A débattre 02/07/2007 à 12h01

A Paris, des voûtes d'artistes du canal de l'Ourcq bientôt murées


Le 7 juillet, les associations et les artistes des voûtes 56 à 70 du quai de l'Oise, au bord du canal de l'Ourcq dans le XIXe arrondissement de Paris, seront expulsés. Et leurs espaces, qui accueillent des ateliers de peinture, sculpture, studios de musique, seraient murés. Le 28 juin, le préfet de police menait déjà des actions pour accélérer le processus.

C'est un passage très surprenant. Sous le pont d'une voie ferrée à l'abandon, des jeunes ont décidé il y a plusieurs années d'aménager les voûtes formées par les arceaux du pont. Le mouvement aurait démarré il y a dix ans, et il s'est intensifié au fil des ans.

Des murs ont émergé du sol, des portes ont été encastrées pour individualiser ces petits locaux. Puis chaque voûte s'est dotée d'un faux-plafond, d'électricité, et a mis un numéro devant sa porte. L'une sert de studio d'enregistrement, l'autre d'atelier de sculpture, ou de peinture. Il paraît qu'au numéro 65 se joueraient des bœufs magiques les vendredis soirs.

De l'avis de ceux que l'on y croise, l'endroit était autrefois un coupe-gorge, jonché de seringues. Depuis, le passage a été nettoyé, les jeunes y affluent à la sortie de l'école, et les jardins aménagés par Sylviane Borie lui donnent une allure accueillante. « C'est surtout grâce aux jeunes, qui ont construit pierre par pierre ces voûtes pour en faire des studios de répétition », explique un des musiciens présent. « Eux, ils méritent tout notre respect. » Chacun évoque la vie du passage avec fierté :

Les associations et les artistes des voûtes sont locataires du Réseau ferré de France (RFF), et versent un loyer. Ils payent également leur consommation d'électricité à EDF. Pourtant, ce passage ne vivra plus très longtemps. La raison de cette expulsion et du murage des voûtes est une dette, d'un montant de 15000 euros, contractée par d'anciens occupants –condamnés depuis–, que RFF demande aux associations et artistes de payer. Ces derniers ont perdu leur procès, et la décision d'expulsion a été rendue officielle il y a six mois. Il y a aussi les plaintes pour nuisance sonore déposées par des résidents d'immeubles situés en face des voûtes.

Jeudi 29 juin, la procédure s'est emballée. Sur un ordre du préfet de police lancé la veille au soir, des policiers sont intervenus le jeudi matin, ont percé les serrures des voûtes pour en expulser les résidents. Ils ont trouvé un peintre, qu'ils ont emmené au commissariat, puis relâché.

Le soir, un télégramme du même préfet de police ordonnait de faire murer le passage dès le lendemain. Une décision prise dans la précipitation et qui n'a pas pu être appliquée. Selon les personnes présentes, huissier et policiers étaient eux-mêmes surpris d'une telle exécution de la procédure :

Depuis, la plupart des voûtes ont été vidées de leur matériel ou des œuvres qui y étaient stockées, pour éviter les vols. L'hôtel Ibis, à côté du passage, accueille les peintures de Thierry Suivant, le peintre emmené au commissariat, et a accepté de le loger pour la nuit. Beaucoup de projets en cours sont actuellement interrompus :

La majorité des artistes a décidé de placarder affiches et banderoles, a proposé aux voisins de se rencontrer, dans l'espoir de faire plier la mairie. Ils déclarent ne pas comprendre ce geste, « alors que ce passage apporte une telle vie au quartier ». Ils sont déterminés à rester dans les voûtes tant que ces dernières n'auront pas été intégralement murées.

  • 6230 visites
  • 58 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • poppy S
    • Posté à 12h37 le 02/07/2007
    • Internaute

    residents des voutes, proposez nous aujourd'hui même une petition à faire signer dans les 24 heures.

    Cabinet Delanoe et adjoint à la culture, bouger vous vite si vous ne voulez pas que la critique souvent formulée que vous souhaitez une ville aseptisée et à la création encadrée, ne se confirme.

    Merde, ils paient un loyer, ils ont animé un lieu paumé, et fait vivre un quartier. Les nuisances sonores ? cela doit se gerer avec les voisins et un peu d'intelligence.

    • Anonyme répond à poppy S

      Complètement d'accord.

    • Anonyme répond à poppy S

      je soutiens l'action des artistes des voutes, pour le
      beau projet qu'ils ont réalisés, qui redonnait vie a un lieu abandonné. En quoi peuvent-ils gener ? ? ? ? ?
      Rosita et Vera

  • Anonyme

    On fustige la délinquance et les « racailles », et on ferme des lieux qui permettent aux jeunes de s'exprimer, de vivre et d'espérer, d'exister dans la société, donc de ne pas devenir des délinquants. Le tout dans la précipitation et la confusion la plus totales. Logique !
    En effet, c'est logique : il ne s'agit pas de peindre ou de composer pour s'exprimer, il s'agit de travailler plus pour gagner plus. Ceux qui refusent de le comprendre ne sont que de la racaille qu'il faut nettoyer au kärcher.
    Le message est clair : la création, c'est l'expression, et l'expression c'est le libre-arbitre. On ne veut pas que ces jeunes aient une vie et un avenir, on veut qu'ils restent des délinquants PARCE QU'ON N'IMAGINE PAS QU'ILS PUISSENT ÊTRE AUTRE CHOSE. Nous voilà ramenés à une mentalité DU DIX-NEUVIEME SIECLE, quand les classes bourgeoises avaient peur de ce qu'ils appelaient les « classes dangereuses ». Comme s'en est indigné Lammenais : « Silence aux pauvres ».
    Un régime qui veut devenir dictature s'en prend d'abord à la culture. Surtout à la culture populaire.

    Thomas GREDAT

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 12h48 le 02/07/2007
    • Journaliste
      journaliste, auteur

    Je ne défends pas la politique culturelle trés bobo de la Ville de paris, mais ici, il semblerait qu'elle n'ait pas tellement son mot à dire puisque les voûtes appartiennent à RFF et que la décision d'expulsion vient de la préfecture (qui prend un malin plaisir à saccager tout ce qui reste de culture populaire à Paris sous divers prétexte de troubles à l'ordre public : elle a ainsi menacé le lavoir moderne parisien de fermeture) . Cela dit, la Ville pourrait intervenir, et il est urgent qu'elle le fasse : des initiatives de ce genre sont autrement importante pour le bien vivre que les nuits blanche sou paris plage !

  • demba
    • Posté à 12h53 le 02/07/2007

    M'enfin, c'est évident en regardant les petites vidéos : il s'agit d'un espace mul ti culturel, donc sans doute même d'un repair de sans-papiers ! Nettoyez-moi ça au Karcher vite fait. Des fois que des initiatives semblables donnent des idées qu'il est possible de contourner le système et de créer d'autres formes de vie... Et que font les gens du voisinage, qui devraient se solidariser ? Rester assis devant leur télé en disant que tout cela c'est de la merde, mais que faire ?

  • Anonyme

    « La raison de cette expulsion et du murage des voûtes est une dette, d'un montant de 15000 euros, contractée par d'anciens occupants -condamnés depuis-, que RFF demande aux associations et artistes de payer. Ces derniers ont perdu leur procès... »

    Est-il donc possible d'être condamné pour les dettes de quelqu'un d'autre ?

    • Anonyme

      « Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage. »

      Thomas GREDAT

    • joyeuseb
      • Posté à 15h43 le 02/07/2007
      • Internaute

      Effectivement ça ne tient pas debout. Ces « artistes » prennent bien souvent des libertés avec la réalité, pour mieux se poser en victimes.

  • Vingtras
    • Posté à 14h34 le 02/07/2007

    Et ça fait même pas deux mois que l'autre nain est au pouvoir...
    Que c'est long mais que c'est long...

    • Anonyme répond à Vingtras

      Mais, c'est nunuche, ça. Il fallait être dans les 53% pas dans les perdants.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Vingtras
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 03h28 le 03/07/2007
      • Internaute
        http://www.nouvellesociete.org

      Ici, vous avez tort. D'abord, il n'y est evidemment pour rien, mais, surtout, c'est justement dans la logique d'un Prince-President d'intervenir dans ce genre de situation, quand il est clair que l'opinion publique est indignée de cette décision, pour décider magnanimement de remettre les choses en ordre. Si j'étais parmi les évincés, je penserais à lui adresser une supplique... Arbitraire ? probablement, mais ne crachez pas sur les avantages qu'offre parfois un régime « personnalisé ». L'art est plus heureux avec un roi mécène que mis à la poubelle par la démocratie. Vive l'art populaire.

      Lien

      Pierre JC Allard

      • Anonyme répond à pierrejcallard

        « L'art est parfois plus heureux avec un roi mécène ». A la condition de faire l'éloge de la grandeur du souverain (cf : Molière à l'égard de Louis XIV ou Horace et Virgile envers Auguste) et de ne surtout pas l'égratigner. Quant au « Prince-Président dont vous parlez », il s'e^st vanté lui-même en ces termes : « Je ne suis pas un intellectel ». Venant de quelqu'un pour qui il y a la France qui se lève tôt et la France des assistés, on le croit sur parole !

        Thomas GREDAT

    • Anonyme répond à Vingtras

      le nain préfère le foot et le fric les casinos. Laporte est son copain.

  • Michel-Ange
    • Posté à 14h59 le 02/07/2007

    Mefiance, méfiance : les lieux culturels ferment, les journalistes sont déboutés, les livres frappés de censure.En ce qui me concerne, je travaill...ais dans un centre de formation pour adultes (surtout des RMIstes) : il est en liquidation judiciaire...
    Oh le bel avenir qui se profile... On nous l'a dit et répété, il faut travailler plus pour gagner plus (d'argent.Ceux qui sont le moins payés devront travailler BEAUCOUP plus pour gagner les 39h au prix des 35h)et surtout, surtout, penser moins. Seuls ceux qui auront des idées aussi brillantes pour soutenir la censure et l'obligation de travailler plus pourront penser.

    • Anonyme répond à Michel-Ange

      Et pendant ce temps, la suppression d'« Arrêt sur images » est maintenue, et Daniel Schneidermann licencié pour « faute grave ». Au mépris des 150.000 personnes qui ont signé la pétition en faveur du maintien de l'émission. J'ai bien dit « mépris ».
      Ca fait beaucoup, tout ça. La culture, c'est la vie, et on nous ôte la possibilité d'accéder à la culture. Et la culture, c'est aussi l'autre, l'extérieur. La culture, c'est l'ennemi de la dictature.
      « Quand j'entends le mot “culture”, je sors mon revolver ». Ces mots sont de Joseph Goebbels, qui fut le ministre de la Propagande de Hitler...

      Thomas GREDAT

      • Ferdinand.Bardamu
        • Posté à 16h17 le 04/07/2007

        « Quand j'entends le mot “culture”, je sors mon revolver » : cette citation n'est pas de Goebbels mais de Baldur von Schirach et a été prononcée lors d'une réunion publique filmée, reprise dans le documentaire (entre autres) « De Nuremberg à Nurenberg ». Mais bon, c'est anecdotique, je vous l'accorde.

         
        • Anonyme répond à Ferdinand.Bardamu

          Cher Ferdinand (je suppose que c'est un pseudonyme, ce qui laisse supposer que vous avez des lettres),
          Vous êtes bien bon de m'accorder que c'est anecdotique. En ce qui me concerne, ça ne l'est pas : cela fait plus de quinze ans que je crois que cette phrase est de Goebbels, et que j'induis en erreur les personnes auxquelles je la cite. Je vous suis donc le plus obligé du monde de m'avoir détrompé.
          Pour le reste, je crois que nous sommes d'accord sur le sens de cette phrase.
          Comme il m'arrive de croiser votre signature au hasard des forums, je vous dis : à bientôt.

          Thomas GREDAT

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    C'est bien triste ... et visiblement il semble y avoir magouilles la dessous d'autant plus si l'on sait que tout à coup les voies ferrées de la petite ceinture semble intéresser pas mal de monde !

    Maintenant il faudrait aussi que les artistes soient aussi plus réalistes ! ! ! ils savaient depuis longtemps ou se situaient les problèmes :

    une dette qui n'est pas la leur ... ok ... mais qu'est ce qui empêchait de se mobiliser pour trouver 15 000 malheureux € alors même qu'un collectif peut très bien se mobiliser par exemple pour une demande de subvention en se constituant association si ce n'est déjà fait ... et mobiliser tous ses proches pour qu'ils utilisent leurs réductions d'impots pour les dons aux associations pour financer cette créance histoire au moins de ne pas avoir de problème de ce coté la ! ! en plus ce sont les impots qui payent dans ce cas car il y a moyen très legal de donner et avoir des réductions sans avoir a sortir un centime de sa poche ! ! !

    les nuisances sonores ... idem ... si on peu faire des cloisons pour des séparations on est aussi capable de faire des cloisons antibruit ... quitte encore a faire financer par les impôts ; )

    Mais c'est maintenant ... visiblement trop tard ... mais rien n'empêche d'utiliser ces moyens pour acheter/louer un autre endroit ; )

    J'ai tenté de proposer la même chose au collectif installé dans l'ancien « Palace » ... jamais eu de suites ...

    Il est vrai aussi que le mythe de l'artiste maudit persiste en France ! ! ! tssss ...

    Que de gâchis ! ! !

  • Anonyme

    « Je ferai ce que j'ai dit ». Il fait même ce dont il n'a surtout pas parlé. Il faut dire qu'en matière de culture...

  • Anonyme

    on a construit des nouvelles prisons, c'estdéjà pas mal, vu l'endettement de la france on ne peut pas à la fois financer des belles prisons et des taudis pour artistes. il faut choisir.
    Comme dit un collègue plus ça ne fait que 2 mois et c'est très long.

  • Anonyme

    La culture n'est pasle point fort de notre gouvernement, il est prêt a mettre des millions dans le chateaux de versailles, mais aider les petits artistes,non, franchement ça ne rapparte pas assez.
    Comment les Français ont pu élire ce gnome.Bordel.

    • Anonyme

      C'est très simple : Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, descendant d'une famile de l'aristocratie hongroise (un immigré, donc ! ), maire de Neuilly et ami de patrons du CAC 40, a su exploiter les phantasmes du peuple en parlant le langage du peuple. En bref, il a fait de la démagogie. Et il a beaucoup promis, particulièrement à une foule de courtisans qui, pour reprendre le mot de Victor Hugo, « n'ont qu'une envie : devenir esclaves ».
      Et j'ai bien peur que ce ne soit la volonté de ses électeurs. C'est tellement facile de laisser quelqu'un s'occuper de tout...
      Quant à la culture, elle n'a pas grand'chose à attendre d'un individu qui se vante, selon ses propres termes, de ne pas être un intellectuel. En soi, ce n'est pas une tare. Mais quand on n'est pas un intellectuel, on ne se mêle pas de culture : on laisse ça aux gens compétents !

      Thomas GREDAT

  • Anonyme

    une petite question :
    qui à Rue 89 choisit l'image qui s'affiche pour la vidéo ?
    je remarque depuis 20min que je lis les articles
    que les images choisies sont souvent les pires
    le meilleur exemple est cette femme artiste qui nous explique comment ils ont tenté de murer le passage :
    on a choisit le moment où elle se gratte le nez dans une grimace...
    il y a beaucoup d'autres moments possibles vous savez...

    • Ophélie Neiman
      Ophélie Neiman
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 19h30 le 02/07/2007

      Malheureusement, personne ne choisit l'image qui s'affiche ! Nos vidéos sont hébergées par Dailymotion qui sélectionne automatiquement l'image qui se trouve exactement au milieu de la vidéo. D'où certains résultats fâcheux.
      Je suis bien d'accord avec vous, c'est désolant, mais nous n'avons pour l'instant pas d'autres solutions.
      Je précise que j'ai prévenu l'intéressée que vous évoquez pour lui présenter mes excuses.

      • Anonyme répond à Ophélie Neiman

        Astuce : Il faut juste rajouter quelques secondes de noir à la fin de la vidéo pour décaler le milieu du film.

  • pikasso02
    • Posté à 19h03 le 02/07/2007

    Les occupants de ces lieux doivent tout faire pour que le Réseau férré de France accepte le dialogue. Il n'y a pas d'autres solutions ! Si le RFF a une âme, les affaires devraient s'arranger. Difficile d'être différent aujourd'hui. Je croise les doigts !

    • Anonyme répond à pikasso02

      Le dialogue ?
      Malheureusement, il est difficile de pousser au dialogue quelqu'un qui ne connaît que le rapport de force. A moins d'être plus fort que lui. Et dans cette histoire, les gens de RFF et de la Préfecture de Police ont montré qu'ils ne connaissaient que la force.
      C'est absolument lamentable, mais Sarkozy (car, bien entendu, il y a sa main dans cette affaire) a la force pour lui, et il s'en sert pour imposer SA vision des choses. Dialoguer ? Pourquoi faire, quand on est le plus fort et que l'autre n'a qu'à s'écraser ?
      Ma seule consolation, c'est que la roue tourne toujours. Sarko est le plus fort... pour l'instant. Mais il ne le sera pas toujours. Il l'est parce qu'il a des appuis, et qu'il est entouré d'une cour d'esclaves. Mais lui aussi sera trahi, abandonné. Vous ne me croyez pas ? Attendez la suite...
      En attendant, il faut limiter la casse, sur le plan culturel comme ailleurs. Comment sauver les ateliers comme ceux du canal de l'Ourcq ?
      Avant tout, en créer d'autres. S'exprimer artistiquement. Et surtout NE PAS AVOIR PEUR. N'oubliez jamais que CE SONT EUX QUI ONT PEUR, eux qui ont le pouvoir et qui vivront désormais dans la crainte de le perdre. Et qui, pour cette raison, le perdront.

      Thomas GREDAT

      • Anonyme

        Ayant sqatté dans ma jeunesse, je peux dire que en prenant contact directement avec le responsable de la rrf et en montrant ce qui se fait sous les voutes, il n'est pas impossible de négocier un arrangement, en tout cas retarder l'expulsion. Derriere la RRf, il y a des hommes qu'il faut arriver à rencontrer. De plus, quand on sqatte, il faut toujours jouer avec le temps, envoyer un courrier, retarder un murage en étant présent à ce moment la,ce sont des pressions infimes mais efficaces malheureusement, il arrive un moment ou le rapport de force (physique)se concretise serieusement, et la il vaut mieux etre nombreux, au moins pour faire du bruit et que cela ne se passe pas dans l'indifférence

  • Anonyme

    C'est certain c'est con ! Mais est-ce que ce n'est pas tout l'intéret d'un squat d'être en situation précaire ? Le problème en réalité c'est que les pouvoirs publics ne veulent pas, jamais, proposer des solutions de relogement.

    QU'il faille abandonner un squat, c'est triste, mais c'est dans la logique des choses.

    Pour autant, c'est aussi dommage que les squaters n'arrivent pas à s'entendre quand ils sont en sécurité, et que d'un seul coup quand ils sont menacés, il demandent de la solidarité.

    Mais en contrepartie du non loyers, qu'est ce que les squat rendent à la société civile. Est-ce que les artistes des voutes ont organisé des distribution d'art gratuits, ou dans les écoles, ou dans les hopitaux, ou dans la rue, est-ce qu'ils ont faits des concerts ? Je n'en sais rien. J'espère que oui. Sinon, ce serait un tant soi peu égoiste non ?

    • Ophélie Neiman
      Ophélie Neiman
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 10h36 le 03/07/2007

      « En contrepartie du non loyer... » Le problème est que justement, ils paient un loyer pour ces voûtes. Et oui, ils organisent des journées portes ouvertes, quelques musiciens des voûtes ont joué à la fête de la musique -à la demande de la mairie du 19e-, et les associations organisent des sorties pour les jeunes du quartier.

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 20h50 le 02/07/2007
    • Internaute

    Des artistes c'est dangereux. C'est un peu comme des intellectuels : ça pense. Ça crée. Ça invente des trucs nouveaux. C'est comme un progrès. C'est peut-être pas des communistes mais c'est quand même dangereux. Faut se méfier. Si les gens se mettent à penser, qui achètera toutes les merdes (sorry – les merveilles) que la télé leur montre ? Ils finiront peut-être même par lire Rue89.

    On a connu le même problème en Belgique. Le métro de Bruxelles était peuplé de toutes sortes de musiciens dont certains avaient un réel talent. Il en venait de partout : d'Europe Centrale, d'Afrique, d'Amérique du Sud et de bien d'autres endroits encore bien plus exotiques. Sur un trajet d'une demi heure, on visitait la Terre entière.

    Bien sûr cela augmentait le prix du voyage puisqu'il fallait quand même bien leur donner quelques fractions d'euro mais, au moins, le trajet paraissait moins long.

    Maintenant c'est fini ! On ne les a pas vraiment interdits mais on les a réglementés. Ils peuvent se produire en des endroits bien déterminés et en arborant un badge réglementaire en attendant une puce RFID.

    C'est le progrès ! L'ordre ! Nouveau, sans doute.

    Hitler n'était qu'un amateur !

  • Reveil
    • Posté à 21h24 le 02/07/2007

    Mais sérieux quoi ... un truc d'artistes qui existe depuis 10 ans, qui fait vivre le quartier, qui vire les seringues ? ? ? On le vire ? ? ? Mais qu'est ce que c'est que ce monde de merde serieux ! ! ! J'en ai vraiment ras le bol de cette societe de cons ...

  • Anonyme

    Rabelais : censuré par la Sorbonne. Molière : attaqué pour « Tartuffe ». Voltaire : deux séjours à la Bastille. Rousseau : condamné à une vie errante pour ses opinions. Diderot : emprisonné. Baudelaire : « Les Fleurs du Mal » condamnées pour « offense à la morale publique » (Flaubert acquitté). Dostoïevski : condamné au bagne. Victor Hugo : dix-neuf ans d'exil politique. Zola : contraint de s'exiler en Angleterre après l'article « J'accuse ». Oscar Wilde : mort en prison. Aragon : stalinien, oui, mais résistant, quatre ans d'exil à Londres. Eluard : idem. Desnos : mort en déportation. Soljenytsine : déporté.
    Ou encore : Chaplin contraint à l'exil par le maccarthysme, comme Jules Dassin ou John Berry. Brassens : censuré. Les Stones : censurés. Jean Ferrat : « Potemkine » interdite d'antenne. Fela : emprisonné. John Lennon : menacé d'expulsion par l'administration Nixon, suivi par le FBI, placé sur écoutes téléphoniques. « Imagine » et « Give peace a chance » sont interdites d'antenne depuis le 11 septembre 2001. Bob Marley : blessé au bras d'un coup de revolver, contraint de quitter la Jamaïque. Peter Tosh : assassiné.
    C'est dangereux la culture !

    Thomas GREDAT

  • Anonyme

    Bonjour,

    Je suis passé par hazard dans cette rue dimanche en longeant la petite ceinture. J'ai rencontra Sylviane (CF la seconde video) qui m'a parlé de la situation dans laquelle se trouvait le Collectif Associatif dont elle s'occupe et de la crainte des différentes associations d'être expulsées le 7 juillet. Elle m'a aussi parlé de Rue89 qui était venu faire un film (d'ou mon passage ici aujourd'hui, c'est bien de diffuser cela merci ! )
    J'ai pu voir l'une de ces voute transformée en studio d'enregistrement « abordable » (5€ de l'heure pour un artiste souhaitant enregistrer, c'est plutôt « bon marché » ! ). Je crois qu'il a pu y avoir un manque de communication entre artistes, riverains et autorités. Quelques nuisances(reconnues)...certe ! De là a expulser et a saper les bonnes volontées...
    D'autant que seules un dizaines de voutes (ce collectif uniquement) sont visées par cette expulsion.
    Je crois surtout que la municipalité pourrait bien lorgner sur un endroit susceptible de se transformer, pourquoi pas, en petits bars, restos branchouillent loués 100x plus chers...a suivre !

    Cyril..

    • Anonyme

      Pas mal pensé. Il y a peut-être du pognon à se faire avec ce terrain. Ces jeunes artistes en ont fait un lieu de vie, mais ce qu'ils font n'est pas rentable. A l'heure du « Travailler plus pour gagner plus », ils ne sont pas dans l'air du temps.
      Il faut continuer.

      Thomas GREDAT

  • Anonyme

    JE FAIS PARTIE DE CES ARTISTES MENACES D'EXPULSION DES VOÛTES.

    Nous faisons circuler une pétition dans le quartier pour que RFF renonce à murer nos voûtes.
    Si vous souhaitez manifester votre soutien, n'hésitez pas à m'adresser un mail à : z.justin1@caramail.com
    De plus, nous vous invitons tous à nous rejoindre ce samedi au Passage des Voûtes pour une journée de mobilisation, barbecue, bœuf, les musiciens à rôtir sont les bienvenus.

    Passage des Voûtes, 25 quai de l'Oise, ou entre le 10bis et le 12 de la rue Barbanègre, Métro : Corentin Cariou ou porte de la Villette.
    (Les artistes sont présents toute la semaine, n'hésitez pas à passer, nous avons besoin de vous)

    • Anonyme

      Je note ...j'y serai
      Cyril..

    • Anonyme

      Je note. Tenez bon ! Vous n'êtes pas seuls.

      Thomas GREDAT

    • Anonyme

      De tout coeur avec vous.Je viendrai signer votre pétition.
      Marie Hélène

    • poppy S
      • Posté à 18h07 le 03/07/2007
      • Internaute

      A Samedi, j'y serai et mettez la petition plus en vue que dans le quartier. Sur quel site ? Je suis sûr qu'un post nous donnera le plus visible

  • leen
    • Posté à 12h59 le 04/07/2007
    • Internaute

    Mobilisons nous ,Agissons,soyons le plus nombreux possible,Unissons nos Forces Vives et Créatrices !

  • Anonyme

    Moi je dit c'est injuste de faire sa au jeune qui n'on qu'une seule et même envie : s'éxprimer. Ils s'éxpriment par le biais de l'art. Donc laisser les vivres ! ! !

  • Anonyme

    Putain je repete dans cet endroit depuis quelques mois, j'habite a quelques centaines de metre et avant de le decouvrir je ne pensais meme pas qu'un tel endroit etait possible dans Paris, une sorte d'ilot de creation de liberte d'amitié et de confiance
    un truc inespere en fait.
    Pour nous notre petit groupe ce n'est pas tre grae somme toute, meme si ca fout le moral a zero
    Mais Pour tous ceux qui y vivent vraiment et qui se bougent le cul pour proposer une alternative c'es tout simplement degueulasse, vraiment degueulasse
    Mots de depit assomes par un ciel qui devient vraiment de plus en plus lourd..

    • Anonyme

      merci de ce petit mot c'est vrai que tous les gens qui passent pensent que cet endroit est assez unique
      mais tout n'est pas perdu ça nous rapproche on rencontre d'autres personnes on est despéré et on a du courage en même temps comme le temps en ce moment on passe de la pluie au soleil....

      merci à tous pour vos commentaires et vos encouragements
      à bientôt

      sylviane

  • Anonyme

    Je suis allé voir ces jeunes artistes aujourd'hui. Ils m'ont fait l'effet de personnes responsables, qui d'une zone de non-droit ont fait un lieu de vie, et auxquels on ne semble pas avoir à reprocher quoi que ce soit de cohérent, si ce n'est peut-être d'être ce qu'ils sont et de vouloir exister dans une société dont on leur refuse l'appartenance.
    J'ai senti de l'espoir chez certains, de la colère chez d'autres. Que ressentiriez-vous si vous habitiez dans un pays dont vous n'êtes pas originaire, auquel vous essayez de vous intégrer, et si on vous laissait entendre encore et toujours que, de toute façon, vous ne voulez pas vous intégrer parce que vous rejetez les lois de ce pays, qui ne vous conviennent pas, et que vous n'avez que ce que vous méritez ? Ne seriez-vous pas, vous aussi, submergé par la colère ? Ne voudriez-vous pas, vous aussi, brûler les voitures de ceux qui vous refusent le droit d'être leurs semblables ?
    Eh bien ceux que j'ai rencontré m'ont dit leur volonté de rebâtir leur structure ailleurs que de l'endroit d'où on les chasse. Leur dignité est une leçon pour ceux qui ne voient en eux que des racailles. Que font-ils, ces honnêtes citoyens, pour mériter la respectabilité qu'ils prétendent retirer à d'autres ? Etre né Français vous donne-t-il le droit de refuser à d'autres celui de l'être ? Si être Français se mérite, qu'avez-vous fait pour le mériter ?
    Eux, ils se prennent en mains, ils organisent comme ils le peuvent leur petite société. Les voisins ne se plaignent pas d'eux. Depuis leur installation, il n'y a plus de problèmes de drogues. Ils sont peintres, sculpteurs ou musiciens. Et pour la plupart ils sont Noirs.
    Mais ils sont plus que tout cela : ce sont des Citoyens.
    Du fond de ma banlieue bourgeoise, où il ne se passe rien et où les gens passent leur temps à dormir et à craindre pour leur fric, je les salue.

    Thomas GREDAT

    • Anonyme

      Cher Thomas

      Vous partiez hier quand je suis arrivée. Merci pour votre visite et votre témoignage. Revenez souvent nous voir car nous serons toujours là.

      Demain à 9 heures le serrurier passe réouvrir les voûtes pour que nous débarrassions nos affaires. Mais ce ne sera pas la fin

      nous ferons de ce samedi 7 juillet un grand moment de fête et d'espoir.

      Ali a des milliers de toiles, toute sa vie de peintre est là. et si j'osais faire encore un appel ce serait aussi celui là On a besoin d'aide et d'un camion. vous pouvez me joindre par mail boriesylviane@yahoo.fr

      bien à vous tous

      sylviane borie

  • Anonyme

    Une pétition tourne ...
    Je croyais la trouver sur votre site ...
    Qui peut me dire ou la trouver ? ( que je la fasse signer à un max d amis ? )

    Merci

    So

  • Anonyme

    Avez-vous demandé à l'adresse suivante : z.justin@caramail.com ? C'est l'adresse internet du Président de l'association. Peut-être pourra-t-il vous renseigner.

    Thomas GREDAT

  • Anonyme

    Des lieux dans la ville ouverts à tous...
    L'art accessible ... Un espace multi culturel où chacun peut exprimer sa créativité et ses différences
    Des occupants en toute légalité qui payent un loyer...
    Alors que signifie tant d'incompréhension , de méfiance, et d'injustice.
    Nadine Martin

  • Aller à la page
  • 1
  • 2