
Quand l’actrice Mia Farrow a écrit, en mai dernier dans les colonnes du Wall Street Journal, que Steven Spielberg risquait de devenir le "Leni Riefenstahl des Jeux de Pékin", on pouvait penser qu’elle avait eu une illumination. Ou bien qu’elle frappait un coup vraiment bas contre le fondateur de la Fondation de la Shoah.
Quelle qu’ait été votre réaction, vous deviez bien admettre une chose : elle en avait… Nous l’avons jointe cette semaine alors qu’elle tourne un film en Normandie sous la pluie - et elle nous a raconté les coulisses de cette histoire.
Dans sa tribune, Mia Farrow -que l’on verra prochainement dans le dernier film de Michel Gondry Be Kind Rewind, avec Jack Black- reprochait à Steven Spielberg son rôle de conseiller du gouvernement chinois pour les Jeux olympiques de 2008. A moins que la Chine n’exerce de vraies pressions sur le Soudan pour mettre fin à la crise du Darfour, juge-t-elle, Spielberg devrait quitter ce qu’elle appelle "les Jeux du génocide" (Si Rupert Murdoch parvient à prendre le contrôle du Wall Street Journal, on peut se demander combien d’articles critiquant la Chine pourront être ainsi publiés dans ses pages Opinion).
Farrow nous a expliqué qu’elle avait adressé deux lettres à Spielberg au cours des mois précédent la parution de son article. Dans la première, elle lui demandait conseil sur l’usage qu’elle pouvait faire d’images accumulées lors d’une visite dans la région du Darfour (Mia Farrow est ambassadrice de l’Unicef, le fonds des Nations Unies pour l’enfance NDT). Y compris un album de photos annotées de sa main. "J’ai utilisé chaque photo pour faire passer l’idée de l’énormité de la situation, ainsi que les statistiques effrayantes", dit-elle. "Et je pensais que les visages que je lui présentais lui parleraient de manière suffisamment éloquente". Cet envoi contenait également des informations sur le rôle de la Chine dans cette crise, ajoute-t-elle.
Farrow n’a reçu aucune réponse. Puis elle a lu que Spielberg allait devenir directeur artistique des JO. "Je lui ai alors écrit une lettre, en conscience, pour lui dire que j’espérais qu’il connaissait bien tous les faits. Je lui ai conseillé d’y réfléchir à deux fois. N’ayant aucune réponse, j’ai eu une vision, celle d’une boîte dans une boîte dans une boîte… Peut-être qu’il avait un bureau, mais qu’il avait un véritable bureau derrière et que derrière ce bureau il y avait encore un autre bureau, et peut-être que seulement trois lettres par mois lui parviennent. Pour être honnête, peut-être n’a-t-il jamais reçu mes lettres. Mais je me trouve dans un autre rapport au temps, dans lequel 10000 personnes meurent par mois. Alors si vous attendez encore deux semaines, il y a encore 5000 personnes qui meurent. Je ne pouvais plus attendre, et c’est comme cela que j’ai conçu cet article".
Spielberg n’a pas dit ce qu’il ferait pour les Jeux, mais il devrait s’exprimer prochainement sur le sujet. Ce qui est certain, c’est qu’il a été frappé par l’article de Farrow. Peut-être s’agit-il d’une coïncidence, mais peu de temps après, il a écrit au Président chinois pour lui demander d’agir. Mais il estime qu’il est injuste de faire pression sur lui pour le pousser à boycotter les JO, alors que les groupes militants ne demandent rien aux athlètes qui vont y participer.
Farrow sait que dans le monde du show business, beaucoup considèrent que c’est une folie de s’en prendre à Spielberg, que ce soit en public ou en privé. "Je sais comment ça se passe là-bas", dit-elle en parlant de Hollywood. "Je sais que les drapeaux sont en berne chez mes agents. Mais je ne risque pas ma vie. Je risque peut-être ma carrière. C’est peu de choses quand on parle de la vie de milliers de personnes".
Cela peut consoler ceux qui ont adressé des lettres à Spielberg sans jamais avoir reçu de réponse de savoir qu’une actrice célèbre n’a pas eu plus de chances qu’eux. Mais Farrow dit qu’être une actrice lui donne un avantage pour faire passer un message. "J’ai évité les interviews toute ma vie, mais désormais j’en donne à tour de bras sur le sujet du Darfour. Je fais ce que je considère être ma seule réponse possible dans cette situation".
MISE A JOUR : Le porte-parole de Spielberg, Andy Spahn, a déclaré que Spielberg étudiait toutes les options, y compris démissionner, en fonction de ce que feront les Chinois dans les prochains jours. "Nous sommes assez avancés dans des discussions pour décider si cette voie est positive ou non, et donc s’il faut étudier d’autres options".
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au premier commentateur: vérifiez vos infos avant de lancer des accusations. Voir la réponse d’un internaute ci-dessus, qui est exacte concernant Badinter.
il en faudrait beaucoup plus pour m’impressionner que les puériles dénégations de 16H06, ou celles de Pierre Haski qui sur un ton d’assurance lui emboîte le pas… Quoi qu’il en soit, et bien qu’ici sachant parfaitement à quoi m’en tenir, j’ai vérifié. On peut lire par exemple ce qui suit, sur le site www.fidh.org :
« La Commission est en principe indépendante, et
composée de 8 membres. Parmi ceux-ci, trois sont
pourtant choisis au sein du CIO lui-même. Mais il
est vrai que l’apport de 5 personnalités extérieures
- parmi lesquels ont peut citer de nombreuses personnalités
au dessus de tout soupçon, comme l’avocat
et sénateur Robert Badinter ou d’anciens
sportifs connus pour leur intégrité - renforcent la
crédibilité de cette institution. »
la citation ci-dessus pourrait laisser croire qu’il s’agit de fonctions, et de J.O., antérieurs à ceux de Pékin. Aussi, et afin de devancer une polémique sans objet (en plus je préfère que l’on parle de la courageuse prise de position de Mia Farrow), je peux préciser qu’une des dernières circulaires adressées en 2006 par Amnesty International à ses adhérents comportait encore une servile pétition adressée ès-qualités « A l’attention de M° Robert Badinter, Membre de la Commission d’éthique d’organisation des jeux Olympiques ». Mais après tout, Pierre Haski dispose de moyens d’investigation supérieurs aux miens -et je reconnaîtrai bien volontiers mon erreur si je me suis trompé.
Cher Luke, Après quelques recherches, voici ce que je trouve sur le site du Comité international olympique (CIO):
1 juillet 2007 M. Guy Canivet, ancien président de la Cour de Cassation française et actuel membre du Conseil Constitutionnel, a été nommé membre de la commission d’éthique du CIO, à l’occasion de la réunion de la commission exécutive du CIO, tenue à Guatemala Ciudad , le 1er juillet 2007. M. Guy Canivet remplace M. Robert Badinter, qui, pour des raisons personnelles, a souhaité mettre un terme à ses fonctions auprès de la commission d’éthique du CIO, à l’échéance de son troisième mandat.
Donc Badinter s’est retiré sans faire de bruit de ce comité, ce qui déjà en soit une info intéressante. Je ne sais pas si son retrait est lié aux JO de Pékin, mais nous allons suivre cette affaire. La personne qu’il faut désormais cuisiner, c’est Guy Canivet… Merci en tout cas d’avoir soulevé cette affaire, car d’une erreur initiale on a pu aboutir à une info plus complète. C’est tout le principe de ce site!
Cher Pierre Haski,
Chacun, suivant ses convictions, appréciera tout le progrès que constitue le tremplacement du français Badinter par le français Canivet.
Libre à vous par ailleurs de voir une info « en soi intéressante » sur le terrain des libertés, là où contraire l’intéressé s’est retiré pour des raisons personnelles, belle mentalité…
Mais il y a de votre part quelque audace à m’attribuer une « erreur initiale », là où j’ai procédé au rappel de ce qui aura hélas été une info significative et durablement exacte.
Voilà une position franche et honnête. J’espère que Spielberg en tiendra compte dans sa décision.
Ki c’est il keu sé donc , alors ,
E.T ?
On reste un peu sur sa faim.
Est-ce une traduction réalisée par un logiciel ? Dans ce cas, Rue89 aurait tout intérêt à s’attacher les services d’un traducteur, ce qui éviterait les paragraphes avec quatre « mais » qui se bousculent et entrent en collision, au détriment de la clarté.
Est-ce la syntaxe américaine de madame Masters ? Qui dès lors devrait cesser d’écrire avec ses pieds ou enlever ses moufles, c’est l’été à New York !
Si en revanche elle s’est fendue d’un papier en français, alors bravo, bel effort et keep it goin’on.
Sur le fond, on pourrait s’attendre, à propos de l’attitude à adopter à l’égard de la Chine, à autre chose que les doutes existentiels de Mia Farrow (qu’est ce que c’est que cette histoire de boite derrière la boite ?).
1) Chine - USA
Les dirigeants américains ont octroyé pendant des décennies la clause de la nation la plus favorisée à l’Empire du Milieu, permettant à celui-ci d’inonder les rayons de Wal-Mart de camelote chinoise destinée à assouvir les pulsions consuméristes du lumpenproletariat yankee. Aussi n’est-il pas un peu tard pour se réveiller et découvrir que derrière les sympathiques gousses d’ail chinois qui trônent dans les bacs des discounters US il y a un état voyou bien plus méchant (et potentiellement dangereux) que le Vénézuela de M. Chavez ? (ami de la Chine, certes…)
Que dire des pro-business, qui ne voient de la Chine que l’énorme (et bien réel) atelier de fabrication et/ou marché qui s’offrent à eux (c’est d’ailleurs la même chose en Europe : sait-on que certains équipementiers automobiles se voient contraints par les donneurs d’ordre - entendre constructeurs grandes marques - de produire une partie des commandes en Chine ?), en oubliant le Laogai, la contamination par le VIH de milliers de paysans dans l’indifférence coupable des autorités (merci P. Haski !), Tien An Men et la répression implacable qui s’en est suivie, sans même évoquer la doctrine stratégique de la Chine en matière de politique internationale, qui a toujours desservi les intérêts de la démocratie en soutenant les régimes les plus brutaux et les plus vils à l’Est de l’Oural et au sud de la Méditerranée.
2) Chine, Darfour, génocide
De plus, face au début de génocide auquel l’Occident assiste, une fois encore impuissant, n’est-il pas illusoire de vouloir mettre les livraisons d’armes (chinoises mais également très certainement russes, voire iraniennes et lybiennes) sous embargo ? Ne serait-il pas plus efficace de donner aux victimes des milices Janjawids soutenues par Khartoum les moyens techniques et militaires de se défendre ? L’heure n’est plus tout à fait aux placebos humanitaires (même s’ils doivent continuer à livrer des sacs de riz ou de manioc face à la menace d’une famine généralisée) ou à la vaine agitation de forces d’interposition sans mandat, dont l’attitude sur d’autres fronts laisse parfois douter de leur bien-fondé.
Il faut que l’Europe, les USA, l’Afrique du Sud voire l’Ethiopie (que gêne le régime de Khartoum) aient le courage et le bon sens de livrer des armes et du matériel lourd aux groupes qui résistent, d’envoyer des formateurs et consultants auprès du SLM et des partis du NDA, voire du JEM (mais ce dernier est islamiste et soutient les intérêts du dirigeant fondamentaliste déchu Al-Turabi) pour coordonner leurs actions (on trouvait bien, il y a quelques décennies, des Bob Denard pour foutre le bordel aux Comores), ce afin notamment de créer un front d’arrêt à l’est de la région et de stopper les menées terroristes des Janjawids, permettant ainsi aux réfugiés de revenir vers leurs villages afin que les cultivateurs puissent retrouver l’emprise sur les terres laissées à l’abandon (phénomène à l’origine d’un début de famine qui complique effroyablement la situation).
De fait, la deuxième étape d’une action concertée serait de stabiliser la frontière avec le Tchad, former les populations des villages du Darfour à l’autodéfense, notamment contre la menace aérienne (Khartoum n’utilise plus ses bombardiers et ses hélicoptères, mais jusqu’à quand ?) ; enfin, retour à la diplomatie par une pression implacable sur le régime de Khartoum (il faut notamment lui interdire de vendre son pétrole à la Chine) ; l’action concertée des démocraties occidentales et africaines (il y en a) devrait suffire à contourner le véto chinois, le survol par quelques F111 ou F117 de la capitale et l’envoi d’un ou deux tomahawks sur des installations militaires (aéroports ou bases d’entraînement) achèveraient de convaincre le régime corrompu et dicatorial de Bashir de revenir au peu de raison qui lui reste. Enfin, l’envoi du force d’interposition internationale pourvue d’un mandat ONU contraignant, la Chine et la Russie finissant par céder, serait évidemment l’idéal pour exclure toute reprise ultérieure des massacres.
Ensuite, et seulement ensuite, serait venu d’appliquer le programme défendu (entre autres) par Sauver Le Darfour.
3) Leçon pour le futur ?
C’est pour ces raisons que l’indignation de Mia Farrow, si elle a le mérite d’être sincère et de provoquer un débat dont le bien fondé est indéniable, se trompe de cible ; Spielberg ou Pékin ne sont pas les acteurs principaux du drame du Darfour ; la Chine doit être condamnée pour ses livraisons d’armes, mais que dire alors des capitaux européens et américains qui permettent à la Chine de les fabriquer à un prix défiant toute concurrence ? La question est globale.
Il faut soutenir militairement les peuples opprimés (majoritairement noirs et musulmans) victimes du terrorisme raciste de Khartoum (qui a officialisé le concept abject de la soi-disante infériorité des « africains noirs » par rapport aux arabes), tout en rejetant la tentation d’aborder la problématique en termes raciaux. L’abandon de ces populations martyrisées serait criminel.
A ce titre l’exemple afghan devrait être dans les mémoires : armés et soutenus par les occidentaux, les moudjahidins ont repoussé les soviétiques et ont parfois donné la parole aux meilleurs (Massoud); lâchés par eux, ils se sont égayés en milices ethniques ou tribales, donnant ainsi l’occasion aux pires, « talibans » qui n’ont d’étudiant en théologie que le nom tant ils apparaissent comme les suppôts de l’obscurantisme, d’instaurer « l’ordre islamique ».
Désolé d’être pontifiant, mais le sujet en vaut la peine.
Il me semblait que c’était le scénario « idéal », ce qui ne veut pas dire que c’est le plus simple à mettre en oeuvre, bien au contraire.
Les enjeux dépassant le cadre purement humanitaire et touchant à la stratégie économique d’un acteur majeur de la scène internationale (le pipeline du Soudan est primordial pour la Chine, dont la croissance énergivore demande une diversification accrue des sources d’approvisionnement), combinés à la prudence nécessaire (mais ici malheureusement complice) relative à toute violation de souveraineté reposant sur un engagement militaire (direct ou indirect), il est fort peu probable que cette option soit choisie, voire même envisagée.
Il n’en reste pas moins qu’une solution visant à donner les moyens aux populations attaquées et chassées de se défendre aurait le mérite de trancher avec le marasme encouragé par l’immobilisme larmoyant des capitales occidentales.
Lorsqu’en 1992, Sarajevo sous les bombes réclamait des armes pour se défendre de l’agression des fascistes serbes, je me souviens que le concert des nations s’est contenté d’ouvrir un corridor aérien humanitaire et d’envoyer quelques casques bleus qui se faisaient allumer par des snipers bien renseignés sur les positions de la FORPRONU. C’était au coeur d’une Europe « moderne » et « civilisée ». Il a fallu près de 4 ans pour faire cesser les massacres (dont le bilan, certes élevé pour une Europe pacifiée depuis 1945, reste sans comparaison avec les données actuelles, assez effrayantes, avancées sur le Darfour), et ce par un accord déshonorant - mais utile - qui entérinait les politiques de « purification ethnique » essentiellement mises en oeuvre par les milices serbes et croates.
Aussi, je suis plus que pessimiste sur le sort que le monde fera à ces cultivateurs de l’ouest du Darfour et à leurs soeurs et frères en exil.
Oui, oui, tout ça est très courageux… Mais j’aimerais mieux un vote de l’ONU donnant 15 jours au Soudan pour accueillir des observateurs, une force armée multinationale sur place dans les 2 mois pour ‘aider’ l’armée soudanaise à mettre fin au conflit et quelques centaines de millions d’assistance financiere et technique pour relocaliser les réfugiés, les proteger et remettre la région sur le rail. Passer par Spielberg, pour toucher les JO, pour toucher Beijing, pour toucher Kharthoum… me semble un bien grand détour. 1/10è de l’effort USA en Irak pour tuer, suffirait amplement à sauver des vies et à regler la question du Darfour… Mais ils se fichent du Darfour… Mia Farrow devrait écrire à Bush.
http://nouvellesociete.org/5061.html
Pierre JC Allard
Bien entendu, on peut critiquer la prise de position de Mia farrow sur bien des aspects, énumérés dans les divers commentaires qui précèdent.
Mais reconnaissons la valeur de sa démarche et les risques qu’elle prend pour défendre ses idées et une cause juste. Ce n’est pas à la portée de tout le monde.
Bodeler a quelque chose de poétique, merci, mais mon nom est Dodeler, avec un D comme Ducon.
On aimerait pouvoir faire de l’humour sur le dos des populations persécutées dans l’indifférence générale et auxquelles on ne sait que promettre de « beaux lendemains » (des tentes confortables et de jolis camps patronés par le HCR) ; refuser de livrer des armes et de défendre des populations civiles quand on connaît l’agresseur revient à se rendre complice. Et prétendre comme certains « qu’ils ne feraient que se massacrer entre eux » relève d’un incroyable complexe de supériorité européo-centriste, qui consiste à croire (et à aimer croire) que l’Afrique ne peut être et ne sera que chaos et massacres interethniques. C’est faire fi de l’existence d’élites africaines démocrates et progressistes et cela a des relents néo colonialistes plutôt nauséabonds.
Un autre exemple historique devrait faire réfléchir les pacifistes bêlants et autres munichois qui hurlent à l’infâmie dès qu’on prononce le mot « militaire » : l’Espagne Républicaine a sombré parce qu’entre 1936 et 1938, les démocraties s’étaient mises d’accord pour mettre les livraisons d’armes sous embargo ; le contournement de cet embargo via le Mexique par la Russie et la France (cette dernière dans une position schizophrène et hypocrite) était d’une telle complexité que lorsque les canons ou les avions arrivaient en pièces détachées dans le camp républicain, les avions des fascistes allemands et italiens avaient déjà rasé Guernica et bombardé Madrid et Barcelone. Ajoutez à celà la division du camp républicain (désarmés, difficile de fédérer) : et au final 40 ans de Franquisme réactionnaire.
Et jamais aucun embargo n’a empêché les peuples de s’entretuer : la guerre Iran-Irak en est le meilleur exemple récent. Et plus loin dans l’histoire, souvenez-vous que le blocus continental n’a pas empêché les Anglais de défaire Napoléon à Waterloo.
Il faut sortir de la léthargie bien-pensante qui consiste à croire que seules les ONG peuvent être utiles en Afrique ; à ce titre, saluons l’action de Clooney ou Farrow (même si je persiste à penser que la Chine ne doit pas être au coeur du débat) pour favoriser une prise de conscience occidentale sur la question (qui tarde néanmoins à se faire sentir en France : Rue89, ne faudrait-il pas s’interroger des raisons du silence des mainstream medias sur cette question : le fait que des noirs soient persécutés par des arabes constitue-t-il un sujet jugé trop sensible, trop complexe, trop peu « glamour » ? A-t-on si peu confiance dans la fraternité de nos concitoyens, quelle que soit leur couleur ou leur origine, au point de craindre des crispations communautaires si le sujet revenait un peu trop souvent à la « une » ? Si je suis Arabe, je ne peux pas avoir de compassion pour ces populations persécutées ? Si je suis Noir, je vais taper mon voisin arabe parce qu’il n’a pas encore adhéré à la charte de SOS DARFOUR ? D’où vient ce silence pénible (à l’exception de quelques articles dans la presse écrite, ce conflit est très peu couvert notamment à la télévision, alors qu’aux USA, CNN et FOX - oui, ces néocons débiles - l’évoquent régulièrement) ? Je relève que les médias français semblent prendre moins de précautions quand il s’agit d’évoquer le conflit israélo-palestinien.
Courageux anonyme de 12h50, toutes ces causes sont légitimes, et il y aurait beaucoup à en dire, mais il n’y a pas de situation pré-génocidaire dans les régions que vous évoquez.
Par ailleurs, invoquer « les manipulations » revient à se mettre du côté des conspirationnistes (on ne nous dit rien, on nous cache tout) ce qui n’est pas le cas puisque nous en débattons ici-même : comme vous êtes intelligent et que vous avez accès à des sources d’information diverses et relativement fiables (ONU, HCR, ONG non sponsorisées par des gouvernements, des religieux ou des groupes de lobbying), vous pourrez constater par vous-même que la situation du Darfour est réellement dramatique. Il est dommage qu’on en parle si peu en France (mais il est vrai que de la coupe mondiale de football au tour de France, il y a tellement de sujets plus essentiels pour TF1 et France TV) !
Quant au « marketing humanitaire », notion ambiguë qui relève parfois de l’insulte grotesque vis à vis des ONG dont c’est le travail d’alerter les populations sur des situations d’urgence en un point donné de la planète (c’est également méprisant au regard de ce qu’endurent les victimes), on doit le combattre effectivement quand son utilisation revient à figer les situations dans un statu quo honteux : l’heure n’est plus à l’humanitaire, justement, mais à la guerre défensive. L’idée absurde selon laquelle il « ne faut pas rajouter des morts aux victimes » ne devient-elle pas abjecte, lorsque l’on sait que les victimes sont en grande majorité civiles et ne peuvent se défendre, et que les agresseurs sont en pickup Toyota armés de mitrailleuses lourdes, AK47, mortiers et RPG, appuyés de temps à autre par des hélicoptères Mil-Mi24 et chasseurs Mig29 de conception soviétique ?
sources ONU ; Amnesty International).
L’orientation selon laquelle il ne sert à rien de vouloir arrêter une puissance de feu reposant sur des armes lourdes avec des casques bleus sans mandat.
Les modèles d’armement sont ceux cités (entre autres) par Amnesty International. Je ne pense pas que cette ONG reconnue pour son travail aît besoin d’être particulièrement « crédible ».
Ce qui se passe au Darfour n’est pas une querelle entre cultivateurs sédentaires et cavaliers nomades qui se règlerait à coups de mousquets ou de sagaies.
Y a t-il un pays au monde qui n’a rien à se reprocher ?
La France ? L’actualité dit déjà le contraire ! Bref, chaque pays ne voit que ses intérêts, c’était valable hier, c’est valable aujourd’hui et demain se sera identique !
Le Darfour, c’est idem que la Somalie… Pas d’intérêt à y aller !
Pourquoi tant d’effort pour libérer des infirmières et un médecin en Libye ( un si petit nombre à sauver ) alors que pas loin des milliers de gens sont « érradiqués » de la surface de la terre ?
Toujours la même chose : Les intérêts du pays !!!
J’en connaîs un, vu très souvent sur des plateaux TV, faire le grand donneur de leçons , il est actuellement Ministre des Affaires Etrangères, il attends quoi pour faire ce qu’il disait si haut et si fort à la TV ?
Le temps passe et comme d’habitude les morts s’entassent…
HELLO Mister HASKI.
J’ai suivi votre prestation sur France-Inter today.
J’ai l’honneur et l’avantage de vous informer que je partage totalement votre point de vue.
Bon sens ne saurait mentir.
Ignorant tout de votre position sur le sujet et ignorant même votre venue dans cette émission, c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai constaté que les grands esprits se rencontrent.
Quand je parle de grands esprits, le mien est en devenir.
Merci! ravi de cette réaction d’auditeur/internaute…
Mia farrow
quel sacre personnage!
C’est vraiment david contre deux goliaths !
ca fait plaisir de lire des infos de ce genre depuis Shanghai.
Car ici on prepare deja l’exposition universelle de 2010.
On imagine meme pas une seconde qu’on puisse boycotter quoi que ce soit a Pekin.
Comme on imagine tres difficilement une chine separee de taiwan.
Depuis que je suis en chine,on me dit « Taiwan is China, Taiwan belong to China »—Taiwan shi Zhongguo…
Un pays , deux systemes…
Au fait, petit echec de Mia Farrow :
Coca a deja investi dans la region ses 80 millions de US dollars.
Mia farrow
quel sacre personnage!
C’est vraiment david contre deux goliaths !
ca fait plaisir de lire des infos de ce genre depuis Shanghai.
Car ici on prepare deja l’exposition universelle de 2010.
On imagine meme pas une seconde qu’on puisse boycotter quoi que ce soit a Pekin.
Comme on imagine tres difficilement une chine separee de taiwan.
Depuis que je suis en chine,on me dit « Taiwan is China, Taiwan belongs to China »—Taiwan shi Zhongguo…
Un pays , deux systemes… »yo guo, liang zhi »
Au fait, petit echec de Mia Farrow :
Coca a deja investi dans la region ses 80 millions de US dollars.