
Le cardinal Jean-Marie Lustiger vient de nous quitter. Sa lutte contre une terrible maladie fut longue et éprouvante. Blessé par la vie, par l'insupportable monstruosité de la Shoah qui lui fit perdre sa mère à Auschwitz.
Aaron Lustiger fut baptisé à 14 ans en 1940 par Mgr Courcoux, et devint évêque oratorien d'Orléans, prêtre du diocèse de Paris en 1954, aumônier des étudiants de la Sorbonne, rebelle aux audaces de l'après-Concile et de Mai 68, curé de la paroisse parisienne de Sainte-Jeanne-du-Chantal, évêque d'Orléans, archevêque de Paris en 1981, cardinal et ami proche de Jean Paul II. Il a connu un parcours atypique, que certains jugeront brillant, mais que pour notre part nous avons toujours analysé de manière critique.
Le chemin de conversion de Jean-Marie Lustiger, son baptême à Orléans, sa vocation de prêtre, son attachement au peuple élu auquel il appartient en sa chair même semblent hors de toute discussion. Nous nous intéressons plutôt ici au parcours ecclésial du jeune abbé, puis de Mgr Lustiger, afin d'y voir plus clair.
Les débuts d'une carrière chaotique
Ce jeune prêtre ébouriffé, au perpétuel solex, grillant cigarette sur cigarette, ne semble pas avoir grand chose en commun avec son » chef » , le très conservateur Mgr Maxime Charles, directeur du Centre religieux, un fin lettré très réac », doté d'une certaine verve caustique, mais qui sera pendant des années une sorte d'anti-Marty (archevêque de Paris) : ce n'était un mystère pour personne que Mgr Charles était irrité et affligé d'une ligne pastorale qu'il trouvait trop soixante-huitarde. Maxime Charles ne manquait d'ailleurs ni de classe, ni de jugement, mais sa vision du catholicisme se voulait vigoureusement offensive, et parfois défensive. Quant au style et au détail, les deux hommes ne se ressemblent pas : Jean-Marie Lustiger, un peu » bordélique » , très anxieux, est moins bon vivant que Maxime Charles, moins » prélatice » surtout.
Qui est vraiment Jean-Marie Lustiger ? Quelle est son histoire ? Quel est son profil psychologique ? Surtout, quelle est la pensée et quelle est la spiritualité qui sous-tendent ses prises de position ? La conviction que nous voulons défendre ici est que les points les plus critiquables de la politique ecclésiale lustigérienne, y compris une gestion du personnel autoritaire et personnelle, cavalière et pour le moins verticale, tenaient à une certaine forme de spiritualité et de théologie déployant, selon l'expression de Nietzsche, des forces réactives.
La haine viscérale des Lumières constitue peut-être la clé du personnage. L'accusation portée contre les Lumières d'être à la source de l'antisémitisme (cf. le livre d'entretiens « Le Choix de Dieu », Paris, 1987) ne constitue que la partie émergée d'un redoutable iceberg ; en définitive, une forme d'anti-humanisme, c'est-à-dire la négation adroite de l'autonomie de l'Homme (cœur de la modernité).
Certes, et ce point est indéniable, par son style, par ses références, par ses convictions, Jean-Marie Lustiger n'a rien d'un intégriste ni même d'un conservateur à l'ancienne. Il préférait les pulls noirs au plastron romain et les costumes de velours au complet croisé. Sa crosse est en bois et l'homme n'a rien d'un prélat altier ou onctueux. A certains égards, Mgr Lustiger est un moderne, qui occupe le terrain de la modernité, pour la retourner contre elle-même. Sans doute, il y a toute une face solaire du personnage : des mots très beaux sur l'amour du Christ et une théologie renouvelée du judaïsme sur laquelle nous n'avons pas l'intention de revenir ici. Cet angle de vision révèle certaines recherches intellectuelles de son temps : il lit non seulement Étienne Gilson et Jacques Maritain, mais encore Paul Ricœur ou Jean-Paul Sartre. Politiquement, le cœur de Jean-Marie Lustiger penche même un peu vers la gauche.
En 1959, Jean-Marie Lustiger prend, encore assez jeune, la tête du Centre Richelieu (aumônerie de la Sorbonne). Il fait découvrir aux étudiants la Terre Sainte, mais aussi la prégnance existentielle de la foi chrétienne face à l'absurde. Cette période de sa vie sera l'une des plus heureuses et des plus appréciées. Jean-Marie Lustiger n'avait pas encore vraiment le pouvoir.
C'est à cette époque aussi que Jean-Marie Lustiger entretient une forte relation avec le cardinal Pierre Veuillot, homme de caractère et d'organisation. Jean-Marie Lustiger estimait grandement Mgr Veuillot : il n'aimera pas son successeur, le plus débonnaire François Marty, qu'il soupçonne d'être manipulé par une mafia progressiste et de se livrer à elle avec complaisance. Il est secoué par la crise dans l'Eglise et perçoit les départs comme des trahisons. Il se sent plus proche d'un Maurice Clavel et attend un nouveau » retour de l'Esprit » , une sorte de révolution et de contre-révolution spirituelle dont Mai 68 n'aurait été qu'une caricature. Pour le jeune aumônier, le consensus humaniste mou de la pastorale progressiste que bénit son archevêque est une pure illusion : selon lui, ou l'Église se dissout, et c'est l'hémorragie, ou elle se redynamise dans l'affirmative abrupte et forte de la transcendance du message chrétien. D'où cette irritation croissante de Jean-Marie à l'égard des curés de Paris, trop superficiels selon lui, trop soucieux de présence au monde et d'ouverture, ces fantassins d'une Église dialoguante et photocopiante.
L'affirmation d'un style abrupt
En même temps, Jean-Marie Lustiger se fait connaître : il est au mieux avec le nonce d'alors, Mgr Paolo Bertoli, et Mgr Daniel Pézeril qui le pousse en douceur. Mgr Pézeril veillera d'ailleurs à favoriser le choix de Jean-Marie Lustiger pour une grande paroisse du XVIe arrondissement, Sainte-Jeanne-de-Chantal. L'arrivée est brutale : Jean-Marie Lustiger regrette un peu le quartier Latin et casse ce que son prédécesseur, l'abbé Manceron, un père tranquille au demeurant, avait maintenu dans sa pastorale » pépère » . Le nouveau curé est dynamique, dépouillé et progressiste en liturgie, très entreprenant et créatif, prêchant bien, priant beaucoup, s'imposant par sa personnalité. Il voudra vivre en équipe avec ses collaborateurs, qui ne devaient pas être tous les jours à la fête, y compris le jeune abbé André Vingt-Trois.
Jean-Marie Lustiger se heurte souvent à ses supérieurs hiérarchiques ; atypique, il est considéré avec une relative défiance. François Marty s'en méfie et lui reproche mezza voce son tempérament autoritaire et possessif. Personne n'en parle comme d'un futur évêque, tout au plus le voit-on revenir dans son quartier Latin à Saint-Jacques du Haut-Pas ou Saint-Étienne du Mont. D'aucuns ont murmuré que Jean-Marie Lustiger voulait quitter la France pour Israël ou les Etats-Unis, qu'il visita en un été, sinon laisser la prêtrise. Tout cela est invérifiable.
Toujours est-il que la nomination tombe comme un couperet : Jean-Marie Lustiger est nommé à Orléans pour y succéder à un évêque prophétique, Guy-Marie Riobé. Lors de son sacre et de son intronisation, Jean-Marie Lustiger ne prononce pas une seule fois le nom de son prédécesseur ! Cela choquera. Autoritaire et cérébral, mystique aussi, le nouvel évêque d'Orléans rétablit un séminaire et se centre déjà sur une image cléricale, tridentine et presque religieuse du prêtre qui surprend d'abord chez lui, mais qui se confirme de plus en plus.
Depuis quelque temps déjà, la succession de François Marty est d'actualité. Le favori des évêques, le Basque souriant Roger Etchegaray, est jugé trop libéral, trop incertain, trop favorable à la catéchèse progressiste française par une Rome qui se durcit. On parle de Paul Poupard, le jeune et ambitieux recteur de l'Institut catholique, mais aussi d'évêques en poste comme Albert Decourtray ou Robert Coffy, qui deviendra cardinal de Marseille, ou d'un défenseur de l'école catholique, Mgr Jean Honoré, alors évêque d'Evreux. Finalement, après que Rome a écarté certains candidats et que d'autres ont refusé, le choix se porte sur une autre hypothèse, la treizième a-t-on dit…
Un élément mérite là d'être souligné. Contrairement à une idée qui court ici ou là, Jean-Marie Lustiger n'était absolument pas déjà candidat » in petto » de Karol Wojtyla dès sa nomination à Orléans. On doit même dire, au contraire, qu'il n'est devenu archevêque qu'en raison de l'échec des autres candidatures. Cette candidature de dernière heure n'a certainement pas été très pesée au niveau curial, et la nuit de prière de Jean Paul II ne remplace évidemment pas une réflexion argumentée et une enquête auprès de la base. On a dit que François Marty fut atterré par un tel choix. Avec un peu de mauvais esprit, on doit même dire que les deux supporters de Jean-Marie Lustiger, le cardinal Paolo Bertoli et Mgr Daniel Pézeril, ne cernaient pas très bien la personnalité de leur élu. Aucun des deux, à notre connaissance, n'avait pris conscience du risque que Jean-Marie ferait courir à Paris. Il faut dire qu'à cette époque, en France, le courant néo-conservateur n'avait pas encore le vent en poupe.
A Rome, Jean-Marie Lustiger n'était pas connu, même si le pape se liera d'amitié avec lui. Pour les traditionalistes de la Curie, Jean-Marie Lustiger était un moderniste aux idées confuses, caractériel de surcroît. Pour les libéraux, il participe de la restauration wojtylienne. Pour d'autres encore, ce Français peu jovial et bougon n'inspire aucune sympathie. Si Jean-Marie Lustiger jouit d'un certain crédit à Rome, c'est uniquement à cause de Jean Paul II.
Les réformes du cardinal
A peine installé à Paris, Mgr Lustiger impose sa ligne : il évacue les vicaires généraux, préside vraiment les réunions du conseil épiscopal et décide de nombreuses mutations. En peu de temps, les tensions s'exacerbent. Les prêtres d'esprit post-conciliaire se sentent désavoués. Jean-Marie Lustiger met en selle son ami André Vingt-Trois comme cheville ouvrière de la restauration du diocèse de Paris. Avec un réel talent, une vraie profondeur, une capacité de ramer contre le politiquement correct ecclésial, Jean-Marie Lustiger sait très bien tracer son sillon, s'imposer dans les médias, incarner une parole à la fois contemporaine et très verticale.
Ami de Jean Gélamur, le patron de Bayard Presse, il sait gérer l'information. Il résiste très bien aux soupçons parfois odieusement formulés concernant l'authenticité de sa conversion au catholicisme. Il noue de bonnes relations avec la nouvelle majorité socialiste et le Président Mitterrand. Paradoxalement, cet ultra-orthodoxe s'entend facilement avec le dehors (mais très mal avec les dissidents de l'intérieur). Les évêques ne le choisissent pourtant pas comme président, en octobre 1981, lui préférant le plus » conciliaire » Jean Vilnet, un homme avec lequel Jean-Marie Lustiger entretiendra toujours des relations exécrables. Jamais les évêques n'accordèrent leur suffrage au cardinal Lustiger comme président.
En 1982, il invite plusieurs évêques à prêcher le Carême à Notre-Dame, dont le cardinal Roger Etchegaray, qu'il n'aime guère au départ, mais dont il s'accommodera finalement, et Mgr Roger Heckel, un jésuite, ultra-conservateur, coadjuteur de Strasbourg. En 1983, il invite à Notre-Dame le cardinal Joseph Ratzinger, lequel se lance dans une réfutation très tridentine de la catéchèse à la française : » Ce fut une première et grave faute de déclarer dépassé le genre même du catéchisme. » Peu après, Jean-Marie Lustiger coiffe la barrette rouge de cardinal, en même temps que le théologien jésuite Henri de Lubac, un homme dont il est proche, dont il reprend en substance le versant réactif et conservateur de la théologie.
Désormais cardinal, Jean-Marie Lustiger acquiert un prestige international supplémentaire. En raison d'une obscure prophétie de Malachie, l'idée de l'élection d'un pape juif circule de plus en plus. On parle du cardinal Lustiger comme papabile, et en attendant comme secrétaire d'État, ce qui semble pur fantasme. En 1984, en réaction contre le projet Savary sur l'enseignement privé, Mgr Lustiger double sur leur droite aussi bien le président de la conférence épiscopale, Mgr Vilnet, que le chanoine Paul Guiberteau et même Mgr Jean Honoré en charge du dossier. Pas très glorieux pour un fils de la laïque.
En 1985, Jean-Marie Lustiger donne le ton au synode des évêques dressant le bilan du concile : se démarquant des conservateurs nostalgiques, mais aussi des réformateurs audacieux, refusant de dresser un bilan noir, il s'inscrit en même temps dans une ligne rigoureusement wojtylienne. En 1987, Jean-Marie Lustiger publie aussi son livre d'entretiens, » Le Choix de Dieu » , où il narre son parcours et commence une polémique contre les Lumières. Vers 1988 s'opère un certain tournant : désormais, Jean-Marie Lustiger ne fait plus figure de nouveau venu, mais plutôt de prélat installé qui s'est imposé comme un pilier de la galaxie Wojtyla. Il peut consolider son pouvoir et sa domination parisienne : il fait nommer évêque son bras droit, André Vingt-Trois. Suite au schisme de Mgr Lefebvre, il célèbre une messe de saint Pie V et entreprend une démarche de racolage, à laquelle il associe un jeune prêtre très réac », Patrick Le Gal, qui deviendra évêque aux armées. A l'occasion de la sortie du film » La Dernière Tentation du Christ » , il tient avec Albert Decourtray des propos défensifs et sectaires qui choquent (à l'opposé de l'ouverture d'un Jacques Gaillot que Jean-Marie Lustiger déteste viscéralement).
La ligne dure de Rome
En morale, le cardinal Lustiger suit rigoureusement la ligne dure de Rome en matière de bioéthique, mais autorise le préservatif au sein du couple si l'un des deux est séropositif. Il refuse le discours de châtiment et fonde Tibériade, pour l'accueil des malades. Avec force solennité, Jean-Marie Lustiger commémore les martyrs de la Révolution, alors que l'épiscopat français réserve un accueil glacial à l'entrée de l'abbé Grégoire au Panthéon, hormis Jacques Gaillot. On assiste à l'efflorescence accrue des nouveaux groupes charismatiques intransigeants.
Jean-Marie Lustiger a fait jusqu'à présent le ménage, il a posé les fondations, il peut construire les murs et améliorer son édifice. L'Eglise s'essouffle et les évêques du courant conciliaire affirmé vieillissent, perdent de l'influence et s'approchent de la retraite. Toutefois, même si Jean-Marie Lustiger a réussi à constituer autour de lui un réseau d'évêques qu'il a favorisés et s'il peut compter aussi sur le soutien des très conservateurs, il ne peut néanmoins pas s'emparer des commandes. Un échec qui lui laisse toujours un goût amer. Seule une minorité d'évêques le soutient plus ou moins inconditionnellement. Il est vrai que cette minorité constitue (hélas ? ) une force d'intimidation et de blocage qui hypothèque très lourdement l'avancée de la conférence épiscopale.
Mgr Lustiger a bien mis sur pied une formation parallèle des futurs prêtres pour les sortir des séminaires sulpiciens, en durcissant les défauts de ces mêmes séminaires, et entrepris la création d'une faculté de théologie concurrente à celle de l'Institut catholique dont il est pourtant le chancelier et qu'il entend torpiller (car il ne peut la contrôler).
En 1995, Jean-Marie Lustiger est élu à l'Académie française, alors que le siège aurait dû revenir plutôt à Paul Poupard, plus lettré et plus érudit. On parle de plus en plus du cardinal Lustiger comme d'une star désormais sur le déclin, d'une diva fatiguée et enrouée. Il influence toujours beaucoup les nominations épiscopales, règne en tyran à Paris, mais l'heure de son succès médiatique est passée. Nul n'ignore qu'il s'est réjoui de la sanction frappant Jacques Gaillot (à moins qu'il n'en ait été l'un des artisans).
En 1997, il accueille triomphalement le pape lors des Journées mondiales de la jeunesse, et fait forte impression par son brio et sa présence. Mais d'aucuns y voient déjà le chant du cygne. L'homme vieillit. Le système Lustiger est bien en place, mais on parle déjà de l'après. Le véritable chant du cygne sera en fait la semaine de la Toussaint où le cardinal aphone doit se faire relayer. Pourtant, le vieux prélat s'accroche encore et toujours à sa charge (il aurait dû démissionner en 2002). Il semble vouloir s'être approprié Paris et a largement mis en place l'aile néo-conservatrice. Néanmoins, le même cardinal surestime à notre avis l'impact réel qu'il peut avoir sur les consciences et la solidité d'un édifice aux pieds d'argile. Les jeunes très soumis sont en réalité très fragiles. Un retournement complet d'une frange non négligeable du système n'est pas à exclure. Les enfermements ne sont pas éternels.
Le penseur
Il est de bon ton, même chez certains lustigériens, d'évoquer le très mauvais caractère du prélat. Le fait est indéniable. Comment ne pas le comprendre ? On ne peut oublier Auschwitz, la perte d'une mère dans l'horreur absolue, mais aussi les blessures de l'écorché vif qui, personnalité atypique, n'a pas toujours été compris ni vraiment respecté. Tous les torts ne sont pas non plus du côté de Mgr Lustiger pendant les périodes de l'ère Marty. Une certaine technocratie ecclésiale, même de gauche, a parfois broyé les talents plus qu'elle ne les a éveillés ou reconnus. Nous savons que le cardinal souffre des limites de son tempérament et de son caractère. Jean-Marie Lustiger pourtant a certainement forcé la dose : anxieux et anxiogène, imprévisible parfois, trop confiant puis injuste, mal à l'aise avec ceux qu'il ne sait pas convaincre, l'homme a créé une vraie tension dans le diocèse de Paris, et même davantage. Certains pensent même qu'il a coupé en deux et plombé durablement son diocèse.
Lustiger n'est pas très cool. Pourtant, Golias discerne une cohérence idéologique dans la politique Lustiger. Le cardinal parisien caresse et réaffirme une vision de l'Homme, de l'Église, de la mission, très personnelle, atypique, très éloignée des références du traditionalisme, mais en même temps très verticale et profondément augustinienne. Intellectuel brillant et éclectique, l'abbé Lustiger ne passe pourtant pas pour un chercheur assidu et minutieux. Trop nerveux et plus intuitif que réfléchi, Jean-Marie se nourrit à diverses sources et déploie une pensée souvent improvisée, tantôt vive, tantôt poussive, mais marquée au sceau de la radicalité évangélique. Avec Jean-Marie Lustiger, on est toujours plus ou moins au pied de la croix.
L'une des influences majeures et profondes de la pensée de Jean-Marie Lustiger est son ami Henri de Lubac, le vieux jésuite ami de Jean Paul II, qui deviendra cardinal en même temps que son disciple. Résistant exemplaire, critique inspiré d'une théologie romaine sclérosée, l'homme pourrait passer pour progressiste. Néanmoins, dès son livre très négatif » Le Drame de l'humanisme athée » , il s'en prend de manière assez forte aux prétentions modernes à l'autonomie, à l'esprit des Lumières. En profondeur, il s'agit surtout d'affirmer que l'homme n'existe que pour Dieu, de rogner les espaces d'autonomie d'une nature et d'une liberté laissées à leur propre créativité. D'où son rejet viscéral de l'athéisme et son refus du progressisme.
L'âge du père, de la soumission à une transcendance verticale sur le mode religieux, ne saurait être déclaré aboli. Au contraire, l'illusion d'un règne de l'Esprit conduirait à une sorte de délire totalitaire se retournant comme l'homme lui-même. Nous touchons là du doigt l'intuition centrale de Henri de Lubac qui est également celle de Jean-Marie Lustiger : l'homme peut construire un monde sans ou contre Dieu, il le fera contre l'Homme. Cette vision théologique s'oppose par exemple à celle d'un Marie-Dominique Chenu pour qui l'homme libre qui construit le monde plus juste et fraternel porte déjà le flambeau de l'Evangile, qu'il soit ou non croyant. Pour Henri de Lubac, le mirage de l'autonomie est en sa racine, souvent inconsciente, profondément antichrétienne. C'est pourquoi les Lumières ont suscité l'antisémitisme dans l'histoire revisitée par Jean-Marie Lustiger. L'émancipation (refus de l'âge du Père) conduit à un monde athéiste donc anti-humaniste.
Pour un humaniste, croyant ou non, cette thèse est non seulement historiquement tirée par les cheveux, sinon fausse, mais moralement diffamatoire ou insupportable. L'évacuation de la transcendance conduit à un monde inhumain, barbare, totalitaire et criminel : telle est vraiment la pensée profonde de Jean-Marie Lustiger, en ce sens foncièrement réactionnaire.
Quelque part, Jean-Marie Lustiger est un moderne qui se renie lui-même. Il est en fait surtout très proche de Maurice Clavel. Sa matrice intellectuelle est des pieds à la tête à la fois biblique, judaïque et moderne. Pourtant, cette modernité ne s'épanouit pas en elle-même, dans l'affirmation de l'homme libre, créateur et autonome, mais conduit à l'éclatement de l'humanisme.
Jean-Marie Lustiger cultive volontiers un catholicisme ultra-intransigeant. Pour lui, c'est à prendre ou à laisser ; tout le menu ou le cachot. Se rendre au monde, et même dialoguer avec lui comme avec un partenaire estimable, serait trahir et se rendre. Lorsque Jean-Marie Lustiger rétorque brutalement à un prêtre qui souffre » Et le Christ sur la croix, il n'a pas souffert ? » , ce n'est pas insensibilité de sa part ou manque de cœur, mais l'expression d'une machine théologique perverse, d'une mauvaise théologie de la croix, d'une absorption des considérations humaines dans une vue mystique inhumaine et sacrificielle. Jean-Marie Lustiger ne peut accepter l'autonomie du désir humain qui cherche aussi sur terre le bonheur. D'où un discours vertical et abrupt.
L'axe porteur d'une réalisation immanente de soi lui semble d'instinct totalement insupportable. Les séminaires châtrent véritablement les jeunes clercs : d'abord par la maîtrise du corps érigée en idéal mais surtout par le contrôle de l'esprit, des opinions, avec une disponibilité qui refuse le projet personnel créateur et audacieux pour mieux servir l'éminentissime Jean-Marie Lustiger. Malheur au séminariste qui voudrait bâtir un projet personnel. Il faut cesser d'exister, immoler sa liberté sur l'autel d'une obéissance mythifiée. L'angoisse du cardinal (beau titre de roman triste) a comme enrobé tout le fonctionnement d'une machinerie par ailleurs bien huilée. Nous osons le pari qu'elle en scellera, à moyen terme, un destin d'échec et d'explosion.
A force de trop exalter le sens, la vie devient insignifiante si elle délaisse la matérialité charnelle et l'ici-bas. La théologie verticale et abrupte du sieur Lustiger, dépréciant la vie libre et l'autonomie de l'homme, tend à exténuer la juste valorisation non seulement du créé comme tel mais de l'humanité concrète. C'est très simple, comme en témoigne un de ses prêtres : » Jean-Marie Lustiger n'est pas dur ; avec lui on n'existe pas ! »


























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De ena22
21H47 | 06/08/2007 |
Le titre donne l'envie de lire, Le sujet est sûrement maîtrisé, mais franchement j'ai fini par zapper…malgré toute ma bonne volonté, je n'ai tenu que jusqu'à la moitié du paragraphe concernant « l'affirmation d'un style abrupt ».
Heureusement, la conclusion de cet article (j'ai lu la fin, pour savoir…où on voulait en venir ! )est…bien. elle est même TRES bien, mais aurait tout gagner à être plus simplement écrite.
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 21H51 | 06/08/2007 |
La loi des séries ?
Après les départs involontaires pour des grandes vacances définitives de Serrault, Bergman , Antonioni, voiçi la disparition d'un autre grand acteur.
Ce grand comédien connu pour ses rôles costumés s'était mis au service d'un metteur en scène réputè pour sa trilogie : Jésus, Yahvé, Momo …et les autres.
Ce monsieur Dieu assume depuis sa création, par les humains avides d'histoires fantastiques,son coté « démiurge “grandement jalousé par l'ensemmble des autres créateurs souvent eux aussi mégalos.
Bons nombres de légendes entourent son histoire , certains lui attribuant jusqu'à la création et la mise en scène du monde ! ( rien de moins ! )
D'autres pensent qu'il n'existe pas , voire qu'il est mort le jour ou les hommes l'on créé …
Bref , toujours est il que Mr Lustiger a su sevir avec constance son maitre.
Sa formation de base à la Thora-Académie , aurait pu lui permettre de concilier le service de sa vocation d'acteur et vie de famille, mais il aura choisi de s'engager dans la voie du renoncement aux plaisirs de la chair, pour se consacrer au role de sa vie : ” Faire croire à l'existence de Mr Dieu ».
La reconnaissance de son talent par ses pairs et fils prodigues,lui vaudra plusieurs récompenses et une rapide promotion dans le groupe multinational « Vatican et associés ».
A l'instar d'autres grands acteurs tels que : Jojo Weismuller, Anthony Perkins, ou Chritopher Lee,il n'aura cependant pas su se détacher du personnage incarné , allant jusqu'à croire que son plus beau role lui serait offert dans l'au-delà.
Michel Serrault avait souhaité que ses obsèques ne soient pas triste, son confident Mr de la Morandais, autre acteur du petit écran , s'étant chargé du générique de fin ,
Souhaitons que la dernière représentation de Mr Lustiger puisse se faire sans concession et que la raison funèbre soit mise en « Lumières » par un réalisteur qui ne fera pas une croix sur son talent.
à Charles Mouloud
De ena22
22H47 | 06/08/2007 |
C.M.B ? si vous êtes à épouser actuellement, moi j'vous PACS (Je suis chatain-foncé-heu…mordoré-à-faible-poitrine…mais -il parait- que j'ai de jolis yeux verts, bref comme dirait ma meilleure amie…j'ai « tout plein de charme »…je vous assure que c'est ma meilleure amie qui dit ça ! ! … et ce quej'aime chez elle, c'est que vu ce qu'elle me dit,elle me dispense d'avoir des ennemis ! )
De Bonobo35
23H07 | 06/08/2007 |
nous nous sommes croisés épistolairement dans la rue 89, vous mordoré chatains avec petite poitrine aux yeux verts ,moi Grolandais d'origine primate.
Votre sourire au volant de votre camion est devenu de la persistance rétinienne.
Délivré de toute obligation conjugale et monogamique,souhaiterai vous revoir .
à Bonobo35
De ena22
23H38 | 06/08/2007 |
Je rechercherai l'adresse que que vous aviez laissé à Adaunis, lors de nos mocréations, demain !
Je vais dormir, je me lève demain à 3H53. Bisous XX.
à Bonobo35
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 08H01 | 07/08/2007 |
Dites Bonobo et Enna, à défaut d'une église, bien sûr, renseignez vous pour savoir s'il y a un bon resto, près de Rue89, pour qu'on profite au moins de la bouff du Pacs.
à adaunis
De puerta13
23H08 | 07/08/2007 |
C ça les cathos………. Ils s'en…lisent en couronne.
De
21H53 | 06/08/2007 |
un texte aussi long pour dire que Libé se trompe… On pouvait faire plus court. Mais heureusement, on a Ratzinger maintenant, le pape allemand, dont les Français ne veulent pas.
angela merquelles
De
22H01 | 06/08/2007 |
un cousin de la famille du Cardinal Lustiger vit à Frankfort/Main (Allemagne) - ce cousin, Arnold Lustiger applique « les Lumières » (germaniques) à la lettre » : il n'est pas juif selon les règles du judaisme, mais pour l'unique raison qu'il verse un impôt religion. Au cas (où comme d'autres milliers), il cesserait de payer cet impôt, il deviendra comme l'article 140 GG (de la Constitution) l'ordonne depuis les « lumières » (contre les juifs), un sans religion…faut le faire…juif sans religion…
Quel principe est plus malade, l'intégrisme où le principe des « lumières » germanique ? Je dirai que c'est Dieu qui est malade, sans quoi, il aurait inventé au moins une seule religion sans sang sur les doigts.
A part cela, le Cardinal Lustiger fut un personage tragique, représentant une époque tragique. S'il fut un bon Christ, il fut aussi et surtout, un bon juif qui n'a jamais renié ses origines.
De oggy
22H09 | 06/08/2007 |
merci pour cet article très complet. il fait partie de ces gens dont j'entends parler depuis que je sais parler, dont le nom m'est familier et dont je ne savais finalement que peu de choses, même si l'image globale que je me faisais de lui correspond bien à ce que j'ai appris en vous lisant.
Je retrouve votre site avec plaisir à mon retour de vacances, pendant lesquelles je n'avais que Libé à me mettre sous la dent.
De
22H11 | 06/08/2007 |
Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
De
02H31 | 07/08/2007 |
Repose en paix Cardinal Lustiger ; ton courage et ta bravoure restent un exemple ; même la maladie ne t'a pas empêchée de mener à bien ta tâche.Ta tombe sera de terre juive,palestinienne,libanaise comme tu le souhaitais.Adieu..douce france.
De
04H42 | 07/08/2007 |
Cet article est pitoyable car il montre la non connaissance du sujet par l'auteur que ce soit a propos de l'organisation de l'Eglise ou que ce soit a propos de la pensee humaine.
« A force de trop exalter le sens, la vie devient insignifiante si elle délaisse la matérialité charnelle et l'ici-bas. “ <- Cela montre une partie de non objectivite de l'auteur qui devrait se comporter comme un journaliste. Cela montre aussi la non connaissance des bases de la religion catholique…
Un retour a l'ecole ne ferait pas de mal a M. Terras.
De
00H23 | 08/08/2007 |
N'y aurait -il pas un malentendu (ou un mauvaise compréhension) à la lecture de l'article ? Tu accordes à l'auteur une idée défendue par JML
De
08H35 | 07/08/2007 |
On voit, M. Terras, que vous vous êtes passionné pour la rédaction de cet article sur un homme qui visiblement vous a impressionné. Vous faites preuve d'une nuance qui est rare sous votre plume. Mais permettez-moi de vous dire que vous faites un contre-sens fâcheux sur la théologie du Père de Lubac. Ce dernier montre avec brio que l'autonomie trouve précisément son fondement dans l'esprit. C'est d'ailleurs cette thèse sur le surnaturel qui lui a valu les foudres de Pie XII. C'est cette théologie qui lui a permis de prendre ses libertés théologiques tout en continuant à aimer l'Eglise fondée par le Christ (cf. Méditation sur l'Eglise). Que le p. de Lubac se soit laissé aller vers la fin de sa vie à des propos acides à l'encontre de la modernité ne doit pas faire oublier qu'il a fondé théologiquement le rapport juste à l'Eglise. Et voilà la clef de compréhension de l'action de Mgr Lustiger qui n'est pas si paradoxale que vous le dites puisque précisément il fonde son autonomie, sa liberté et son ouverture au monde sur cette compréhension lubacienne de la liberté. Ceci n'empêche pas ses défauts personnels de coexister avec un amour de l'homme. Je ne suis pas sûr qu'un st Jérôme était plus doux avec son entourage. Mais, regardez monsieur Terras, l'engouement populaire pour cet homme à l'heure de sa mort : il aura davantage fait de nouveaux croyants que votre hebdo n'aura fait de nouveaux septiques.
Boris Borodinov
De
09H52 | 07/08/2007 |
cher Monsieur Terras,
Je ne savais pas qu'à Golias on était capable de si bien écrire… Que de temps perdu en critiques stériles et déversement de poncifs infondés autant que débiles ! A la manière d'un Bush, votre vision de l'Eglise est binaire : progressistes et conservateurs. Et vous mettez toute votre énergie à taper sur le camp que vous haissez. Piètre vision de l'idéal évangélique de charité ! Vous enfermez les gens, un peu à la manière des régimes totalitaires staliniens, dans des caricatures dont ils ne sortent plus et qui justifient à vos yeux tous les anathèmes et toutes les inquisitions que vous savez si bien déplorer par ailleurs. Vous haissez les gens de votre propre famille et vous bécotez ceux qui haissent l'Eglise… N'y t il pas là contradiction ? ! Avant d'aimer mes voisins j'aime ma famille et fais tout pour qu'y règne l'amour. Il faut croire que vous êtes plus tenté par le monde (au sens johannique du terme) que par la radicalité évangélique, intrinqèque à l'enseignement du Christ, et que vous qualifiez volontiers d'intégrisme ou d'ultra conservatisme. De la sorte c'est le Christ lui même que vous insultez ! Mais Mr Terras, si l'évangile vous pèse à ce point, pourquoi restez vous dans l'Eglise ? !
Vous reprochez à Lustiger sa vision de l'homme comme opposée à la conception dite des « lumières » qui nous enseigne que l'homme est naturellement bon… eh bien on a bien vu combien ces foutaises ont été contredites par la tragique réalité des totalitarismes successifs du XXeme siècle.Sans parler du massacre des innoncents dans le ventre de leur mère dont vous n'avez strictement rien à foutre.
Enfin je constate à quelle point vous êtes consternant de conformisme et parfaitement intégré dans le moule de la pensée unique, vous qui croyez faire preuve d'originalité. Cette pensée unique qui tous les jours dépoie son cortège d'éructations et de calomnies sur l'Eglise du Christ. Rappelez vous Mr Terras, là où est Pierre ; là est l'Eglise. Je vous souhaite beaucoup de patience car un peu à la manière des juifs aujourd'hui qui attendent le messie, l'avènement de votre « eglise » risque de ne pas arriver de si tôt car Dieu merci elle ne peut être livrée aux ténèbres et au poison du relativisme dont vous êtes le parfait héraut. Puissiez vous un jour redécouvrir la merveille du mystère de l'Eglise et le caractère prophétique de ses enseignemenents ! C'est tout le mal que je vous souhaite !
De
09H53 | 07/08/2007 |
cher Monsieur Terras,
Je ne savais pas qu'à Golias on était capable de si bien écrire… Que de temps perdu en critiques stériles et déversement de poncifs infondés autant que débiles ! A la manière d'un Bush, votre vision de l'Eglise est binaire : progressistes et conservateurs. Et vous mettez toute votre énergie à taper sur le camp que vous haissez. Piètre vision de l'idéal évangélique de charité ! Vous enfermez les gens, un peu à la manière des régimes totalitaires staliniens, dans des caricatures dont ils ne sortent plus et qui justifient à vos yeux tous les anathèmes et toutes les inquisitions que vous savez si bien déplorer par ailleurs. Vous haissez les gens de votre propre famille et vous bécotez ceux qui haissent l'Eglise… N'y t il pas là contradiction ? ! Avant d'aimer mes voisins j'aime ma famille et fais tout pour qu'y règne l'amour. Il faut croire que vous êtes plus tenté par le monde (au sens johannique du terme) que par la radicalité évangélique, intrinqèque à l'enseignement du Christ, et que vous qualifiez volontiers d'intégrisme ou d'ultra conservatisme. De la sorte c'est le Christ lui même que vous insultez ! Mais Mr Terras, si l'évangile vous pèse à ce point, pourquoi restez vous dans l'Eglise ? !
Vous reprochez à Lustiger sa vision de l'homme comme opposée à la conception dite des « lumières » qui nous enseigne que l'homme est naturellement bon… eh bien on a bien vu combien ces foutaises ont été contredites par la tragique réalité des totalitarismes successifs du XXeme siècle.Sans parler du massacre des innoncents dans le ventre de leur mère dont vous n'avez strictement rien à foutre.
Enfin je constate à quelle point vous êtes consternant de conformisme et parfaitement intégré dans le moule de la pensée unique, vous qui croyez faire preuve d'originalité. Cette pensée unique qui tous les jours dépoie son cortège d'éructations et de calomnies sur l'Eglise du Christ. Rappelez vous Mr Terras, là où est Pierre ; là est l'Eglise. Je vous souhaite beaucoup de patience car un peu à la manière des juifs aujourd'hui qui attendent le messie, l'avènement de votre « eglise » risque de ne pas arriver de si tôt car Dieu merci elle ne peut être livrée aux ténèbres et au poison du relativisme dont vous êtes le parfait héraut. Puissiez vous un jour redécouvrir la merveille du mystère de l'Eglise et le caractère prophétique de ses enseignemenents ! C'est tout le mal que je vous souhaite !
De glsdp
11H03 | 07/08/2007 |
Un article très intéressant. C'est une bonne idée de publier sur le site des contributions venant d'horizons plus spécialisés (je n'achète pas Golias), et qui permettent au lecteur d'entrer dans un univers qu'il ne connaîtrait pas sinon.
Merci !
De
14H33 | 07/08/2007 |
'…blessé par la vie, par l'insupportable monstruosité de la shoah…'
Tiens y'en a encore ? Avec tous les rackets usant du sujet ils doivent être riches, sauf ceux qui ont laissés des gens comme vous abuser de l'adjectif en leur nom sans rien leur donner.
Et alors ? Mes parents n'étaient pas juifs, n'étaient pas tsiganes, mais français refusant de collaborer, ils furent exporter à Dachau ou ils sont morts.
J'ai oublié de faire la manche et d'utiliser des adjectifs faciles pour m'enrichir et me glorifier.
Cet prêtre faisait peur quand il prêchait sur les ondes de Radio Notre Dame, il ouvrait la porte à Benoit et à toutes les intolérances.
Mais il a cette excuse extraordinaire de perdre sa mére à Dachau. La mienne aussi y est morte, mais elle était catholique, pas de quoi en faire un plat.
De
00H06 | 08/08/2007 |
« J'ai oublié de faire la manche et d'utiliser des adjectifs faciles pour m'enrichir et me glorifier.
»
moi itou, petite fille d'une grand-mère morte à Auschwitz après avoir sauté d'un peu trop près (à 15 ans, jaunement étoilée, réfugiée de l'est, a-t-on vraiment le choix ? ) sur les genoux de l'évêque collabo successeur de Suhard et prédécesseur de ce grand Lustiger
…ma grand mère y est morte, juive, mais , pas de quoi en faire un plat…
à défaut de savoir où est ma mère grand s'est envolée, je peux saluer mon grand père… à Notre-Dame…mais peu importe, je suis protestante par mon père à présent depuis 155 ; la belle affaire…
Bref, les « calotins » sans parodier Brassens, il n'y en a pas un pour rattrapper l'autre… !
De
00H29 | 08/08/2007 |
facile comme argument, qui n'apporte rien au debat, (on ne compare pas des douleurs) et certainement mensonger.
De
14H34 | 07/08/2007 |
Tous mes compliments, cher Christian Terras, pour cette remarquable analyse… et singulièrement pertinente !
Avec ma considération,
Julien Cendres (écrivain)
De
14H46 | 07/08/2007 |
je ne comprends pas l interet de cet article tres long et pas tres interessant.
De
16H02 | 07/08/2007 |
Bravo à Terras pour sa piété judéenne ; la shoah, on y croit ! ! C'est plus important que le Credo, ça, la shoah… hmmmmmm ?
De
17H31 | 07/08/2007 |
Merci, Christian Terras, pour ce chemin de croix intellectuel que vous nous infligez à la suite de ce personnage complexe et déroutant ! C'est vrai que le Cardinal Lustiger a pu déplaire par son style un peu perso mais les résultats sont là : il a su donner un dynamisme étonnant à l'Eglise de Paris. Il a été notamment l'instigateur de Radio Notre Dame (100.7FM) dont la qualité journalistique pourrait servir de modèle à de nombreux media nationaux. Il a donné aux JMJ leurs lettres de noblesse lors de leur organisation à Paris et il les à ainsi fait reconnaître comme un évènement mondial pour la jeunesse de tous horizons, passionnée par l'échange et le débat. Enfin, par son parcours personnel, le Cardinal Lustiger force l'admiration. Longtemps considéré comme un traitre par les juifs, comme un converti suspect par l'extrême droite qui se croyait catholique, et comme un intellectuel sectaire par la gauche radicale qui se croyait humaniste, il a su vivre sa foi dans la souffrance et tracer son chemin avec une détermination inébranlable. Il a su, par dessous tout, reconciler le christianisme avec ses sources juives et être le témoin vivant de ce lien retrouvé. Comme le dit l'article, avec Jean-Marie Lustiger, on est toujours plus ou moins au pied de la croix. Merci pour ce bel hommage.
Michel
De
08H28 | 09/08/2007 |
je m'en tape de votre Lustigier…
Aucun intérêt cet article
De
17H08 | 10/08/2007 |
Bonjour a tous.
J aimerais tout d abord saluer l effort journalistique que d essayer de brosser le portrait et la carriere de ce personnage complexe.
Neanmoins cette analyse ne repond pas un objectif rigoureurx.
Pour une simple description, il s agit d un texte avec trop de jugements personnels.
Et pour une analyse contrairement a ce que vous pretendez ce texte n explique pas la personnalite Jean-Marie Lustiger.
De plus vos explications philosophiques manquent reellement de profondeur et de vision.
Croire que critiquer les lumieres est forcement conservateur est un manque de vision philosophique.
Je ne vois pas en quoi il est conservateur de chercher l humain dans la metaphysique. Ou alors pour vous l humanisme est un materialisme ou un edonisme.
Votre conclusion veut etre comme une lecon a un homme mort, je trouve cela plutot indigne.
Surtout vous ne retenez pas de l homme la profondeur de la pensee mais vous vous attachez aux details de sa personnalite.
Est-ce reellement un critere pour juger la pensee d un homme. Nietzsche etait presque fou et puis comme disait michaux « qui n a jamais mieux fait que sa vie »
Cordialement.