
Osvaldo Romo est mort. Celui qui était connu sous le sobriquet de "Guaton" (« le gros ») comme l’un des plus horribles bourreaux de la Dina, la police politique de Pinochet, s’est éteint mercredi 5 juillet des suites d’une attaque cardiaque.
Il est décédé en prison, où il purgeait une peine de dix ans pour la séquestration permanente d’un militant de gauche (MIR) en 1974. Le « guaton Romo » était une figure particulièrement connue parmi les tortionnaires du régime militaire. Il avait créé l’émotion dans tout le pays en 1995 en racontant dans le détail ses méthodes d’interrogatoire lors d’une interview télévisée.
D’Allende à la Dina
L’histoire de Romo pourrait faire un bon roman. Tout d’abord militant d’un parti de droite, il s’engage ensuite auprès de militants d’extrême gauche et devient un collaborateur du PS d’Allende. Au moment du coup d’état, nouveau retournement de veste, Romo devient un agent civil de la Dina, et se transforme alors en l’un des plus horribles tortionnaires du régime.
Connaissant bien les milieux de gauche, il livre alors bon nombre de ses anciens camarades aux mains de la police politique, avant de les torturer lui-même. Il participe alors à la machine de mort et de terreur que Pinochet, soutenu par les Etats-Unis, impose dans un pays connu jusqu’alors pour sa stabilité démocratique.
Romo œuvre notamment à la villa Grimaldi, l’un des principaux centres de torture du Chili, par lequel sont passées 5000 personnes (250 y sont mortes, et des centaines de plus y ont disparues). Parmi les détenus de "Terranova" (le nom de code de la villa Grimaldi), on trouve l’actuelle présidente Michelle Bachelet, et sa mère, Angela Jeria.
"Je ne laisserai personne vivant."
Dans ce camp de torture, il œuvre sans vergogne, de la manière la plus violente et sadique. Il s’occupe particulièrement des interrogatoires, et plus spécifiquement des détenues. Lors de son interview en 1995, il raconte: "C’est sur les tétons qu’il faut brancher les électrodes. C’est plus douloureux et ça laisse moins de traces. On peut aussi les brancher sur les parties génitales, et dans le vagin." A l’époque, il expliquait que: "Si c’était à refaire, il le referait de la même façon. Et même pire. Je ne laisserai personne vivant." Avant de conclure: "La torture est une bonne chose."
Pour Lorena Pizarro, présidente de l’association des familles de détenus disparus, la mort de Romo n’est pas une bonne nouvelle: "Il part en emportant tous ses secrets, et sûrement de nombreux éléments qui pourraient permettre de trouver des disparus." Mais Mme Pizarro remarque que Romo est mort dans une prison pour civils, et que contrairement aux militaires détenus pour des crimes similaires, il n’est pas mort dans une "prison 5 étoiles".






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Les mêmes salauds vivent chez nous, il ne faut pas avoir la mémoire courte. l’Algérie et le Vietnam ne sont pas loin.
Rollibus
[…]Si c’était à refaire, il le referait de la même façon. Et même pire. Je ne laisserai personne vivant. »
Mais Mme Pizarro remarque que Romo est mort dans une prison pour civils, et que contrairement aux militaires détenus pour des crimes similaires, il n’est pas mort dans une « prison 5 étoiles ».
Du coup, son pauvre coeur sensible a lâché….
Ce qu`a voulu dire mme Pizarro, c`est que tous les tortionaires doivent être dans la même prisons que les delinquants communs.
Romo à été enterrée tel comme il a vecu, c`est à dire: comme une merde.
Encore un qui part, sans laisser d’adresses…les adresses des tombes des milliers de personnes assasinées lors du coup d’état de Pinochet.
Ultime acte de barbarie cruelle qui laisse un Chili dans l’impossibilité de faire son deuil.
Jusque dans leur propre mort, les bourreaux facistes saccagent la vie des autres.
Sûrement, un jour, le Chili se libèrera-t-il de ses fantômes. Combien de temps faudra-t-il encore pour naître au Chili sans porter le poids des assassinats?
Le facisme est un rayon mortel dont les retombées torturent les générations qui suivent. A Santiago comme à Hiroshima on nait contaminé, handicapé.
Je pense ce soir à toutes celles et ceux qui naissent aujourd’hui et qui naîtront demain dans ce Chili, qui sera leur pays…
Un ami me dit un jour: « On ne nait pas chilien, on le devient ». À ces nouvelles générations, cette phrase s’adresse plus que jamais. Il leur appartient de réinventer un Chili qui ne soit pas hanté, un Chili à la dimension de leur envie de vivre.
Un peu marre des fautes d’orthographe : INTERROGATOIRE et non intérogatoire. Merci monsieur Thomas Huchon!!!
Lili
s’il n’y avait que celle là ce serait presque un plaisir !!!
« l’un des plus horribles boureaux » un r absent
« Il avait crée l’émotion » un accent
« il livre alors bon nombres » un s problématique
« l’un des principaux centre » un s absent
« par lequel sont passés 5000 personnes (250 y sont morts, et des centaines de plus y ont disparus). » là c’est une hécatombe… si « personnes » alors —> passées, 250 —> mortes … plus le désaccord disparu !
« des détenues femmes » un pléonasme ou une incertitude ?
6 fautes = 0
C’est vrai ça ! Monsieur Thomas Huchon, vous nous « enduisez d’erreurs » !
Pour un journaliste, ça craint un max…
Les correcteurs orthographiques liés aux logiciels de traitement de textes sont pourtant à la portée de n’importe quel plumitif qui se respecte, et qui surtout respecte ses lecteurs.
Idem pour l’utilisation des termes hispaniques: GUATÓN s’écrit avec un o accentué, et le sobriquet de cette sinistre ordure n’était pas guatón (a secas*) mais « El guatón ».
*a secas = tout court
Il est un moment dans a vie de tout journaliste où il faut savoir faire amende honorable. Oui j’ai commis de nombreuses fautes d’orthographes dans ce papier. Je m’en excuse. J’ai pour une fois laissé de coté mon correcteur, et n’ai pas consacré le soin que cet exercice méritait.
Pardon aux lecteurs, croyez le bien, ce sera la dernière fois.
« Plumitif »: subst. masc. écrivain ou journaliste généralement médiocre, besogneux, peu scrupuleux. Dans le contexte, c’est un contresens. Vaut-il mieux laisser passer quelques fautes d’orthographes ou écrire, pour vertueusement les dénoncer, des phrases qui se contredisent elles-mêmes? :))
Et dire qu’il se trouvera encore des curés voire des prélats pour l’honorer d’une p’tite messe !… en latin, bien sûr !
Que se passe-t-il quand on avance dans l’avenir à reculons ?
Une précision: Romo était un agent infiltré. Il l’avait toujours été. Ce n’est pas une simple traître qui change d’opinion pour sauver sa peau. Il se sent libéré au moment du coup d’Etat. Il fpeut (enfin!) être lui-même, se montrer sous son vrai jour. C’est ce roman-là qu’il conviendrait d’écrire, plus pragmatique, plus réaliste, plus dense, plus atroce.