisme et Matérialisme dans la conception de l’histoire - Pour la laïque - P.U.F.)

    L’enseignenment est réduit depuis des années à une conception mécaniciste. Mais la pédagogie est un rapport de personne, plus qu’une question de méthode.

  • pikasso02
    • Posté à 21h55 le 09/08/2007
    • Internaute 10134

    Je ne sais plus qui a dit que les seuls à savoir lire étaient les traducteurs. Peu importe ! Mais je crois qu’il n’avait pas tort. Quand tous les enfants de douze ans pourront expliquer ce qu’il viennent de lire, nous aurons gagné. Se fixer ce but est je crois indispensable !

  • Anonyme

    Comme il est pesant de toujours devoir répondre aux mêmes fariboles ! Monsieur Romero et ses prédécesseurs étaient déjà ridicules en 1755, au moment où Voltaire annulait toute la pédagogie rousseauiste d’une simple constatation : « on n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes. »

    En effet, depuis deux siècles et demi, on entend des spécialistes de l’enseignement lutter contre l’enseignement ; des professeurs pester contre les professeurs ; des maîtres d’école conchier l’école ; des diplômés maudire les diplômes ; des universitaires, comme Barthes ou Bourdieu, se moquer des savoirs universitaires...

    Notez que ces masochistes quasi pathologiques, qui s’auto-flagellent de façon quotidienne, ne vont pas jusqu’à démissionner. Non, hein. Il y a quand même des limites à la haine de soi. Cette dernière s’arrête là où commence la sécurité de l’emploi.

    Monsieur Romero appartient donc à cette longue tradition des enseignants qui haïssent l’école et la transmission du savoir. Ils étaient minoritaire jusqu’à une époque récente, avant que les socialistes ne leur donnent le pouvoir. Soit.

    Cela dit, faudra-t-il répéter, une fois encore, que la lecture et l’écriture n’ont rien de naturel ? Allons-y, puisqu’il le faut : la lecture et l’écriture n’ont rien de naturel. Ce sont des inventions humaines, au même titre que n’importe quelle autre invention humaine.

    Si le langage était « naturel », nous parlerions tous la même langue, la langue parfaite des anges, que nous tirerions directement de notre contact magico-fusionnel avec dame nature. Or, pourquoi un Français dit-il « vache », un Anglais « cow », un Espagnol « vaca », un Italien « mucca » ? Justement parce que les langues n’ont pas de lien direct avec la nature. Sinon, nous aurions tous le même mot pour désigner la même réalité naturelle. Les langues sont, de façon parfaitement évidente, des inventions humaines et non naturelles.

    Cela, l’humanité l’a compris de façon sûre depuis le « Cratyle » de Platon, et de façon probable depuis l’invention des premières écritures alphabétiques. A défaut, les travaux de Saussure – qu’on apprenait en première année de lettres à l’époque où les licences n’étaient pas de la camelote – démontrent le caractère arbitraire du langage.

    Le langage est donc une technique humaine semblable à n’importe quelle autre technique humaine. Et une technique ne s’infuse pas dans l’esprit de l’enfant par je ne sais quelle forme d’inspiration shamanique ; une technique se transmet et s’apprend, de façon explicite et cohérente.

    Ensuite, il faudrait également évoquer la théorie du sens préétabli, que postule Monsieur Romero dans son paragraphe « la lecture-écriture comme outil ». Ce qu’il dit n’a l’air de rien, une idiotie perdue parmi les autres, et pourtant elle est fondamentale. Car cette théorie du sens pré-existant a présidé à la mise en place des méthodes actuelles d’enseignement. Que dit cette théorie, répétée par Monsieur Romero ? Lisez-le attentivement.

    Elle suppose, tout simplement, que le sens précède la compréhension.

    Autrement dit, que l’écolier comprend un texte écrit AVANT d’avoir appris à lire. Ou encore, que l’élève de terminale sait résoudre des équations AVANT d’avoir appris à le faire. Ou bien que le bachelier littéraire connaît la littérature AVANT d’avoir lu des livres.

    En somme, la théorie du sens pré-existant est un délire qui ferait passer Raël ou le Mandarom pour des modèles de tenue intellectuelle. Il s’agit là d’une idéologie d’une stupidité extravagante et d’une nocivité incalculable. La loi de 89 a érigé cette imbécillité en doctrine d’Etat.

    Hélas, il faudrait des pages entières pour démontrer la bêtise inouïe de tels propos. S’il est facile de dire n’importe quoi, il est en revanche extrêmement difficile de prouver que votre interlocuteur dit n’importe quoi. Comme on dit, plus c’est gros et mieux ça passe.

    Je ne peux donc que renvoyer à quelques textes illutrant ce que j’essaie de dire :

    Lien

    Lien

    Lien

    Le dernier texte est une analyse sérieuse et fouillée des sujets de physique au bac S, notre pseudo filière d’élite. Il démontre par A+B que l’obtention du bac ne demande aucune compétence particulière puisque, pour la majorité des épreuves, les réponses sont écrites dans la question.

    Bien entendu : il n’est pas nécessaire de vérifier les compétences des bacheliers, puisqu’ils SAVENT, magiquement, « naturellement », par visitation de Dame Nature, par osmose shamanique avec les Grandes Puissances Telluriques qui se diffusent dans leurs esprits purs, innocents et emplis de paix cosmique.

    Pour finir, il est proprement hilarant de voir que des gens de gauche, à priori anti-cléricaux, reprennent à leur compte cet illuminisme ridicule. Doublement hilarant quand on sait que le premier à leur prouver qu’ils pédalent dans la semoule est un croyant, un vrai de vrai, Laurent Lafforgue, qui lui au moins ne mélange pas la foi et ce misérable bastringue mystico-théologique qui a envahi l’éducation nationale.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero
      Auteur(e) de l'article Ancien enseignant
      • Posté à 09h37 le 12/08/2007
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Quel dommage tout de même. Quel dommage de ne pouvoir débattre de toutes les questions passionnantes soulevées dans ce texte. Mais les invectives sont là qui interdisent le débat, par essence même.Merci, cependant, à ce « courageux anonyme » (14h45) de me jeter, là, à l’ombre de Barthes et de Bourdieu. Merci.Voilà, j’aurais bien aimé débattre (c’est-à-dire, non pas « tuer » l’autre, mais tenter de progresser ensemble) de « globalité », de « naturel », de « sens », de « transmission », mais les invectives sont là, dans ce texte comme dans bien d’autres. Dommage...

      • Anonyme répond à Nestor Romero

        Le site ne permet pas de signer directement ses propos. Mon prénom est Pierre-Henri, je suis docteur en littérature et membre de l’association Reconstruire l’Ecole dirigée par Pedro Cordoba. Vous n’aurez aucun mal à trouver mes coordonnées complètes.

        Et non, il n’y a pas de « débat ». Il est impossible de « débattre » avec un pédagogiste radical, de la même façon qu’il est impossible de « débattre » avec un astrologue, un scientologue, un radiesthésiste, un numérologue ou un tarologue. Le « débat » n’est possible qu’avec des gens qui partagent suffisamment de sens commun pour empêcher que le dialogue ne tourne en rond.

        Alors, les invectives sont là, effectivement. Les miennes et celles de tous les autres chercheurs qui luttent depuis des années contre la folie auto-destructrice qui a saisi l’éducation nationale. Est-il possible de faire autrement, lorsque nous sommes mis face à un obscurantisme aussi délirant dans ses supposés idéologiques, et aussi nocif dans ses résultats effectifs ? Qu’attendiez vous ? Des félicitations pour avoir détruit l’éducation nationale ?

        Bien entendu, la manoeuvre pédagogiste est connue :

        A) j’écris systématiquement n’importe quoi.
        B) Au nom du relativisme, je réclame (et j’obtiens) d’importants budgets de recherche et de nombreux postes protégés de chercheurs, aux frais du contribuable
        C) si quelqu’un évente la supercherie, démontre de façon évidente la stupidité de mes propos, je gémis, je geins, j’invoque la grande méchanceté universelle qui interdit la liberté d’expression.

        Ô merveilleux Tartuffes, ô éternels Diafoirus !

        Bien sûr, on ne lit plus Molière dans les classes, donc vous êtes tranquilles.

        A part çà, je remarque que c’est bien vous, et vous seul, qui ne répondez pas à mes objections :

        1) Où avez-vous pris que le langage était quelque chose de « naturel » ? D’où sort cette étonnante découverte scientifique, qui place cul-par-dessus-tête plusieurs décennies de recherches anthropologiques et 5 millénaires de savoirs empiriques ? Si vous me prouvez ça, j’irai témoigner en votre nom devant le jury Nobel.

        2) Par quelle sorte de contorsion intellectuelle en venez-vous à dire que le sens précède la compréhension ? Sait-on lire avant d’avoir appris à lire ? Si oui, quel est le canal magique par lequel le « sens » s’infuse dans l’esprit de l’élève ? Par observation du monde, par osmose avec la nature ? (sachant que, comme dit, il faut d’abord prouver que l’écriture est « naturelle »).

        3) Quelle est la valeur d’examens où la réponse est inscrite dans la question ?

        Ajoutons-en quelques autres :

        4) Pouvez-vous me fournir la liste des scientifiques, écrivains, intellectuels, médecins, chercheurs... qui sont passés par les écoles Freinet ? Parce que la liste des grands esprits formés par cette école traditionnelle que vous haïssez, elle, est interminable.

        5) Comment expliquez-vous que l’illettrisme, en diminution constante depuis le 19ème siècle, s’est remis à grimper en flèche à partir du moment où l’on a appliqué vos principes d’enseignement à grande échelle ?

        6) Comment expliquez-vous l’état d’impréparation intellectuelle, le manque effrayant de culture et de maîtrise du langage dont souffrent les bacheliers depuis (là encore) que l’éducation nationale applique vos principes ?

        7) Comment expliquez-vous que la représentation des classes populaires dans les meilleures filières soit en diminution régulière depuis (idem) que l’éducation nationale applique vos principes ?

        8) Comment expliquez-vous l’énorme progression des écoles privées et des boîtes de soutien payantes, sinon par le désarroi des parents qui s’aperçoivent que leurs enfants n’apprennent plus rien à l’école publique ? Si votre école est si parfaite, pourquoi les Français cherchent-ils s’en dépêtrer par tous les moyens possibles ?

        9) Comment expliquez-vous la crise des vocations dans l’enseignement secondaire, qui n’arrive quasiment plus à recruter qui que ce soit ? Votre école est tellement magnifique, belle, parfaite, humaine et conviviale que les jeunes diplômés devraient se presser d’y enseigner... or, ils la fuient. Comment expliquez-vous cela ? (Pour donner un ordre de grandeur, la barre d’admission au CAPES 2003 de Lettres Modernes était de 7.6 . Cela signifie que l’Education Nationale en est réduite à recruter comme professeurs des jeunes qui ne maîtrisent pas la discipline. La situation est encore pire dans les sciences exactes).

        10) Comment expliquez-vous les résultats déshonorants des élèves français aux concours internationaux ? Aux olympiades de maths, l’équipe de France était 27ème en 2006 ; 32ème en 2005 ; 38ème en 2004 ... très loin derrière des nations comme les Etats-Unis ou la Chine. Je rappelle que les maths sont traditionnellement l’un de nos points forts. Comment expliquez-vous que notre école magnifique, parfaite et si « naturelle » ait des résultats aussi piteux ?

        Partout où je regarde, je ne vois que des preuves de l’échec pédagogiste. Alors oui, il faut vous mettre face à la réalité. Il faut dénoncer sans relâche, encore et encore, l’inanité de votre pensée.

        Vous y verrez sans aucun doute une attaque politique de la méchante droite contre la gentille gauche. Je ne perdrai pas de temps à vous prouver que ma démarche n’a rien de politique. Mes objections sont purement intellectuelles. Il y a un moment où la farce doit cesser, surtout lorsqu’elle prend en otage des millions d’élèves au nom de théories aussi grotesques. C’est un fait que la grande majorité des universitaires, de tous bords, vous confirmera : la situation de notre enseignement est catastrophique au point de mettre en danger l’avenir de la France. Il est grand temps d’y faire quelque chose.

         
        • Nestor Romero
          Nestor Romero
          Auteur(e) de l'article Ancien enseignant
          • Posté à 23h53 le 12/08/2007
          • Expert 5556
            Ancien enseignant

          Bon.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    « 10) Comment expliquez-vous les résultats déshonorants des élèves français aux concours internationaux ? »

    Concernant les maths, il faut tout de même remarquer que nos élèves ont tout de même une excuse vis à vis des enquêtes PISA, celles-ci testent des contenus et des méthodes non ou peu enseignés en France, et n’en testent pas d’autres qui feraient baisser les moyennes des autres pays.

    Ceci dit, l’enseignement des maths est bien sinistré en France par rapport à ce qu’il pourrait être, à ce qu’il était. Mais entre les maths modernes, l’élevaucentre,la diminution du nombre d’heures de cours, la méthodeglobalequinexistepasmaisquilfautpasinterdireparcequandmemecestlameillere methode,la pédagogie de projet, les IDD, TPE, QCM et autres c’est déjà pas mal qu’on soit pas derniers...

  • Anonyme

    Afin de donner une idée du gouffre dans lequel est tombé l’enseignement des mathématiques, le mieux reste de citer l’un des penseurs qui ont le plus influencé l’éducation nationale des 20 dernières années, à savoir Philippe Meirieu. J’extrais ces quelques lignes du texte intitulé « Lettre à mes élèves que certains disent illettrés », dont l’intégralité est accessible sur la toile.

    –––––––––––-
    « [...] Car, je suis convaincu qu’il y a bien une manière de faire des mathématiques qui permet d’apprendre à faire la paix, comme il y a une manière de faire des mathématiques qui est une véritable préparation à la guerre. Si je fais cours de maths en vous laissant croire, en permanence, que c’est moi qui ai raison, ou le premier de la classe, ou celui qui crie le plus fort ; si je fais cours de maths en vous répondant à chacune de vos questions que les choses sont ainsi, ne se discutent pas et que c’est vraiment faire du mauvais esprit que de les mettre en doute ; si je fais un cours de maths en organisant les choses pour que l’on ne puisse réussir qu’en écrasant les plus faibles, alors, à coup sûr, je prépare la guerre. En revanche, je crois qu’il est possible de faire un cours de maths où l’on apprenne doucement que ce n’est pas celui qui crie le plus fort, ni même celui qui a le plus de diplômes qui a raison, mais bien celui qui démontre le mieux en respectant le cheminement de chacun... Alors là, je crois, qu’avec vous, modestement, on prépare la paix. »

    –––––––––-
    Comme Monsieur Romero m’a reproché d’être méchant, je m’efforcerai de conserver mon calme au moment de commenter cette prose.

    Vous croyiez, parents, que l’objectif du cours de mathématiques était bêtement d’enseigner les mathématiques à vos enfants. Comme vous étiez dans l’erreur ! L’objectif véritable du cours de mathématiques est d’instaurer la Paix sur Terre.

    Car il y a bien deux façons de faire les maths :

    1) la méthode hitléro-fasciste, qui considère que deux et deux font quatre.

    2) la méthode à laquelle vos enfants ont droit, qui considère que deux et deux font ce que les élèves veulent bien que cela fasse.

    Deux et deux font 5 ? Tu as le droit, mon petit. C’est ton choix, comme on dit à la télé. Tu t’es prononcé en toute liberté, loin des entraves si coercitives de ton prof aveuglé par ses certitudes bourgeoises, qui ne sait manifestement pas de quoi il parle.

    A bas la tyrannie fasciste de l’algèbre ! A bas l’oppression militariste de la géométrie ! A bas les hordes brunes de la trigonométrie, qui rappellent forcément les heures les plus sombres de notre histoire ! Les Hitler du deux-et-deux-font-quatre ne pollueront plus l’esprit de vos enfants !

    Et on s’étonne que le niveau des élèves français soit en chute libre. Et on se désole que celui des professeurs soit à l’avenant. Et on joue chaque année la comédie de la surprise, lorsque les classements internationaux démontrent le déclin de la France dans toutes les disciplines de la connaissance. Et on s’offusque lorsque les mathématiciens, les vrais, les Demailly, les Lafforgue, les Connes, les Serre... tirent comme des fous le signal d’alarme.

    Qu’importe, sans doute, puisque le rôle du professeur de mathématiques n’est plus d’enseigner les mathématiques, mais d’organiser ces débats où chacun donne son avis, et où celui de l’enseignant ne compte pas davantage que celui de l’élève. Le modèle du néo-professeur ? Jean-luc Delarue, ou Evelyne Thomas.

    A cela, à titre plus personnel, j’ajouterai cette stupéfaction qui me saisit toujours à la lecture de Philippe Meirieu. Cette impression subite d’entrer dans la quatrième dimension, ou de heurter de plein fouet un mur d’absurdité tellement compact qu’on ne sait par quel bout le démolir.

    Cela ne serait pas si grave si l’auteur était un anonyme comme on en trouve tant sur la toile. Ce n’est pas le cas. Philippe Meirieu est professeur des universités, ancien directeur de l’IUFM de Lyon et d’un institut public de recherche (l’INRP). Il a eu un rôle moteur dans diverses commissions de spécialistes, notamment celle qui a créé les IUFM ou celle qui a réformé les lycées à la fin des années 90. Il a également dirigé les « Cahiers pédagogiques », produit toujours des films documentaires sur la pédagogie, et reste directeur de collection chez un éditeur spécialisé. Sa liste personnelle de publications dépasse les 275 références.

    En bref, Philippe Meirieu est l’un des « mandarins » les plus puissants de l’université française. Je laisse à chacun le soin de comparer la qualité de sa réflexion aux responsabilités qui lui ont été confiées.

    (Pierre-Henri)

  • cebolette
    • Posté à 03h51 le 25/08/2007
    • Internaute 15235

    Je suis d’accord sur le fait que l’Education Nationale ne « tire “pas les élèves vers le haut et a choisi le nivellement par le bas Souvent avec de bonnes intentions : ne pas traumatiser les chérubins ! Mais je ne veux pas que la pierre ne soit jetée qu’à l’Education Nationale. L’environement culturel a lui ausi effectué un nivellement par le bas. Depuis 33 ans que j’accompagne des enfants et adolescents vers la découverte de leurs capacités scolaires, je constate que dans tous les milieux sociaux la Parole, la Discussion, l’Echange, le Dialogue se sont amoindris de façon assez dramatique. La lecture de contes chez les 10/11 ans demande à chaque fois une explication de vocabulaire, et je ne parle même pas pour ceux qui sont en 5° de l’impossibilité de lire Poils de carotte sans le dictionnaire. Ce qui me révolte le plus c’est d’entendre des enseignents ou des parents crier au géni quand un gamin de 12 ans lis (et se régale de sucroit)Moliere,Maupassant,Hugo ... Non ce môme n’est pas un géni, mais il a eu la chance de ne pas être pris pour un crétin ! Les autres héla on leur a fait croire qu’avant eux il n’y avait pas eu de scientifiques, d’écrivains,que le périmètre du triangle c’est comme ils veulent, bref que le passé ne les concernait pas : c’est eux qui réinventent le monde ! Remarquez, pour ingurgiter sans broncher les couleuvres médiatico-politiques un peuple se suffit d’un minimum !

  • Anonyme

    La méthode globale (ou naturelle) n’a jamais vraiment existé sur le terrain.
    Seuls quelques cadres forcenés ont tenté de l’imposer à une corporation chez qui, à l’époque existait un salutaire bon sens et une tendance à la résistance par rapport à toutes les élucubrations venues d’en haut -en fait, de chercheurs qui n’ont jamais eu le responsabilité à long terme d’une classe ou de praticiens qui, après avoir mesuré la masse horaire et l’intensité de l’investissement nécessaire au quotidien, ont vite pris la direction d’un bureau de conseiller pour se mettre à l’abri...
    -L’exemple cocasse qui me vient toujours à l’esprit : ma belle mère qui pratiquait la méthode syllabique devait cacher dans son logement de fonction tous ses affichages de tableaux de syllabes lorsqu’elle était inspectée pour faire semblant de faire la méthode naturelle... et elle les réinstallait le lendemain dans sa classe ! ! !
    -Autre cocasserie : sur 3 conseillères de ma circonscription pédagogique, 2 ont été, lorsqu’elles enseignaient, parmi les rares modèles de praticiennes de la méthode ...globale. C’est chez elles que les inspecteurs envoyaient les petits nouveaux ou les indécis ! Imaginez leur embarras par rapport au discours pédagogique actuel ! ! !
    L’enseignement est un sacerdoce.
    L’enseignement est une priorité et une urgence nationale.
    Il faut donc recruter des pédagogues à la hauteur : qu’ils soient psychologues, qu’ils aient une connaissance quasi encyclopédique, qu’ils aient du charisme...
    Ces gens existent sûrement, mais ils ne se présentent pas à l’entrée dans une carrière de misère. Il faut les recruter. Comment ?
    En les payant à la hauteur de ce que nécessite une cause nationale. Ainsi se présenteront au concours (qu’il faut complètement réformer) des gens motivés et non pas des étudiants qui foirent leurs études et se rabattent uniquement par défaut sur le concours IUFM ; et surtout il faut arrêter de prendre des gens sur liste d’attente, procédé scandaleux et irrespectueux.
    Et que penser des futures prolongations de carrières suite aux réformes des retraites qui vont faire se côtoyer des instits ayant dépassé les 60-65 ans et des enfants de 6 ans ! ! ! !

Verbes thématiques