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Lettre de la Société des journalistes des Echos à François Fillon

Paris, le 2 juillet 2007

Monsieur le Premier ministre,

Alors que vous allez prononcer demain votre discours de politique générale, les salariés des Echos vous interpellent sur leur situation et, plus généralement, sur l'avenir de l'indépendance de la presse en France.

Lors de sa campagne électorale, le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait affirmé que » la qualité, la diversité et l'indépendance [de la presse écrite] constituent des protections absolument déterminantes pour la liberté d'expression et la démocratie » .

Il est temps aujourd'hui pour vous de démontrer que ces mots ne resteront pas lettre morte.

Le groupe LVMH, contrôlé par Bernard Arnault, est entré en négociations exclusives avec le groupe britannique Pearson, pour acquérir le groupe Les Echos. LVMH ayant des activités dans de très nombreux secteurs et pesant d'un tel poids dans l'économie française, le journal serait, s'il était vendu, inévitablement impliqué dans des conflits d'intérêts.

Une telle vente conduirait à faire perdre aux Echos l'essentiel de sa crédibilité acquise depuis près d'un siècle et, partant, son audience, ses lecteurs et donc sa rentabilité. Le bon fonctionnement d'une économie de marché passe par une information fiable et transparente.

Certains que vous êtes sensible à l'ensemble de ces problématiques, nous vous demandons donc de réaffirmer votre attachement à l'indépendance de la presse française et d'intervenir pour empêcher ce qui serait, à nos yeux, une opération très préjudiciable.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de notre haute considération.

Vincent de FELIGONDE

Pour la Société des journalistes du groupe Les Echos.

4 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

11H06 | 03/07/2007 | Permalien

je regrette que cette lettre ne comporte pas le mot d'incompabilité(éthique) et ne questionne pas les raisons de cet achat. qu'est ce qu'Arnaud a réellement à gagner à acheter au dessus du prix, un journal dont on connait la rentabilité et le plafond de celle ci …
en faire un organe de prop ? un rapport annuel quotidien ? quoi d'autre ?
la pub de la société des journalistes parue hier (carlos ghosn souhaiterait il que peugeot rachète les échos etc …) me semble être plus radicale que cette lettre et fillon étant ce qu'il est (la voix de son maître, l'écho sans s) je trouve ce texte un peu … mou quand même, vu l'enjeu.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H42 | 03/07/2007 | Permalien

je ne trouve pas que ce texte soit mou, au contraire, il est plutot bien redige.
Le probleme n'est pas de savoir pourquoi arnaud veut les acheter mais qu'ils vont perdre leur independance, ce qui est extremement important pour un journal de cette taille.
ce ne sont pas que les echos qui sont concernes mais « l'avenir de l'indépendance de la presse en France. » (citation de cette lettre)
je souhaite bon courage aux journalistes des echos

Portrait de Courageux anonyme

De

18H03 | 03/07/2007 | Permalien

Comment peut-on s'émouvoir de voir une société privée appliquer des règles que des journaux tels les Echos ou d'autres journalistes comme JM Sylvestre ne font que plébisciter ? C'est comme s'offusquer du rachat d'Arcelor par Mittal mais ne pas tarir de propos laudateurs face aux emplettes de Laffarge en Inde. Qui s'indigne de la main mise des marchands de canons sur de nombreux titres français ?

Lucius

Portrait de Courageux anonyme

De

18H11 | 03/07/2007 | Permalien

Les collègues des Echos ont tout à fait raison d'insister sur leur indépendance. Toutefois il ne faudrait pas être trop naïf et penser que Les Echos sont toujours d'intrépides journalistes épris de véracité et jamais complaisants.
De fait, sur certains sujets, à bien y regarder la plume de La Tribune - dont les journalistes malgré la pression de LVMH, ne sont pas moins attachés à leur indépendance rédactionelle - est nettement plus acerbe que celle des Echos. Sinon comment aussi expliquer que les patrons et autres dirigeants préfèrent donner leurs interviews aux Echos.
En résumé, sur l'économie Les Echos ce n'est tout de même ni L'Humanité, ni Rouge.

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