Lundi 23 juillet, la journée a été animée et forte en émotions. Nous étions restés sur la décision de l'intersyndicale, qui avait décidé de retirer le référé afin de satisfaire ceux qui voulaient des sous. Et puis, dimanche, un sondage a été lancé sur notre blog SFR en colère pour savoir si le CE toulousain devait maintenir l'audience d'aujourd'hui à 14h.
Retour dans l'arène
Donc, youpi, me voilà ravie de ce retour dans l'arène. Le choix est clair mais cornélien : la prime de 3500€ et les mesures d'accompagnement ou poursuivre en justice et obtenir un délai suspensif (15 jours, 1 mois, 2 mois…) pour permettre une négociation. Le blog précise :
» Concernant la prime de 3500€ brut : il s'avère très risqué pour la direction de désolidariser un site sur les trois, c'est attaquable et peu vraisemblable. Donc si le transfert est maintenu au 1er août, soit la direction prend ce risque et celui de nouvelles procédures, soit verse cette somme aux trois sites, soit rien du tout, et dès lors cela risque de relancer le mouvement. »
La matinée a été très chaude avec une intersyndicale qui se divise sur le fond car certains veulent que ça s'arrête, pour eux le carnage est annoncé si le référé est maintenu, et d'autres qui ne veulent rien lâcher. A 10h30, après plus de trois heures de suspens, de cris, de plaidoiries, chacun s'est présenté pour voter à l'assemblée générale qui se tenait sur notre parvis.
Pugilat sur le parvis
Il y avait trois camps : les pour, à droite, les contre, à gauche et les abstentionnistes, au centre. Au vu du pugilat provoqué, on est passés à un vote sur liste des salariés. C'est lors de ce débat trop animé et bestial que j'ai craqué, mes larmes ont coulé. Non parce que j'étais inquiète pour la décision, mais de voir que nous nous déchirions entre nous, alors qu'on subit tous ensemble ce plan social déguisé.
Je trouve cela lamentable et cruel. Enfin, les vrais personnalités se sont affirmées, les responsables opérationnels d'activité (ROA) se sont empressés de venir voter alors qu'en toute légitimité, on aurait pu penser que le vote était réservé aux salariés concernés. Même M. Mavel, notre responsable RH, est venu faire le coq sur le parvis pour voter ! Nous avons accueilli avec une certaine amertume cette nouvelle provocation, mais c'était sans compter sur son discernement : il a voté pour le maintien de l'action. Peut-être en son fond très intérieur sait-il que c'est une bonne chose pour nous.
Maintien du référé
Les votes ont finalement été dépouillés et on a attendu dans un calme presque funeste. Je suis allée aux toilettes en face de l'intersyndicale qui se trouve au rez-de-chaussée, et je me suis fait presque agresser à mon retour sous prétexte que je devais avoir des infos et que je voulais les cacher ! A 16h15, une assemblée générale a été tenue nous informant que le vote était en faveur du maintien du référé. Concrètement, 255 votants se sont exprimés en moins d'une heure : 138 pour le maintien du référé, 105 contre, 9 abstentions et 3 nuls. L'audience a donc eu lieu à 14h, le juge a décidé de mettre en délibéré d'ici le 30 juillet.
On n'a rien gagné mais on les dérange encore et toujours
Donc on est pas encore vendus, et vraiment je suis contente, on n'a rien gagné mais on les dérange encore et toujours dans leur plan, on devient leur pire cauchemar, peut-être que demain nos repreneurs ne voudrons plus de nous ! On peut rêver. C'est quand même grave, on a une salariée qui a fait une tentative de suicide, une autre qui a officiellement entamé une grève de la faim, l'état de santé des salariés qui se dégrade (le nombre d'arrêts maladie explose), des salariés sont prêts à des actes désespérés, nous sommes dans notre second mois de grève, et rien, la direction ne nous communique rien officiellement.
Ils se contentent d'avancer et d'essayer de passer en force. Je ne suis pas syndiquée mais aujourd'hui je tiens à leur tirer mon chapeau. Je vis au quotidien auprès d'eux, je les observe, les vois rire, pleurer et vraiment ce matin ils ont été clairs, objectifs et neutres dans leur façon d'exposer les choses. Pour moi, ils méritent le respect (certains salariés les oppressent ou les insultent).
Petits portraits de syndicalistes CGT
La CGT est dotée de quelques joyeux spécimens, il y a trois filles et trois gars qui font vivre le truc, des lâche-rien, ils sont très radicaux, pas d'arrangement, on ne laisse rien passer, voici leurs termes. Il y a le grand avec une allure d'ours au grand cœur qui est tellement investi que si tu lui poses une question, tu as une longue explication, mais a la fin tu ne te souviendras plus de ta question ! Il y a » Pimousse » , petit et costaud, qui s'est rasé la tête en signe de déclaration de guerre. Il a une énergie de révolutionnaire. Il y a aussi Lilou, toute jeune engagée de plus ou moins 50 ans, une mamie au grand cœur et à la grande gueule qui est sur tous les fronts. Marinette, trois enfants, déterminée jusqu'au bout des cheveux, elle est très présente dans toute cette lutte, elle parle fort et a le verbe haut, c'est un phénomène ! Et le troisième gars, un peu spécial, évolue dans une sphère qui n'appartient qu'à lui. Il fait beaucoup pour le mouvement, mais est très obtus. A la CGT, je les trouve donc plutôt bien, une petite ouverture sur le débat reste à mon avis à trouver. La prochaine fois, je vous parlerai d'un autre syndicat.





















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De
21H45 | 24/07/2007 |
Suremment pas drole pour vous, mais chapeau !
A défaut d'aide directe vos avez tout mon soutien de coeur. Que cela fasse école et mobilise….
De toktomi
, les "abderhamane, martin, david" ... | 22H07 | 24/07/2007 |
c bizarre pourkoi vouloir absolument bosser pour des voleurs ?
ah oui merde fo crouter…
De
09H10 | 25/07/2007 |
Depuis + de 17ans chez SFR, j'aimais bien ces hôtesses parfois sympas, parfois un peu légère et difficile de retomber sur la même lorsqu'il a rupture de faisceau, donc rebelote, mais dans l'ensemble elles étaient assez cool et performante
J'ai bien envie de me barrer à la concurrence, mais lequel choisir ? , puisque tous ont à peu près le même système.
Ce qui n'est pas normal c'est d'être obligé de signer un engagement de deux ans, alors qu'eux ils peuvent virer du jour au lendemain leur personnel.
A la rigueur au début il prenait à 40 à 50% le téléphone en charge, en 92 un portable coûtait dans les 1200 à1500€ un peu moins pour les embarqués de voiture, mais aujourd'hui qui n'a pas plusieurs appareils dans ses tiroirs, pour ne pas avoir à payer un nouveau contrat, base de l'engagement de longue durée avec ou sans téléphone.
Maxwel
De
11H36 | 25/07/2007 |
Pour me situer tout de sutie, je suis à 150 % avec vous… Hélas, j'ai trop peu de temps pour suivre ici le quotidien de votre grève… peut-être mes questions ci-dessous auront déjà été posées… si c'est le cas, je m'en excuse !
Je n'entends jamais plus jamais parler de votre mouvement ailleurs qu'ici… N'êtes vous plus du tout entendus par une quelconque presse ? ? ? Même locale ? ? ?
N'avez vous aucun moyen, de faire savoir que vous êtes en grève ? Ne serait-ce qu'auprès des clients ? N'y a-t-il pas un moyen ? ? ? J'imagine bien que vous n'avez pas le droit d'utiliser le fichier client pour lancer une info par E-maililng, mais tout de même…
Tenez bon…
De Alexad
12H47 | 25/07/2007 |
Oui, il en faut du courage ! !
Oui aussi, aucune info en TV…Mais le Tour de France c'est tellement plus important semble-t-il !
Entendu hier aux infos france culture, c'est tout.
De margot
08H10 | 30/07/2007 |
Ils sont passés au journal de france 3 (édition nationale) hier soir, pour information. J'en étais d'ailleurs bien contente pour eux, car l'info remonte enfin, justement.
De fanch
09H33 | 26/07/2007 |
Pour avoir vécu un plan social moins « hard », et entendu des amis dans des situations semblables, je pense qu'en dehors des considérations évidentes (« qu'est-ce que je vais devenir ? »), voir ses anciens collègues se déchirer est une vraie calamité.
Comment avoir confiance en quelqu'un après voir le gâchi que provoquent ces tensions ?
C'est un peu comme un divorce ; car les collègues, à force de vivre avec, des fois on les aime ! Et là, ils se transforment en inconnus agressifs.
Dans mon expérience personnelle, le délégué du personnel était top… C'est là aussi qu'on découvre des comportements moins déprimants.
à fanch
De toktomi
, les "abderhamane, martin, david" ... | 12H22 | 26/07/2007 |
c est au pied du mur… :
comme dans toute relation (potes,amis,couple,etc),si on se contente du ronron murmurant « dormez jeul veut » ,la chute du mur (de dessus ou sur sa propre tronche) fait un réveil d autant plus éprouvant qu on a déjà à gérer le coulage de ses emplois.
les joies du « mes ennemis ça le fait mais protégez moi de “mon edouard de 30 ans”.
des fois j y pense ,genre quand je prends le bateau en louchant sur les gilets de sauvetages et l attitude des passagers pas en péril.
De
12H39 | 26/07/2007 |
c'est bien continuez….
De
13H57 | 26/07/2007 |
Restez courageux et faites tout votre possible pour obtenir gain de cause ! Je trouve absolument scandaleux que l'on n'entende pas parler de cette affaire dans les grands médias ; si les abonnés savaient cela, on serait plus nombreux à envoyer un recommandé à SFR pour résilier nos lignes. Pour ma part, c'est chose faite depuis ce matin, mais auprès de quel opérateur se tourner maintenant ?
Samir
De
13H43 | 01/08/2007 |
Plus de nouvelles Laetitia, que se passe t-il ?
Faut garder le moral, hein ? Sinon vu ce jour au journal de 13H France 2 (m'enfin ! )un reportage sur l'externalisation de SFR Poitiers. Ah, c'est commode, ces méchants allemends de Bertelsmann, mais chut pas un mot sur Téléperformance (et ses méthodes de négriers modernes) et allusion plus que vague des 2 autres sites de Lyon et Toulouse…
Allez courage.