(De Buenos Aires) Avocate, sénatrice, redoutable oratrice, absolument glamour, épouse du chef de l'Etat et, probablement, première Présidente élue de l'Argentine le 28 octobre prochain. Cristina Fernández de Kirchner a ouvert officiellement sa campagne, jeudi soir, au cours d'un meeting dans un théâtre de La Plata, sa ville natale. Sa candidature, objet de conjectures pendant des mois, a finalement été annoncée début juillet, le Président Néstor Kirchner ayant décidé de laisser la place à sa femme.
Après une vidéo rappelant sa carrière depuis près de vingt ans, Cristina Kirchner, 54 ans, a annoncé dans un discours offensif les trois axes de la politique qu'elle entend mener. D'abord » la consolidation de l'Etat démocratique et des institutions » . Elle a pu rebondir sur la décision de la Cour suprême la semaine dernière qui annulait les grâces accordées aux militaires de la dictature et rappeler l'engagement de son mari, depuis 2003, en faveur des droits de l'Homme. Sur ce travail de mémoire, son slogan » La nouveauté du changement, c'est précisément de continuer dans la même direction » n'est pas trop risqué.
Sur son deuxième axe de campagne, le renforcement du modèle économique, le terrain était déjà plus glissant. Elle a souligné que » les conditions de vie des Argentins se sont améliorées » depuis 2003, insistant sur la reprise économique (8,5% de croissance depuis un an) après la crise du modèle des années 1990 de Carlos Menem, l'une de ses cibles favorites. Le bilan économique du chef de l'Etat ne masque pourtant pas les scandales à répétition des derniers mois.
Manipulation, démission, corruption
D'abord la tentative de manipulation des chiffres de l'Institut des statistiques, puis une série noire, qui a un peu gâché la fête. Lundi, la ministre de l'Economie, Felisa Miceli, était contrainte de démissionner après avoir été prise » la main dans le sac » . Début juin, une somme équivalant à plus de 45000 euros avait été trouvée dans les toilettes de son bureau. La ministre s'est empêtrée dans ses justifications sans convaincre la justice, qui a ouvert une enquête à son encontre. Une méchante affaire de corruption présumée qui ne pouvait tomber plus mal, à quelques jours du lancement de la campagne de Cristina.
Sans compter l'affaire Skanska, une entreprise suédoise qui a reconnu avoir payé des pots-de-vin pour obtenir un marché de gazoducs : l'enquête remonte même jusqu'au ministère de l'Economie. Sans parler de la ministre de la Défense, Nilda Garré, poursuivie depuis mercredi pour contrebande aggravée dans une affaire de vente d'armes aux Etats-Unis. Ça fait beaucoup de casseroles pour un chef de l'Etat qui prétend faire de la politique autrement et dont la nouvelle candidate se veut l'héritière.
Cristina Kirchner a rencontré Ségolène Royal et a soutenu Michelle Bachelet
Cristina Kirchner s'est bien gardée d'évoquer la lutte contre la corruption et a plaidé pour » un changement culturel » , soulignant le rôle que les femmes peuvent endosser. Elle a effectué son premier voyage à l'étranger cette année en France. La future candidate avait tenu à rencontrer la candidate française Ségolène Royal, dont la campagne a été suivie de près en Argentine. Elle a également soutenu la Chilienne Michelle Bachelet, mais son modèle est plutôt à chercher du côté des Etats-Unis : comme elle, Hillary Clinton est avocate, sénatrice, de » gauche » , elle a été épouse d'un chef d'Etat et a pour ambition d'occuper la fonction suprême.
CFK, ou Cristina K, a encore trois mois pour convaincre les Argentins que » le changement vient de commencer » . Pour l'instant, les sondages lui donnent une avance si confortable qu'un second tour est improbable. Si elle l'emporte, elle sera la première Présidente élue de l'histoire de l'Argentine (mais pas la première chef de l'Etat : Isabel Perón, vice-Présidente, avait été investie à la mort de son mari, en 1974). Son principal opposant est la socialiste Elisa Carrió. Une femme.




















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De
12H15 | 20/07/2007 |
Ségolène Royal c'est mieux sans e…
De Arnaud Aubron
Rue89 | 14H07 | 20/07/2007 |
Disons que ce n'est pas plus mal ; -) C'est réparé, désolé.
De
12H42 | 20/07/2007 |
eh bien en voila un pays qui a un peu d'avance sur nous !
ils sont tout aussi corrompus et pourris mais au moins les femmes y sont un peu mieux considérées (enfin, à priori… on sait pas comment c'est dans la vraie vie)
De
16H34 | 20/07/2007 |
ahahahahah, pardon de cet éclat de rire, mais l'Argentime reste un pays gravement machiste. Il fait meilleur vivre en France qu'en Argentine pour une femme, pénalisation de l'avortement, différence salariale abyssinale etc….
De
17H14 | 22/07/2007 |
Laisse moi rire, les femmes argentines sont mal considerées, les mecs sont ultra machos, c'est une culture assez dérangeantes quand t'arrives labas.
Toutes les belles paroles qu'ils sortent aux femmes à longueur de journée, « et chérie par ci et mignone par là »
Vive le french lover
De
13H18 | 20/07/2007 |
il serait bon que vous nous disiez ce qui différencie le programme de cette dame « de gauche » (comme Hillary ? ? quelle gauche ? ? ) de son adversaire « socialiste » (donc de gauche je suppose ? )
De
16H42 | 20/07/2007 |
Je ne sais pas d'où vient cet info sur la socialiste, mais si le PS argentin ateignait les 20% se serait un exploit, ils sont quasi invisibles ici.
De
16H00 | 20/07/2007 |
Malheureusement cet article est un peu pauvre… Quelle a été le parcours de cette femme ? ses actions, l'histoire de son engagement ? ?
Qu'en est-il des élections en Argentine, son rival serait, si j'ai bien compris, une autre femme de gauche ? Comment se fait-il ?
De
16H39 | 20/07/2007 |
a priori son principal rival est un homme et l'ex ministre des finance de Kirchner, Lavagna.
Comme tout le monde est péroniste de l'extrême droite à la gauche,on trouve de tout dans les gvt argentins. En plus changer de bord est un sport national, on est en division d'honneur à ce niveau en France.
De
18H11 | 20/07/2007 |
il y a déjà un hic… par excellent oratrice, elle ne peut déjà pas ressembler à Royal.
sinon le contexte argentin ne lui sera peut-être pas favorable, Buenos Aires ville à gauche pendant de longue année vient d'élire un gouverneur d'une droite bien êxtreme…
De
20H13 | 20/07/2007 |
Il faudrait prendre garde à ne pas vouloir analyser la politique étrangère avec le prisme de notre vision gauche/droite. Il y a beaucoup de pays où cette séparation n´a pas de sens : ils sont tous de droite : )
www.ruevalparaiso.blogspot.com
De
20H51 | 20/07/2007 |
certes mais Macri est quand même bien droitier et profondément populiste.
De
17H17 | 21/07/2007 |
justement, la caractéristique commune des politiques argentins est le populisme… il suffit de voir l´organisation des défilés du premier mai
www.millionpixels.cl
De
18H20 | 21/07/2007 |
Péroniste quoi.
Faudrait qu'ils tuent Peron pour de bon un de ces 4 ce qui était valable il y a 50 commence à être un brin dépassé.
sinon j'insiste sur le côté ultra liberal et populiste de Macri il me fait gerber ce type.
c'est le fils politique de mennen quand même, celui qui à presque réussit à éradiquer cette chose infame qu'est la classe moyenne Argentine (un truc quasi unique en amérique du sud)