Les pouvoirs publics privilégient l'évacuation des tentes sans proposer de solutions de relogement. Reportage.

Avenue Parmentier, 21h00. Trois bénévoles et une salariée de Médecins du Monde préparent des sandwiches et du café chaud en prévision de la tournée quotidienne qu'ils effectuent dans les rues de Paris pour venir en aide aux SDF. Ce soir, une maraude est prévue à la périphérie de Paris, porte de Bagnolet et sous le Pont Marie dans le quatrième arrondissement. Les « campeurs » ont, en effet, prévenu l'association d'un passage de la police les sommant de partir.
Il n'est pas loin de minuit. Sous le Pont Marie, c'est la consternation. A l'exception d'une tente, toutes les autres ont disparu. Jean, SDF, accourt : « les flics sont passés ! » Il a perdu sa tente et ses effets personnels qu'il doit aller récupérer au commissariat du quatrième arrondissement.
Tandis qu'Audrey, bénévole, s'affaire et passe des coups de fil afin d'avertir Graciela Robert, responsable de la mission SDF, Jean se désole. Son discours, pas toujours clair, dit une chose : perdre sa tente est la promesse d'une réinsertion incertaine. D'autant plus qu'aucune proposition de relogement n'a été proposée par les confisqueurs de tentes.
Assez rapidement, décision est prise de porter plainte. Après tout, les tentes appartiennent à Médecins du Monde. Cap sur le commissariat du quatrième arrondissement où elles sont consignées. Là, l'explication tombe : « La préfecture de police a ordonné le retrait de toutes les tentes à Paris. Si vous les réinstallez, on viendra les retirer. » Les bénévoles s'enquièrent de la question du relogement : « Il y a des solutions d'hébergement d'urgence. Dans nos locaux par exemple. Les SDF peuvent aussi être pris en charge par la Bapsa (cette Brigade d'assistance aux personnes sans abri dépend de la préfecture de police). Mais là, il n'y a pas d'opération grand froid ». Ni de canicule, fait observer Jean. En clair, la préfecture de police retire les tentes et c'est tout.
Médecins du Monde, depuis le lancement de l'opération en 2005, répertorie le nombre de tentes et passe régulièrement voir leurs occupants. La décision d'enlever toutes les tentes parisienne sonne la fin de l'opération. Maurizio, médecin bénévole, souligne qu'il ne s'agit en rien d'un règlement du problème : « ces tentes apportaient de la visibilité. En les retirant, la préfecture ne règle pas le fond du problème : la précarité, l'exclusion et l'urgence de reloger ces gens… »
Après discussion, la police accepte de rendre leurs tentes aux bénévoles. Une heure après, elles sont dans le camion. Jean a récupéré ses affaires. Mais peine perdue pour sa tente. Médecins du Monde ne la lui rendra pas. Ils lui remettent un duvet et le voilà reparti sous le pont.


























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De
14H13 | 03/08/2007 |
Il y a des années de ça, on a accusé le Brésil d'avoir « nettoyé » (quand je dis nettoyé, comprenez-moi bien, c'est nettoyer définitivement)certaines avenues des enfants vagabonds. Vous croyez qu'on va en arriver là ?
Parce que quand New-York avait adopté la tolérance zéro, les télés françaises de l'époque n'en finissaient pas de s'émouvoir…
J'ai jeté ma télé : pourriez-vous me dire si les télés s'émeuvent aujourd'hui du début de l'application de la tolérance zéro à Paris ?
De
22H53 | 03/08/2007 |
Tout d'abord arrêtons de répéter, comme les médias, « tolerance O ». Ca veut dire quoi ? il existe un mot de la langue française : intolérance.
Le terme « tolérance 0 » a été inventé par des publicitaires conseillers d'hommes politiques pour faire passer des messages et des décisions intolérantes. Depuis quelques années et surtout depuis l'ère Sarkozy, les mots utilisés dans la communication aux médias et donc à nous sont très étudiés et leur choix est loin d'être innocent. Le langage participe à la pensée, véhicule des concepts pour faire accepter certaines idées aux électeurs.
Les résultats des dernières campagnes politiques sont les témoins que ces mots, ces expressions utilisés à dessein ont fait leur travail.
Donc, la décision d'enlever les tentes des SDF est une décision intolérante qui n'a que pour seul but de prouver que désormais le « problème » est traité. Plus de visibilité, plus de problème. C'est ça la politique de Sarkozy. Images, qu'images, peu de fond, peu de solutions et surtout se débarasser de tout ce qui gênerait le « modèle » qu'on nous a vendu !
De
18H04 | 11/08/2007 |
Je suis surpris que l'on parle de l'avenue Parmentier, et pas de la place Marin-Nadaud (20e), du boulevard de Ménilmontant (entre 20e et 11e, sur le terre-plain, non loindu métro Père-Lachaise), ou, pire ( ? ) de ce qui s'est passé au bassin de La Villette fin juillet et dont j'ai mis une vidéo ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2007/08/sous-paris-plag.html
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De Takeshi
14H31 | 03/08/2007 |
La banlieue et 3 heures de transport par jour… c'est pour les smicards ! ! ! !
à Takeshi
De
14H36 | 03/08/2007 |
Non, ce n'est pas que pour les smicards.
je gagne 2500 nets / mois et je peux pas me payer un appart à Paris (je suis en couple et ma compagne).
De
14H38 | 03/08/2007 |
Pourquoi tous ces SDF ne font pas comme Sarko 1er, aller passer des vacances tout frais Payés aux Stat.
Ils se démerdent mal eux ! !
Pauvres France et merci à tous ces politiques trop payés !
De
14H39 | 03/08/2007 |
Au fait on peut les reloger à l'assemblée, vus que les petits fours sont terminés
De
15H01 | 03/08/2007 |
N'oubliez pas le sénat et avec tous le fric que les politicobranleurs nous arnaquent le petit peuple iar mieux
De deecurl
| 14H43 | 03/08/2007 |
ct quoi le problème des tentes, trop visible ?
De
14H48 | 03/08/2007 |
C'est une bonne chose ! Paris, la Ville Lumière, visitée chaque année par des millions de touristes étrangers, quelle honte d'y voir ici ou là des campements sales, peuplés d'individus patibulaires,le plus souvent imbibés. La tolérance 0, pourquoi serait-elle insupportable en France et pas ailleurs ? Quant aux précédents intervenants,ils ne vivent pas sous des tentes d'après ce que j'ai compris. Effectivement avec 2500 euros il est difficile de se payer un appart à Paris, ce n'est pas une raison pour habiter sous une tente ! Maintenant, j'habite en province, mais lorsque je vivais à Paris, 3 heures dans les transports étaient mon lot quotidien. Je n'en suis pas morte et n'ai jamais pensé vivre sous une tente !
Mon-Al
De
15H07 | 03/08/2007 |
Tant de bétise est consternant ! Les SDF vivant sous tente à paris n'ont pas la possibilité de se payer un logement, même à 3h ou 10 ou 20 de Paris.
Par contre, à Paris, ils ont plus de chance de rencontrer les structures d'aides ou de grapiller une petite pièce qu'au fond de la forêt de Fontainebleau.
On parle ici d'extrême misère. Allez voir sous les ponts du périphérique et vous y découvrirez des vrai bidonvilles, comme en amérique latine. Ces gens sont fragiles et ont besoin d'aide, pas de répression policière.
Quelle aide leurs proposez vous ?
De
15H08 | 03/08/2007 |
Paris a beau être visitée par des millions de touristes, ce n'est pas une ville « parc d'attraction », mais une ville qui a aussi des habitants. Et les SDF en font partie.
Ce que voient les touristes, c'est la réalité de la France d'aujourd'hui : un pays qui se tiers-mondise, comme le reste de la planète.
Vos propos sont vraiment très cons.
De Servais-Jean 4591
HS | 00H28 | 04/08/2007 |
Je note d'abord que c'est la préfecture de police qui fait la chasse aux SDF, pas la mairie de Paris. J'espère d'ailleurs une réaction de la mairie.
Je note ensuite que ces SDF qui font partie de l'identitée française ne plaisent pas à tout le monde. Il faut donc demander au ministre qui s'occupe de l'identitée de la définir et de la faire voter.
Paris n'est pas la vitrine de la France ou alors il convient de mettre une séparation entre Paris et le reste de la France.
Je ne sais pas où nous allons mais je crois que ce ne sera pas trés beau.
Merci les 53% !
à Servais-Jean
De gwenole
08H54 | 11/08/2007 |
Il serait assez étonnant que la Préfecture de Police ait agi sans l'aval du maire de Paris. D'ailleurs je n'ai vu aucun commentaire de la part de la mairie… qui ne dit mot consent. La confiscation des tentes, si elle n'a pas été initiée par la municipalité, l'a été avec son consentement. Cela était prévisible : Paris devient une ville-musée, une ville-plage, une ville-paillettes qui n'est pas destinée aux SDF (ils ne votent pas en général).
Il ne faut pas oublier que depuis le début de son action, Médecins du Monde a été critiqué assez vivement par les représentants de la ville de Paris et que le SAMU social n'a jamais caché sa désaprobation au pretexte que les tentes risquent de fixer les SDF dans leur situation. Comme s'ils l'avaient choisie, cette situation !
Quant aux solutions proposées à l'époque par le gouvernement, pour mettre fin à l'action des DON QUICHOTE, elles ont engendré des abberations : transformation des accueils d'urgence en accueils de longue durée, provoquant ainsi leur engorgement puisqu'aucune place supplémentaire n'a été proposée, ou très peu.
Les SDF, ça n'émeut les gens qu'en hiver, alors attendons l'hiver ! entre temps le Collectif des Morts de la Rue collectionne les avis de décès.
à gwenole
De
14H07 | 11/08/2007 |
A droite ou à gauche (je ne fais moi non plus aucune distinction), la plupart des politique sont cloisonnés dans leur univers, incarcérés dans leurs conflits idéologiques et leurs conflits d'intérêts, occupés sutout de se renvoyer la balle, de ne rien voir, de ne rien faire. Je crois que le spectacle de la misère leur est insupportable parce qu'ils en ont peur. Et ils en ont peur parce qu'ils redoutent, contre toute logique, que ce ne soit leur sort un jour. C'est une peur ancienne, ancrée au plus profond de soi, qui n'a pas de cause réelle mais une raison illusoire. Ce qu'en psychanalyse on appelle une peur archaïque. Elle fait d'autant plus de dégâts qu'elle est niée par ceux qui l'éprouvent.
Il ne suffit pas d'être pauvre pour être misérable.
Thomas GREDAT
De
09H52 | 12/08/2007 |
Bien sûr, il y a la peur, mais en fait c'est bien plus bête que ça :
A droite comme à gauche, les responsables ne peuvent pas s'atteler sérieusement à la résolution du problème des SDF car, s'ils le faisaient, ils devraient reconnaître qu'ils n'ont aucune prise sur la misère, que le système est ainsi fait qu'il doit génèrer de la pauvreté pour obtenir de la richesse. La gauche ne peut pas avouer qu'elle n'a rien à offrir comme système de remplacement et la droite doit cacher la nature du système en place.
De
11H11 | 12/08/2007 |
Je vous rejoins quant aux raisons qui poussent tous ces glorieux satrapes à ne rien faire. Et qui n'en apparaissent que plus monstrueuses : des questions d'intérêt, de parti pris ou de susceptibilité sont plus importantes que la vie d'être humains qu'on laisse dormir dans des tentes, sales et hébétés, au bord du fleuve qui traverse l'une des plus illustres cités du monde.
En revanche, je ne suis pas d'accord avec vous sur le fait que les politiques n'auraient « aucune prise sur la misère ». L'Histoire nous apprend qu'un problème se résoud quand il y a une volonté politique de le résoudre.
Si demain, pour une raison quelconque, la survie du pays exigeait que des mesures urgentes soient prises et appliquées en faveur de la solidarité nationale, vous verriez tout ce beau monde s'activer comme abeilles dans leur ruche.
Comme ce n'est pas le cas, les politiques se laissent submerger par la pire des maladies : l'indifférence.
C'est encore plus bête que cela.
Thomas GREDAT
à Servais-Jean
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 15H01 | 12/08/2007 |
Si tu visionnes attentivement ceci :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2007/08/sous-paris-plag.html
tu verras qu'il y a au moins un flic très emmerdé. les employés de la ville de paris n'ont pas l'air du tout gênés par cette baston, qui concerne des femmes.
De Patchamama
15H19 | 03/08/2007 |
dieu me préserve d'être un jour aussi stupide que vous pour en arriver à penser que ces gens ont choisi de vivre sous une tente !
C'est pas du tout la faute de notre sociéte, pour sûr. Avez vous déjà eu l'occasion de demander à l'une de ces personnes son histoire ? bah non tout ce qui vous intéresse c'est ce qui touche à votre petite personne !
pour avoir travaillé en tant que bénévole pour le samu social je peux vous dire que nombre d'entre eux n'ont pas eu le choix, on les a mis hors de leur logement une fois licencié… et pas forcément parce que c'est des feinéants comme vous pourriez le croire !
c'est pas la solidarité qui vous étouffera avec votre individualisme navrant !
De
16H23 | 03/08/2007 |
bravo quel degres de tolerence ! bravo pour ton humanisme ! j espere que tu n auras jamais le desespoire de vivre dans une tente ! ! !
De
16H55 | 03/08/2007 |
justement la ville lumière ne peut elle pas montrer qu'elle sait gérer de manière intelligente un problème de logement général, et des statuts précaires qu'elle génère.
m'est avis que les 3h de métro par jour ont dû jouer dans la balance pour améliorer votre qualité de vie et partir de paris.
quant au fait d'habiter ou non sous une tente cela n'empêche pas de comprendre ou de craindre de perdre son logement dans les aléas de la vie.
enfin comme malheureusement trop souvent la solution adopter n'est pas préventive ni même curative, on repart à zéro sans même essayer de comprendre le cheminement de médecin sans frontière et de ses tentes qui permettait de suivre et d'aider une population souvent rendue invisible et qui pourtant nécessite de l'aide.
De sancho
17H31 | 03/08/2007 |
eh là ! ce n'est pas Médecins sans Frontières mais Médecins du Monde qui s'occupe principalement des démunis. La différence est d'importance ! …
De
17H37 | 03/08/2007 |
Comme quoi la connerie n'a pas de sexe.
De
11H36 | 05/08/2007 |
intolerence totale.On retire ce qui nuit à l'image du Big Chef aujourd'hui en vacance avec sa petite famille décomplexée.On ne regle aucun problème ,on les gomme avec l'aide de sa police et les pauvres gens qui ont tout perdu se retrouvent coupables de gacher le paysage parisien.J'ai honte de la politique de mon pays qui ne favorise que ceux qui sont déjà blindés et qui fait croire (mais faut il etre con ! )que les coupables sont ces buveurs, ces fénéants, ces sans le sou, ces étrangers.La France pays des droits de l'homme ? NON, certainement pas. Pays de la suffisance, de l'auto satisfaction, des intrigues, des coups bas,des alliances douteuses,grand adorateur du veau d'or. Mais qui seme le vent ?
De
11H54 | 05/08/2007 |
intolerence totale.On retire ce qui nuit à l'image du Big Chef aujourd'hui en vacance avec sa petite famille décomplexée.On ne regle aucun problème ,on les gomme avec l'aide de sa police et les pauvres gens qui ont tout perdu se retrouvent coupables de gacher le paysage parisien.J'ai honte de la politique de mon pays qui ne favorise que ceux qui sont déjà blindés et qui fait croire (mais faut il etre con ! )que les coupables sont ces buveurs, ces fénéants, ces sans le sou, ces étrangers.La France pays des droits de l'homme ? NON, certainement pas. Pays de la suffisance, de l'auto satisfaction, des intrigues, des coups bas,des alliances douteuses,grand adorateur du veau d'or. Mais qui seme le vent ?
De
14H50 | 03/08/2007 |
Hello & Bravo Rue 89 !
J'ai vu aussi un beau reportage, sur les jeunes SDF :
http://www.streetreporters.net/views/156
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 15H07 | 12/08/2007 |
Malheureusement, Street Reporters est en vacances à peine ouvert !
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De
15H01 | 03/08/2007 |
C'est consternant de voir qu'on fait la guerre aux miséreux. Et la majorité des français acceptent cela tranquillement.
J'ai envie de vomir.
Y a-t-il des mobilisations de prévues ?
De manju35
17H16 | 03/08/2007 |
Une mobilisation pour un GERBI collectif ? ? ?
ça m'tente…………
De
18H34 | 03/08/2007 |
« Et la majorité des français acceptent cela tranquillement ». Dans le cas des campeurs du canal de l'ourcq, ce sont les riverains qui étaient plutot demandeur, d'un bon nettoyage, passée la période de sympathie de bon aloi.
Alors, « la majorité des français », si tu veux dire par là les beaufs, ces 53%, ben tu te plantes.
Ce n'est pas la « majorité des français » qui accepte cela tranquillement, ce sont les riches (pardon pour cet archaisme) qui ne veulent pas de ça chez eux. Et je m'excuse par avance pour les bons teins quelque chose qui se considèrent comme des rebelles parce qu'ils habitent dans le XXe arrondissement de Paris.