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Réforme de l'Université: pour les grandes écoles, peut mieux faire

Christian Margaria, président de la CGE (DR)Projet de loi  » libertés et responsabilités des universités » , tel est le doux nom porté aujourd’hui par la grande réforme de l’Université… Arrivé devant l’Assemblée nationale ce 23 juillet pour trois jours de discussion, le texte a subi depuis sa première version un certain nombre de retouches. Pas de quoi effrayer Christian Margaria (photo), président de la Conférence des grandes écoles (CGE), même si ce dernier regrette certains aspects du texte initial.  » La nécessité de réformer l’Université pour la replacer au niveau qu’elle n’aurait jamais dû quitter est une évidence et les discussions en cours vont toujours dans le bon sens. Nous regrettons cependant la disparition de certaines dispositions du premier projet, et notamment celle qui limitait le conseil d’administration à vingt personnes, dont sept représentants du monde civil. Une disposition propre à faciliter l’employabilité des diplômés. » Depuis a été prévue la possibilité d’élargir ces assemblées jusqu’à trente membres sans représenter davantage les acteurs socio-économiques. Dommage pour la CGE.

Autre doléance, l’abandon du principe de sélection.  » Il faudra bien un jour parler de la sélection des étudiants, pour ne plus les laisser s’engager dans des formations que l’on sait sans issue. » A un moment où nombre de filières, notamment scientifiques et techniques, offrent de très bons débouchés mais souffrent d’un manque de vocations, difficile pour les professionnels de voir tant d’élèves embrasser des études à l’avenir plus qu’incertain. D’où ce regret de la CGE.

Tout n’est pas négatif cependant dans le texte présenté à l’Assemblée nationale. Ainsi la possibilité pour chaque président d’être élu pour une période de quatre ans renouvelable et non plus pour cinq ans secs, car  » une excellente idée, selon Christian Margaria, les constantes de temps dans l’enseignement supérieur étant d’au moins quatre ou cinq ans, un mandat aussi court limitait forcément toute possibilité d’action » .

Le président de la Conférence des grandes écoles a même émis le souhait que certaines dispositions du texte de loi soient élargies aux institutions dont il a la charge.  » Ainsi le transfert possible aux universités de la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers mis à leur disposition. Un point intéressant pour des établissements comme Centrale Paris et les Insa, dont les statuts juridiques sont similaires à ceux des universités mais qui n’étaient pas compris dans le champ de la loi. »

Au final, une évolution profonde de l’Université est de toute façon nécessaire. Déconsidérée au sein d’une large partie de la population, régulièrement mise à mal dans les classements internationaux et notamment l’emblématique ranking de l’université Jiao Tong de Shanghaï, le pire serait de ne rien faire. Christian Margaria approuve  :  » Nous soutenons totalement l’idée d’une Université française plus forte. Notre pays a la chance d’avoir deux filières d’enseignement supérieur complémentaires. Tout effort pour replacer l’Université au plus haut niveau est donc bienvenu. Et jamais cela ne nuira aux grandes écoles. Bien au contraire, tout le champ de l’enseignement supérieur français en profitera. »


A lire  :
Les grandes écoles, l’autre versant de l’enseignement supérieur


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pointenoire
10H14 26/07/2007

J’ajouterai même pour voir quotidiennement les dégats causés que leurs « conseils » sont souvent totalement déphasés par rapport au besoin du marché mais aussi et surtout au profil des candidats !! alors que se sont tous des psychologues de formation !!

 
geubeul1 | edité sur fils2prof.over-blog.com
13H36 26/07/2007

Mais oui ma brave dame et une bonne guerre là-dessus et ces fainéants marcheront droit.
La réforme n’a aucune utilité, si ce n’est mettre en phase l’éducation française avec celle des pays européens.
Les répercussions énormes seront de l’ordre de la privatisation rampante de toutes les universités à voccation industrielle.
Soit comme d’habitude la fin du service public qui a cessé de fonctionner à partir du moment où il fallait tout ouvrir à la concurrence…

 
beaumasque
00H27 26/07/2007

De quelle autonomie nous parle t on ?

Longtemps l’autonomie des universités fut celle des savoirs, des enseignements, de la recherche, des critères d’évaluations, bref s’était l’autonomie des universités face à tous les pouvoirs : politique, économique, religieux …

Aujourd’hui sous ce vocable on nous prépare un projet de loi qui aura pour principale conséquence de fragiliser les universités, de les rendre dépendantes des pouvoirs économiques et politiques.

Cette fameuse autonomie financière et budgétaire va conduire bon nombre d’entre elles à se retrouver dépendante de sources de financement qui exigeront avec plus ou moins de force des contreparties. Une entreprise ne finance pas une université sans raison ni bénéfice : accès aux résultats des recherches et possibilité de s’approprier tout ou partie de ses résultats (avec ou sans royalties), influence sur les matières, les enseignements et/ou le choix des enseignants.

Ce qui est enjeux c’est l’autonomie (toute relative) de l’université, c’est l’autonomie d’un des derniers lieux de construction de savoirs indépendamment des autres secteurs de pouvoir, d’un des derniers lieux de résistances intellectuelles.

L’université avait son propre mode de recrutement, de mesure de la valeur des travaux scientifiques (particulièrement important en science sociale) de promotion. Demain les universités risques pour des raisons de marketing, d’image, d’amicale pression d’offrir des places à des « intellectuels » médiatiques dont la première des qualités sera leur brillante capacité à ne pas déranger, à confirmer les préconçus les plus conformistes, le tout emballé dans le jargon bavard de ceux qui manie la langue avec aisance surtout pour en dire le moins possible.

Il y a de véritables problèmes à l’université mais cette loi et l’ensemble des mesures qu’elle porte ne répondront pas à ceux ci mais porteront un premier coup au service public de l’enseignement.

 
systemdyne
01H03 26/07/2007
 
systemdyne
00H59 26/07/2007

Pour une école d’ingénieur en chimie par ex, un CA de 20 avec 8 enseignants-chercheurs est peut être suffisant. Mais pour une université multi-disciplinaire, avec 5 fac: science, médecine-pharmacie, psycho-socio, droit-science-éco, STAPS (sport), c’est trop peu.

Par exemple, en science il peut y avoir math, informatique, physique, chimie, biologie, géologie.
- 2 enseignants chercheurs pour représenter ces disciplines assez distantes les unes des autres, ce n’est pas génial.
- 4 (le double), c’est vraiment mieux (cela fait alors un CA de 40).
Les conseils municipaux des grandes villes peuvent être à 60 sans que l’on entende cette composition remise en cause.

Je pense que le problème majeur n’est pas la gouvernance des universités (un CA de 20 ou 30 ou plus, pouvoir du psdt, …), mais les moyens investis dans la recherche et le nombre d’emplois proposés par l’industrie.
Il me semble qu’il y a hélas une délocalisation de nos industries et de leur centre de recherche et donc de ces emplois qualifiés et des contrats industrie-recherche!

Et donc ce nouveau projet n’apporte pas vraiment de solution. Pire, il peut aggraver la situation (en amenant par exemple le clientélisme avec un psdt surpuissant sans contre-pouvoir).

 
Beren
08H45 26/07/2007

Je pense que vous vous trompez de cibles.

L’objectif de l’université ne peut être réduit au « boulôt à la sortie ». Certes, pour beaucoup c’est le seul point qui compte, mais l’Université doit être avant tout un vecteur de découvertes et d’avancées dans le savoir ; privilégier l’employabilité en faisant passer à la trappe toute la partie Recherche apporterait des améliorations dans les statistiques du chômage à court terme, mais cette approche serait condamnée sur le long et moyen terme.

Maintenant, concernant le modèle : l’Université perment à tout le monde, ou presque, de faire des études. Les GE ne le permettent pas, parce que la sélection y est sévère. Demander aux Universités de sélectionner leurs élèves comme le font les GE, ferait hurler non pas à cause d’une « privatisation » (de nombreuses GE sont publiques et financées par l’Etat) ou d’un élitisme mal placé (ce n’est pas le but d’une GE), mais parce que celà priverait une énorme part de la population d’un accès aux études de leur choix.

Je suis sinon d’accord avec votre conclusion, mais vos hypothèses me paraissent erronnées (surtout la partie politisée de votre discours, qui n’a à mon sens rien à faire ici).

 
DO
14H04 26/07/2007

Cet evangelisme me sidere.Faire de l’universite un ilot de savoir isole de la societe civile c’est du Disneyland a l’etat pur!
Avec ce genre d’idee les neoliberaux ont de belles annees devant eux.

 
Beren
15H01 26/07/2007

Dans ce cas, auriez-vous l’amabilité de nous donner une idée de ce que l’Université doit être, selon vous ?

De plus, je ne vois pas où je prétends que l’Université doit être isolée de la société civile. Pourriez-vous m’éclairer sur ce point également ?

 
beaumasque
10H08 26/07/2007

Mon propos n’était pas de parler de cet aspect des choses mais de mettre en lumière un des impacts majeurs de cette réforme, impact dont personne ne parle.

Quant au « boulot » à la sortie je ne vois pas ce qu’il y a d’antinomique entre ce problème et la préservation de l’autonomie scientifique des universités.

A force d’accepter de sacrifier certain grands principes à un pseudo réalisme nous finirons par sacrifier l’intégralité des principes qui fondent nos sociétés et nos démocratie.

L’autonomie scientifique des universités est peut être un grand principe mais c’est aussi concrètement un moyen de garantir la qualité des savoirs construits et enseignés. C’est grace à elle que nous avons pu connaître le développement scientifique et technique de ces 2 derniers siècles.

Ensuite on oublie que le modèle des grandes écoles ne fonctionnent pas si bien que ça. L’apparence de réussite qu’elles donnent est d’abord fondé sur le fait qu’elles sélectionnent terriblement à l’entrée et qu’elles laissent à la porte une grande majorité des jeunes.

Quand vous prenez les meilleurs élèves d’un pays, issus en règle générale des CSP les plus favorisées, que vous les sur-entrainés pendant 2 à 3 ans et les sur-sélectionnés à travers des concours et qu’ensuite vous les formez en dépensant beaucoup plus d’argent en moyenne par élève que vous ne le faites pour le plus grand nombre il serait un peu étrange qu’à la sortie ces personnes ne trouvent pas de travail.

Si l’on devait étendre ce mode de fonctionnement à l’ensemble du supérieur ce serait parfaitement dispendieux et inefficace. Dispendieux car il faudrait plus que doubler les budgets alloués à l’enseignement supérieur pour un nombre bien moins important de diplomés. Inefficace car cela ne règlerait pas (aggraverait même) le problème de l’échec scolaire et du manque de diplomé.

La question que l’on peut se poser est peut être de savoir si la réponse aux besoins de formations passe obligatoirement par les Universités. Ne faudrait il pas développer plus et mieux les IUT et BTS pour répondre à la demande de formation courte et professionnalisante qui existe. Mettre en place plus de passerelle entre ces sections courtes que d’aucuns souhaitent prendre en raison de la peur du lendemain, pour essayer de parer à l’angoisse du chomage et les sections longues. Ne faudrait il ouvrir plus de place en école d’ingénieur, aider au passage entre les filières professionnelles et les écoles qui forment les techniciens et ingénieurs. Ne faudrait il pas développer des filières professionnalisantes au sein des universités qui viennent compléter les filières d’origines et permettent en un an de professionnaliser des étudiants qui ont acquis des savoirs, des méthodes de travail et de pensée de qualité.

Enfin pour ce qui est de l’enseignement à deux vitesses je crains que nous n’y soyons déjà et depuis longtemps. Je crains même qu’il y ait non pas deux mais quatre ou cinq vitesses. Pour ce qui est des bons établissements et de leur reconnaissance pas de souci il y en a et sont parfaitement reconnus. Je n’en veux pour preuve que les discriminations qui existent et qui font que selon l’école que l’on a fait le salaire d’embauche et les possibilités de carrières ne sont pas les mêmes dans bien des entreprises.

Ne nous leurrons dans le système que l’on nous prépare les bons établissements ne seront pas pléthore et n’accueilleront qu’une infime minorité des élèves. Pour la grande majorité d’entre eux il ne restera que les établissements de secondes zones et ils devront faire avec. Simplement les universités étant autonome (budgétairement) l’absence de moyens ne sera plus à mettre sur le compte de l’Etat et des politiques mais sur le dos des universitaires qui n’auront pas su gérer, appliquer les bonnes mesures, ce sera juste une question de bonne gouvernance.

 
Eric citoyen | "Casse ta tv" c'est ta seule chance !
09H06 26/07/2007

Bonjour à toutes et tous,

L’été…

Les touristes sur les plages, à la montagne à manger des beignets avec du chocolat…

L’été… les vacances, le soleil ou la pluie, les grillades et les apéros…

Ah , l’été, le temps des pseudo-réformes qui portent de jolies noms… liées à de bien vilaines actions.

Le peuple bronze … et il a raison d’en profiter car cela ne va pas durer !

Bises à toutes et tous.

Eric bloggeur citoyen résistant

http://monmulhouse.canalblog.com/

PS : « CASSE TA TV UMP » C’est ta seule chance !

 
photosieste | Photographe
13H45 26/07/2007

Personnellement, il y a quelques années, j’ai passé un an à la fac (Histoire de l’art et archéo), ce qui, concrêtement ne m’a servit strictement à rien si ce n’est pour ma culture personnelle.

Et c’est fantastique!

 
DO
13H59 26/07/2007

Il y a un pb qui n’est guere enonce: s’il est certain que les moyens manquent dans les universites, il me semble aussi vrai que le peu d’argent disponible est mal employe.
Un exemple: l’absence totale de controle des enseignants superieurs, aucune hierarchie, aucun compte a rendre a qui que ce soit et souvent une irresponsabilite totale de ce personnel.
Comme tout cadre responsable il devrait y avoir un minimun de resultat voire juste de controle des moyens mis en oeuvre ( ne pas rabacher pendant plusieurs annees le meme polycop )d’autant plus que ce personnel n’enseigne que 18 heures par semaine ( avec pour certains de nombreuses absences sans aucune justification et encore moins des excuses vis a vis des etudiants)..vive les 35 heures.
ps : tout ce que j’ecris se base sur du vecu!

 
DO
08H29 27/07/2007

donc vous confirmez qu’un prof peu scupuleux peut bacler son boulot et ne rien avoir comme sanstion ( l’absence de srupule lui permet de dormir!)

de plus je vous signale qu’un ingenieur meme debutant n’est pas a 18 heures mais plus souvent pres de 50 et que s’il travaille mal ou peu il est simplement renvoye!!!ça peut expliquer les 400€, la difference me semble meme minime.

 
cam.
00H35 27/07/2007

il se passe, epar exemple, qu’un maitre de conf. qui ne fait pas de publi. et pas de tralala comme vous dites ne passera jamais prof …

 
DO
08H33 27/07/2007

si les etdiants ne sont pas cons, et cela est souvent le cas, ils comprennent vite que ça ne sert a pas grand chose d’ecouter qqun qui lit un polycop. En plus ce dernier est souvent distribue en debut d’annee et revendu par un ancien.. quel interet de s’enthousiasmer pour le cours!

 
DO
18H45 26/07/2007

je pensais que les enseignents superieurs ecrivaient eux memes leur « texte »!
si en plus vous avez des negres, votre activite ressemble beaucoup a de la lecture.

 
cam.
00H31 27/07/2007

visiblement vous ne connaissez pas le quotidien d’un enseignant universitaire…
un maître de conférence : c’est 192 heures d’enseignement par an(équivalent Td)
et un prof : idem …
le tout n’étant pas réparti par semaine mais étant annualisé …

le reste du temps : la recherche ( et oui ..) et l’administratif ..

alors par pitié : ne dites pas n’importe quoi .. c’est fatiguant .. ( et non je ne suis pas universitaire moi même… mais pour moi aussi c’est du vécu !! )

 
cam.
14H50 27/07/2007

heu …mais de quoi parlez vous là ??
de l’Université ? alors vous êtes a coté de la plaque !

les agrégés n’ont pas vocation à enseigner en Université : ils n’ont pas leur doctorat et encore moins d’habilitation a diriger des recherches ( ce qui permet d’avoir un thésard sous sa responsabilité directe)
pour rappel : on peut passer sont agrégation a partir de la maitrise , pour etre maitre de conf il faut rajouter au moins 4 années d’etudes …

vous croyez vraiment que les agrégés sont majoritaires dans l’enseignement supérieur ?
sont ils des enseignants-chercheurs ? non

il y a 7400 agrégés dans l’enseignement supérieur,

MAIS sur les 53000 enseignants du superieur, il y a :
18500 professeurs des Universités
34770 maitres de conférence

et 5600 professeurs certifié et assimilés)(avec le capes par exemple)

de plus on trouve un peu pres de 30000 PAST et vacataires … des précaires donc) en plus des 53000 précedents

( chiffre ministere : http://www.education.gouv.fr/personnel/enseignant_superieur/enseignant_c…)

les agrégés coutent moins cher qu’un enseignant-chercheur et c’est pour cela que l’on en trouve autant, en IUT, par exemple ..

vous confondez tout .. ou bien vous réduisez aux agrégés l’enseignement supérieur .. ce qui n’est pas tres correct …
je réitère donc mes propos : vous croyez connaître le fonctionnement du supérieur mais ce n’est visiblement pas le cas …

 
Karg se | Ingénieur agronome en recherche d'emploi
19H05 26/07/2007

Il faut supprimer les grandes écoles, garantir un admission en université pour tous les bacheliers si leur choix d’orientation est cohérant avec leur bac.

Comment remplacer le prépa? Chaque université et grande école (ils faut les faire fusionner localement) doit prendre une quota d’élève mini et maxi, chaque années les futurs étudiants font des voeux. Selon les dossiers, les universités le plus demandé choisissent.

 
DO
08H41 27/07/2007

j’ai violemment critique certaines pratiques de certains enseignants et ne suis pas pour cela pro -sarko ( au contraire).
laisser certaines pratiques et continuer a justifier l’irresponsabilite actuelle me parait faire le lit d’une reforme tres violente et ultra liberaliste. un enseignant doit etre irreprochable il detient l’avenir des etudiants c’est surement le metier le plus noble, alors messieurs faites le tri chez vous et vous verrez qu’il y aura beaucoup de monde derriere vous. Le corporatisme n’aboutit qu’a la sclerose.