Ce billet a été rédigé le 1er juin 2007. Nous avons essayé de le publier dans Le Monde qui a refusé, et dans Libération qui n'a répondu ni à nos mails, ni à nos messages téléphoniques. Merci à eux.
Dans les journaux et par d'autres canaux, un débat sur le vote électronique a actuellement lieu dans notre pays. De nombreux témoignages issus de journalistes, de politiques, ou de citoyens, commentent et analysent l'utilisation des » machines à voter » . Il nous semble intéressant, et même nécessaire, d'y ajouter un point de vue scientifique. Voici donc notre contribution à ce débat.
Le bureau de vote, un sanctuaire qui protège
Examinons tout d'abord les caractéristiques de notre système de vote actuel, avec bureau de vote, isoloir, bulletin et enveloppe en papier et urne transparente. Le bureau de vote est un lieu où chaque citoyen peut se rendre, non seulement pour voter, mais aussi pour observer et contrôler que la procédure de vote n'est pas entachée d'irrégularités. C'est une sorte de sanctuaire qui protège, de façon vérifiable, le scrutin des tentatives de fraude.
Plutôt que d'avoir à contrôler tout l'espace, toute la ville, ou tout le pays, un groupe de citoyens, désireux de vérifier la validité d'un scrutin, peut se contenter de » surveiller » les bureaux de vote. L'isoloir, où chaque votant doit se rendre seul avec ses bulletins et son enveloppe, et d'où il doit ressortir avec une enveloppe qui représente son vote, assure que le votant a effectué son choix seul, en son âme et conscience.
Cet isoloir assure le fait que le votant est le seul à connaître son propre vote. Même si, dans le pire des cas, il a subi des pressions, ou que l'on a tenté d'acheter son vote, il est la seule personne à savoir ce que contient son enveloppe. Les bulletins de vote et l'enveloppe, associés à l'urne transparente, assurent quant à eux de nombreuses propriétés.
Tout d'abord, ils permettent de vérifier qu'il n'y a pas de bourrage d'urne. En effet, les scrutateurs et autres observateurs s'assurent que chaque votant insère une et une seule enveloppe. D'autre part, le dépouillement, auquel chacun peut participer ne serait-ce qu'en observateur, est très simple.
Une équipe, d'au moins deux personnes, ouvre les enveloppes et deux autres équipes procèdent au comptage des votes. Ce système, extrêmement simple, permet à chacun de contrôler la conformité du dépouillement. Les résultats sont ensuite transmis au ministère de l'Intérieur, responsable de l'organisation du scrutin et de la collecte des résultats. Ce ministère publie ensuite les résultats, bureau par bureau, ce qui permet de vérifier encore une fois que la transmission et la collecte se sont déroulées sans fraude.
Garder le contrôle de la démocratie
Ce système est très simple, peu coûteux, et très facilement vérifiable, à chacune des étapes du scrutin. Qu'en est-il des systèmes automatisés, machines à voter et autres ordinateurs de vote ? Il semble absolument nécessaire, afin que les citoyens gardent le contrôle de la démocratie, que ces systèmes automatisés conservent les propriétés du système « papier ».
Outre les soucis dont les médias se sont largement fait l'écho, par exemple lors des élections présidentielles aux Etats-Unis, il est clair que les systèmes mis en place récemment dans certaines mairies françaises n'offrent pas de garanties satisfaisantes.
En effet, le votant doit non seulement comprendre comment utiliser la machine mais surtout lui faire confiance. Il ne peut pas suivre le cheminement de son vote par le biais du bulletin et de l'enveloppe dans l'urne et il ne peut vérifier le dépouillement.
Il doit donc se résoudre à faire confiance au fabricant de la machine et à la procédure de vérification effectuée par les responsables du scrutin au sein du bureau de vote. Or, malgré les procédures d'agrément et de vérification mises en place, ces ordinateurs peuvent parfois défaillir et donner des résultats erronés comme cela a déjà été observé en Belgique en mai 2003, où un candidat a obtenu plus de voix que de votants [1].
De plus, il a été récemment démontré qu'il était techniquement possible d'observer à distance l'activité d'ordinateurs de vote afin d'en déduire le vote des électeurs [2]. Il est par ailleurs reconnu dans la communauté scientifique que ce type de systèmes peut être aisément corrompu [3,4].
Conserver le principe du bulletin papier
En conclusion, ces ordinateurs ne permettent pas d'atteindre un niveau de traçabilité, de transparence et de vérifiabilité suffisant. D'autres systèmes de vote électronique plus évolués, encore au stade de prototype, sont proposés par des scientifiques [5,6]. Tous ces systèmes, basés sur des méthodes cryptographiques, conservent, à des fins de vérifiabilité, le principe du bulletin papier. Seuls l'impression des bulletins et le dépouillement sont automatisés. Par rapport au système papier, ces systèmes permettent d'améliorer l'anonymisation du vote et de d'automatiser le dépouillement, tout ceci au prix d'une certaine complexité.
Il est important de noter que de l'aveu même des experts, c'est encore un domaine de recherche actif pour lequel se pose encore un certain nombre de problèmes [7]. Notre spécialité est la sûreté de fonctionnement des systèmes informatiques. C'est un domaine qui cherche à établir et à augmenter le niveau de confiance placé dans un système informatique par ses utilisateurs. Il n'apparaît pas clairement, à ce jour, qu'un système de vote électronique, si évolué qu'il soit, puisse atteindre le niveau de confiance du système de vote papier.
Il y aura toujours un compromis à faire entre l'automatisation, la simplicité, la transparence et la vérifiabilité. Posons-nous maintenant les questions suivantes : quels sont les attraits des ordinateurs de vote et que cherche-t-on à améliorer dans le système actuel ? Les arguments classiques en faveur des ordinateurs de vote sont l'économie de papier et un dépouillement automatique et, donc, plus rapide.
Pourquoi automatiser le système de dépouillement ?
En ce qui concerne l'argument écologique, les bulletins sont imprimés sur papier recyclé et sont, eux-mêmes, recyclés. De plus, les systèmes de vote électronique les plus fiables conservent tous, dans leur processus, le bulletin papier [5, 6, 7]. Le dépouillement dans un bureau de vote français de taille moyenne prend environ une heure. Il est fait par des bénévoles qui assurent, et tiennent à assurer, le contrôle du système. Le gain de temps escompté étant minime, pourquoi cherche-t-on à automatiser le dépouillement ?
Outre le fait qu'il ne soit pas vraiment bénéfique, le dépouillement automatique dépossède les citoyens d'un outil de contrôle démocratique. Pourquoi chercherions-nous à installer des machines à voter dans nos bureaux de vote ? Pourquoi mettre en place, à la place d'un système qui fonctionne, un système opaque pour les citoyens et qui n'est pas validé par les scientifiques ? Quelles sont donc les véritables raisons qui nous poussent à nous équiper en ordinateurs de vote ? En tant que citoyens et scientifiques, il nous paraît primordial de se poser ces questions.
Marc-Olivier Killijian, Ludovic Courtès, Michel Raynal et Matthieu Roy sont chercheurs en sûreté de fonctionnement informatique au LAAS-CNRS et à l'IRISA. Ce billet a été publié le 3 juillet sur le blog Fouchtratèque.
[1] Collège d'experts chargé du contrôle des systèmes de vote et de dépouillement automatisés, Rapport concernant les élections du 18 mai 2003, PDF.
[2] R. Gonggrijp, Nedap/Groenendaal ES3B voting computer, a security analysis, technical report wij vertrouwen stemcomputers niet, Oct. 2006.
[3] T. Kohno et al., Analysis of an Electronic Voting System, IEEE Symposium on Security and Privacy, Nov. 2004, pp. 27-40, PDF
[4] Bruce Scheier, How to steal an Election by Hacking the Vote, Arstechnica, Oct. 2006, PDF
[5] D. Chaum, Secret-Ballot Receipts : True Voter-Verifiable Elections, IEEE Security & Privacy, vol.2, no.1, 2004, pp. 38–47,
[6] P.Y.A. Ryan and T. Peacock, Prêt à Voter : A System Perspective, technical report CS-TR-929, University of Newcastle, 2005, PDF.
[7] B. Randell, P. Y. A. Ryan, Voting Technologies and Trust, IEEE Security and Privacy, vol.4, no.5, 2006, pp.50-56,





















47
(Pour réagir, connectez-vous)
De Politizen
citoyen militant | 16H02 | 09/07/2007 |
Peu, sans compter que je doute qu'une machine conçue en 2007 puisse servir dans des élections dix ans plus tard quand il ya aura forcemment un nouveau modèle avec écran tactile blah blah etc.
Les promesses d'évolutivité sont du pipeau. Un ordinateur s'est d'abord fait pour être acheté, utilisé pendant deux à cinq ans, puis jeté, afin de faire de la place pour un autre. Bonjour l'écologie…
Cela permettra à des sociétés de vivre au crochet des fonds public, au nom de nécessaires contrats d'entretien annuels, élection ou pas élection. Sans compter les frais de manutention, le gardiennage de la machine avant une élection (pour éviter les fraudes)
Bien évidemment cinq ans plus tard il faudra acheter le nouveau modèle certifié ISO tructruc, et conforme aux nouvelles normes europeennes d'accessibilité etc.
Le contrôle citoyen, sinon rien.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 16H05 | 09/07/2007 |
Déja quelques pays ont abandonné ce système de vote.
Le seul système automatisé et fiable serait le système mécanographique (celui du PMU) mais trop compliqué pour certaines personnes.
Alors gardons le système actuel.
De
17H02 | 09/07/2007 |
Le seul fait que l'on dépossède le citoyen du contrôle démocratique de l'élection - le dépôt de son vote secret dans une urne transparente et le dépouillement aux vu et au su de tous - devrait suffire à interdire les machines à voter quelque soit les assurances présomptueuses des spécialistes.
La liberté de vote et le contrôle du dépouillement sont les critères qui distinguent une démocratie d'une dictature.
Les critères économiques n'ont rien à faire là.
De
17H12 | 09/07/2007 |
Bon sang mais c'est bien sûr ! ! ! C'était ça le sens de la poignée de main entre Bush et Sarkozy ! ! En bon VRP Bush a revendu ses machines à gruger à Sarko qui nous les fourgué à peine quelque mois plus tard ! ! Après les Chiraquette du grand Jacques, applaudissements pour les Sarkozettes de Nicolas…
De
18H41 | 09/07/2007 |
Etant informaticien j'ai aucune confiance en ces machines.
Les méthodes de triche sont trop nombreuses.
Exemple :
-Faire un petite programme bien planqué qui se réveille le jour du vote,comptabilise a sa façon et s'auto efface a la fermeture du bureaux.
Conclusion :
Je vérifie la machine la veille…contrôle OK
Je vérifie la machine âpres le vote…contrôle OK
« Democraplouf.exe »….a voter : (
De
12H47 | 13/07/2007 |
Euh quel contrôle ?
Une vérification bit à bit de tout le contenu de la machine par un préposé ?
Une empreinte numérique (checksum/hashage) ?
En Belgique une entreprise vendant des machines à voter a mis en place un programme qui permet d'afficher une empreinte du programme. Un pirate pourra parfaitement modifier l'empreinte de son programme pour qu'elle colle avec le programme officiel.
De
10H41 | 30/08/2007 |
Non, si le procédé d'empreinte est bien conçu (empreinte cryptographique), le pirate ne pourra pas faire en sorte que son programme ait la même empreinte que le programme officiel.
En revanche, il modifiera le programme qui affiche l'empreinte de l'ensemble de la mémoire pour qu'elle affiche ce qui est attendu. Un peu comme si pour vérifier qu'une personne était bien M. Dupont, on se contentait de lui demander son nom…
De
19H48 | 09/07/2007 |
Lors de la dernière élection américaines, dans un canton de Floride, le sondage d'après vote donnait 68% pour le candidat démocrate et 32% pour le candidat républicain. Après résultat des machines, on a obtenu 67% pour le républicain et 33% pour le démocrate.
Étonnant, non ?
De
19H48 | 09/07/2007 |
J'oubliais, le canton en question était démocrate depuis au moins les 6 dernières élections.
De
09H01 | 10/07/2007 |
Bonjour.
Je mettrais l'accent sur le dépouillement, car justement, c'est un des actes électoraux dont on va se faire dépouiller. C'est pourtant un facteur important de participation à la démocratie. Si on retire au peuple une partie de sa participation à l'élection, je doute de l'engouement des électeurs pour les élections.
Une preuve : non juste un constat, il suffit de voir que les élections aux Etats Unis n'intéressent que très peu les américains, et qu'aujourd'hui ils se félicitent lorsqu'ils obtiennent un taux de participation flirtant avec les 50%. Leur démocratie (car ç'en est une malgré tout) leur permet de réélire un président dont plus personne n'a confiance car seules certaines classes sociales sont représentés pas ces élections.
Nous avons eu le bonheur de voir que les populations de zones plutôt abstentionnistes habituellement ont été voté massivement, une différence avec les Etats Unis que nous conserverons en gardant notre mode de scrutin actuel.
Stouve
De
21H15 | 09/07/2007 |
30 septembre 2012
cas n°1 : Tous les informaticiens et autres critiques avaient tort. Les machines à voter utilisées en France ont été les plus fiables du monde (il faut croire qu'ils sont vraiment bêtes ces Américains, ils n'ont même pas vérifiés keur machines avant les votes). Aucun problème nulle part, les résultats ont complètement collés aux sondages. Aujourd'hui, ce sont les communes non équipées qui font exception
cas n°2 : Les résultats des élections ne sont toujours pas reconnues 5 mois après le second tour. Entre ceux qui déplorent de ne pas avoir pu voter dans les quelques 1000 communes ayant complètement supprimé le vote papier et qui réclament l'accés aux programmes pourtant protégés par le secret industriel, les incohérences de toutes sortes pointées du doigt,les appels au boycott et autres bloquages qui n'ont fait qu'empirer les retards déjà constatés en 2007, on ne s'en sort pas. Dans un mois, seront organisées de nouvelles élections papier.
cas n°3 : Dans un souci de démocratie (« Mais comment avons-nous pu nous passer de la machine à voter ? ! »), et de relance économique (plus on se ruine (bêtement), plus on réduira vite la dette), les machines à voter ont été généralisées aux 36000 communes françaises. Et puis le vote est devenu obligatoire pour que la légitimité ed président ne soit pas contesté par quelques imbéciles qui critiquent sans voter.
Il y a bien quelques critiques mais à peine : TF1 n'y a consacré qu'une demi phrase dans un JT dédié à la nouvelle coiffure du président. Certains prétendent qu'une nouvelle forme de discrimmination est en train de naitre : ceux qui n'ont pas voter pour M… estiment qu'ils n'ont pas le même accès au logement, travail, santé que les autres… Quelle idée ! Ces menteurs ne seront donc jamais à cours d'imagination ?
09 juillet 2007 : Vous savez ce qu'il vous reste à faire : si vous choisissez le candidat 1, tapeeeeeez 1 ! ! ! ! ! ! ….
De
21H38 | 09/07/2007 |
Je crains que le jour où, là-haut, on décidera d'équiper tous les bureaux de vote de machines à voter, on ne demandera pas l'avis des citoyens-électeurs. On prendra la peine de nous matraquer à longueur de colonnes et de filets de bave d'experts autoproclamés qu'une démocratie « moderne » doit avoir les moyens de son temps ; l'affaire sera pliée en moins de deux.
L'enjeu étant de taille pour tout un tas d'acteurs de la vie publique et du business, je pense que l'on y va inéluctablement. Et l'on chantera sur l'air des lampions : « Tu l'as pas voulu ? Tu l'auras quand même ! ».
Et ce sera le même topo avec les cameras de surveillance dans les lieux publics. Des millions de cameras ; des millions d'urnes électroniques ! A nous le pognon, à vous le folklore (démocratie, terrorisme, modernité, sécurité, etc.) !
De cmoi69
22H00 | 09/07/2007 |
Pour Courageux anonyme de 22H15
Les résultats ont collés aux sondages.. donc parfait
hahahaha.. je me gondole..
La confiance que j'accorde a ces programmes .. celle que j'accorde aux politiques.. AUCUNE
et je suis informaticien..dev entre autre.. alors les petites routines malicieuses, ceci lié à l'interconnexion wifi ou autre.. brrrr
De plus.. le vote c'est charnel.. on aime choisir son bulletin et le déposer.. c'est un acte presque d'amour.. envers la Démocratie.
Ont commence par les machines dans les bureaux de vote et plus tard, ont vous dira bien finalement pourquoi pas voter avec son téléphone portable.. grrrr…
De
01H52 | 10/07/2007 |
Coucou,
Il n'y a vraiment pas besoin d'aller si loin…
Le seul vote démocratique est celui qui permet à chaque votant de contrôler ce vote d'un bout à l'autre.
Tout le reste n'est que blabla…
LB
De
05H18 | 10/07/2007 |
Depuis quand doit-on confier aux « informaticiens » le rôle de gardiens de la démocratie ?
Commencer un article en le qualifiant d'avance de « scientifique » et dédier la première partie au « bureau de vote, un sanctuaire qui protège » est tout simplement intellectuellement malhonnête. Car cela signifierait que les pays qui autorisent le vote par correspondance ne sont pas démocratiques.
Sacrés français, toujours à donner des leçons aux autres !
De
07H02 | 10/07/2007 |
La question est mal posée. A dessein ?
il faut parler de vote sur ordinateur et non d'ordinateur de vote.
Effectivement le bourrage des urnes est beaucoup plus pratique pour nos politiciens fraudeurs (vote des morts etc…). Et la fraude existera toujours même sur informatique mais il faut avant tout avoir essayer de la supprimer. Non ! ?
Derrière cette polémique se dissimule un changement de système. Le retour à la véritable démocratie. Comment un seul individu peut-il représenter les points de vue de milliers d'électeurs. Adieu les représentants ambitieux et verreux issu de la pseudo élite puisque nous pourrions décider sans passer par eux en votant sur nos ordinateurs.
Avez-vous remarquer la diabolisation d'Internet à la TV ? Pas un reportage qui ne vante les dangers de la fraude et du crime sur Internet. N'utilisez pas Internet brave gens c'est trop dangereux pour vous ! La technologie est un monde pervers… tremblez…pensez à Georges Orwell 1984 !
Hehe ! Malin les réactionnaires pour qui la technologie démocratique est lucifer en personne.
Le meilleur moyen de ne pas devenir esclave d'une chose c'est de se l'approprier.
De
10H08 | 10/07/2007 |
Que ce soit vote sur ordinateur ou ordinateur de vote, je ne vois pas la différence. Aujourd'hui n'importe qui confirmera : Il n'y a aucune fiabilité à 100% sur un support informatique.
Pourquoi n'est-ce pas suffisant ?
Qui oserait tenter une démocratie fiable à 90-95% ? Ceux qui cachent les 10% restants dans leurs poches ?
Il faudrait alors essayer quelque chose qui n'est pas fiable ? Mais l'exemple des Etats-Unis n'est-il pas suffisant, également ?
Les machines auraient donné Royal gagnante, pendant 14 minutes, mais une revérification des machines, nouveau « comptage », et Sarkozy est donné vainqueur, parce qu'il a porté réclamation. Déclaré vainqueur après bug ?
Je ne comprends pas comment on tente d'instaurer certaines dérives dans notre « exception Française », quand on sait très bien quels résultats néfastes elles obtiennent ailleurs.
Au nom du marché dans lequel on s'empêtre ?
J'ai du mal à saisir ton message 8h02… Sauf qu'il ressemble à du foutage de gueule…
Qualifier le vote informatique, sans aucune vérification possible, de technologie démocratique, ça reste néanmoins dans l'esprit du moment, je vais me dire ça…
Plus c'est gros, plus ça passe ! ! !
David.Cannes.
De
11H27 | 10/07/2007 |
C'est le 8h02 ; -) qui répond :
- Il n'y a aucune fiabilité à 100% sur un support informatique.
Comme la possibilité de frauder avec les urnes et les bulletins. Notre démocratie actuelle n'est pas fiable a 100%.
- Il faudrait alors essayer quelque chose qui n'est pas fiable ? Mais l'exemple des Etats-Unis n'est-il pas suffisant, également ?
Comme si il fallait revenir à la dictature sous prétexte que la république a permis l'arrivée au pouvoir d'Hitler.
Ou revenir à la voiture à cheval après le crash de Saint-Exupéry.
- Je ne comprends pas comment on tente d'instaurer certaines dérives dans notre « exception Française »
Symptomatique d'un conservatisme forcené. Prédicat de départ : Nous sommes différents et parfaits grace à notre « exception française ». Donc l'innovation est déstabilisatrise et néfaste par les dérives qu'elle apporte au système qui font de nous de si bon français, de si bon soldat qui marchent ….. Dans la série pourvu que cela dure.
- J'ai du mal à saisir ton message 8h02… Sauf qu'il ressemble à du foutage de gueule…
Jugement de valeur méprisant. C'est pas joli joli.
- Au nom du marché dans lequel on s'empêtre ?
Confusion entre politique et économie. Encore un mélange des genres. Utiliser sa carte bleue tous les jours, oui. Voter électroniquement, non. On voit bien le décalage. La suite envisagée c'est que la fraude des cartes bleues existe bien. Oui et après… La fraude des urnes en plexiglass aussi. Vendez vos actions de fabriques d'urnes et achète du Microdaube ou du Hewlett Patard.
- Qualifier le vote informatique, sans aucune vérification possible, de technologie démocratique.
Et oui, que l'ensemble des citoyens puissent voter de chez eux les lois, cela s'appelle la démocratie numérique conformément à l'étymologie historique. La république n'est pas une démocratie au sens strict. La seule contrainte est de rendre les technologies fiables. Encore quelques années à attendre avec la démocratisation des sécurités biométriques.
Utiliser le passé pour construire l'avenir, et non critiquer l'avenir pour glorifier le passé.
Faut évoluer… c'est tout.
De
12H45 | 10/07/2007 |
L'urne transparente me parait encore plus sûre qu'un système informatique, ce n'est pas rejeter la technologie, ni prôner un quelconque recul. L'exemple des Etats-Unis et le problème lors de la première election de Bush nous a montré que le vote informatique était sujet à polémique, tout à fait légitime.
L'exception Française existe, être différent ne veut pas dire être parfait, ai-je osé prétendre le contraire ?
Je maintiens que l'innovation douteuse est néfaste, dans un cas comme celui-là. Comme tu le dis, à tout faire de chez soi, nous pourrions programmer le résultat des elections, ce serait peut-être même plus facile que de changer le bulletin dans mon enveloppe.
Nous l'avons vu cette année, l'election présidentielle a rassemblé. Consacrer une journée entière, dans ce rassemblement, assister au vote, au dépouillement, ce n'est pas du temps de perdu.
A tout faire de chez nous à coups de clics, nous oublierons vite le monde extérieur.
Si la seule contrainte est de rendre la technologie fiable, si un jour elle le devient, qu'en sera-t-il des hommes la contrôlant ?
L'utilisation de ma carte bleue est totalement contrôlable, avec un rapport au centime près. Il y a un décalage évident avec un système de vote informatique, surtout en imaginant qu'il puisse être totalement contrôlé à l'avance.
Ce n'est pas l'innovation que je déplore, loin de là… Mon foutage de gueule vient du fait qu'il me semble dangereux de s'appuyer sur quelque chose qui n'est pas sûr, en vanter les mérites, alors que nous attendons un résultat précis. Nous ne sommes pas dans la recherche, on attend juste un décompte des voix exact, et de savoir d'où elles viennent. La technologie n'est pas forcément utile partout, en attendant cette contrainte à résoudre, nous savons encore compter, ça prend deux heures environ.
De
13H38 | 10/07/2007 |
prend pas tes reves pour des realités la disparition de la classe politique n'est pas a l'ordre du jour tu crois qu'il vont se laisser deposseder du pouvoir ! ! ! alors qu'ils sont au pouvoir ! ! ! le retour a la véritable démocratie ? ? ? la democratie virtuel plutot ton systeme (une apparance de democratie et les rouages d'une dictature) ! !
De
09H56 | 10/07/2007 |
GG !
Le « sanctuaire de la démocratie », ça ne fait pas très scientifique… Mais il semble assez pertinent de comparer les propriétés d'anonymat, de vérifiabilité et de respect du libre choix que fournissent ces deux méthodes de vote.
Non, les procédures électroniques de vote ne sont pas au point.
Je trouve que le message est clair : prenons notre temps, assurons les propriétés de démocratie fournies par les procédures de vote, puisque c'est leur but premier.
Bon article !
De
11H55 | 10/07/2007 |
Et comment vous croyez qu'il à été élu le père sarko ? ? c'est étonnant en France on a pas entendu parler de défaillance electronique, le climat peut être.
De
13H26 | 10/07/2007 |
Personnellement, pour que j'ai confiance dans le vote électronique, il faudrait que la liste de chaque vote soit affiché publiquement par bureau, avec :
- Le nombre des votants,
- La liste des votants
- Une preuve de leurs passages par témoignage humain oculaires.
- La liste des votes avec :
nom-prénom-date-heure crypté + le-vote crypté
Le votant ayant seul la clef unique pour décrypter son nom-prénom-date-heure et possédant la deuxième clef unique pour décrypter son vote.
Un laps de temps suffisant pour que les votants puissent contester leurs votes personnels publiés-cryptés.
La Machine à vote ayant dans un premier temps seulement ces doubles listes cryptées publiées.
Les clefs de décryptage des votes étant réparties entre des machines dépendantes des diverses parties opposantes en présence (droite gauche..)
Ensuite le dépouillement-décryptage devrait être publique, et fait un a un. Les clefs étant données comparées au fur et à mesure par chacune des parties opposées à chaque vote.
Les votes ne seraient acceptés que si le décryptage donnait un résultat possible (comme le nom du candidat), avec des clefs concordantes.
Il faudrait que les clefs correspondantes à l'identité des personnes et à leur vote soient créé pas un système personnel maîtrisé par les personnes elle-mêmes…
Lucile
De
14H44 | 10/07/2007 |
simple et rapide..vaut mieux militer pour conserver le vote papier…
De
15H23 | 10/07/2007 |
C'est claire que ca n'apporte rien de plus que le papier : o) à part des complications !
Mais c'est la seule manière qui me donnerais confiance dans un
un système de vote électronique : o)
°Un cryptage personel pour l'enveloppe,
oUn decryptage publique pour le dépouillage,
0La répartition/comparaison des clefs entre les partis pour la vérification,
et bien sûre pas de réseaux
Cela me semble simple à faire comprendre comme étant au moins nécessaire à la sécurité minimale ;
Ensuite il ne reste plus qu'à dire que c'est franchement moins pratique que le vote classique : o)
Cela permet de ne pas passer pour des archaïques ludites paranoïaques acharnés contre le progrès, cela met clairement en vue les problèmes à prendre en compte… une sorte de démonstration par l'absurde <8o]
lucile
De
13H49 | 10/07/2007 |
Le vote papier a d'enorme repercutions citoyenne, il petrmet les discussion, parfois meme tres chaude au moment du dépouillement, dans les petits villages, tout le monde s'observe, ce qui rend la fraude quasiment impossible. Etant ingenieur en systemes informatique je puis vous assurer que l'electronique ne peut pas avoir la fiabilité de l'urne transparente, a moins de le mettre dans une « cage de Faraday, un ordinateur peut etre corrompu, tout comme une boucle astucieuse, bien cachée dans les milliers de lignes de codes impossibles a dechifrer , meme parfois par ceux qui les ont ecrites ! A ce jour on en est au point d'annuler les bulletins de vote sale, tachés, alors comment expliquer que l'on se laisse embarquer par de nouvelles boites a enconnarder !
UN REFERENDUM SUR PAPIER EST NECESSAIRE AVANT DE GLISSER DANS L'ELECTRONCRATIE !
Faites vite circuler une petition nationnale sur ce sujet.
De
13H04 | 11/07/2007 |
la pétition circule déjà, et recense plus de 87 000 signatures.
Elle est disponible sur le site ordinateurs-de-vote.org
De
14H49 | 10/07/2007 |
frauder à l'ancienne, c'était risqué et limité, voire local (faux électeurs, trucage de liste…)
frauder industriellement, pardon informatiquement, c'est facile (quelques lignes de code), absolument sans risque (pas de trace), combien vont résister à la tentation ?
De
15H03 | 10/07/2007 |
Faudrait arrêter de mettre des ? à chaque fois….
Le vote informatique est-il 100% fiable « ? »
La démocracie en danger « ? »
Les ordinateurs de vote sont-ils piratables « ? »
on SAIT.
De
15H49 | 10/07/2007 |
certes l'ordinateur représente une possibilité supplémentaire de fraude, mais on ne fait qu'éluder la question : quelle confiance accorder à un individu, qui consent à aller se commettre en ce mauvais lieu qu'est un isoloir ?