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Pourquoi Sarkozy a tardé à quitter son conseil général

La fiche de Nicolas Sarkozy sur le site du conseil général (DR).

Nicolas Sarkozy n’est pas (encore ? ) doué du don d’ubiquité. Affairé à Bruxelles lundi soir, il a été obligé de se faire une nouvelle fois excuser à la commission permanente du conseil général des Hauts-de-Seine, qui se tenait en même temps.

Pas de quoi étonner toutefois les autres conseillers généraux. Ils ne l’ont pas souvent vu à leurs côtés depuis 2004 et son élection à la présidence de la collectivité.  » Quand il était ministre, il ne faisait que de brèves apparitions les jours de sessions à rapport » , témoigne un élu de l’opposition.

Une absence devenue complète depuis le mois de mars. Nicolas Sarkozy a déclaré à l’adresse de ses collègues :  » Je ne serai pas présent durant la campagne présidentielle, pour assurer la sérénité des débats. » Mais quoi de plus normal qu’un prétendant à l’Elysée se mette en congé de ses autres activités ?

Plus étranges sont les décisions prises à la suite de son élection. S’il a bien démissionné le 15 mai de son poste de président du conseil général, il a en revanche conservé son mandat de simple conseiller. Et voilà comment un chef d’Etat se retrouve également élu local ! Situation peu banale mais qui figure en toute transparence sur le site du conseil général des Hauts-de-Seine.

Pourquoi continuer à siéger ? Certainement moins pour les 2500 euros d’indemnité mensuelle (même si l’auteur de ces lignes ne cracherait pas dessus) que pour satisfaire aux exigences de Patrick Devedjian. Privé de ministère, le conseiller politique de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle ne pouvait se satisfaire de la seule direction partagée de l’UMP, il voulait aussi la tête du conseil général.

Le stratagème politico-politique est alors subtil, comme l’explique le site de Marianne. L’élection d’un nouveau Président n’est possible que si tous les postes de conseiller sont pourvus. Or, si Nicolas Sarkozy avait quitté son siège, il aurait fallu procéder à une élection cantonale partielle. Et Patrick Devedjian aurait dû attendre cet automne pour être désigné. Sans compter que d’ici là d’autres candidatures UMP auraient pu émerger, dont celles de Jean-Jacques Guillet et Isabelle Balkany.

En conservant ainsi son mandat, Nicolas Sarkozy a exaucé le vœ u de son ami. Patrick Devedjian a été élu président du conseil général le 1er juin. Le chef de l’Etat peut maintenant partir avec le sentiment du devoir de fidélité accompli. Ce devrait être chose faite jeudi ou vendredi.

Seule déception peut-être pour le chef de l’Etat : ne pas avoir transmis à Devedjian le gène de l’ouverture. Tous les nouveaux présidents et vice-présidents de l’assemblée générale et de la commission permanente du conseil général font partie du groupe UMP-Nouveau Centre. Mais il fallait s’y attendre, Patrick Devedjian n’avait-il pas déclaré :  » Je suis pour un gouvernement d’ouverture, y compris aux sarkozistes, c’est tout dire… »


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Tomas Milian | Monteur
15H21 10/07/2007

Cest assez scandaleux alors de dire qu’on est pas pour les cumuls pendant la campagne alors qu’on le fait pour favoriser ses pairs à supposer que c’est ceci…

Juste une question a t’on le droit de cumuler une place de president et une autre place en l’occurence conseiller régional?

 
bali63
18H00 10/07/2007

de par la constitution c’est interdit… et impossible. Comment un president elu au niveau national saurait il être aussi un elu d’une institution locale ???

Le conseil d’etat aurait pu invalider l’election je pense.

 
aqualibre
12H46 12/07/2007

Je pense que si quelqu’un du PS avait fait la même chose les 95% de la presse de droite en auraient fait leur gros titres pendant des jours, TF1 l’aurait mis en une. Mais dans ce cas précis il s’agit de St Nicolas Sarkozy, il ne faut surtout pas toucher à l’icone de la droite

C’est insultant pour la République et pour la liberté de la presse

Encore heureux que Rue89 est là car sinon je ne serais même pas au courant, c’est dire la transparence, car franchement sur les 19 millions d’électeurs de NS combien vont consulter le site des Hauts de Seine, cela doit être infinitésimal.

Didier

 
tiot
12H07 11/07/2007

J’avoue préféré la posture de la députée et présidente de conseil régionale qui nous dit « oh mais c’est horrible le cumul, il faudrait l’interdire ».

Même si je n’aime pas Devedjian au moins il n’est pas hypocrite.

 
Aristide
15H36 10/07/2007

Il garde son mandat de conseiller général. Il veut parler à la tribune de l’assemblée. Il n’a pas de successeur au poste de président de l’UMP. Il est pris d’une crise d’euphorie lorsqu’il rencontre les dirigeants des autres pays. Il passe ses week-ends dans la résidence du premier ministre à la Lanterne. Il participe à Bruxelles à une réunion des ministres des finances de la zone Euro. Etc. Etc.
Tout semble indiquer qu’il a du mal à entrer dans les habits de Chef d’Etat. Ajoutez à cela qu’il préfère les conseils de ses anciens adversaires à ceux de ses amis politiques et vous avez de quoi l’inscrire pour au moins cinq ans en analyse. Et ce n’est pas en envoyant en prison D. de Villepin et J. Chirac que ça va s’arranger…
Blog: Leurre d’ouverture

 
Seam | Chargé d'études
16H21 10/07/2007

Ca me rappelle sa tribune dans Le Monde « Pour une démocratie irréprochable »…

 
patroc
20H22 10/07/2007

Sans surprise avec Sarko… Malheureusement…

 
Julien Martin | Rue89
01H06 11/07/2007

Bien vu ;-)

 
cderunz | Doctorant
11H06 11/07/2007

Ministre = elu, enfin il me semble. Certes pas au suffrage universel, mais au suffrage indirect, par l’assemblée qui vote la confiance au gouvernement.

Cela n’empeche, qu’être à la fois élu local et président me choque tout comme en gros tout ce qui est fait, proposé par le gouvernement actuel.