Les promesses de LVMH fâchent Les Echos et La Tribune

Le propriétaire de La Tribune promet des garanties d'indépendance à la rédaction des Echos, qu'il souhaite racheter. Mais les journalistes des Echos réaffirment leur refus, alors que ceux de la Tribune rappellent qu'ils réclament les mêmes concessions à leur propriétaire... depuis "treize ans".

Résumons le feuilleton qui passionne les milieux d'affaires cet été: Bernard Arnault, première fortune de France, propose au groupe britannique Pearson 240 millions d'euros pour racheter Les Echos, premier quotidien économique du pays (119000 exemplaires vendus par jour en 2006). Mais face aux nombreux intérêts financiers du candidat –propriétaire du numéro 1 mondial du luxe, LVMH–, la rédaction craint pour sa liberté éditoriale, et a annoncé la semaine dernière avoir trouvé son "chevalier blanc" en la personne de Marc Ladreit de Lacharrière, patron du holding Fimalac. Lequel surenchérit en ajoutant 5 millions d'euros à une proposition déjà jugée vertigineuse par les observateurs.

Arnault, qui est en "négociation exclusive" avec Pearson, a donc proposé d'importantes garanties d'indépendance à la rédaction, dans un communiqué publié ce lundi. Entre autres: un droit de veto sur la nomination de son directeur, la création d'un comité d'éthique et un maintien de l'emploi pendant les trois ans suivant la cession du titre.

Las, le communiqué commun de LVMH et Pearson a suscité dans l'après-midi un contre-feu nourri des deux rédactions: les journalistes des Echos réaffirment leur opposition à son offre et leur soutien à celle de Fimalac (98% des journalistes et 83% des autres salariés votant sont pour), alors que leurs confrères de La Tribune –77000 exemplaires/jour– se contenteraient volontiers de telles garanties: "Cela fait treize ans que les salariés de La Tribune demandent des garanties de cette nature", écrivent-ils dans leur communiqué. "Les salariés de La Tribune exigent la même considération de la part de LVMH, son propriétaire actuel. Ils demandent que les engagements sur la 'qualité éditoriale et l’indépendance' soient appliqués sans attendre davantage à La Tribune. Il en va de la survie du titre, quel que soit son futur propriétaire."

"Le groupe LVMH est sensible à cette réaction", a affirmé un de ses porte-parole à Rue89. Nicolas Bazire, l'ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon,devenu le bras droit de Bernard Arnault, a déclaré la semaine dernière aux journalistes de La Tribune qu'il "entendait" leurs demandes en matière de pérennité du titre, de maintien de l'emploi et d'indépendance éditoriale, en cas de cession. Cession qui n'interviendra que si LVMH parvient à racheter Les Echos.

Aucun engagement ferme, juste une "oreille" qui se dresserait à l'approche de la signature de la vente... Les journalistes ont donc peu de chances d'obtenir "sans attendre" les garanties qu'ils réclament. Juste avant ce tir groupé de communiqués, le dernier développement autour de la vente des Echos donnait une couleur plus "people" au feuilleton de l'été: selon la lettre professionnelle Presse News, François Pinault soutiendrait l'offre de Fimalac, le holding de Lacharrière n'ayant pas les reins assez solides pour croquer seul le quotidien. Cette affirmation est loin d'être anodine: après l'épisode Gucci (dont Pinault a pris le contrôle au tournant du millénaire au détriment d'Arnault), elle signifierait que cette bataille s'inscrit dans la vieille guerre entre ces ennemis de toujours.

Mais il n'en est rien, selon la direction de la rédaction des Echos, qui a donné une conférence de presse mardi matin. Anne Méaux, la "papesse de la com'" qui gère à la fois l'image de Pinault et celle de Lacharrière, dément tout aussi vigoureusement: "Il n'y a pas le début d'un fond de vérité. Marc Ladreit de Lacharrière a un vrai projet industriel, il est conscient qu'un journal comme Les Echos a besoin de deux choses: d'argent et d'indépendance. Quant à François Pinault, il n'a jamais envisagé de racheter ce quotidien justement parce qu'il sait qu'un journal économique doit être libre de tout conflit d'intérêts."

La rédaction des Echos, elle, s'interroge sur la "sincérité" des concessions promises par Bernard Arnault. Pour le directeur de la rédaction, Jacques Barraux, il s'agit d'un "capharnaüm démagogique".

A lire:
Le communiqué de LVMH, à télécharger en pdf.

 

A lire:
Le communiqué des Echos, à télécharger en pdf.

 

A lire:
Le communiqué de La Tribune, à télécharger en pdf.








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Courageux anonyme
15H35 24/07/2007

Bien fait !! Z'avaient qu'a faire grève plus souvent au lieu de dénigrer ceux qui se battaient pour conserver leurs emplois.
Maintenant qu'un "grand" parton veut leur imposer les modes de gestion qu'ils prônaient pour les autres ils sont pas contents.
Bande de charlots, et Charlot avait de talent,lui.

A la poubelle les serviteurs zélés du grand capital, pas de pitié au chômage. Ils vont pouvoir savoir comment faire pour vivre avec les alloc, ces fameuses alloc qu'il vilipendaient du temps de leur splendeur.

RUE89 faudra faire un article sur comment ils s'en tireront !!

 
Courageux anonyme
17H21 24/07/2007

Parce que les salariés de n'importe quelle société rachetée au nom du "marché libre" peuvent imposer leur conditions et exiger le repect de leur liberté???
Pourquoi dans le modèle prôné par les "libéraux" le journalisme ne serait-il pas une marchandise comme les autres et les journalistes des employés au service de leur patron?

 
Courageux anonyme
21H38 24/07/2007

puisqu'elle est liée à la liberté non ?

pas comme les entreprises du marché libre, il me semble ?

et le liberté n'est pas cotable en bourse ..pour l'instant
http://www.peuples.net/

 
Courageux anonyme
22H15 24/07/2007

Ah! Que c'est beau l'innocence...