Après Cannes, c’est le festival de cinéma le plus ancien en France. Sans strass ni paillettes, animé par une équipe de fidèles bénévoles, il attire depuis 1959 les cinéphiles jusqu’au cœur des Pyrénées-Orientales. Pour leur 48e édition, les Ciné-Rencontres de Prades embarquent leur public dans un voyage multiculturel. Première étape: la découverte du cinéma africain sous la houlette du cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun:
Dans ce festival de l’authentique, les films sélectionnés sont de vraies valeurs de cinéma. Traversés par des questions essentielles, ils collent au réel sans apporter forcément de réponses. Mahamat-Saleh Haroun, dans son superbe « Daratt » (« saison sèche »), est hanté par les conséquences des guerres civiles: quand on s’est fait tant de mal, comment partager le présent et l’avenir? Lui qui a vu des proches se faire tuer ne veut pas donner la mort en spectacle.
Dans cette fraternité cinématographique, « L’Afrance », d’Alain Gomis, souligne avec brio les conflits intérieurs liés au métissage et à la double culture, et pose un regard profond sur la situation d’exilé. Thème cher à Abderrahmane Sissako dans « En attendant le bonheur », magnifique poème en images. Quant à « Touki Bouki, le voyage de la hyène », de Djibril Diop Mambéty, c’est un film d’anthologie à la manière de Jacques Tati. Autant de films reconnus comme humanistes par Mahamat-Saleh Haroun, et surtout éloignés du folklore ethnographique:
Quel est le rôle d’un cinéaste africain aujourd’hui? Si au Nigeria, l’industrie cinématographique prospère grâce à l’essor de la vidéo, ailleurs elle décline et les cinémas ferment les uns après les autres. Mahamat-Saleh Haroun est le seul réalisateur au Tchad, et à 46 ans, il se sent parfois un peu orphelin:
► Ciné-Rencontres de Prades (Pyrénées-Orientales), du 15 au 22 juillet 2007.








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L’intelligence du propos me fait regretter de ne pouvoir passer par Prades en juillet. Peux-t-on cependant espérer quelque chose sur Paris pour la rentrée? Sinon, comment fait-on pour voir ces films?…
Vous évoquez également l’industrie nollywoodienne dont on connait assez le caractère pléthorique. Pourriez-vous nous indiquer quelques titres de films, de ceux dont il est dit plus haut qu’ils sont « traversés de questions essentielles?…
Merci beaucoup.
Pour voir ces films, qui etaient pour la majorite sortis en salles en France (En attendant le bonheur, L’Afrance, La nuit de la verite, Daratt), il suffit de se procurer les dvd dans le commerce…
Le seul non encore distribue est le beau Arlit, deuxieme Paris, du beninois Idrissou Mora Kpai.
Quqnt a Touki Bouki, de Djibril Diop Mambety, il date de 1973, autant dire un classique des cinemas d’Afrique.
Quqnt a la production plethorique de l’industrie nigerianne, il est difficile de donner un seul titre traverse par des « questions existentielles »…
C’est dans les films cites la haut qu’on peut trouver une telle dimemsion…