Plus réticent à la négociation que son prédécesseur, Borloo peine à organiser les débats.

Le climat est loin d’être au beau fixe autour du Grenelle de l’environnement. Alors que les premières réunions de préparation se tiennent cette semaine, les points de crispation s’accumulent. Dernière anicroche en date : l’arrivée surprise de nouvelles personnes autour de la table des négociations, lundi, lors de la réunion du groupe Agriculture.
Après négociation entre toutes les parties, il avait été convenu de mettre en place cinq collèges de huit personnes (ONG, collectivités territoriales, syndicats, entreprises et Etat) dans chacun des six groupes de travail (agriculture, mode de développement, climat, démocratie écologique, santé et biodiversité).
Mais un nouveau collège dit de "personnes morales associées" s’est présenté. "Le ministère de l’Ecologie les a désignées de manière clientéliste, s’offusque Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l’Alliance pour la planète. Ça vient déséquilibrer le travail en collèges et ça minore la représentation des associations."
Sans concertation préalable, de nouveaux représentants de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et même de la Confédération nationale des associations familiales catholiques étaient donc présents lundi autour de la table. L’Alliance pour la planète est toujours dans l’attente d’une clarification de la part du ministère sur ce point.
L’ambiance n’est pas non plus très chaude au sein même du "groupe des neuf" (WWF, Greenpeace, Les Amis de la terre, Ecologie sans frontière, la Ligue de protection des oiseaux, Réseau action climat, la Ligue Roc, la Fondation Nicolas-Hulot et France-Nature-Environnement). FNE s'est notamment attiré les foudres de ses collègues en exigeant rien moins que la moitié des postes de représentation des associations, comme le rapporte l'association des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie (JNE).
Si FNE a ensuite revu ses prétentions à la baisse, la cohabitation n'est pas toujours facile pour Jean-Paul Besse, représentant de la Fondation Nicolas-Hulot :
Les coups viennent aussi de l'extérieur. En témoigne l'histoire mouvementée du lancement du site internet du Grenelle de l'environnement. Le député des Verts Alain Lipietz a fait main basse la semaine dernière sur son adresse : www.legrenelleenvironnement.fr. Désormais, cette adresse mène tout droit au blog de l'élu écologiste. Le ministère de l'Ecologie a immédiatement réagi en déclarant que la véritable adresse prévue a toujours été www.legrenelle-environnement.fr et a mis son site en ligne lundi.
Pas de quoi rassurer le ministre. D'autant que, si Nicolas Sarkozy s'est, une fois n'est pas coutume, mis un peu retrait, la passation de pouvoirs entre Alain Juppé et Jean-Louis Borloo a provoqué \\"un trou d'air\\", selon l'expression de Sébastien Genest. Le président de France-Nature-Environnement relève surtout que \\"Juppé et Borloo ont deux caractères différents. Ils s'impliquent tous les deux, mais n'ont pas la même vision. Juppé était plus sensible à l'aspect négociations, alors que Borloo ne souhaite pas singer le dialogue social.\\"
Toutefois, Jean-Paul Besse se refuse à imaginer l’organisation de ce qui reviendrait à un énième colloque sur le sujet, en lieu et place de réelles négociations :
La marge de manœuvre est maintenant clairement délimitée. Les six groupes de travail ont jusqu’au 25 septembre pour faire émerger un plan d’action de 20 à 30 propositions, qui sera débattu lors du Grenelle de l’environnement prévu à la mi-octobre.
► Rectificatif le 18/07/2007 à 12h00 : un internaute nous a fort justement fait remarquer que le nom du porte-parole de l’Alliance pour la planète est Yannick Jadot et non "Jabaut" comme nous l’avions écrit par erreur. Toutes nos excuses à l’intéressé.










En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
…je crois que nous devrions attendre la fonte du Groenland, cela rendra les choses beaucoup plus chargées de sens…car en fin de compte, ce grenelle n’apportera rien de plus que les milliers de colloques sur le sujet : tout le monde sait quoi faire (changer radicalement de mode de vie), mais il n’y a absolument pas de volonté politique…
Complètement d’accord avec Alain Renard. Le système des points rouges se révèle parfaitement navrant à l’usage.
Très souvent, et principalement dans les articles politiques, ces votes ne servent pas à sanctionner la qualité ou l’intérêt des articles concernés, MAIS À FAIRE DISPARAÎTRE AU PLUS VITE LES AVIS EXPRIMÉS QUAND ILS SONT CONTRAIRES À CEUX DES VOTANTS*. Faire disparaître des idées avec des points rouges plutôt que de leur opposer ses propres arguments, quel état d’esprit désolant !
Je ne pense pas que telle était l’intention des fondateurs de Rue89 au départ, mais tel est le constat. Rue89 mérite mieux à mon avis.
Pourquoi pas un bouton, au début de la liste des réactions, qui permettrait d’ouvrir l’ensemble des commentaires ?
« tout le monde sait quoi faire (changer radicalement de mode de vie), mais il n’y a absolument pas de volonté politique… »
Il n’y a pas non plus de volonté… populaire… et pour cause… et il n’y a surtout pas de solution magique.
Un nouveau concept émergent, le capitalisme naturel, semble aujourd’hui porteur d’espoir. Deux principes le gouvernent:
1- la révolution industrielle prochaine génération doit générer plus de travail à partir de l’énergie, de l’eau, de la couche arable du sol et des autres ressources, que l’humanité en prend à la terre. Il s’agit de ralentir l’épuisement des ressources et la pollution et d’économiser en n’ayant plus à payer pour l’un ou l’autre de ces éléments.
2- Refuser la mauvaise utilisation des personnes qui se produit lorsque le système économique entraîne la présomption que les compétences sont rares et que la nature est généreuse. Il faut réorganiser les modes de production selon Lovis, conformément aux principes biologiques de façon à insister sur les boucles fermées et l’absence de pertes. Et réinvestir les profits générés de façon à renouveler le capital naturel de la terre.
J’ai bien dit un concept. Tout est à faire pour tester son applicabilité. Mais il offre certainement une voie de solution pour l’application réelle d’un développement qui soit soutenable.
@ CA de 18h18
Non. Tout simplement parce que ces solutions, bonnes en soi, ne feront jamais l’affaire de la majorité de la société qui ne voudra pas, à moins d’y être contrainte, et la contrainte en cette matière serait antidémocratique, sacrifier ses privilèges de consommation et de style de vie. Il faut trouver une solution dans le fonctionnement même du marché économique. Il faut instituer une mécanique qui fasse qu’il soit payant de protéger l’environnement, de maintenir et même renouveler les ressources. Je ne disais pas autre chose dans mon premier message en expliquant pourquoi le concept de capitalisme naturel est porteur d’espoir. Tout le reste est utopie, et voué à l’échec. La chute du communisme n’est pas dû au manque d’intention de partage, au contraire, c’en était même la base, mais de la disparition de toute possibilité pour les individus de s’enrichir personnellement (à moins de faire partie de la bureaucratie).
Attention les petits grattes papiers, beaucoup ne connaissent pas le travail qu l’équipe verte dont je suis le secrétaire, effectue au sein de ma mairie…c’est vrai à chaque réunion, on n’arrive pas à se mettre d’accord meme sur une virgule, et cela pendant facilement 3 heures, mais allez il faut bien le dire, c’est dans les 5 dernières minutes que tout le monde tombe d’accord sur la quantité d’eau à mettre dans les réserves des bacs à fleurs (surtout quand il pleut toujours ou pratiquement chez nous du côté de valenciennes)…alors à Paris avec le copain Berlo, ils ont pas fini avec les appéros…..
Non Monsieur, ce n’est certainement pas ce que vous décrivez ; ces premiers échanges permettent à tous de s’expliquer, de poser ses marques ses repères. Je milite dans l’association diocésaine écologique de mon département sous l’égide de Monseigneur et je peux vous dire que nos réunions sont agités et souvent à la limite du vaulgaire..mais Monseigneur l’Evêque sait comme à l’habitude nous remettre sur la bonne voie et le bon chemin et nous arrivons rapidement à nous mettre d’accord sur les modalités de fleurissement de nos belles églises et surtout l’entretien des presbytères que nos chers Pères ne peuvent effectués du fait de leur très faibles revenus et de leur grand âge…Notre seigneur saura retrouver les siens qui n’ont pas démérité à l’épanouissement de la nature et particulièrement notre cher grand ami Jean louis qui fait ce qu’il peut dans une ambiance on ne peut plus laïque….
DESOPILANT !!!!
Nom de Diou ! Satan m’habite !
Qqs citations à méditer avant de faire votre prière du soir ……
Lucretius (99-55) :
« toutes les religions paraissent de la mm façon ,sublime pour l’ignorant,utiles pour le polititien,et ridicules pour le philosophes. »
Magellan (1480-1521) :
« l’église dit que la terre est plate ,mais je sais qu’elle est ronde,j’ai vu son ombre dans la lune,et j’ai plus confiance dans une ombre que dans une église. »
Voltaire (tjrs vivant) :
« Dieu est tjrs du coté des bataillons les plus lourdements armés . »
Allelouya Akbar shalom , et que Krihna veille sur les boeufs et dévots.
Amen !
www.ruevalparaiso.blogspot.com
Peut-on s’étonner de ces tensions ? Il était évident depuis un moment que ce grand Ministère d’Etat de l’Environnement n’était qu’une façade, au même titre que la grande « Ouverture » politique de Sarkozy ou ses « grandes Ruptures ».
Comment la Droite pourrait-elle gouverner en mécontentant ses électeurs principaux, tels les agriculteurs de la FNSEA qui ont pu saccager le bureau de Dominique Voynet sans être punis, contrairement aux arracheurs de maïs transgénique ?
Il a été très difficile de mécontenter le lobby des bouchers au moment de la vache folle, des sucriers pour mener la lutte contre l’obésité, des cafés tabacs au moment de la hausse du tabac, des éleveurs de porcs pour lutter contre la pollution par les nitrates etc etc.
Trop de contradictions émaillent ce Grenelle hautement transgénique de l’Environnement. Il en sera probablement de même lorsque, pour prétendument réformer les Institutions, Jack Lang va devoir cohabiter avec Balladur. Les montagnes déplacées à grands renforts de trompettes (de la renommée) accoucheront… de foetus de souris.
« On ne marie pas la carpe et le lapin » dit un proverbe. Il est, en effet, des mutations génétiques que l’homme, en dépit de son savoir-faire, ne parviendra pas à réaliser (heureusement). Celle-là en est une.
Avoir Borloo en tant que ministre du « vert » est inouï. Il a, tout au long de sa carrière politique et chez France Télécom, travaillé dans le secteur de l’emploi et de l’économie. L’écologie n’a rien à voir, et Borloo n’a aucune expérience dans ce domaine. On comprend donc que, après sa « gaffe » sur TF1 à la soirée des législatives sur la TVA sociale, son nouvel emploi est une sorte de punition après ce qu’il a dit sur TF1. En clair, déjà que Borloo n’y connait pas grand chose dans le « vert », les débats désorganisés et les difficultés à mettre en place ses idées ne changeront pas grand choses. Il est dommage que Juppé soit parti; il avait une bonne experience dans le domaine.
Juppé était un néo-écolo de la pire espèce… « Je vais au conseil de ministre à vélo, mais je vais inugurer le TGV-Est à Strasbourg en avion. »
Non, mais au moins en train… un peu moins de gaz à effet de serre, et beaucoup moins d’hypocrisie…
Sarkozy grand professionel du marketing et de la communication cherche a récupérer le volet écologie pour se faire valoir et pour sans aucun doute faire faire du business à ses amis.L’écologie ne doit pas être gérée par les politique en Europe car très vite on va mélanger cela avec l’argent et en Europe contrairemenet aux USA argent et politique ne sentent pas très bons ensemble. Ce Grenelle va tourner à la farce et il n’en résultera rien de bien concret si ce n’est de la pub pour Sarkozy. Il faut gérer ces problème au sein d’organisations apolitiques avec de vrai sspécialistes de chaque domaine je ne vois ps ce que la religion peut apprter de plus ici ? Pour quoi ne pas inviter des sorciers et des magiciens de cirque, avec les politiques ils devraient faire bon ménage.
Participer au Grenelle? C’est OUI et voilà dans quel état d’esprit:
La Ligue ROC, qui sera présente dans 4* des 6 groupes, salue ce moment important et a bien conscience de la responsabilité qui incombe à chacun des participants. Moment important car ce Grenelle doit marquer un commencement, celui d’une réelle prise en compte de l’environnement par notre société. il ne s’agit ni d’un énième constat, ni d’une action à la marge mais d’une prise en compte à hauteur des enjeux que nous savons tous immenses.
Il s’agit de prendre des décisions fortes permettant de combler le retard.
Il s’agit de mettre au niveau des deux autres (l’économique et le social) le troisième pilier (l’environnement) du Développement Durable.
Responsabilité essentielle de chacun des acteurs car il n’y aura pas de cession de rattrapage. Si le Grenelle n’aboutissait pas à des mesures permettant d’infléchir réellement les politiques et le mode de développement actuel, l’adaptation serait imposée par les faits sans
que ce soit maîtrisé. Cela vaut particulièrement en ce qui concerne l’érosion de la biodiversité parent pauvre, à ce jour, de la prise de conscience comme des politiques menées.
Toutes les activités humaines sont susceptibles de porter atteinte à la biodiversité, qui pourtant, on l’oublie souvent, en conditionne la durabilité.
La Ligue ROC compte bien – tout comme la fédération FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT à laquelle elle est affiliée - contribuer à la réussite de ce Grenelle, et cela avec exigence, car l’échec est interdit, et avec ouverture, car la réussite impose de partager les solutions.
Nous voulons croire que ce sera la volonté de tous, notamment celle du Gouvernement - acteur clef - ne serait-ce qu’en terme de moyens, de ce qui doit être une rupture.
*Groupe 2 «Préserver la biodiversité et les ressources naturelles»
Groupe 5 «Construire une démocratie écologique : institutions et gouvernances»
Groupe 6 «Promouvoir des modes de développement écologiques»
Groupe 3 «Instaurer un environnement respectueux de la santé» en partenariat avec Vivagora.
Je n’ai pas vu indiqué ou se situait le nucléaire dans ce Grenelle.
Est ce caché dans un des groupes de travail ? Des opposants sont ils invités ? Ou bien ce n’est pas une préoccupation de ce colloque ?
Quelqu’un peut il me renseigner ?
Merci par avance
pépé
Non, le sujet n’est pas caché. Il est exclu du champ des discussions.
J’espère que les associations écolos ne vont pas faire comme les éléphants pseudo-socialistes: aller à la soupe, et vont au contraire montrer que ce « Grenelle » n’est qu’une poudre aux yeux !
Tout fait d’accord !
Si le nucléaire est peut-être une solution à court terme, il mérite de toute façon qu’on puisse en discuter, non ?
franchement avec ce gouvernement de droite , je ne vois pas ce qu’on peut attendre sur l’écologie à part « éteindre la lumière en sortant ».
Comme le soulignait hier soir Relatif, il n’y aura pas de volonté politique sur ce sujet tant qu’une volonté populaire n’existera pas. L’inaction des différents gouvernements sur ce sujet est directement liée à notre passivité. Une large majorité des français n’attend pas les changements en profondeur qu’il faudrait réaliser mais simplement une nouvelle couche de peinture. Et ceci commence par une profonde remise en question de notre mode de vie. Il faudrait commencer par fournir une information claire et plus complète sur ce dossier. C’est à nous autres, déjà convaincus, de faire circuler ces idées. Remuons nous!!
C’est bien l’écologie, c’est tendance. Et puis, à bien y regarder les français aiment l’écologie… Enfin, si ça ne les dérange pas trop… Enfin, ils aiment en parler… C’est aussi très tendance… On en parle dans les dîners mondains, on en parle au gouvernement… C’est sans conséquence…
Si les français pouvaient appréhender, ne serait-ce qu’un instant, les enjeux d’une politique véritablement écologique, ils demanderaient à M Sarkosy, notre tumultueux Président à tout faire, de nommer à ce poste une personne réellement intéressée par l’écologie, ou au moins qui fasse semblant. Monsieur Borloo est Monsieur Borloo… Juste un petit avocaillon arrivé en politique par le biais des affaires, et y trouvant la soupe abondante, décide de s’y installer. Mais qui dira aux français qu’une politique véritablement écologique mènerait à modifier leur comportement de consommateur d’une manière extrêmement douloureuse et irréversible! Certainement pas Monsieur Borloo qui l’ignore, ni les représentants de la FNSEA qui restent accrochés à leurs subventions tels la vérole sur le bas clergé.Ce Grenelle de l’environnement donnera l’illusion aux français que l’écologie est maintenant prise en compte… Ils pourront dormir tranquilles! Le chemin de guet est entre de bonnes mains… Je crains que le réveil ne soit douloureux… Très douloureux pour la prochaine génération qui non seulement héritera de nos dettes, mais également de notre merde, qu’elle soit nucléaire ou non…
Mais bon, que cela ne nous empêche pas d’en parler… De l’écologie… ça ne mange pas de pain…Et puis c’est très tendance… Enfin, s’il suffisait de ramasser ses papiers gras après le pique-nique ou de faire le tri sélectif de ses poubelles…
Dans les collèges, il ne manque plus que les chasseurs qui se déclarent « Association de préservation de la nature »…