François Malye, journaliste au Point et président du Forum permanent des sociétés de journalistes -qui en regroupe 29-, n’a toujours pas reçu de réponse à la lettre envoyée le 27 juin à Nicolas Sarkozy. Pour lui, les médias ne pourront pas remplir leur fonction de contre-pouvoir tant que leurs problèmes structurels ne seront pas réglés. En attendant, il revient sur les problèmes d’indépendance et de censure de ces derniers mois.
Le président de la République n’a pas encore répondu à votre courrier?
A ce jour, non. Je constate qu’il reçoit tous les jours quelqu’un qui lui semble important -ce que je respecte-, alors qu’il ne nous a toujours pas répondu. Notre forum représente pourtant près de 4000 titulaires de la carte de presse, ce qui n’est pas rien [sur un total de 37000 journalistes titulaires, pigistes et demandeurs d’emploi, ndlr]. Mais nous ne sommes pas là pour batailler contre Nicolas Sarkozy, nous avons d’autres projets.
Que lui demandez-vous ?
Dans notre lettre, nous lui faisons des propositions concrètes, lucides, argumentées juridiquement avec l’aide de spécialistes de haut niveau. Nous demandons trois choses: la reconnaissance juridique des rédactions à travers les sociétés de journalistes; le pouvoir pour celles-ci de faire respecter la charte des journalistes; et un droit de veto des rédacteurs sur la nomination du directeur de la rédaction. Je rappelle qu’une SDJ n’a rien à voir avec un syndicat, puisqu’elle n’a vocation à se prononcer qu’en matière de déontologie.
Après les nombreux incidents de ces derniers mois, constatez-vous une augmentation du nombre de censures ou de pressions sur les médias?
En termes de perquisitions, c’est très net: pas moins de sept depuis deux ans, alors qu’elles étaient tout à fait exceptionnelles auparavant. D’ailleurs, on n’arrive pas à comprendre que l’argent du contribuable soit gaspillé pour envoyer des juges et des policiers dans les médias, alors que ça ne tient pas devant les tribunaux, puisque c’est contraire au droit européen, qui affirme la nécessité de médias indépendants!
C’est aussi une de nos demandes: que le droit français soit, sur ce point, mis en conformité avec le droit communautaire. Les journalistes n’ont pas à être surveillés dans le cadre de l’exercice de leur profession, ils devraient avoir un statut proche de ceux des avocats ou des médecins.
Trouvez-vous que les médias possédés par des actionnaires étrangers sont plus épargnés?
Je remarque que les journalistes ou lecteurs des Echos avaient confiance en Pearson [le groupe britannique qui se sépare du titre, ndlr], et qu’ils n’ont pas confiance en Bernard Arnault. Visiblement, avoir un actionnaire étranger pose généralement moins de problèmes.
Mais le respect de l’indépendance des journalistes dépend aussi de la personnalité de l’actionnaire et de la qualité du directeur de la rédaction. C’est pourquoi nous demandons ce droit de veto pour la nomination de ce dernier.
Globalement, je pense qu’il ne faut pas exagérer: l’écrasante majorité des sujets est publiée. Il y a des rubriques sensibles, bien sûr, comme la politique et l’économie. Pour le reste, il est clair que la précarité économique, ajoutée aux cas réels de censure, favorise un certain phénomène d’auto-censure. Les journalistes ne peuvent pas claquer la porte de leur rédaction et retrouver rapidement du travail ailleurs. Alors ils s’interdisent certains sujets, ce qui est mauvais pour eux, et encore pire pour les médias.
Comment expliquez-vous cette situation ?
Parce qu’il n’y a pas de vrai groupe de médias en France: ce n’est pas rentable, si l’on met de côté la catastrophe mondiale qu’a été la privatisation de TF1, seul exemple sur la planète d’un gouvernement vendant la première chaîne du pays. Nous payons vingt-cinq ans de non-réforme, notamment dans la presse écrite en ce qui concerne les kiosques, la diffusion, l’impression…
Les éditeurs ont donc tendance à pressurer les journalistes sous des prétextes économiques. Nous vivons actuellement une crise historique, tous les vieux schémas qui régissent les médias sont en train d’exploser. Avec un Président qui réforme tous azimuts, je ne comprends pas que la presse soit à l’écart.
La vieille génération de patrons de presse comme les politiques n’ont pas compris que la façon de s’informer des gens avait changé. Désormais, il y a un boulevard numérique sur lequel on analyse la qualité de l’information. Ce qui pend au nez des patrons de médias, c’est un indice de crédibilité de leur support.
A lire:
Front syndical pour défendre l’indépendance des médias
La tribune des syndicats de journalistes.
► Le dernier communiqué de la SDJ des Echos
► Le dernier communiqué de la SDJ de Télérama

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Obtenir du Président qu’il garantisse l’indépendance des journalistes voilà une belle initiative et l’on comprend très bien l’absence de réponse….
Bonsoir,
juste une question, comment peut on obtenir l’indépendance de la part d’une personne ? L’indépendance ne doit elle pas plutôt se déclarer ? Si les journalistes (et il y en a) ne faisaient pas de l’auto-censure, nous aurions déjà des résultats quant à cette indépendance Non ?
Bravo! Bonne remarque! Les choses un peu pointues sont délaissées par les journalistes. A qui s’adresser quand nous avons du nouveau à dire? A notre blog!!! Soyons sérieux! Les journalistes, je pense à ceux qui pensent être critiques d’art, feraient bien de se comporter autrement. A moins que des puissances ne les en empêchent! Allez savoir! Existe-t-il des médias libres aujourd’hui en France?
Ici nous en avons un que je recommande et qui ne contient aucune publicité: « Ch’Fakir », quotidien bi-mensuel, certes mais qui a le mérite d’être indépendant et qui ne pratique pas la langue de bois.
C’est toujours interessant de connaître les effets de la politique sur le terrain…
Cela mérite le détour.
C’est certain que ces journalistes ne sont pas assujettis à l’ISF…
Les « pôvres »…
Tant que la loi demeure où un politicien est autorisé pour faire des modifications à n’importe quelle histoire pour préserver la réputation à un, il n’y aura aucun libre enfoncent la France. En attendant, l’influence des médias de la supposition - ceux où les affaires de rapporter l’info sont devenues plus importantes que la diffusion altruiste de l’info, entame pour toujours.
Tout à fait d’accord..l’indépendance ne dépend que du journaliste mais le prix à payer de cette liberté de dire la vérité ( en particulier celle qui dérange les pouvoirs ) est trop lourd pour beaucoup de journalistes devenus courtisans qui ont peur de PERDRE, quoi ??..l’oreille du chef..des galons..une carte de visite..un salaire ..
les preux chasseurs de vérité n’ont jamais été légion..que peut Internet pour leur ouvrir la voix de leur indépendance et comment ??
Il est possible d´être libre , mais il faut alors trouver les moyens (financiers) de son indépendance… et rencontrer le public intéressé.. L´internet est un bon laboratoire, mais c´est encore bien faible pour constituer un contrepouvoir. Maintenant ne nous leurrons pas, le jour où internet représentera un danger, il sera facile (par des procès, l´augmentation du tarif des logiciels, la création de normes…) d´imposer la concentration, plus encore que dans l´audiovisuel ou la presse écrite.
www.lyonenfrance.com
D’accord à 100%! La liberté se prend. Le drame de la presse française est l’autocensure (un vieux débat). Heureusement, il y a la blogosphère. Du coup, la donne change. Pour ma part, je suis lu et vu par un millier de personnes par semaine, gratifiant non? Et mon blog http://cadrages.blogspot.com ne date que du 13 juin. Signé WiDOC.
D’accord à 100%! La liberté se prend. Le drame de la presse française est l’autocensure (un vieux débat). Heureusement, il y a la blogosphère. Du coup, la donne change. Pour ma part, je suis lu et vu par un millier de personnes par semaine, gratifiant non? Et mon blog http://cadrages.blogspot.com ne date que du 13 juin. Signé WiDOC.
Le probleme, c’est que les contres-pouvoirs sont parfois comme une epine dans le pied du pouvoir. C’est pour cela qu’on les aimes, mais c’est aussi pour cela que le pouvoir a souvent tendance a vouloir les museler.
Nicolas Sarcozy aime autant se faire lescher les pieds par les media a sa botte qu’il deteste etre critiquer. Connaissant ses nombreux effort pour controller la presse (voir paris-match ou plus recement la censure de l’information sur l’abstention de son epouse), je le voit mal renforcer l’independance de la presse.
C’est un peu comme demander a un loup de prendre soin des agneaux….
Le probleme, c’est que les contres-pouvoirs sont parfois comme une epine dans le pied du pouvoir. C’est pour cela qu’on les aimes, mais c’est aussi pour cela que le pouvoir a souvent tendance a vouloir les museler.
Nicolas Sarcozy aime autant se faire lescher les pieds par les media a sa botte qu’il deteste etre critiquer. Connaissant ses nombreux effort pour controller la presse (voir paris-match ou plus recement la censure de l’information sur l’abstention de son epouse), je le voit mal renforcer l’independance de la presse.
C’est un peu comme demander a un loup de prendre soin des agneaux….
Mais je ne vois aucun problème, l’indépendance est une question de vouloir et non pas de bon-vouloir. De quoi aurions-nous peur ? Mr Sarkozy donnerait il la fessée en public ? Je ne lui demande rien, à nous (et pourtant je ne suis pas journaliste) de garder notre ligne et notre morale
La censure ou l’auto-censure ne sont pas admises par les lecteurs, auditeurs etc…
Cela risque d’affecter gravement l’avenir des médias ayant des capitaux privés ou aux mains de politiques obtus.
Autodestruction du capitalisme qui trouverait ici ses limites!
Les journalistes qui ne supportent pas d’être tenus en laisse se tournent vers le média « internet » (voir rue89).
Cela devrait faire réfléchir les pouvoirs quels qu’ils soient.
Mais peuvent-ils réfléchir alors qu’il est plus simple d’essayer de garder leur audiance en visant le plus bas possible. Cela semble marcher. Exemple TF1.
Internet sera-t-il le dernier média libre?
Oui Internet et le dernier média libre ( » quoique !!!!… » nous dirait Raymond Devos… )
Et il est 10000 fois trop disparate.
Il faut maintenant savoir s’en servir.
Rassembler. Fédérer. Intelligemment. Finement.
On cherchera a le mettre sous contrôle.
Gare aux loups.
Merci pour cet entretien.
Faut continuer à faire pression et faire relayer l’info à tous les organes de presse.
Vous vous rendrez compte alors de qui relaye, qui ne relaye pas l’info.
Cela concerne les journalistes. Vous aussi, continuez à exposer le problème et faites le tri sur la place publique : c’est votre place.
Grand ménage pour tout le monde.
Monsieur le Président se fait le garant de ce ménage.
A vous, et à lui de ne pas déconner sur le sujet.
Sinon, en 2012 : Non renouvellement de CDD.
Mûrement réfléchi et organisé depuis… 2007 !!!!!!
Extraordinaires journalistes qui demandent poliment à Monsieur Sarkosy le libre exercice de la liberté d’expression!
C’est ubuesque et pitoyable.
Et ils s’étonnent que leur lettre demeure sans réponse…
Monsieur Sarkosy a de beaux jours devant lui! La révolte gronde mais ne se fera pas sans l’aval du gouvernement! On croit rêver!
Mais bon, faut bien bouffer, c’est ce que l’on doit leur apprendre dans les écoles de journalisme!
Pitoyable….
Cher Bebert Cassandre,
Merci pour votre commentaire. « Ubuesque et pitoyable » est la démarche du forum permanent des SDJ, écrivez-vous.
Je vous le demande donc poliment : que préconisez-vous ? Les « extraordinaires journalistes » de ce pays sont justement à la recherche d’une solution qui leur permette d’exercer correctement leur métier, à l’abri des pressions politiques et économiques, et dans le respect du droit.
Je suis sûr que François Malye, qui représente des journalistes ayant la chance d’avoir une voix pour faire entendre leur point de vue sur l’éthique de ce métier -ce qui n’est pas le cas à TF1, par exemple-, serait ravi de lire vos suggestions.
Mon cher Augustin Scalbert (R89) je crois que vous avez tort de le prendre sur ce ton.
Il est bien évident que la presse dans son ensemble rencontre des difficultés de tous ordres.
Elle n’est pas la seule.
Mais, comme un certain nombre, je ne comprends pas que l’on passe appel au PR pour résoudre ces problèmes.
Je considère cela comme un aveu de faiblesse et un signe d’allégeance.
Pour autant qu’il est lu cette « supplique », le guérisseur des écrouelles a dû bien se marrer.
Comme pouvez-vous espérer une seconde qu’un personnage qui a dans sa poche la quasi totalité des patrons de presse puisse vous venir en aide.
Vous parlez de suggestions, n’étant pas journaliste je n’en ai évidemment pas.
Cependant je veille soigneusement, tous les matins, à ne pas me couper quand je me regarde dans une glace.
Le problème, c’est que le statut des journalistes est dépendant de la loi. Sans m’exprimer au nom du forum des SDJ, j’imagine qu’il a pris acte de la façon actuelle de gouverner : c’est le PR qui initie la politique du gouvernement et de sa majorité parlementaire. Pas de nouvelle loi sur le statut des journalistes sans Sarkozy, donc.
Mon cher Augustin Scalbert.
Qu’est ce que le journalisme aujourd’hui? Un pouvoir au service du pouvoir? Combien de vos pairs se sont-ils perdus dans cet exercice? N’attendez pas de Monsieur Sarkosy qu’il érige la profession en contre pouvoir! Les valets de plumes lui conviennent trop bien. Si votre combat le vaut, achetez donc des tentes, installez vous sur les berges du Quai Saint Martin (Les derniers SDF ont quitté la place) et exigez du pouvoir de pouvoir exercer votre art, non comme des valets, mais comme des hommes libres…
Mais ce n’est pas facile, la liberté a un prix. La liberté a toujours eu un prix! Aujourd’hui ce prix a pour nom « précarité »… Pour certains, ça peut paraître un peu cher…
« c’est ce que l’on doit leur apprendre dans les écoles de journalisme! »
au moins, on y apprend à orthographier correctement Sarkozy.
Ce qui justifie pleinement l’existence de ces écoles… Je vous l’accorde….
Comment se fait-il que ces questions n’aient pas été posées durant la campagne présidentielle, il y a à peine 3 mois ?
(*): exemple d’altération de titre ;-)
Blog indépendant non (encore) contrôlé par le pouvoir: Leurre d’ouverture
Juste une petite question pour rue89 : depuis deux, trois jours, je trouve que le site est lent… Voyez-vous une raison de votre côté ?
Bon, pour participer quand même : la demande d’un droit de veto sur la nomination du directeur de la rédaction est un vrai scandale. D’ailleurs, je me demande s’il ne faudrait pas organiser au plus vite un grand vote mondial pour désigner les sept nouvelles merveilles du monde en la matière :)
En fait nous n’avons aucun problème technique particulier depuis deux-trois jours… ça doit venir de chez vous ?
Hier, pour vérifier de mon côté, j’ai téléchargé un utilitaire DSLTest (FAI : Orange). Lequel indiquait une performance « satisfaisante » avec
Débit physique out : 4868 Kbps / 8000 Kbps
Débit physique in : 454 Kbps / 800 Kbps
Ce matin, à la fraîche, le test est toujours « satisfaisant » mais avec ces valeurs :
6996 / 8000
776 / 800
hum…
Et bien entendu votre site répond très bien… Désolé pour le dérangement (le votre, et celui des contributeurs)
la Présidence de la République concernant l’accréditation des journalistes
Le Président de la République, Nicolas Sarkozy
Sont accrédité A L’ump les personnes suivantes
- Arlette Chabot (penser d’ailleurs a lui faire un double des clefs de la maison)
-Jean Pierre El Kabach –un très bon journaliste qui est pertinent
-PPDA et Claire Chazal (les seules qui m’apporte une contradiction)
-David Pujadas (pour le service publique et oui il en faut)
-Michel Field (ne pas oublier qu’il ma mis dans la merde en 1993 en rendent Chirac sympathique)
Avec moi ce sera très dure mais tout les atouts doivent être de mon coté.
Refuser toute autre personne même munis d’une carte de presse, recours aux forces de l’ordre
Si nécessaire à quoi serre le pouvoir si je ne peux en abuser.
Veilliez à suivre ma directive à la lettre
Tout manquement sera sévèrement sanctionné
SAS Nicolas Sarkozy de Nâgî Bosca
LM
la Présidence de la République concernant l’accréditation des journalistes
Le Président de la République, Nicolas Sarkozy
Sont accrédité A L’ump les personnes suivantes
- Arlette Chabot (penser d’ailleurs a lui faire un double des clefs de la maison)
-Jean Pierre El Kabach –un très bon journaliste qui est pertinent
-PPDA et Claire Chazal (les seules qui m’apporte une contradiction)
-David Pujadas (pour le service publique et oui il en faut)
-Michel Field (ne pas oublier qu’il ma mis dans la merde en 1993 en rendent Chirac sympathique)
Avec moi ce sera très dure mais tout les atouts doivent être de mon coté.
Refuser toute autre personne même munis d’une carte de presse, recours aux forces de l’ordre
Si nécessaire à quoi serre le pouvoir si je ne peux en abuser.
Veilliez à suivre ma directive à la lettre
Tout manquement sera sévèrement sanctionné
SAS Nicolas Sarkozy de Nâgî Bosca
lm
Quelques remarques vécues…
les journalistes ont tendance à ne supporter aucune critique et à vouloir publier beaucoup d’infos sans vérifier forcément leurs sources ou à croiser les informations. Au final c’est le directeur de publication ou l’éditeur qui se retrouve seul devant le tribunal en cas de procès pour payer les pots cassés…
Par ailleurs le risque économique est mal perçu ou mal compris par les journalistes qui ont tendance à penser ou à croire que l’ont peut renflouer sans peine et sans cesse un journal déficitaire.
Il faudrait un jour que les journalistes distinguent à la fois le produit et le marché qui sont 2 choses différentes sur le plan économique.
De même les articles de fonds disparaissent au profit des papiers d’ambiance, vite écrits, vite publiés, d’où le succès (relatif) de ce site d’ailleurs, rue89.
Un ancien journaliste devenu éditeur mais toujours syndiqué !
eh bien oui !
Un journaliste qui a compris, mais c’est si rare .
Pôvres journalistes, 37000 sur 60 millions d’habitants,et qui se prennent encore et toujours pour le nombril du monde .
Peut-être que s’ils écrivaient mieux, s’ils étaient plus accessibles au niveau de leurs articles, s’ils écrivaient non par pour eux, pour s’auto éblouir de leur prose, mais pour les lecteurs alors là presse serait moins en crise .
Car un des problèmes majeur de la presse écrite c’est la très mauvaise qualité des articles, et ce sont les journalistes qui les écrivent et personne d’autre .
Les journalistes sont les grands responsables de ce qu’est devenue la presse en France .
Un peu gonflé quand même!
Les journalistes ont une situation hyper précaire et on entend pratiquement personne en parler. C’est grave, pourtant: comment travailler sérieusement quand on a des contrats très courts, qu’on doit s’écraser en permanence pour se faire une place quelque part?
Et puis, je ne sais pas ce que tu lis comme journal mais la presse écrite francaise continue de produire de très bons articles.
Peut-être qu’il faudrait apprendre aux jeunes à lire le journal: je n’en ai pas ouvert un seul avant d’avoir 19 ans au moins et aujourd^’hui, je suis journaliste. Il m’a fallu très longtemps avant d’arriver à lire un journal avec plaisir et d’y trouver ce que je voulais.
Et puis, une autre remarque quand meme: chez les jeunes, on en crève d’aller sur le terrain, on ne demande que ca. C’est comme ca qu’on nous a appris le métier. Mais ca coute cher de faire sortir un jorunaliste alors on préfere qu’il fasse tout par téléphone ou en synthétisant des dépêches. Du coup, c’est chiant à lire. Au final, ca ne fait plaisir à personne sauf aux porte-feuille du média.
Dans un journal, il y a effectivement des articles un peu compliqués - parce qu’il n’y a pas de raison qu’on oublie d’être intelligents - mais la plupart des articles sont quand même abordables, faut pas déconner. Ou alors, on peut te faire un journal sujet-verbe-complément mais je suis pas sûr que tu le lirais très longtemps.
François Malye dit:
« Nous payons vingt-cinq ans de non-réforme, notamment dans la presse écrite en ce qui concerne les kiosques, la diffusion, l’impression… »
En bon français et sans langue de bois, cela veut dire: personne n’a eu le courage de casser la mafia syndicale CGT qui rend la diffusion et l’impression des journaux plus coûteuse, moins performante et plus aléatoire en France que partout ailleurs, au point de dissuader l’allemand Bild qui était prêt à lancer un quotidien payant tiré à 800 000 exemplaires !
Les sociétés de journalistes sont-elles prêtes à attaquer de front les gangsters de la CGT qui tuent le métier à petit feu depuis la Libération? Sont-elles prêtes à réclamer une véritable libéralisation de la diffusion de la presse et des magazines, pour remplacer le système archaïque et quasi-monopolistique issu de 1945?
Là sont les vraies questions.
Quant à imposer par la loi que tous les directeurs de rédaction soient élus par les journalistes, c’est absurde et irréalisable. Certains journaux choisissent de le faire et c’est très bien. La plupart ne le font pas et c’est très bien aussi.
Ce n’est pas au moment où l’on se rend compte de la nocivité d’un monopole syndical qu’il faut en recréer un autre, adoubé par la loi, même s’il porte un autre nom.
Enfin, j’émets les plus grandes réserves à l’égard d’un ordre professionnel qui serait chargé de faire respecter la déontologie.
Il y a une toute petite différence entre les journalistes d’une part, les médecins et les avocats d’autres part. Les premiers sont fortement caractérisés par leur opinion politique. Cette dernière s’inviterait obligatoirement dans n’importe quelle discussion déontologique et rendrait impossible un arbitrage consensuel.
Sachant, de plus, que les journalistes français penchent massivement à gauche, ça me paraît franchement une mauvaise idée.
» les journalistes penchent massivement à Gauche »…
Sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela ?
On se base sur la puissance des syndicats de gauche omniprésents dans les médias.
« Sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela ? »
1) Sur un sondage de Marianne lors de la précédente élection présidentielle, qui révélait que 80% des journalistes votaient à gauche. Même au Figaro, une forte majorité se disait de gauche.
2) Sur un sondage informel réalisé par le service politique du Monde en son sein et révélé dans le livre de Pierre Péan, selon lequel les journalistes politiques du Monde se prononçaient en majorité en faveur de… Olivier Besancenot.
3) Sur le suivi régulier et attentif des médias. Le biais gauchiste est omniprésent y compris dans les médias réputés de droite, même si peu de gens s’en rendent compte, car ce biais structure la société française dans son ensemble. Chirac affirmant que le libéralisme est aussi nocif que le communisme, c’est une opinion d’extrême-gauche. Et pourtant Chirac est, prétendument, de droite.
4) Sur les opinions des journalistes émises en privé.
Massivement à gauche !!!!
Prècise et cites les ???
Le Point, Le Figaro, Le Parisien….etc….etc….
TF1(peut-être)
Oups pas de journalistes dans cette ??????
Oui, massivement à gauche car, ok pour le Figaro et un peu le Parisien, quant au Point , il est comme son directeur FOG toujours du côté du manche, donc Pro Sarko aujourd’hui. Et tous les autres à gauche…on ne s’en plaint pas du reste.
Bien sûr, comment n’y avons nous pas pensé plus tôt ! La crise de la presse, c’est de la faute des syndicats ! Dassault, Lagardère, Arnault, Bouygues sont, comme chacun le sait, de dangereux syndicalistes…
Quant à Bild, renseignez-vous un peu, monsieur. L’histoire des « 10 000 points de vente » est un pipeau amusant, juste histoire de faire oublier d’autres raisons, moins avouables.
Pour ce qui est de la diffusion, même si elle n’est pas parfaite, loin de là, elle a quand même pas mal d’avantages : vous pouvez encore trouver votre jounral dans votre petit village ainsi que pas mal de titres magazine de sujets variés. Ne croyez pas que cela serait le cas si le système était différent.
En revanche, oui, il faudrait revoir les structures de coûts de la diffusion, qui grèvent pas mal les prix des journaux. Mais les éditeurs en profitent aussi, pour une bonne part…
En bref (faut oser à la fin d’un commentaire de cette taille…), arrêtons les simplifications du style « la faute des journalistes », « la faute des syndicats », etc. Il y a des causes à trouver à de nombreux niveaux, pas un seul.
Mais il est terrible de se dire qu’un journaliste est obligé de pratiquer l’auto-censure pour conserver sa place.
Otto Naumme
« Quant à Bild, renseignez-vous un peu, monsieur. L’histoire des « 10 000 points de vente » est un pipeau amusant, juste histoire de faire oublier d’autres raisons, moins avouables. »
Eh bien Otto, puisque vous semblez si bien renseigné vous-même, pourquoi ne partagez-vous pas vos informations avec les pauvres ignorants que nous sommes? Eclairez-nous sur ces raisons tellement peu avouables!
Expliquez-nous comment il se fait qu’une des raisons invoquées pour l’annulation du projet, à savoir qu’il est impossible, à l’heure actuelle, de vendre 800 000 exemplaires en France parce qu’il n’y a pas assez de gens qui trouvent un point de vente sur le chemin de leur travail, est fausse? Alors que l’éditeur se faisait fort, au vu des études, de vendre ces 800 000 exemplaires? Qu’il avait le lectorat? Que ce sont les messageries qui ont déclaré forfait?
Que chacun peut constater, comme je le fais moi-même, que sa consommation de journaux diminue parce qu’il faut de plus en plus souvent faire un important détour pour trouver un marchand de journaux? Et que, de plus en plus souvent, on n’a pas le temps ou ça n’en vaut pas la peine?
Que des abonnés du Monde sont furieux parce qu’ils ne reçoivent pas leur journal plusieurs jours de suite, parce que pour d’obscures raisons administratives imposées par l’étatisme qui étouffe ce pays, l’entreprise de messagerie qui porte les journaux à domicile n’a pas le droit d’imprimer le nom et l’adresse du destinataire sur ces journaux?
Expliquez-nous, aussi, pourquoi la diffusion et la rentabilité des quotidiens sont si faibles en France par rapport à d’autres pays développés, Angleterre, Japon, Etats-Unis?
Le coût excessif et artificiellement élevé de l’impression et de la distribution des quotidiens en France, dû au monopole syndical, n’est contesté par aucun spécialiste de la question. Le diagnostic est universel.
Tiens, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas tiré sur la CGT, responsable de tous les maux de la France.
Alors, les perquisitions, les articles censurés, les rachats de groupe, c’était la CGT.
Saleté de syndicalistes !. Dans des camps les gangsters !
Et pour éviter ça, un contrôle pas le ministère du journalisme et de l’esprit civique.
Fumiers de gauchistes va !
« Avec un Président qui réforme tous azimuts, je ne comprends pas que la presse soit à l’écart. »
cette phrase de l’article est vraiment à pisser de rire !
Depuis toujours, il me semble, ceux qui font les gazettes ont constitué des groupes de pression visant à influencer d’autres pouvoirs. Seules les fins visées ont pu donner à certains d’entre eux l’illusion de l’objectivité au service d’un bien général. La recherche de la vérité fondée sur l’investigation a constitué la méthode de des journalistes sincèrement idéalistes. L’état démocratique n’a jamais vraiment organisé le métier de journaliste comme un service du bien commun, et a dans le meilleur des cas légiféré exclusivement dans le sens de la liberté d’expression. Seule l’organisation démocratique et équilibrée de cette liberté d’expression me semble pouvoir constituer aujourd’hui, le fondement de l’activité journalistique de la nation. Nous sommes évidemment loin du compte, et si la démarche de ce forum permanent des sociétés de journalistes va dans la bonne voie, il devrait amplifier son action par une lettre ouverte à la nation et à tous ses représentants, le premier inclus bien sûr, mais pas plus.
Rapidement mais les journalistes le savent
Un journal doit proteger dans ses statuts la liberte d’expression de ses journalistes. Seul le monde et encore et le canard l’on fait a ma conaissance
Les journaux ne peuvent etre tous aux mains des meme groupe non plus de presse mais financier.
La non concurrence en l’espece devrait jouer a plein. L’Italie est l’exemple type de ce vers quoi nous sommes arrives. La mono information
Un journaliste doit a minima verifier ses sources et leur veracite et ne pas se contenter de repeter betement ce qu’il a entendu
Il n’y a pas de off car c’est le debut de la compromission
J’en passe et des meilleurs sur la definition de ce qu’est un journaliste. Ils le savent mieux que moi
Mais que ceux qui le subissent le disent « nous subissons des pressions directes et indirectes nous avons besoin de travailler pour vivre aussi l’auto censure est omni presente, et cet etat de fait est insuportabel, nous en avons marre de filtrer l’information »
Il est penible de ne plus avoir comme information libre que celle revelee par quelques periodique dont le canard enchaine fait partie et pas qu’un peu quelques publication internet dont j’espere rue 89 et bakchich font partie.
Il est penible de s’apercevoir que les journaux etrangers nous apportent des informations sur notre pays dont nous n’avons pas connaissance ou en decalage complet avec leur interpretation.
Les plus voyant
Difusion des resultats de urnes (oui je sais c’est legal mais le journaliste est la pour denoncer l’injustice) et l’injustice est aussi la dicrimination dans l’information
Attitude de notre president (a t il bu ou pas)
Prestation du meme avec son mini traite(une victoire francaise)
Prestation du meme avec son deficit monstrueux (une victoire francaise)
Lorsque de sjournalistes de echos qui ne sont pas des foudre de revolte s’inquietent il y a de quoi s’interroger. Je comprends in situ ce qu’a pu ressentir un habitant des pays de l’est avant la chute du mur de berlin
Pour être pigiste dans la presse écrite, je peux vous affirmer que le liberté de la presse n’est qu’une question d’argent. Si la pub rentre, le journal marche, et devant la multiplication des gratuits et des sites internet, la manne s’amenuise..A ce pb, s’ajoute en effet le grand décalage qui existe entre le statut de salarié et de pigiste; ces derniers sommes ceux qui apportons le plus d’idées aux rédacs et cependant, quand elles ne sont pas détournées par la rédac elle-même, ces idées ne sont pas cher payées comparées aux salaires souvent faramineux de chefs en tout genre qui alourdissent les charges financières; dans certains journaux, ce sont de véritables armées sud- américaines: des strates de chefs, d’ajoints, de conseillers etc…à l’égo surdimensionné et qui remanient systématiquement les papiers des pigistes, histoire de marquer leur empreinte ou leur supériorité, pour au final, dire la même chose, mais à leur « style » si tant est qu’ils en aient un…J’ai vu dans un hebdo très connu, un responsable de la rubrique Tourisme ( qui commence la plupart de ses papiers par: sous le soleil exactement..) réécrire quelques articles de véritables plumes auxquelles on demande chaque été d’écrire un article/tourisme, et ce, au prétexte que » c’est moi qui décide »…tout ça pour s’empocher dans les 10.000 euros mensuels…
Quant aux réunions de gargarisation sur les supposées prouesses littéraires des uns et des autres..Oui, vous avez raison, le problème de nombreuses rédacs est surtout le nombrilisme de ses journalistes, l’info, la vraie, passe trop souvent au second plan. Si on dégraissait un peu plus les rédactions pour laisser place à ceux qui veulent vraiment informer, sans s’inquiéter s’ils seront ou non encore invités aux divers pince-fesses des politiques, la presse serait alors, enfin indépendante!
On tourne en rond…lorsque les journaux ne dépendront pas directement des grands groupes financiers , des annonceurs ( publicité), proches du pouvoir quel qu’il soit, la presse pourra revendiquer la liberté d’expression. Mais comment faire? Le nombre de lecteurs ne suffit pas à faire vivre les journaux et la redevance est insuffisante alors…Reste en effet Internet et les sîtes comme celui-ci, qui malheureusement restent trop confidentiels. Les médias en général et la presse en particulier ne doivent leur survie qu’à l’argent des grands et des puissants, pas étonnant alors qu’ils soient muselés. Sans compter qu’en période de crise, et c’est le cas pour la presse écrite, les journalistes ont peur pour leur tabouret. Quelques patrons de presse monopolisent les places, forts qu’ils sont de leur complicité toute obséquieuse avec le pouvoir, ce dernier leur renvoyant la balle, la trouille au ventre de voir, au crépuscule de leur règne, un vilain bouquin leur sauter au visage. Je te tiens par la barbichette..est leur credo. A quoi tient l’info quand même!
notons au passage les salaires stupéfiants des journalistes (4000 euros net pour un journaliste débutant à fr3),
notons la défense donc des syndicats de l’audiovisuel et notons la sevilité des chefs des média francais (elkabbach pour europe1..).
notons la faillite de la distribution de la presse écrite (les nmpp sont pires que les dockers marseillais !!).
Internet courcircuite pas mal de parasites mais pour combien de temps encore ???
Je ne sais pas pour FR3, mais je peux vous assurer que dans la presse écrite, les salaires sont bien moins mirobolants que ce que vous indiquez, hélas !
Je connais des rédacteurs en chef de magazines pas trop mal diffusés (50 à 100 000 ex) qui gagnent moins de 3 500 Euros brut. Après 10 ou 15 ans d’expérience.
Sinon, à la place des NMPP, que proposez-vous ? Je suis impatient de vous lire…
Otto Naumme
« A la place des NMPP, que proposez-vous ? »
La liberté d’entreprendre, bien entendu.
Supprimez le monopole syndical, et vous verrez de multiples entreprises se précipiter sur ce marché, et proposer des solutions innovantes et concurrentes.
Votre interrogation est, en soi, stupéfiante. Comme s’il ne pouvait exister autre chose que ce qui existe, en France, en 2007, depuis 1945. Comme si les multiples dispositifs qui existent à l’étranger ne pouvaient, en aucun cas, être adaptés à notre pays. Comme s’il était impossible de faire autrement que ce que l’on a toujours fait.
En l’an 3050, croyez-vous qu’il se trouvera encore des gens pour dire: ah! non non non, on ne peut pas faire autrement, la seule solution pour distribuer les journaux, c’est une coopérative fondée en 1945 pour répondre à des circonstances historiques bien précises, à une époque où ni Internet ni la télévision n’existaient?
Tel est l’étouffant conservatisme socialo-étatique qui règne en France: on a toujours fait comme ça, on nous a toujours répété que c’était le meilleur système du monde, notre vanité est trop contente de s’en satisfaire, alors nous n’imaginons même pas qu’autre chose soit possible.
Que proposer à la place des NMPP? Rien, surtout! Arrêtons de « proposer » des choses, de penser que seul l’Etat peut régenter la presse (et la société en général) par en haut — pour mieux nous plaindre, par la suite, des intolérâ-â-âbles interventions du pouvoir sur les médias. Faudrait savoir…
Certes, combien de quotidiens et magazines comptez vous de droite, de gauche?