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La niaque d'une journaliste qui défie la justice égyptienne

La journaliste d'Al Jazeera, avant son audience au Caire, le 30 juin (DR).

(Du Caire) Condamnée à six mois de prison ferme pour un documentaire sur la torture en Egypte, la journaliste d’Al-Jazira, au Qatar, revient au Caire pour faire appel. Au risque de finir son séjour en prison. Portrait.

 » Les juges sont dans la merde » , lâche Howayda Taha, dans la salle d’attente du tribunal d’Abbasseya, au Caire. La journaliste de la chaîne qatarie Al-Jazira a l’art de retourner la situation. Car aujourd’hui, c’est elle qui comparaît en appel de sa condamnation à six mois de prison ferme, pour avoir dénoncé dans un documentaire,  » Au-delà du Soleil » , des cas de torture imputés à la police égyptienne. Mais à quelques minutes de l’audience, l’heure est à la raillerie. Entourée de son armada d’avocats, elle se gausse encore du chef d’inculpation qui l’a menée ici  :  » atteinte à l’intérêt national égyptien » .  » C’est ridicule  ! On me traite comme si j’étais une espionne. »

L’affaire remonte à l’hiver dernier. Howayda se rend au Caire pour réaliser son documentaire. Au moment de quitter l’Egypte elle est bloquée à l’aéroport, ses enregistrements confisqués. Une semaine plus tard, elle est détenue puis relâchée sous caution avec l’autorisation de rejoindre le Qatar où elle vit. Là, n’en déplaise aux autorités égyptiennes, Howayda, qui a conservé une copie de son travail, décide que le documentaire sera diffusé coûte que coûte.  » Il faut révéler la banalité et l’étendue du phénomène. Je ne vais pas renoncer à cause du Président Moubarak tout de même  !   »

La condamnation est prononcée le 3 mai par contumace. En cause  : des scènes de torture, reconstituées d’après des témoignages de victimes et accusées d’être  » fabriquées » .  » C’est une pratique courante » , se défend-t-elle. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais la journaliste égyptienne de 43 ans, également éditorialiste dans divers journaux arabes où elle se montre souvent très critique envers le gouvernement égyptien, veut sa revanche.

Elle revient donc au Caire début juin, pour faire appel. Et au risque de finir son séjour en prison. Une démarche risquée dans un pays où les poursuites à l’égard des journalistes et blogueurs se multiplient. Mais si elle s’essuie le front aujourd’hui c’est pour effacer les stigmates de la chaleur de ce début d’été, mais  » certainement pas de la peur, assure-t-elle. Je suis venue pour les défier. Je suis égyptienne et ne vais pas fuir mon pays. » Dans une tribune du quotidien indépendant Al-Destour, elle remercie même Moubarak pour la  » publicité » ainsi faite à son travail.

Durant l’audience, la tension monte, mais Howayda est comme dans une arène. Elle félicite son avocat, sourit aux propos du procureur, et répond aux discrets encouragements des policiers, pourtant dépêchés pour renforcer la sécurité.  » Ils me souhaitent bonne chance, c’est bon signe. » Ce matin, elle se montre assez optimiste car le juge a accepté de confier ses enregistrements à des experts en médias indépendants, afin qu’ils fassent un rapport. Désormais il ne reste qu’à attendre le verdict, le 15 septembre. Ce jour-là si sa peine est confirmée elle ira directement en prison. En attendant, comme ultime pied de nez à cette justice qu’elle est venue défier, Howayda profite de son séjour au Caire pour tourner deux nouveaux documentaires. "Sur des sujets politiques bien sûr  !  "


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tvanderstraten
21H41 02/07/2007

L’Égypte rêvée des agences de voyage est bien loin de la réalité. Le gouvernement n’hésite pas à utiliser la censure, l’intimidation judiciaire et autres moyens pour garantir « une bonne image de l’Égypte ». Le but est de préserver l’industrie du tourisme à tout prix, parfois jusqu’à l’absurde.
Chokrane à toi de nous rappeler ce qu’est l’Égypte la vraie.

 
histoiresdasie
18H37 03/07/2007

Bravo Howayda Taha !

Pour avoir fait un reportage sur la chaine Al-Jazira au Qatar, la regardé durant 15 jours et ayant des amis libanais, égyptiens qui y travaillent, je vous confirme que cette chaine de télé est réellement intéressante et indépendante de ton. Les journalistes disent ce qu’ils veulent, y compris dans la version arabe. Reportages et dossiers ne prennent pas de gants pour les pays arabes en délicatesse avec les libertés. La chaine promeut les droits des femmes à l’égalité. Elle emploie une grande quantité de femmes présentatrices, journalistes et correspondantes de guerre.

 
Ded Zep Line | La manipulation des élites est encore pl...
12H07 05/07/2007

bravo : que faire pour la soutenir ?

    combattre contre la torture, combatre contre les hommes parce l’on est une femme dans un système fait pour l’homme.

      oui il est vrai que souvent les version dites arabes (en fait pour la rue arabe) different des versions pour l’occident. si cette chaine se demarque :

        total respect