VIA RENNES 12/07/2007 à 20h33

A Rennes, pas de plan social pour les délégués syndicaux


Dominique Huet a reçu mercredi, par lettre recommandée, la copie du courrier adressé à son employeur par l’inspecteur du travail. Refus. L’Inspection du travail, qui doit obligatoirement être consultée lorsqu’une entreprise souhaite licencier des salariés protégés, n’a pas donné son feu vert pour le licenciement des trois délégués syndicaux concernés par le plan social à la « Barre-Thomas » . C’est ainsi qu’on surnomme, à Rennes, le sous-traitant de PSA spécialisé dans la production de pièces de caoutchouc.

Longtemps dans le giron de Citroën, l’entreprise a essuyé plusieurs tempêtes depuis 2000 et sa cession par le constructeur automobile. Plusieurs propriétaires se sont succédés depuis à sa tête… et plusieurs vagues de licenciements ont eu lieu. La « Barre-Thomas » traverse son deuxième PSE ( » plan de sauvegarde de l’emploi » ) en moins d’un an. Cette fois, la direction de la Société des polymères Barre-Thomas prévoit la suppression de 309 postes d’ici avril 2008, soit 19% des effectifs. Parmi eux, on dénombre 258 licenciements, les autres bénéficiant d’un départ à la retraite, anticipé ou pas.

Une quarantaine de salariés ont reçu leur lettre de licenciement, mi-juin. Mais, pour trois d’entre eux, l’Inspection du travail a opposé son refus. Dominique Huet, 47 ans dont vingt-quatre à la « Barre-Thomas » , en fait partie : délégué syndical CFTC depuis 1998 et représentant du personnel, le technicien méthode figurait parmi les trois élus syndicaux bénéficiant du statut de salarié protégé. Les deux autres salariés dans le même cas sont, respectivement, élus CFTC et FO. « Mais il ne s’agit que du début : sur notre atelier, la CGT n’avait pas d’élu, mais elle craint elle aussi d’être visée par les prochaines vagues du plan social » , avertit Dominique Huet, qui rappelle que les évaluations personnalisées de la plupart des élus syndicaux au printemps ont été désastreuses. « Sans en avoir l’air, la direction a essayé de se débarrasser au passage des salariés qui les dérangeaient car nous faisons office de poil à gratter dans l’entreprise » , estime Dominique Huet.

Cette semaine, l’Inspection du travail a donc signifié son refus à la direction. Pour les deux élus CFTC, elle motive son refus dans la mesure où tous les efforts n’auraient pas été déployés pour fournir un poste similaire au sein de l’entreprise. En ce qui concerne Dominique Louis, élu FO, l’inspecteur du travail a estimé que l’argumentaire basé sur d’éventuelles absences sur le lieu de travail n’avait pas été étayé par des éléments objectifs. Pour tous, l’inspecteur du travail avance que leur licenciement n’est pas sans rapport avec leur activité syndicale.

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  • Anonyme

    Le problème est que le ministère du travail (au cas où l’employeur fait appel) risque fort d’approuver le licenciement, le cas a déjà eu lieu de très nombreuses fois... La vraie question est l’antisyndicalisme qui sévit en France, les moyens fondamentalement limités des élus et délégués syndicaux pour exercer leurs mandats et/ou pour faire respecter le Code du Travail... aussi, la méconnaissance totale de la réalité de l’engagement syndical par la plupart des salariés et l’image totalement stéréotypée et hostile qu’en donne la majorité des médias...
    Cette histoire devrait constituer une opportunité pour consacrer quelques articles sur le rôle et l’utilité des OS et des DS, une petite pédagogie favorable au collectif serait la bienvenue ! ! !
    Elie (ex DS CGT)

  • Shix
    Shix
    Madteam since 2010
    • Posté à 22h01 le 13/07/2007
    • Internaute 7815
      Madteam since 2010

    En dehors de cette « actu », la lutte des employés de la Barre-Thomas n’est pas nouvelle. En tant qu’étudiant à Rennes on a eu pas mal d’échos pendant les différentes mobilisations sociales jusqu’au dernier meeting de la LCR à Rennes.

    Une pensée à ceux qui continuent de lutter !

  • Anonyme

    Un de plus, il faudrait faire une carte de France de toutes les entreprises qui licencient, qui délocalisent, ça ferait peut-être une prise de conscience, mais je suis vraiment pessimiste, quand je vois que l’on ne fait que des lois pour les plus riches : bouclier fiscal, et que Monsieur Martin Hirch fait de la figuration dans un gouvernement capitaliste..
    De la misère toujours plus de misère..mais toujours pour les même : les petits...
    C’est la descente aux enfers de la précarité...
    Les délégués syndicaux, des empêcheurs de tourner en rond, enfin pour ceux qui défendent vraiment les salariés...histoire sans parole !

  • Anonyme

    je connais citroen rennes pour y avoir travaillé dans les années 80 le climat délétère avec plein de
    petits chefs souvent abrutis ! ! !