(De New York) Dan Perjovschi a étudié l'art, mais sitôt ses études terminées, l'art l'a fatigué. Mais ce quadragénaire roumain barbu sait dessiner et a un crayon acerbe. Un talent qu'il a d'abord exercé dans la presse roumaine de l'après-Ceausescu, pour se retrouver actuellement sur les murs du MoMA, le célèbre musée d'art moderne de New York.
Le trait de Dan Perjovschi est simple comme un dessin d'enfant. Mais son message est toujours mordant, avec comme cibles favorites les grandes questions du monde, le réchauffement climatique, l'élargissement de l'Union européenne à la pauvre Roumanie, l'islam, les riches et les pauvres… Trois traits, deux mots, tout est dit.
Pour comprendre le réchauffement climatique, pas besoin de grand chose : deux taches de transpiration sous les aisselles d'un homme cravaté… L'intolérance des fondamentalistes : une kalachnikov qui tient lieu de symbole d'une nouvelle religion fanatisée… La différence entre riches et pauvres : un micro pour les premiers, des écouteurs pour les seconds (vu à la biennale de Venise cet été)… Ou encore cet homme en train de retirer de l'argent à un distributeur automatique et qui se tourne vers la caméra de surveillance pour lui demander : « Vous ne vous souvenez pas de mon code ? “…
Dan Perjovschi a progressivement franchi la distance entre le dessin de presse et les murs des musées. De Venise à New York, où il a sa première exposition solo, ce ‘fatigué de l'art’ (écoutez sa conférence en français aux Beaux-Arts de Lyon en 1994) a conquis une place de choix. Au MoMA, c'est un mur entier haut de quatre étages qui lui est consacré, sur lequel il délivre son message un brin cynique (voir la vidéo avec ses explications sur le site du MoMA, en anglais). Mais en quittant l'arène publique et en entrant dans les musées, Dan Perjovschi a sans doute perdu, sinon son âme, du moins son impact politique. Il donne à réfléchir et nous amuse, certes, mais son message est-il toujours subversif ? What happened to us ? Exposition de Dan Perjovschi au Museum of Modern Art de New York, jusqu'au 27 août 2007.





















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De
20H43 | 22/07/2007 |
Quelle complexité d'idées dans un simple trait de crayon : je suis ravie de voir enfin reconnue le créativité roumaine .
L'auteur de l'article en revanche, devrait réfléchir avant d'écrire car des expressions du style « la pauvre Roumanie » qui sont fausses et blessantes, nous prouvent qu'il ne connaît pas son sujet.
Dan Perjovschi est la preuve vivante que la Roumanie est riche ! ! !
De Pierre Haski (auteur)
Rue89 | 01H16 | 23/07/2007 |
C'était de l'humour car c'est comme ça que, dans ses dessins, Pervojschi fait apparaître les nouveaux membres d'Europe centrale et orientale. Cela dit, c'est pas une insulte d'être pauvre…
à Pierre Haski
De toktomi
, les "abderhamane, martin, david" ... | 11H53 | 23/07/2007 |
« Cela dit, c'est pas “
bon ba jpeu l'avouer alors.
j peux rester regarder les fotos ?
(gratis,sui pa forcer dregarder les pubs a coté ? )
à Pierre Haski
De
17H42 | 23/07/2007 |
Si , Monsieur, attacher constamment la notion de misère, misérabilisme à un pays , à un peuple c'est insultant lorsque c'est faux ! Et vous n'avez pas le droit réducteur d'évoquer la richesse ou la pauvreté d'un pays quand bien même vous vous accorderiez-vous ces droits destructeurs que tout journaliste manipule sans retenue ! quoi de plus péjoratif que l'expression « pauvre Roumanie »… ! Qu'est-ce qui vous autorise de faire de l'humour sur le dos d'une nation ? !
Je trouve votre article intelligent et fin, votre regard sur l'art à la fonction dénonciatrice excellent, mais de grâce, évitez d'humilier les peuples ! y en a assez !
De ena22
20H57 | 22/07/2007 |
Vous êtes vraiment-vraiment sûr qu'il a choisi le Musée plutôt que l'arène publique ? Je n'arrive pas à croire qu'un homme capable de définir en 10 traits et deux points ce qu'est l'Art Conceptuel, doive se résoudre à choisir entre épater la Galerie et être « tout simplement » subversif !
De florent
21H05 | 22/07/2007 |
Je ne connaissais pas ce dessinateur. Je trouve son travail remarquable.
De Vieux-têtard
09H15 | 23/07/2007 |
Quelle tritesse, il a été « muséïfugé ».
Museïfuger : V. 1er groupe, annihiler la subversion en la muséïfiant (voir ce verbe).
De pikasso02
10H13 | 23/07/2007 |
Pourquoi revenir aux pictogrammes « enfantins » alors que nous avons les mots pour dire la même chose. Ce Dan Perjovschi est notre Michel Ange. Un illustrateur. Le présent a remplacé la Bible. J'aimerais voir les sculptures de ce dessinateur. Là je suis sûr que Michel Ange le surpasse.Il n'a pas sculpté ! Veuillez m'excuser ! Mais tant mieux ! Mon point de vue : revenir aux signes ! Mais certainement pas à partir de ceux des enfants. Pourquoi anéantir le travail de nos génies ? Ce sont eux qui étaient et devraient continuer d'être nos maîtres en peinture ou sculpture. Mais Duchamp est arrivé « et nous voilà ce soir » comme disait notre grand Brel.
à pikasso02
De
11H15 | 23/07/2007 |
.
L'Art nuit-il à l'Art ?
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De toktomi
, les "abderhamane, martin, david" ... | 11H57 | 23/07/2007 |
chavai bien que t allais sniffer du roquefort en partant du kébèk,résultat encore des trucs subversifs dans la ru89.
t as bien fait ,chai pas si ça svend
mai j aurai pas honte de mettre
http://www.rue89.com/files/grafitti6.JPG
entre mon portrait prézidentiel préféré(que jai tjrs pas reçu faut que jréclame : pub) et La madonne (munch) ;
découpée l oeuvre dartDAN, un bout à chacun des adversaires.
De Vê
12H23 | 23/07/2007 |
Je le trouve excellent ce dessin cité par toktomi ainsi que son commentaire d'ailleurs…
Peu importe si cet art s'expose au « musée ».
Je n'ai pas les moyens de me payer un voyage à NY…
Alors, merci Pierre Haski pour cet article !
Dans ma région l'art est aussi présent et aussi « puissant » que celui là, ou celui de face2face.
De
16H26 | 23/07/2007 |
Super, je l'ai vu au Moma en mai : c'est à la fois rafraichissant et très éclairant sur les grands enjeux contemporains. Comment comprendre le monde qui nous entoure en faisant le tour d'une fresque.
Merci !
De
14H42 | 24/07/2007 |
J'ai vu aussi cette expo, qui est remarquable .
Le message reste peut importe qu « il soit subversif ou non , l'essentiel est qu'il y en ait un, d'autant qu'il est d'actualité, concis, accessible et ludique.
L'article m'a bcp plu.