A la Une 14/07/2007 à 14h17

Etats-Unis : dernière chance pour un condamné à mort



Manifeststaion anti-peine de mort en Caroline du Nord fin 2005 (Reuters)

L’histoire est presque banale. Troy Davis est noir et clame son innocence. Il est l’un des 3400 détenus attendant la sentence finale dans les couloirs de la mort. Accusé d’avoir tué un policier, il devrait, le 17 juillet, être le 1084e condamné à mort exécuté aux Etats-Unis depuis la réintroduction de la peine capitale en 1976.

Mais est-il vraiment coupable ?

Il y a de sérieuses raisons d’en douter, affirment les organisations des droits de l’Homme, tant son procès a été bâclé. Sept témoins à charge se sont rétractés depuis et, au début du mois, deux membres du jury qui l’ont condamné ont fait part, par écrit et sous serment, de leurs doutes : « A la lumière des nouveaux éléments, a écrit un des jurés, selon Time, j’ai de sérieux doutes sur l’équité de la condamnation à mort de Mr Davis » ...


Troy Davis (DR)

A l’approche de la date de l’exécution, fixée pour le 17 juillet, un comité de soutien, dirigé par Amnesty International et la National Coalition to Abolish the Death Penalty (Coalition nationale pour l’abolition de la peine de mort), a lancé un mouvement de mobilisation. Le comité rassemble associations abolitionnistes, membres du Congrès, juristes et responsables religieux. Quelques personnalités de poids donnent également de la voix pour faire ployer la machine judiciaire américaine, comme l’archevêque et prix Nobel de la paix Desmond Tutu.

L’objectif du mouvement n’est pas de proclamer aveuglément l’innocence de Troy Davis, mais de médiatiser les faiblesses du processus judiciaire dans cette affaire. « Nous n’affirmons pas que Troy Anthony Davis est innocent. Nous disons qu’il n’a pas eu droit à un procès équitable » , explique Anne-Marie Duranton, responsable du suivi Etats-Unis pour Amnesty France :

L’accusation porte sur la difficulté d’avoir le droit à un procès équitable quand on est noir et pauvre aux Etats-Unis. Anne-Marie Duranton érige le dossier Davis en « cas symbolique » de la défaillance du système judiciaire américain, et d’un procès « biaisé et bâclé » .

Troy a été condamné en 1991 pour des faits commis deux ans plus tôt. C’est dans la nuit du 19 août 1989 que Mark Allen McPhail, jeune policier de 27 ans, est tué de deux balles dans un parking de Savannah, en Géorgie. Il était intervenu pour porter secours à un SDF agressé par un homme armé. Selon les témoignages, trois hommes se seraient enfuis après les tirs. Quelques heures après, Troy Davis, alors âgé de 20 ans, est interpellé et écroué. Depuis, il n’a jamais cessé de revendiquer son innocence.

En janvier dernier, il raconte son histoire dans une lettre :

« Où est la justice pour moi ? (...) Tout ce que je demande, c’est un seul jour de vérité dans un tribunal juste. Si je suis irrémédiablement coupable, pourquoi les tribunaux me refusent-ils cela ? La vérité est qu’ils n’ont pas de véritable dossier ; la vérité, c’est que je suis innocent. »


Troy Davis et sa soeur (DR)

C’est que depuis 1991, sept des dix témoins à charge se sont rétractés, et évoquent des pressions policières. L’un d’entre eux déclare ainsi, sous serment, en 2002 :

« J’ai témoigné contre Troy au procès. Ce n’est pas vrai. Je n’ai jamais vu Troy faire quoi que ce soit à cette personne. J’ai dit ça au procès, parce que j’avais toujours peur que la police me jette en prison comme complice, si je disais la vérité sur ce qui s’était passé… »

Or le dossier ne repose que sur ces témoignages : aucune preuve matérielle ne vient les appuyer. Plus encore, parmi les trois témoins qui ne sont pas revenus sur leur déposition figure le principal suspect alternatif. Quant aux deux autres, ils ont multiplié les déclarations contradictoires et incohérentes.

Jamais l’enquête policière n’a été rouverte. Elle fut entièrement focalisée sur l’accusation du jeune Afro-Américain. Qui plus est, tous les recours juridiques de Troy ont été rejetés, pour des raisons de vice de procédure, le délai de présentation des rétractations étant jugé trop long.

Débouté par la Cour d’Etat de Géorgie en 1997, Troy Davis voit également ses chances de succès au niveau fédéral amputées : la « loi sur le terrorisme et la peine de mort » , votée l’année précédente, amenuise sensiblement la possibilité pour les tribunaux fédéraux de réviser des décisions prises par les tribunaux d’Etat. En plus de douze ans de procédures d’appel, jamais le dossier Davis n’a été réexaminé : le condamné, aujourd’hui âgé de 38 ans, vient d’épuiser tous les recours possibles. Le 25 juin dernier, la Cour suprême a en effet refusé de donner suite à une ultime demande de révision.

A l’heure où « l’opinion américaine est ébranlée par la condamnation à mort et l’exécution d’innocents » , la mobilisation rencontre un écho favorable, explique Anne-Marie Duranton. Comme action de la dernière chance, le comité de soutien a mis en ligne une pétition adressée au Bureau des grâces et des libérations conditionnelles de l’Etat de Géorgie, relayée par lle site français d’Amnesty.

« Il a été démontré à maintes reprises que le système de justice pénale aux Etats-Unis n’est pas exempt d’erreurs. Nous savons aujourd’hui que 124 personnes ont été libérées des couloirs de la mort aux Etats-Unis après avoir été injustement condamnées, souvent suite à de faux témoignages. Il est indispensable d’accepter ce fait inébranlable qui est que la peine capitale est un système de justice faillible, car il est mis en œuvre par des êtres humains eux-mêmes faillibles. “

L’instance représente désormais le seul espoir de Troy Davis. Le 16 juillet, elle décidera de commuer, ou non, son exécution en prison à perpétuité.

17/07/07 Un sursis pour Troy Davis. A moins de 24 heures de son exécution, Troy Davis s’est vu accorder un délai de 90 jours par le bureau des grâces de l’Etat de Géorgie. Pendant la séance, le représentant démocrate de l’Etat, John Lewis, des représentants d’Amnesty Internationale et cinq des témoins à charge du procès de 1991 ont plaidé en sa faveur. D’ici le 14 octobre, le bureau des grâces rendra sa décision finale sur la demande de clémence de Troy Davis. Pour l’instant, ses avocats se disent soulagés et ont annoncé qu’ils feront appel devant la Cour Suprême des Etats-Unis.


A lire :
‘ Où est la justice pour moi ?
Tribune de Troy Davis publiée sur le site d’Amnesty International.


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  • mrleon
    mrleon
    Chanteur Country
    • Posté à 17h04 le 14/07/2007
    • Internaute 6328
      Chanteur Country

    Pardon, mais comment peut-il avoir 28 ans s’il en avait 21 en 1989 ?

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à mrleon
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 17h47 le 14/07/2007
        éditeur
      • Journaliste 7
        Cofondateur

      erreur corrigée, merci

  • rage34
    • Posté à 17h05 le 14/07/2007
    • Internaute 5441

    Je n’arrive pas à envoyer ma signature. Un message d’erreur me parvient. Marieanne si tu as un conseil peux-tu me le dire s’il te plaît ?

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à rage34
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 17h51 le 14/07/2007
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Je suis personnellement passé par le site américain,signalé dans l’article : (National coalition to abolish the death penalty ».
      une autre excécution , celle de Darrel Grayson est aussi programmée pour les jours prochains ....pétition à signer également.
      Amitiés riveraines

    • Alexad
      Alexad répond à rage34
      • Posté à 17h52 le 14/07/2007
      • Internaute 8145

      Bonjour,
      Il faut sinscrire en premier lieu et ensuite envoyer sa signature.

      • rage34
        rage34 répond à Alexad
        • Posté à 15h38 le 16/07/2007
        • Internaute 5441

        Merci pour vos conseils. Finalement, je suis passé par le site conseillé par Charles Mouloud car le site d’Amnesty ne m’envoyant pas de confirmation, je ne sais si ma signature a bien été prise en compte.
        Aux sceptiques pour qui la peine de mort reste une solution, je conseillerais le film d’Alan Parker « La vie de David Gale » qui est assez « marrant » dans sa façon de pointer du doigt les failles du système léthal américain.

  • Anonyme

    Il faut alerter cecilia Sarkozy de toute urgence.
    Quelqu’un sait comment la joindre ?

  • Anonyme

    La peine de mort ne sert à rien, car n’a aucune valeur d’exemple. Les Etas-Unis reste le pays occidental où le plus grand nombre d’homicide est commis. Pire : depuis son retablissement, 122 personnes ont été innocentées.

    Alors où se situe le débat ?

    Depuis la création de ce pays, profondément chrétien, la peine de mort sert des intérets populistes.
    Comment ne pas penser qu’elle n’est que le prolongement du bon vieux temps où les lynchages s’occupaient des meurtriers, des violeurs, des voleurs, des syndicalistes, des types de passage et autre bouc emissaire. Le tout agrémenté d’un gros passif raciste.

    La peine de mort me debecte. C’est le premier argument qui prouve que les Etats-Unis ne sont pas un modèle.

    • Anonyme

      La peine de mort, pour les délits, certes, ne devrait pas exister sur ce point je suis d’accord. Mais en ce qui concerne les pédophiles, les violeurs, ou les psychopathes elle se doit d’être inévitable.Imaginez vous combien cela peut être difficile pour ses familles détruites de supporter cette souffrance quotidienne,et encore plus quand il s’agit de récidive.... La peine de mort est le prix à payer pour avoir violé l’intimité d’un être humain et encore plus pour un enfant. Même si elle ne résoud pas tous les problèmes, je suis d’accord, elle évite la récidive, pour ces cas extêmes, et par conséquent elle sauve la vie.....

      • zorbeck
        • Posté à 23h17 le 14/07/2007
        • Internaute 9110

        Non, je ne peux être d’accord avec la peine de mort, même dans les cas que tu cites, car l’accepter c’est nécessairement prendre le risque de tuer des innocents. La justice est humaine, donc faillible, et la peine de mort ne permet pas de retour en arrière, comme ça risque d’être le cas ici.
        Le seul argument qui me ferait presque pencher pour la peine capitale est l’incapacité des autorités judiciaires à reconnaître que certains criminels sont irrécupérables, ce qui fait que la perpétuité n’existe plus (en Europe), alors que les exemples de récidives multiples ne manquent pourtant pas.

      • Anonyme

        La sentence de la Justice doit-elle « réparer » la victime ou « punir » le coupable ? ... C’est tout le problème.
        Etre pour la peine de mort, c’est choisir la première solution et c’est un déni des efforts de socialisation fait par l’homme depuis l’époque des cavernes !

      • Anonyme

        Si la peine de mort réduisait vraiment la récidive ça se saurait mais ce n’est pas le cas. Les américains le savent mieux que personne. Ils sont nombreux à tenter de mettre un terme à cet hécatombe hélas ils sont aussi nombreux à réfléchir comme vous le faites et de nombreux innocents sont tués. Pour un pays démocratique ils ont beaucoup de retard. Je suis fière d’être européenne et que nous soyons tous définitivement CONTRE la peine de mort.

      • Anonyme

        Pauvre carne, sais-tu au moins ce que sont les soins ? Bien sur, même chez nous, pays irréprochable.. (ou la peine de mort n’existe plus) ce concept est tres vague. Il existe quand même et il mérite d’être examiné.
        Bonjour à toi et essaye d’évoluer un tout petit peu.
        Cordialement.

        MAKILA le Basque

      • rage34
        • Posté à 15h46 le 16/07/2007
        • Internaute 5441

        J’ai connu un homme qui entretenait des relations sexuelles avec une fille de quatorze ans alors qu’il en avait lui 19. A l’époque, elle lui avait menti sur son âge (c’est ce qu’il m’a raconté) et lui avait affirmé qu’elle était âgée de seize ans.
        Si l’on suit ton raisonnement, qu’elle aie porté plainte à l’époque et le type aurait encouru la peine de mort. C’est franchement idiot. Si l’on rentre dans ta logique, quelles limite devra-t-on poser pour définir les pédophiles, les psychopathes (comme tu dis) et consorts ?
        PS : aujourd’hui, les deux amants sont mariés et ont une fille.

  • Anonyme

    c’est bizarre l’autre article sur des condamnés en Iran a totalement disparu, volatilisé !

    • Anonyme
      • Anonyme

        on aboutit à « page non trouvée »....

        l’article a bel et bien été supprimé

        pour quelle raison ?

  • Anonyme

    oui c’est bien les US.
    Etant donné qu’ils ont viré conservateur tres tôt contrairement à nous qui venons juste de le faire.

    peut être que si le prochain president est démocrate, cela va évoluer...par un retour de manivelle bien mérité.

    Lien

    • juliettelucie
      juliettelucie
      Agitée du bocal
      • Posté à 23h24 le 15/07/2007
      • Internaute 4918
        Agitée du bocal

      J’en doute... aujourd’hui, aucun candidat ne se risquera à perdre les 60% et quelques d’américains qui sont pour la peine de mort

      • Anonyme répond à juliettelucie

        Malheureusement, l’argument électoral a son poids. Il faut beaucoup de courage pour braver une majorité. C’est pourtant ce qui se fit en France. Un petit effort, Uncle Sam, you can make it if you try, pas vrai ?

        Thomas GREDAT

  • séville
    • Posté à 21h04 le 14/07/2007
    • Internaute 12227

    Si l’avancement d’une civilisation s’évalue en regardant la manière dont sa justice est menée et sa police agit, les États Unis ne peut pas prétendre au rôle qu’ils aiment se donner celui de la plus grande nation en s’appuyant sur les notions de progrès, démocratie et de liberté.
    Sa justice a suffit á tous les ébranler rien que dans les quelques dernières années.En plus des erreurs judiciaires, des procès bâclés, des condamnations á mort inhumaines dans leurs exécutions meme, il faut mentionner les dernières innovations ,tel que le Patriotic Act ou Guantanamo, dans la brutalité émanant d’une société voulant la Sécurité á tout prix quant á perdre son áme.
    Cela révele la paranoia et les archaimes de cette société en ce qui concerne le racisme en particulier.
    Il ne faut pas que les américains s’ étonnent de la violence dans la société qui est_ avant l’influence des jeux vidéos, de la pauvreté ou encore des génes _la conséquence logique d’une violence étatique (et ne parlons meme pas de la politique étrangere !).

    Seville

  • Anonyme

    L.’Amérique comme je l’ « aime ». Brutale et féroce. Depuis toujours et pour l’éternité.

    Parler de justice ? Pourquoi parler de corde dans la maison d’un pendu ?

    « I believe much trouble and blood would be saved if we opened our hearts more. I will tell you in my way how the Indian sees things. The white man has more words to tell you how they look to him, but it does not require many words to seek the truth. », Chief Joseph, Nez Percé.

  • Anonyme

    Et si Dieu, n’existait pas ? .

    Comment un Pays, les USA, profondément catholique, avec un Président profondément croyant au 21 siécle, dans une société Américaine tournée vers le futur, explorant l’espace, à la pointe du progret.

    Comment ce Pays peut-il au nom de Dieu, tuer des personnes avec quelques doutes sur leurs culpabilités.

    Pourquoi, Dieu laisse t’il toutes ces injustices exercer ? .

    Pourquoi, Dieu laisse t’il l’un de ses fils mourrir ? .

    Et si, Dieu n’existait pas ? .

    • Anonyme

      Et si le dieu de George Bush était une pure construction de ce qui lui sert d’esprit ? Et si son dieu n’était pas Dieu ?
      « Pourquoi Dieu laisse-t-il l’un de ses fils mourir ? » Parce qu’il ne faut pas imputer à Dieu des méfaits commis par des hommes. Qui, comme Bush, n’ont pas le sens de Dieu.

      Thomas GREDAT

  • Bonobo35
    • Posté à 23h39 le 14/07/2007
    • Internaute 4205

    Dieu est mort le jour ou les hommes l’on inventé.

  • philemon_94
    philemon_94
    Enseignant - Val de Marne
    • Posté à 00h16 le 15/07/2007
    • Expert 8344
      Enseignant - Val de Marne

    Que dire ? Sinon qu’il faut interdire la peine de mort partout dans le monde.

    Comment critiquer la Lybie quand on accepte les exécutions capitales aux USA ?

    Où peut-on signer une pétition ?

  • Anonyme

    Kenneth Foster doit être exécuté le 30 août, pour un crime qu’il n’a pas commis, en vertu de la loi des Parties au Texas. Mobilisez vous !

  • sabaudia
    • Posté à 09h37 le 15/07/2007
    • Internaute 8229

    existe-t-il une pétition française facile d’accès et largement diffusable ?

  • boboétie
    • Posté à 10h43 le 15/07/2007
    • Internaute 2816

    une petite injustice de temps en temps ne peut faire de tort... à ceux qui détiennent le pouvoir. L’autorité reçoit alors l’aura de la fatalité.
    Accepte et tais-toi ! En un mot : amen !

  • Anonyme

    Essayez en agitant une carte bleue, sinon faites toutes les grandes boutiques Parisiennes, ou alors téléphonnez à Georges Buch, peut-être est-elle en Amérique ! ! ! ! ! !

  • Anonyme

    Les personnes qui sont si soucieuses de vies humaines lorsqu’il s’agit de contraception ou d’avortement sont les premières à tuer au nom de principes religieux. Leur religion, on s’en fout, ce ne sont que des assassins et il serait temps que la justice internationnale s’interresse à leur cas et jugent Bush pour ses crimes : il a fait tuer plus que Adolf, il serait temps de s’en rendre compte !

    • Anonyme

      D’accord à 100%. Ils ont vraiment un double discours, un jour la vie est sacrée et le lendemain on exécute un innocent sans remords. Sachant que Bush a fait amnistier l’autre pourriture de copain de Dick Cheney il y a une semaine, il se fout vraiment de notre gueule. A vomir...

  • Anonyme

    Elle est où cette pétition contre la barbarie d’un pays qui ne se gêne pas pour imiter le comportement de ses hommes au pouvoir dans X états dont la Californie, le Texas ? : tuer ?

  • Anonyme

    Les choses n’ont pas changé dans la plus grande démocratie du monde, qui enlève la paille de l’oeil de son voisin pour ne pas voir la poutre qui est dans le sien. Cette référence évangélique devrait dire quelque chose au « born again christian » George Walker Bush, qui pousse la charité chrétienne à abréger pour certains de ses concitoyens le malheur de vivre dans cette vallée de larmes.
    Pas pour tout le monde apparemment, puisqu’il a grâcié il y a peu une de ses relations, impliquée dans je ne sais plus quelle sombre affaire. Mister Bush a beau vouloir être le rempart inébranlable de la justice, il a, comme n’importe qui, ses moments de faiblesse. Que Dieu lui pardonne, si ce n’est pas trop Lui demander !
    J’ai bien peur que la justice américaine ne revienne pas en arrière : comment lui serait-il possible d’admettre qu’elle s’est peut-être trompée ? Et que ce n’est peut-être pas la première fois ?
    Imaginez le courage qu’il faudrait à réviser des procès ayant entraîné une exécution capitale décidée sur de faibles indices.
    Au fait, si Phil Spector, avec le respect que l’on doit à l’ancien producteur (entre autres) des époux Turner et de John Lennon, est reconnu coupable du meurtre pour lequel il est actuellement jugé, passera-t-il sur la chaise électrique ?
    Comment dit-on « Selon que vous serez puissant ou misérable » en anglais ?

    Thomas GREDAT

  • Anonyme

    Où sont t ils les défenseurs bornés du système US ?
    Par contre ce n est pas la peine de « batailler » sur le net pour trouver des pétitions car ils vont s assoir dessus surtout venant de France

  • Anonyme

    « Le 16 juillet, elle décidera de commuer, ou non , son exécution en prison à perpétuité. »

    Justice quand même incroyablement imparfaite ! Si son exécution est commuée en prison à perpétuité, c’est que sa culpabilité est (très) fortement mise en doute. Prison à perpétuité, c’est donc ce qu’on risque quand on n’a pas réussi à obtenir la preuve formelle de votre culpabilité ! Brrrr !

  • watch_you
    • Posté à 11h37 le 16/07/2007
    • Internaute 12405

    Comment les Etats-Unis peuvent se dire démocratique quand les libertés individuelles sont bafouées : patriot act. Et surtout comment peut-on enlever à quelqu’un ce que l’on ne désire pas perdreb ?
    La mort d’un être humain est toujours un drame.

  • Anonyme

    Jusqu’à quelques années j’étais farouchement contre la peine de mort,mais depuis j’ai changé d’avis avec l’expérience.En fait plus généralement maintenant je suis pour la loi du talion,ni plus ni moins,c’est ce qu’il y a de plus juste,ce qui respecte l’ égalité réelle.–––-En tout cas ce qui est certain c’est que la peine de mort pour les terroristes religieux est absolument nécessaire,car si on les laisse en prison,ses congénères commettront des actes de terrorisme pour les faire sortir de prison,et si on les laisse sortir de prison ils recommencent leurs actes de terrorisme.

    • Anonyme

      En quoi la peine de mort et la loi du Talion seraient-elles plus justes ? Tu l’affirmes, mais qu’est-ce qui te fait dire ça ? La peine de mort est-elle dissuasive ? L’humanité n’a-t-elle fait aucun progrès depuis la loi du Talion ?
      Un homme, quel qu’il soit, a-t-il des qualités qui lui permettent de disposer de la vie d’un autre, même criminel ?
      Le jour où, pour avoir tué en état de légitime défense, ou simplement pour un crime que tu n’auras pas commis, tu seras condamné à mort, sauras-tu faire face stoïquement à la sentence de la Justice ?

      Thomas GREDAT

    • Anonyme

      Avec l expérience ! ! ! Quelle Expérience ?

  • Anonyme

    La démocratie d’un pays se mesure à la qualité de sa justice .

    Tant que les Etats-Unis enverront ainsi des êtres humains vite et mal jugés
    à la peine de mort, elle ressemblera aux pires dictatures .

    La peine de mort est une honte en soi, même pour les coupables, alors
    pour les innocents, c’est la pire et la plus scandaleuse des injustices .

    Et tous ces américains qui croient encore que les USA sont le pays de la liberté, quand vont-ils ouvrir les yeux ?

    Vivement l’après BUSH , cela ne pourra qu’être un peu mieux ...

    Philippe Pache

  • Anonyme

    Chère Cecilia,
    votre intérêt pour les causes nobles me réjouit, aussi j’attends avec impatience votre visite au président Bush pour lui demander de libérer les prisonniers de Guantanamo.
    Pendant que vous y êtes, un petit discours sur les couloirs de la mort serait bienvenu.
    J’espère qu’il y aura un échange de bons procédés, et que nous allons voir arriver en France des visiteurs de prisons avec un pedigree prestigieux pour rappeler à votre cher époux que même condamné un être humain a droit au respect et à des conditions d’incarcération dignes.
    Ne doutant pas de l’influence que vous avez sur notre président je vous remercie du rôle de bienfaitrice de l’humanité que vous avez choisi d’incarner

  • Anonyme

    Bravo..
    Cecilia sera ravie de l’interet que vous lui portez.
    Elle ne tardera d’ailleurs pas à vous répondre.

  • Anonyme

    L’exécution de Troy Davis est suspendue

    Aux Etats-Unis, les autorités de Georgie ont suspendu l’exécution de Troy Davis. Troy Davis est cet américain noir de 38 ans condamné à mort pour le meurtre d’un policier blanc il y a 18 ans, un acte qu’il a toujours nié.

    Source : Info radio - 17 jul 2007 13 : 54
    Les faits remontent à une nuit d’août 1989, sur le parking d’un fast-food. Un SDF éméché, se sentant menacé par des jeunes, appelle à l’aide. Un policier tente de s’interposer. Deux coups de feu claquent. Le policier s’écroule. Le lendemain, un jeune homme, Sylvester Coles, vient dénoncer Troy Davis. Troy Davis, alors âgé de 20 ans, reconnaît qu’il se trouvait sur les lieux du drame, mais nie toute implication dans le meurtre. L’arme du crime reste introuvable. Mais Troy Davis est arrêté et inculpé, sur la base de neuf témoignages.

    Les années passent et un à un les témoins se ravisent. Sept d’entre eux modifient même leurs dépositions, avouant avoir menti sous pression de la police. Parmi les deux témoins restants, il y a Sylvester Coles. Et c’est lui qui apparait maintenant comme le suspect numéro un. Les avocats de Troy Davis ont retrouvé quatre personnes qui se trouvaient sur les lieux le soir du crime. L’un affirme avoir vu Sylvester Coles menacer le SDF puis tirer sur le policier. Les trois autres l’ont entendu se vanter d’avoir tué un policier et fait condamner quelqu’un d’autre à sa place.

    Mais jusqu’à présent, la justice avait refusé de prendre en compte ces témoignages. Le comité des grâces a donc décidé d’analyser ces nouveaux éléments de la Défense et ont accordé un délai maximum de trois mois avant de confirmer l’exécution ou de gracier Troy Davis.

    Source RTBF.

    • Anonyme

      Quel soulagement ! On n’osait pas y croire ! Le comité des grâces aurait-il eu un doute sur la culpabilité de Troy Davies, ou d’autres éléments ont-ils joué ? Rue89, est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
      Ca peut être intéressant pour d’autres cas. Et plein d’espoir. Même si l’exécution n’est que suspendue, c’est déjà une victoire. Il y a encore le temps de la réflexion. Troy Davies n’est pas sauvé, mais il n’est pas perdu.

      Thomas GREDAT

      • Anonyme

        REPORT DE L’EXECUTION DE TROY DAVIS

        « Un cas pas limpide »
        NOUVELOBS.COM | 17.07.2007 | 19 : 14

        Quels éléments du dossier pourraient remettre en cause la condamnation de Troy Davis ?

        - Nous pensons à deux possibilités : soit une mesure de grâce, soit, éventuellement, la réouverture du procès, dans la mesure où des éléments connus depuis longtemps n’ont pas été pris en compte. Il existe des déclarations contradictoires et des témoins qui se sont rétractés. Il semble aussi que certains jurés aient dit que, si c’était à refaire, ils auraient pensé différemment. Si le bureau des grâces accorde cette possibilité, c’est à la Cour suprême de Géorgie de voir comment procéder. Mais ce serait une procédure exceptionnelle. Notre souhait est d’éviter à tout prix l’exécution d’un innocent, dont le cas est de plus en plus sensible dans l’opinion. A l’échelle des Etats-Unis, l’information est relayée dans tout l’Etat de Géorgie et se propage maintenant à l’ensemble des Etats-Unis. Elle répond au souci, typiquement américain, d’avoir une justice irréprochable. Les plus mobilisés sont l’Eglise, les associations abolitionnistes et les juristes, sans compter le Conseil de l’Europe qui a appelé à gracier Troy Davis.

        Quelles sont les chances pour lui d’être libéré ? L’Etat de Géorgie est-il connu pour gracier facilement les condamnés à mort ?

        - L’Etat de Géorgie est un Etat qui exécute régulièrement mais qui n’est pas parmi les cinq Etats les plus exécuteurs des Etats-Unis. Evaluer les chances de Troy Davis d’être innocenté est impossible actuellement. Les discussions ont été longues et difficiles avec, visiblement, de nombreux désaccords au sein du bureau des grâces. Le cas de Troy Davis n’est pas limpide. Nous espérons que ces hésitations tourneront en sa faveur mais nous ne faisons pas pour autant preuve d’un optimisme facile.
        Dans l’ensemble des Etats-Unis, des sursis sont souvent accordés mais qui, malheureusement, ne se terminent pas très bien. Les sursis peuvent être de 30, 60 ou 90 jours. On vient d’exécuter, par exemple, Elijah Page dans le Dakota du sud. Ce jeune homme de 25 ans venait préalablement d’obtenir un sursis mais a tellement été découragé qu’il s’est porté volontaire. Il n’en pouvait plus, il a demandé à ce qu’on l’exécute. Nous savons qu’une des sœurs de Troy Davis est extrêmement combative. Quant à lui, il n’a cessé de clamer son innocence et de dire qu’il demandait la réouverture de son procès. La justice américaine est terrible. Il se préparait à mourir, maintenant il sait que son exécution est prévue dans trois mois. Pour rester combatif, il faut être courageux.

        Cette affaire est-elle symbolique d’autres dossiers de condamnés à mort aux Etats-Unis ?

        - De façon générale, les exécutions concernent trop souvent des gens appartenant aux minorités ethniques, en particulier les afro-américains. Ce sont souvent des gens qui n’ont pas les moyens financiers pour faire assurer leur défense. Cela introduit un double biais souvent cumulatif. Il se met en marche une machine qui, quand le coupable est retenu comme tel, est difficile à enrayer. Il existe une sorte de faillite du système judiciaire américain, où il arrive que les policiers sont très désireux de trouver un coupable, surtout quand la victime est un des leurs. Après coup, les témoins reprennent leurs esprits et démentent leurs déclarations. Mais les procès d’appel sont très minutieux. Suite aux attentats d’Oklahoma city, la législation s’est durci et a réduit les possibilités d’appel. Par ailleurs, le budget des associations chargées d’assurer la défense des personnes sans ressource a été réduit. Troy Davis fait parti de ces gens qui n’ont pas eu la chance d’avoir une très bonne défense.

        Propos recueillis par Justine Charlet
        (le mardi 17 juillet 2007)

         
        • Anonyme

          Merci pour ces précisions très instructives... et efrayantes.
          Souhaitons que, cette fois, la très forte mobilisation en faveur de Troy Davis fasse impression à l’état de Géorgie.

          Thomas GREDAT

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Bonjour,

    je suis une correspondante de Kenneth.

    est il possible svp de diffuser autour de vous et sur sur site la lettre ouverte adressée par Monsieur Claude RIBBE à Monsieur Nicolas SARKOZY hier.

    Lien

    Merci énormément

    Fatou : eben131@hotmail.com

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