Dominique Huet a reçu mercredi, par lettre recommandée, la copie du courrier adressé à son employeur par l’inspecteur du travail. Refus. L’Inspection du travail, qui doit obligatoirement être consultée lorsqu’une entreprise souhaite licencier des salariés protégés, n’a pas donné son feu vert pour le licenciement des trois délégués syndicaux concernés par le plan social à la » Barre-Thomas » . C’est ainsi qu’on surnomme, à Rennes, le sous-traitant de PSA spécialisé dans la production de pièces de caoutchouc.
Longtemps dans le giron de Citroën, l’entreprise a essuyé plusieurs tempêtes depuis 2000 et sa cession par le constructeur automobile. Plusieurs propriétaires se sont succédés depuis à sa tête… et plusieurs vagues de licenciements ont eu lieu. La « Barre-Thomas " traverse son deuxième PSE (" plan de sauvegarde de l’emploi » ) en moins d’un an. Cette fois, la direction de la Société des polymères Barre-Thomas prévoit la suppression de 309 postes d’ici avril 2008, soit 19% des effectifs. Parmi eux, on dénombre 258 licenciements, les autres bénéficiant d’un départ à la retraite, anticipé ou pas.
Une quarantaine de salariés ont reçu leur lettre de licenciement, mi-juin. Mais, pour trois d’entre eux, l’Inspection du travail a opposé son refus. Dominique Huet, 47 ans dont vingt-quatre à la « Barre-Thomas " , en fait partie : délégué syndical CFTC depuis 1998 et représentant du personnel, le technicien méthode figurait parmi les trois élus syndicaux bénéficiant du statut de salarié protégé. Les deux autres salariés dans le même cas sont, respectivement, élus CFTC et FO. " Mais il ne s’agit que du début : sur notre atelier, la CGT n’avait pas d’élu, mais elle craint elle aussi d’être visée par les prochaines vagues du plan social » , avertit Dominique Huet, qui rappelle que les évaluations personnalisées de la plupart des élus syndicaux au printemps ont été désastreuses. » Sans en avoir l’air, la direction a essayé de se débarrasser au passage des salariés qui les dérangeaient car nous faisons office de poil à gratter dans l’entreprise » , estime Dominique Huet.
Cette semaine, l’Inspection du travail a donc signifié son refus à la direction. Pour les deux élus CFTC, elle motive son refus dans la mesure où tous les efforts n’auraient pas été déployés pour fournir un poste similaire au sein de l’entreprise. En ce qui concerne Dominique Louis, élu FO, l’inspecteur du travail a estimé que l’argumentaire basé sur d’éventuelles absences sur le lieu de travail n’avait pas été étayé par des éléments objectifs. Pour tous, l’inspecteur du travail avance que leur licenciement n’est pas sans rapport avec leur activité syndicale.










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Je ne veux en aucun cas porter atteinte à la liberté de la presse et de celle de Chloé Leprince en particulier, mais je trouve ce titre ambigu.
Ce n’est pas le plan social qui est leur est refusé.
L’inspecteur du travail a refusé le licenciement des délégués syndicaux, et c’est d’ailleurs ce que l’article explique fort bien.
Les délégués syndicaux seraient en voie de disparition si d’aventure ils perdaient leur statut de salarié protégé. Cette histoire l’illustre très bien.
Pol (Ex délégué syndical CFDT)
En dehors de cette « actu », la lutte des employés de la Barre-Thomas n’est pas nouvelle. En tant qu’étudiant à Rennes on a eu pas mal d’échos pendant les différentes mobilisations sociales jusqu’au dernier meeting de la LCR à Rennes.
Une pensée à ceux qui continuent de lutter !