► Où en est la proposition ?
Une première loi, » relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) » a été votée le 10 août 2007.
Présenté par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le texte prévoit qu'au » plus tard dans un délai de cinq ans » , toutes les universités auront accédé à l'autonomie dans les domaines budgétaires et des ressources humaines, et modifie la » gouvernance » des universités, leur président disposant désormais de pouvoirs renforcés : un droit de veto sur les affectations, la possibilité d'embaucher des contractuels et de gérer les primes des personnels. Reçus par Valérie Pécresse fin mai, les syndicats étudiants se sont montrés d'abord très satisfaits par le climat des négociations, avant de se dire très déçus par la copie rendue par la ministre.
Après une rencontre avec Nicolas Sarkozy, la crise a été déminée avec l'ajout d'un cinquième chantier, visant à favoriser l'intégration professionnelle des étudiants. Les quatre premiers chantiers avaient été détaillés par Valérie Pécresse, dans une interview au JDD :
» Le premier traitera des conditions de vie étudiante et se penchera sur les questions d'hébergement, de cantines, de bourses, de santé, d'intégration des élèves handicapés.
Le deuxième s'attaquera aux carrières de tous les personnels de l'université (progression, statuts, mobilité, traitements, égalité hommes-femmes).
Le troisième volet sera consacré aux conditions matérielles de travail. Trop d'enseignants, de chercheurs et d'élèves travaillent dans des conditions indignes, qui rebutent les professeurs et étudiants étrangers que l'université française devrait pouvoir séduire.
Dernière réforme, celle du statut des jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs. » (Voir notre dossier sur la réforme de l'université.)
► Que disait son projet ? » Nous proposerons aux universités volontaires un statut d'autonomie leur permettant d'organiser librement leurs filières d'enseignement, de recruter leurs élèves et de recruter leurs enseignants, de les payer comme elles l'entendent, d'utiliser leur patrimoine, de signer des partenariats. Je veux que nos universités puissent se battre avec les mêmes armes que leurs concurrentes étrangères pour figurer dans le peloton de tête des établissements d'enseignements supérieurs. » (Source : projet de Nicolas Sarkozy)
► Date initialement prévue de mise en application ? Au cours de l'été 2007.
Une loi a été votée le 10 août sur l'autonomie des universités.
► Que pensez-vous de cette proposition ?


























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De
17H53 | 28/05/2007 |
en permettant aux universités de recruter leurs élèves ainsi que leurs enseignants,celles qui beneficieront d'une bonne notorièté, à tort ou à raison, selectionneront les meilleurs élèments. les élèves moins chanceux devront se contenter d'un enseignement moins performant.après la santé, voici l'éducation à deux vitesses.
De
19H31 | 28/05/2007 |
Il est certain que notre système universitaire et scolaire est à revoir. A chaque ministre sa réforme et au final on compte le nombre d'enfants sortis du système sans aucun diplôme. Je pense que le nouveau ministre oublie quand même de rappeler qu'elle succède à un gourvernement de droite et que l'on fait mine de découvrir les problèmes. Je serais curieux de connaître ses remèdes dans les domaines du logement, de la santé de l'insertion des handicapés et des chercheurs. Au rythmes des allègements d'impôts des défiscalisations et toutes autres manoeuvres annoncées, qui va financer ses opérations.
Ayez Mme la ministre le courage d'annoncer tout haut votre véritable projet d'avenir pour les universités et les universitaires…
De
20H10 | 28/05/2007 |
On retient tous les déclarations de Valérie Pécresse :
- pas de sélection
- pas d'augmentation des frais d'inscription
- respect du cadre national des diplômes
Et on en reparle dans 5 ans.
Boris
De
17H57 | 16/06/2007 |
avec la loi d'autonomie des universités, quel sera l'avenir de filières moins porteuses ? quel choix restera-t-il ? n'allons-nous pas vers un rétrécissement des filières ? quel doyen optera pour une filière moins prestigieuse…
De
14H02 | 31/05/2007 |
Sur le papier, ça a l'air bien, mais une fois passé le temps des déclarations généreuses et venu celui du vote de budget, préfèreront-ils financer les cadeaux fiscaux ou les universités et la recherche ? La droite a méprisé les étudiants, les universitaires, les chercheurs pendant 5 ans, j'ai du mal à voir pourquoi elle changerait tout à coup d'état d'esprit, pour mener une politique qui ne correspond en rien à son idéologie.
Et puis de toute façon on ne peut se contenter de réformer l'université seule, il faut repenser globalement à mon avis le paysage de l'enseignement supérieur (grandes écoles, filières profesionnalisantes, universités) pour savoir qui fait quoi et éviter que l'université ne soit qu'une orientation par défaut pour beaucoup, dans laquelle la sélection se fait hypocritement, au fil des années d'études, souvent par l'argent (travailler pour financer ses études n'est pas un facteur de réussite ! )
De
14H03 | 31/05/2007 |
Comme dans beaucoup de domaines, toutes ces déclarations ne sont que des intentions. Comme le dit bien au autre courageux anonyme, on voit surtout que cela va mener à un scandaleux système à deux vitesses (trois si on prend en compte les « Grandes écoles ») !
Si on parlait un peu de concret plutôt ?
- Qu'en est-il des statuts et salaires misérables des doctorants. Aucune indexation, un salaire plus bas que le smic et des conditions de travail (moyens, encadrements qui laissent souvent à désirer) ? Qu'en est-il de leur perspectives ?
- Qu'en est-il de ce système bicéphale qui voit fleurir les Grande écoles et leur privilégiés, ? Quand fusionnera-t-on les deux systèmes pour faire cesser ce générateur d'« élites » cooptantes et népotistes ?
- Qu'en est-il de l'implication du privé ? De leurs investissements largement insuffisants dans la recherche et l'innovation ? (A preuve la récente décision européenne de financer entièrement Galileo sur fonds publics, les acteurs privés étant soi-disant incapables de s'entendre ou surtout plus intéressés par les profits futurs que les investissements présents ! )
Tout cela me révulse, d'autant qu'on voudrait voter en juillet la soi-disant plus importante réforme des 5 ans ! Vaste blague ! ! ! !
De NicolasB
Lycéen à Paris | 19H15 | 31/05/2007 |
Cette idée n'est probablement pas une question de parti UMP ou PS. Non, on parle d'éducation. Hormis les lois libérales nécessaires pour l'emploi, il faut savoir que l'innovation, la créativité, la compétence (et bien d'autres) viennent de l'éducation donné par l'éducation nationale. Et, à mon avis, l'idée de donner une certaine autonomie aux universités Françaises sera tôt ou tard probablement très bon pour la France. Un prof d'université gagnant 50 000 Euros par an n'a pas forcément la motivation nécessaire pour faire de la recherche, pour trouver des solutions à motiver ses élèves. Une université se contentant de profs de ce type n'ira jamais bien loin. Il faudrait faire comme les Etats-Unis en ce qui concerne les salaires ; son salaire devrait dépendre de la compétence du professeur d'université. Pourquoi les universités Américaines sont en grand nombre internationallement connues ? Et pourquoi seulement une université Française fait parti du top 50 des universités au monde ? C'est l'idée de Sarkozy qui donner de l'autonomie aux universités.
De
09H33 | 02/06/2007 |
Le refus d'un minimum de sélection à l'entrée de l'université relève de la politique de l'autruche. Le baccalauréat ne représente et ne garantit plus grand chose : on peut très bien avoir un bac S avec 0/20 à l'épreuve de maths, en compensantpar des options généreusement surnotées. Est-ce un avantage de pouvoir s'inscrire en fac de sciences dans ces conditions ? Et que dire des bacs technologiques et professionnels, parfaitement honorables mais qui donnent droit à l'inscription en fac sans la préparation adéquate : environ 1% de réussite. La sélection a donc lieu au premier semestre, par abandon ou échec complet : quel gâchis humain, financier, de moyens ,de logements au détriment des vrais étudiants qu'il faudrait soutenir.Le syndrôme Devaquet empêche la France de s'inspirer d'autres pays : bac+ petite sélection par dossier ou examen.A la place l'autonomie risque fort d'instaurer universités et diplômes à plusieurs vitesses, avec critères sociaux plus que de mérite. L'université du pauvre(certaines existent déjà) plutôt que la sélection : est-ce un progrès ?
De janmach1
01H09 | 03/06/2007 |
C'est faux, le projet de réforme sur l'autonomie des facs est loin de faire l'unanimité, ni des étudiants, ni des syndicats.
Sud-étudiant, la CNT sont plus représentatifs que la confédération étudiante, ou même que l'unef sur certains campus. Et ils s'opposent au projet sarko-pécresse, si bien qu'ils ne sont pas invités aux négociations.
Pourquoi nous opposons-nous à l'autonomie des facs, c'est bien, l'autonomie, non ? Eh, bien, dans ce cas, non. Car l'autonomie des facs, c'est avant tout l'autonomie financière vis à vis de l'Etat. Autonomie financière, ça veut dire que les facs vont devoir faire appel aux financements privés, dont soumettre les enseignements aux intérêts du secteur privé. ça veut dire, impossibilité de critiquer l'économie de marché, de proposer une formation plus large et plus critique que simplement servir sa boîte.
Ensuite, cette autonomie financière implique la mise en concurrence des universités. Donc, à très court terme, constitution de poles d'excellence à paris, et le reste, province et banlieue, sera dépouillé de ses chercheurs et doctorants, pour n'être que des facs formant des étudiants de sous-catégorie. Si vous voulez des études de qualité, payez vous un appart à paris.
Evidemment, malgré les promesses de fillon, la sélection par les notes ou par l'argent (frais d'inscriptions) sera indispensable, pour éviter que tout le monde ne se rue dans les meilleures facs.
Donc, il faut le dire haut et fort, cette réforme est hypocrite, injuste, nuisible, elle sonne la fin de la liberté scientifique et pédagogique indispensable à la démocratie, elle sonne la fin de l'égalité sociale et territoriale d'accès aux formations. Cette réforme est extrêmement grave.
juste pour rire, devinez comment cette réforme a failli s'appeler ? « Réforme d'émancipation des universités ». Oui, oui, vous avez bien lu, les idéologues de l'UMP ne reculent devant aucun cynisme.
De
22H59 | 25/06/2007 |
Le système d'enseignement supérieur français peut être qualifié de féodal. Les pauvres paient au prix fort les études des riches dans les grandes écoles et se contentent de financer à prix cassés des études sans valeur reconnue sur le marché du travail pour leurs propres enfants qui reçoivent des cours dispensés dans des amphis surchargés où le chauffage est hors d'usage depuis l'hiver 54. Si certains qualifient ce système de méritocratique, c'est en général ceux qui sont « tombés » du bon côté par les hasards de la naissance. Le dualisme grandes écoles/universités est comparable au système des castes qui maintient les brahmanes (ou ceux que Bourdieu qualifiait de « noblesse d'Etat ») soigneusement à l'écart des parias qui connaissent surtout de la démocratisation scolaire la dévaluation des titres et la condition sous prolétarienne de l'étudiant salarié.
En plus court : pas de réforme de l'université sans mise à mort de la distinction franco-française universités/grandes écoles. je sais que c'est pas demain la veille qu'un parti politique prendra ce risque, mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que la misère noire des universités réside essentiellement dans l'opulence arrogante de Sciences-po ou de Polytechnique…
De lamu-island
13H02 | 01/07/2007 |
Sur le fond, proposer une loi sur l'autonomie des universités est sans aucun doute nécessaire, mais ce qui nous est actuellement proposé a légèrement tendance à laisser de côté une grande partie des tâcherons de l'enseignement supérieur .
On oublie un peu trop de noter que, dans les universités, tout comme dans les grandes écoles, les établissements publics qui dispensent de l'enseignement, il existe d'autres type de personnels qui n'en sont pas moins indispensables. Des gens qui bossent pour articuler l'ensemble de la machine. Très sommairement, pour permettre aux enseignants-chercheurs de faire de la recherche et de la formation et aux étudiants d'optimiser leur formation et à partir d'un certain niveau de faire de la recherche : j'ai nommé le personnel administratif précaire. Il n'est pas inutile de rappeler que près de 30 % des personnels administratifs travaillent en CDD, sous contrats à « X » vitesse, avec des salaires jamais revalorisés, des heures sup jamais prises en compte, pas de plan de carrière, pas de projet, etc… Assis sur un siège éjectable à grande vitesse ils participent pourtant activement, à la bonne marche de l'ensemble.
De ceux-ci on ne faire guère mention, car cela n'a rien de glorieux pour l'Etat (malgré le « chantier sur les carrières de tous les personnels des unversités »). Ils sont pourtant là au quotidien à oeuvrer dans l'ombre, dans des conditions trop souvent lamentables. Que va apporter la réforme des universités à cette catégorie de personnels, mystère, et on évite soigneusement d'aborder le sujet.
Le non remplacement de fonctionnaire partant à la retraite est déjà une réalité. Mais comme il faut bien que le travail soit fait et, compte tenu les effectifs sont déjà minces, la machine à CDD fonctionne à plein, et n'est pas prête de s'arrêter. Monsieur le Président, Madame la Ministre, quelles réponses allez vous nous apporter. Que nous proposez vous concrètement, contrat unique, modification des statuts, régularisation des CDD comme dans le privé après le 2nd contrat sur un mêmeemploi, ou plus simplement application de la loi Sapin (en cessant de contourner la loi pour que ce texte puisse être enfin respecté), paiement des heures sup, reconnaissance au mérite, la liste est longue.
Que le débat se focalise sur le grand axe étudiants - enseignants est normal, mais réducteur.
L'arbre fonctionnaire cache la fôret des précaires de la FP.