A la Une 02/07/2007 à 12h57

L'Union européenne menace-t-elle la « civilisation du vin » ?



Menaces sur la civilisation du vin, de Raoul Marc Jennar

Les vins européens sont-ils menacés par l’anarchie viticole mondiale ? C’est non seulement une profession et un patrimoine, mais aussi toute la culture européenne du vin qui sont en danger, affirme dans son nouveau livre, « Menaces sur la civilisation du vin », le chercheur belge Raoul Marc Jennar, docteur en science politique et fondateur de l’Urfig. Cet observateur de la mondialisation et de la Commission européenne, noniste engagé dans la campagne contre le projet de Constitution, membre du comité de campagne de José Bové, critique « une Commission européenne au service des intérêts de l’agro-business » :

Pourtant, « le premier devoir des institutions européennes est de soutenir et de protéger la production de vin, pas de la démanteler », proclamaient en novembre dernier de nombreux eurodéputés dans leur avis sur la réforme de l’organisation commune du marché du vin. Les propositions de Raoul Marc Jennar vont dans le même sens que les réactions formulées au sein de l’Europarlement, qui a déposé plus de 800 amendements contre le texte de la Commission :

Rejetant la conception industrielle de la viticulture, l’auteur milite pour une production agricole de qualité protégée sur le marché mondial. Mais dresse un constat pessimiste : « Les gouvernements de l’Union ne manifestent aucune volonté de défendre la conception européenne de la culture du vin. Le pire est donc à craindre. »

Ni bois ni sucre dans le vin européen ! Mêlant sa voix à celles de plus de 14700 pétitionnaires, Raoul Marc Jennar soutient l’Appel contre les naufrageurs du vin initié par la Confédération paysanne et la Coordination paysanne européenne. Il réclame « une réforme qui applique au vin le principe d’exception culturelle dans les négociations internationales et donne un avenir à la viticulture paysanne » et appelle « à un grand débat public sur l’avenir de la viticulture et des vignerons européens ».

« Menaces sur la civilisation du vin » de Raoul Marc Jennar (Editions Aden, 8 euros).

  • 3453 visites
  • 16 réactions
TAGS
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • ThomasLefebvre
    ThomasLefebvre
    Rapatrié
    • Posté à 17h29 le 02/07/2007
    • Internaute 247
      Rapatrié

    Ce genre de titre castrophiste, ca me...saoule d’emblée.
    1) les vins francais ne sont pas competitifs sur le marché mondial ? Que propose Raoul Marc Jennar pour combler ce déficit ?
    2) Quelle est la position de Raoul Marc Jennar sur les aides agricoles ?
    3) « ’auteur milite pour une production agricole de qualité protégée sur le marché mondial. » Euh, ca marche comment ? Techniquement parlant.
    4)Retour sur le titre : au contraire, le monde boit de plus en plus de vin. La France en boit moins. Donc la « civilisation du vin » s’agrandit. C’est un fait. Un nouveau marché s’ouvre : que les viticulteurs francais s’ouvrent a ce marché. Et oui, il faut s’adapter a l’exportation, d’ou la logique de la Commission : réduire pour produire mieux et exporter mieux car le marché interieur n’est pas extensible indefiniment. Ce n’est pas la fin de la civilisation (encore une victime de Huntington ?), c’est juste une transition.

    • Anonyme répond à ThomasLefebvre

      vous pourriez peut-être vous accordez tous les deux. N’est ce pas une question de moyens pour l’éducation, l’information, et l’exportation de nos produits. Il me semble mais je ne suis pas qualifié en la matière que la France aide peut ses exportateurs de vins ou d’autres produits. Cette action est trop soumise à la diplomatie et au ministère de affaires étrangères, non ?

      • ThomasLefebvre
        ThomasLefebvre
        Rapatrié
        • Posté à 19h09 le 02/07/2007
        • Internaute 247
          Rapatrié

        Le probleme est effectivement que les vins francais apparaissent comme étant « compliqués », chers alors que le consommateur moyen qui ne vient pas de l’Europe continentale recherche d’abord et avant tout un bon prix et de la lisibilité. Les AOC, on s’y perd (en tous les cas moi.) Alors, d’accord, on pourrait demander a la Commission européenne de faire la promotion des vins europeens pour l’exportation. Toujours est-il que dans les rayons d’un supermarché, il n’y a pas de temps pour de la pédagogie, on cherche le meilleur deal (généralement une bouteille gratuite pour deux achetées et a ce jeu et a ce jeu les Australiens et Chiliens sont les meilleurs). Sans compter que je connais des scandinaves qui continuent de boycotter le vin francais suite aux essais nucléaires dans le Pacifique !
        Par contre, on va peut-etre avoir le salut avec les critiques des magazines qui ecrivent des critiques tres (trop) pedagogiques mais qui se cantonnent aux produits de bas de gamme rarement plus de €15, ici au Royaume-Uni (je precise que l’on ne trouve pas de bouteille « buvable » a moins €10-12 tout continent confondu).

         
        • Anonyme répond à ThomasLefebvre

          Comme tous les secteurs économiques, qu’ils soient industriels ou agricoles c’est la dure loi du capitalisme qui s’installe. Avec bien entendu toute sa cohorte de vautour pour dépecer les populations et les peuples. Il se passe en viticulture ce qui s’est déjà passé pour la sidérurgie, la métallurgie, les grandes cultures, le lait etc… Allez savoir pourquoi jusqu’à maintenant malgré des crises importantes, le secteur viti-vinicole avait résisté tant bien que mal au rouleau compresseur capitaliste. Nous sommes dans la phase de la mise en place d’une ruine organisée par l’UE de tout ce secteur pour que les industriels du vin puissent ensuite se servir à bas coup. Car du vin il s’en produira toujours y compris en France et dans le Languedoc, mais avec de très grandes propriétés (à l’américaine ou à l’australienne) appartenant à de très gros investisseurs et nous allons avoir droit comme d’ailleurs ce qui se passe dans l’alimentaire (bouffe pour les riches et bouffe pour les pauvres), la santé (médecine à plusieurs vitesse) etc…nous allons donc avoir les vins de masse et de marque (environ 95% des vins pour la populace) sans aucune règle de production, ni de qualité et les vins de qualité (environ 5%) des grands vins accessibles uniquement à ceux qui auront une bourse suffisante pour se les payer. Pendant ce temps le petit exploitant viticulteur ou vigneron (ou ses enfants) qui travaillaient certes durement, mais qui étaient fiers de vivre de leur travail, fiers de leur produit, fiers de construire un patrimoine à visage humain, dans un cadre coopératif ou la solidarité n’est pas un vain mot va donc se voir devenir un salarié de très grosses industries viti-vinicole ou la règle essentielle sera qu’il n’y est pas de règles sociales, comme pour les vins produits dans les pays dits du « nouveau monde ». Bonjour le nouveau monde pour les conditions sociales…..
          Thierry

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    L’Union européenne menace la civilisation tout court. ce mélant de tout et de rien voulant tout règlementer, la pèche, la chasse, le pinard, le nbres de morts sur les routes.Oui L’UE nous fait chier.

  • Anonyme

    Vivent les vins, la commission, toutes les commissions grosses et petites,les civilisations, les exportations, les importations et les filles nues dans B..... ! ! ! ! !

  • Anonyme

    L’Union et tout le cirque ne sont qu’un leurre. Le pouvoir qui se dissimule derrière est celui des représentant de quelques actionnaires richissimes des multi-nationales. La structure et les autres dans le même genre, OMC par exemple, n’ont été construite que pour court-circuiter les droits démocratiques des citoyens de chaque pays, de maitriser et de choisir leur destin. Les traités qui nous dépouillent ne font jamais l’objet de référendum, ni même d’un débat à l’assemblée avant leur ratification.

    • Anonyme

      L’OMC où d’ailleurs la France n’est pas représentée : l’Union Européenne se réservant à elle la représentation de tous les pays membres à l’OMC et empêchant du même coup ces pays membres à se faire entendre à l’OMC...

  • Anonyme

    le plus amére des constats est bien celui d’une europe bureaucratique à la solde de celui qui paie le plus afin de faire prévaloir sa doctrine et ceçi sur tout les sujets.

    Le vin a une importance dans la culture historique de chaque pays européens dépassant de trés loin de par sa valeur culturel le simple fait financier.

    le vin est la chaleur la convivialité l’esprit de partage d’un temps de repos et d’échange

    sous des prétextes douteux l’union ce plie une fois de plus face aux pouvoirs financiers

    • vintage
      • Posté à 22h06 le 02/07/2007
      • Internaute 7477

      Avant de s’emballer,relisez le commentaire de Lefevre de Belfast qui me parait très sensé.
      Sur ce,je vais me boire une bonne bière.Santé !

    • Luke
      • Posté à 16h17 le 03/07/2007
      • Internaute 4868

      21H13 je bois du p’tit lait, en découvrant ton propos, et je dirai même plus : l’expression « civilisatuion du vin » est un pléonasme. Car -parole d’ivrogne : la civilisation, commence, avec la fabrication du vin. Oups.

  • Anonyme

    n’oublions pas que l’alcool est une drogue dure .
    certes installée depuis des lustres dans notre culture ,mais qui ne résiste aux courants higiénistes que par la force de ses lobbyes et des devises que ce breuvage des dieux rapportent aux caisses de l’état.
    Les Dealers légaux ont encore de beaux jours devant eux ! ! !
    Le cannabis aux mafieux , le vin aux producteurs labélisés : économie de marché ?
    C’est vrai que le cannabis ce n’est pas culturellement « occidental » .
    vive la corrida ,le jaja ,et la pétanque ! C’est l’été , non ?
    Charles Mouloud .

  • Anonyme

    Elle a déjà interdit notre bon vieux camenbert...

  • Anonyme

    Loin de moi, l’intention de défendre l’Union européenne et ses suffocantes règlementations. Mais, pour ce qui est de d’interdire le camembert (ou le foie gras qui n’aurait pas été passé à l’étuve pendant 5 heures à 120°) : les Etats-Unis se posent pas mal non plus.
    Luke

  • Anonyme

    Loin de moi, l’intention de défendre l’Union européenne et ses suffocantes règlementations. Mais, pour ce qui est de d’interdire le camembert (ou le foie gras qui n’aurait pas été passé à l’étuve pendant 5 heures à 120°) : les Etats-Unis se posent pas mal non plus.
    Luke

  • Anonyme

    si vous voulez comprendre l’histoire visionnez « mondovino » , on le trouve en dvd , le journaliste américain sans doute disciple de ralf nader explique ça très bien .