(Jean Matouk est professeur honoraire des universités)
Nul doute que la gauche doive s'opposer , avec la plus grande vigueur aux projets fiscaux de Nicolas Sarkozy.
Elle doit aussi se montrer très circonspecte quant à ses projets de refonte du droit du travail et de limitation du droit de grève (encore que la culture de la grève propre n'est que la conséquence de notre syndicalisme impuissant et divisé), et s'opposer plus vivement encore au projet de rééquilibrer le budget de l'assurance maladie par ponction sur les patients, alors que les professionnels de santé ont accumulé les augmentations de revenus pendant les cinq dernières années.
Mais puisque l'ère de la langue de bois est terminée, il n'est pas interdit d'approuver d'autres projets qu'un gouvernement de gauche aurait dû et devrait mettre en œuvre aujourd'hui s'il était aux affaires, tout simplement parce que ce sont des projets qui vont dans le sens de la cohésion sociale.
Ainsi en est-il de celui de l'alignement des durées de cotisation retraite des entreprises de transports publics, électriques et gazières sur la durée en vigueur dans le reste du secteur public et dans le secteur privé , comme de la réforme des Universités.
Le seul système sûr et solidaire de retraite est le système de retraite par répartition. S'il est maintenu en équilibre, il est bien plus sûr que le système par capitalisation, dans lequel des erreurs de gestion des gérants des fonds, comme les fluctuations boursières, peuvent remettre fortement en cause le niveau des retraites attendues. C'est plus vrai encore, évidemment, quand le fond est géré par l'es entreprises elles-mêmes. Il est, par ailleurs plus juste parce qu'il ne prépare pas des retraites plus inégales encore que les revenus d'activité. Il est, enfin, constituants d'un lien social intergénérationnel et, à ce titre, par essence » de gauche » . Or pour sécuriser un tel système, il faut maintenir un ratio minimum constant entre les nombres des cotisants et des retraités, donc ajuster la durée de cotisation au nombre des retraités. Aujourd'hui, en France, cela exige d'étendre à 42 ou 43 annuités (avec variantes selon la pénibilité et l'éducation d'enfants) la durée de cotisation pour l'obtention de la pleine retraite. Certainement pas de tolérer que certaines corporation partent en pleine retraité à 37,5 annuités. On attend donc de Nicolas Sarkozy qu'il tienne ferme sur cet engagement de campagne.
Mais on peut avoir quelques craintes au vu de sa reculade sur la réforme des Universités ! Aujourd'hui le système d'enseignement supérieur français est à la fois hautement injuste et hautement inefficace. Il est hautement injuste parce que les enfants de gens aisés (et dans une certaine proportions d'enseignants) sont orientés très tôt, vers les » classes prépa » aux grandes écoles , lesquelles leur procureront rapidement un emploi stable et bien rémunéré, en tous cas avec une probabilité dix ou cent fois plus élevé qu'un enfant du même âge issu des Universités.
Car il est strictement interdit à celles-ci de sélectionner les jeunes bacheliers. Ceux-ci s'engagent donc dans des études, qui dans certaines filières bien connues, n'ont pour issue ….que l'ANPE ou une succession de CDD et d'emplois précaires et largement sous qualifiés , qui ont conduit, à juste titre, ces jeunes à rejeter un CPE qui institutionalisait cette précarité.
L » écart entre jeunes est renforcé par la qualité des enseignements et des enseignants. Les dirigeants des Universités n'ont pas le pouvoir de recruter. Et les commissions de spécialistes pratiquent un « localisme » qui rime , bien souvent avec un » népotisme d'écurie » , privilégiant les assistants locaux des » mandarins » , à des candidats enseignants » outsiders » de qualité, mais venus d'autres horizons.
Aujourd'hui , un professeur pourra garder plusieurs années le même cours sans l'actualiser. Il y a bien sûr une grande majorité d'universitaires de qualité et honnêtes. Mais, par un processus bien connu des sociologues, dans une société à statut inamovible, une minorité suffit à détruire un système. Certains des bons enseignants se reportent sur la recherche, avec plus de succès, d'ailleurs, qu'on le dit. D'autres cherchent à l'extérieur de l'Université un complément légitime de revenus. Les autres , enfin, sabotent des générations d'étudiants et, quelquefois, multiplient les heures supplémentaires pour gonfler leur paye ; on peut citer ainsi des cas d'accumulation de plus de 500 heures annuelles dans telle Université.
Enfin, conséquence hélas inéluctable, les gouvernements successifs ont laissé se dégrader le budget des Universités, étant dans l'incapacité (ou le manque de courage) de réformer le système pour que chaque euro dépensé en plus ait une réelle productivité éducative et scientifique. Il est donc essentiel à la fois d'augmenter fortement le budget des universités, et de réformer le système en profondeur, dans quatre directions.
1) Multiplier les sorties professionnelles avant bac, au bac ou après bac, notamment les IUT ,
2) de façon à pouvoir sélectionner dés l'entrée dans toutes les Universités , éviter le gaspillage des deux premières années perdues par 40% ou 50% des étudiants , et éviter aussi la » production » de diplômés sans avenir
3) Faire enfin une véritable effort sur les bourses et/ou les logements étudiants
4) Donner une véritable autonomie de recrutement des enseignants et de fixation des émoluments, avec des marges fixées nationalement, en fonction de la qualité de leurs enseignements , laquelle doit être déterminée à la fois par l'avis des étudiants et une sorte d'inspection de la qualité pédagogiques des enseignements. Bien entendu ce point 4 pouvait être complété par l'obligation de recruter une proportion d'enseignants dans la société civile, et, pourquoi pas, d'exiger, pour certaines disciplines comme l'économie, un passage de quelques années par l'entreprise. On pouvait penser , un moment, que le nouveau Président s'orientait au moins vers les points 2 et 4, ci-dessus. La gauche aurait pu alors contester de manière constructive, le projet de loi, en exigeant d'abord une forte augmentation du budget et en conditionnant son vote positif à l'adoption points 1 et 3.
Le recul , presque immédiat, du plus haut magistrat de l'Etat, en crainte devant des manifestations étudiantes à l'automne, reporte aux calendes grecques la vraie réforme des Universités. Et risque bien de conduire la gauche à défendre,bec et ongle… le statu quo, dans une posture qui, généralisée dans de nombreux domaines, lui a fait perdre les élections.
Mais peut-être ce statu quo arrange-t-il bien le Président ? Elu des catégories aisées (et des personnes âgées qui n'ont plus d'enfants dans l'enseignement) , l'intérêt de cette fraction de son électorat ne serait-il pas que l'Université reste la parente pauvre face aux grandes écoles (et à certaines Universités favorisés, qui, comme Dauphine, pratiquent la sélection depuis des décennies) et au » piston » , ensuite, dans la vie professionnelle .




















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De Rhaouline
17H37 | 30/06/2007 |
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=26272
article approuvé par une étudiante lassée de ce système…
De FREDERIC 67
17H42 | 30/06/2007 |
article approuvée par une maitre de conférence pressée par le système
De harpo59130
17H43 | 30/06/2007 |
Tout cela semble bien logique mais comment peut-on apprécier la pénibilité du travail ?
Je suis moi-même enseignant dans un lycée « difficile » et je me vois mal poursuivre mon activité au delà de 60 ans.
Bonjour la décôte !
j'ai très mal vécu la réforme des retraites me faisant passer de 37,5 à 40 ans voire 40,5 ans de cotisation. Alors quand j'entends le mot réforme je me méfie car les réformes sont des bulldozers qui ne font pas dans le détail !
à harpo59130
De
15H28 | 02/07/2007 |
Il y a de multiples solutions variables selon les métiers
Dans le cas de l'enseignement en zone difficile, on doit tenir compte du nombre d'années faites dans ces zones, avec par exemple un coefficient multiplicateur 1,2 ou 1,3.
à harpo59130
De Jean Matouk
(auteur)
Economiste | 17H53 | 02/07/2007 |
IL y a diverses manières d'apprécier la pénibilité. Pour les travailleurs manuels, de nombresues études érgonomiques le permettent
Pour les enseignants on sait bien que certains établissements et certaines classes sont plus pénibles. Ils donnent d'ailleurs droit à un surplus de salaire. On pourrait donc survaloriser les années passées dans ces établissement pour la retraite comme ils le sont déja en salaires et en points pour les mutations.
Jean Matouk
De
21H43 | 30/06/2007 |
vous oubliez une réforme tellement évidente qu'on ne comprend pas qu'elle ne figure pas en première place : l'intégration à l'université des formations de nos cadres dirigeants : ingénieurs, financiers, managers, and so on . c'est pourtant le seul moyen d'aligner LE NIVEAU de nos universités sur celui des autres pays développés, et aussi de justifier une augmentation des moyens. car aujourd'hui, si la fac est le parent pauvre, c'est parce que les grandes écoles drainent les meilleurs étudiants et des moyens sans commune mesure avec ceux qui sont alloués aux facs. pourquoi n'en parle -t-on pas ? sans doute parce que nos décideurs, étant presque tous issus des grandes écoles, ne veulent pas toucher au système qui les a faits rois, et qui pourtant est obsolète. eux si prompts à dénoncer l'immobilisme des autres catégories sont bien frileux lorsqu'il s'agit de moderniser leur pré carré. et pourtant, que faire d'autre si l'on veut que nos facs remontent dans les classifications internationales, sinon y intégrer nos meilleurs étudiants, ceux qui actuellement sont orientés vers les classes prépas ? cela permettrait également de généraliser la formation de nos cadres à la recherche, ce qui ferait certainement du bien à nos capacités d'innovation, et faciliterait l'homologation internationale des diplomes. les ingénieurs allemands formés depuis toujours à l'université, ne sont pas, que je sache plus mauvais que les notres… ils nous taillent même des croupières en matière d'exportations de matériel à haute valeur ajoutée, ai-je entendu dire
De Robert Marchenoir
00H41 | 01/07/2007 |
Enfin une critique de gauche intelligente… Une critique de gauche qui reproche à Sarkozy, avec quelque raison, d'être trop timoré dans ses réformes…
Au fait, il paraît que le PS cherche un chef…
De Fantou
07H33 | 01/07/2007 |
Comme quoi on peut être professeur des universités, honoraires qui plus est, économiste de surcroît, et se réclamer de la gauche pour finir, et dire des sottises bien pensantes de l'idéologie dominante.
Lisez plutôt les réflexions produites par « sauvons la recherche » : des solutions non conformistes se trouvent plutôt là :
http://recherche-en-danger.apinc.org/
et plus précisément sur le projet sarkozien qui auraiit pu en effet être celui d'une certaine « gauche » :
http://recherche-en-danger.apinc.org/spip.php ? article1605
à Fantou
De
09H04 | 01/07/2007 |
Sauvons la Recherche c'est « plus de moyens et surtout ne changeons rien »
à Fantou
De
15H44 | 02/07/2007 |
Débat intéressant qui merite plus que l'insulte.
Même si la recherche est la seconde fonction des Universités, même si il est judicieux que les enseignants soient des chercheurs ( est-ce général, vérifié, dans toutes les disciplines ? ? ? Poser la question, c'est y répondre)
Mais il faut bien distinguer les deux fonctions.
Mon « papier » ne portait que sur la fonction éducative. Il faut effectivement sauver la recherche. j'ai été d'accord avec le manifeste, mais pas à organisation constante des structures de recherche et de l'Université
à Fantou
De Jean Matouk
(auteur)
Economiste | 18H02 | 02/07/2007 |
J'ai approuvé totalement en son temps le manifeste.
Il faut distinguer la recherche et l'enseignement , même si , théoriquement tous les enseignants sont des chercheurs. le sont-ils d'ailleurs tous tout le temps ? Peut-on être tes deux tout le temps ? La recherche dans les sciences dures ( physqiue, chimie, biologie) est-elle de même nature qu'en maths, et plus encore qu'en économie , sociologie ? Exige-t-elle les mêmes moyens. Pour eco et socio, les ordinateurs personnels et les nombreues banques de données en ligne, ne permettent-ils pas une plus grande individualisation des recherches , avec télé-confrontation pour obtenir l'indispesnablke critique des collègues, ce qui , dans ces disciplines équivaut à la collégialité des labos dans les sciences dures.
Mais si l'on revient au nécessaiore distingo recherche /enseignement, je pense très sincèrement quel'orga&nisation actuelle dans les Universités présnte les défauts que jai di et que les idées que jai émise peuvent apporter un net « mieux ». On ne peut pas réclamer un surplus de budget pour les Universités ( qui est indispensable) sans accepter une remise en cause de l'organisation et de l'appréciation des enseignants.
Jean Matouk
PS Quand j'enseignais comme activité à plein temps , j'étais très heureux de demander sous forme strictemment anonyme l'avis des étudianrs , sur les contenus, les docs distribués, la calrté du plan, du contenu…. et celà m'a aidé à m'améliorer.
De sarahappy
07H53 | 01/07/2007 |
Lorsque vous écrivez, il vaut mieux rester dans la vérité. Ainsi, vos positions pas crédibles disqualifient l'ensemble de votre article.
La vérité : Les profs de fac ne sont pas payés pour les heures supplémentaires.
Donc, cette phrase dans votre article est un mensonge : « Les autres , enfin, sabotent des générations d'étudiants et, quelquefois, multiplient les heures supplémentaires pour gonfler leur paye ; on peut citer ainsi des cas d'accumulation de plus de 500 heures annuelles dans telle Université. »
Si vous ne pouvez pas argumenter votre opinion qu'en utilisant les « scare tactics » des mafiosi tel Bush et cie, ou le « double talk » des Tsarkozzistes, alors votre place n'est pas parmi les intellectuels mais plutôt chez les truands de gouttière.
à sarahappy
De
09H02 | 01/07/2007 |
Comment peut-on être aussi catégorique en parlant de ce que l'on ne connaît pas !
à sarahappy
De Jean Matouk
(auteur)
Economiste | 18H11 | 02/07/2007 |
C'est l'insulteur qui ment
Les maîtres de conférence et professeurs des Universités reçoivent un salaire , qui varie avec l'ancienneté et, un peu, au choix (première classe et classe exceptionnelle- laquelle est d'ailleurs presque systématiquement refusée à ceux qui ont eu le malheur d'aller un moment hors de l'Université pour se ressourcer, au prétexe qu'ils ont gagné plus d'argent) et qu'ils touchent à plein dès qu'ils ont fait xsx ou neuf heures d'enseignements dits « magistraux » par semaine,(ou l'équivalent en TD avec une sous cotation de ceux-ci), qu'ils ont corrigé les examens écrits , interrogé à l'oral, et participé aux commissions obligatoires.
Ensuite, ceux qui font des heures en plus, dans leur Fac ou d'autres, sont payés en heures supplémentaires. Payés avec beaucoup de retard , mais payés. Le cas que j'ai cité- et qui n'est pas le seul, ni dans la Fac en question ni ailleurs- est réel. Le chiffre exact est même 535 heures.
Avant de dénier de manière insultante, renseignez vous
De marian.rey
08H25 | 01/07/2007 |
Les IUT, BTS, etc. sélectionnent beaucoup, et le nombre de place ne sera jamais extensible (déjà on ne scolarise pas tous les enfants en âge de l'être).
Les éjectés de la « sélection dés l'entrée dans toutes les Universités » ne seront donc plus des diplômés (donc formés) sans avenir, ils seront des non diplômés sans avenir. Quel progrès ! ! !
à marian.rey
De
15H34 | 02/07/2007 |
Sélectionner ne veut pas dire interdire toute entrée dans toute université, mais limiter les entrées dans certaines filières , notamment quand elles sont surpeuplées avec une capacité d'emploi à la sortie faible ou quasimment nulle. Sélectionner c'est orienter !
De caro
délinquante avérée | 09H55 | 01/07/2007 |
Alors là, je suis épatée !
« 42 ou 43 » annuités ! M'enfin ! on commence à travailler de plus en plus tard. Il n'est pas rare de commencer à 27/28 ans, dans le privé parce que les employeurs n'embauchent qu'avec une expérience déjà acquise (et les jeunes font comment pour l'acquérir, cette expérience ? ) et dans l'enseignement, parce que, généralement, il faut passer plusieurs fois le concours pour réussir, vu le manque de postes et le nombre croissant de candidats. Faudra-t-il travailler au-delà de 65 ans ? C'est déjà bien difficile après 60 ans, alors 70 !
Et si l'état arrêtait de favoriser les délocalisations, les licenciements, de faire cadeau des cotisations sociales et payait ce qu'il doit, on n'en serait pas là !
Quant aux universités, la plus grande partie de leur budget va aux dépenses courantes, chauffage, entretien des locaux (je ne parle même pas de réfections, il n'y a pas d'argent), fluides, alors qu'il devrait être consacré à l'enseignement et aux étudiants.
Et la bonne idée de faire venir des enseignants du privé ! D'abord, il y en a déjà pour toute la partie « professionnalisante » de l'enseignement et puis, en ce qui concerne l'économie, serait-ce pour formater les jeunes têtes au libéralisme ? Point de salut en dehors de cette monstruosité ?
Il faudrait d'abord réfléchir au rôle des universités : former uniquement des professionnels, comme les IUT ou les grandes écoles, ou former des gens à « apprendre à apprendre », à réfléchir, puis se former à la vie professionnelle. Seulement, il y a danger à former des têtes pensantes qui ne mettraient pas le travail au centre de leur vie…
à caro
De
18H24 | 01/07/2007 |
je voudrais revenir sur l'opposition formée entre les diplômés des iut et grandes écoles et ceux de l'université qui ont apparemment appris à réfléchir tandis que les autres formatés et lobotomisés, ne « mettent le travail au centre de leur vie ».
je suis diplômée d'une école d'ingénieur et permettez-moi de vous dire que ce n'est pas le cas. l'enseignement qui nous est dispensé est bien sûr très professionnalisant et nous prépare à l'entrée dans le monde de l'entreprise.
mais ce ne vous savez peut-être pas c'est que la majorité des élèves s'investissent, dès leur entrée dans l'école, dans de nombreux clubs et associations, divers et variés (sportives, culturelles, bénévolat…) entièrement gérées par les élèves. le temps consacré à ces activités estsouvent conséquent, cela empiète parfois sur nos études (il n'y a donc pas que les fêtes ; ) ! ) et surtout on y prend goût ! aussi ne croyez pas que tout s'arrête une fois entré dans la vie professionnelle et qu'on ne pensera plus qu'à notre carrière. c'est un préjugé ridicule.
à caro
De
15H39 | 02/07/2007 |
1)On vit aussi un trimestre de plus par an en moyenne et en meilleure santé chaque année. Pourquoi exclure de travailler jusqu'à 66 ou 67 ans ? A condition que la société s'organise pour permettre des changements de métiers et diminuer progressivement la pénibilité physique. Une société capable d'envoyer des navettes dans l'espace et d'intervenir sur le nanomètre, en est-elle incapable ?
2) La remarque finale serait juste ….. dans les pays anglo-saxons ou le diplôme compte peu pour l'embauche , et ou on embauche toujours à l'essai. les études universitaires servent alors effectivement à apprendre à apprendre vite pour pouvoir progresser quand on a été embauché au début
Malheureusement, chez nous , c'est la parchemin qui compte , et la professionalisation des universités est donc inéluctable
Qu'est ce qui est plus réaliste ?
Attendre que le patrinat-embaucheur français devienne comme l'anglais ou professionaliser un peu plus les Universités avec sélection-orientation.
De Appleseed
master biologie montpellier | 12H21 | 01/07/2007 |
Donc en gros maintenant c'est « marche ou crêve » ? comma a dit marian.rey plus haut que deviendront les non-selectionnés ? des bacheliers ? Certe des réformes sont nécessaires, mais pas des réformes bulldozer qui ne laissent aucunes options en cas de raté ! C'est encore et toujours un problème d'argent et de budget selon l'état… alors pourquoi est-ce qu'il allège encore et encore les impôts pour les plus riches ? et vient taper sur les plus pauvres (qui sont souvent des universitaires puisque ça reste le moins cher pour continuer ces études)…
De patroc
18H01 | 01/07/2007 |
Vous voulez nous faire travailler jusqu'à 70 ans mon bon monsieur ! Avec le système de décôte et 42 annuités, peut-être plus : Franchement, j'aurais pas mieux fait que Fillon pour « tuer » la retraite par répartition qu'en plus, vous défendez ! Quant aux universités et au système scolaire en général, il est certain qu'il lui faut un « coup de jeune » institutionnel et pédagogique, un système plus moderne, plus ouvert à l'entreprise et aux entreprises tout en restant accessible à tous les jeunes, plus diversifié également… La réforme Sarko ne va pas dans ce sens, bien au contraire : Elle tend à « obliger » (baisse du budget, des profs) les universités à l'embaûche de « privés » dont les coûts, à moyen terme, seront répercutés sur les tarifs d'inscription. Ainsi, le premier examen à l'entrée d'une université sera, pour l'étudiant, son porte-monnaie et sa capacité à le remplir. N'est ce pas là le rôle même de l'université : Former des jeunes pour réussir professionnellement ? … Cette scission de l'université accentuera encore la différence entre « grande » et « petite » université, avec des tarifs en hausse pour toutes : Moins d'inscriptions, établissements privés plus concurrentiels financièrement, l'université française se fondra irrémédiablement dans le flôt des formations proposées… Tout comme la retraite par répartition dans les complémentaires privées ! …
De sinclair
22H26 | 01/07/2007 |
Consternant cette suite d'idee reçue. Cela me fait penser a quelqu'un qui a dit que les 35 heures n'etaient pas credibles « trop utopique c'est sur ! ! ! »
Reflechissons
Sur les retraites
comment se fait il que l'on s'aligne systematiquement sur l'option la plus defavorable
Comment se fait il que les assurances salivent devant la possibilite de fond de pension en lieu et place de la retraite par repartition
Comment se fait il que l'on taxe systemeatiquement les salaires des que l'on touche au systeme social
alors que l'on soulage a outrance « les forces vives de la Nation » et que l'etat leur evite la moindre contrariete.
Tant qu'a les faitre participer aux retraites impensable
Le bouquet « il faut maintenir un ratio minimum constant entre les nombres des cotisants et des retraités, donc ajuster la durée de cotisation au nombre des retraités » sic. Mais la vie s'est allongee, l'entree dans la vie active est retardee et on constate que le salarie est pleinement actif qu'entre 30 et 50 ans. Moins de 30 ans c'est etude petit boulot stage etc au dessus de 50 ans trop vieux trop cher a 58 on dispense de chercher du boulot (donc reconnu c'est impossible d'en trouver)avec ce raisonnement retraite a 75 ans de misere
L'universite
Mon Dieu en plus c'est eux qui ont provoque Mai 68 c'est dire
Comment se fait il qu'ils ne disposent que de si peu de moyen
Comment se fait il que tout est fait pour que la selection par l'argent se fasse tout en se masquant derriere l'içncapacite de ces imbeciles d'etudiant qu'y s'y precipitent. Frais d'inscription et d'etude logment nourriture protection sociale sont deja hors de la bourse de beaucoup donc petit bopulot et plongee vers la pauvrete et l'abandon des etudes
La multiplication des sorties professinnelles est un leurre car il n'y a pas du travail pôur tout le monde y compris pour les formations professionnelles on fabriquera juste des chomeurs plus tot et sans perspectives car au bout de quelques annees leur formation est depasse voir leur metier n'existe plus.
On passe par ces profiteurs d'enseignant et ces feignasses (euh il y en a partout public et prive mais bon)
On termine par le prive l'embauche de personnel exterieur mais il me semble que cela se fait deja non ?
Au fait l'universite ne serait pas touchee par le non remplacement des departs en retraite qui est une forme de licenciement social deguise curieux non ! alors qu'elles sont si peu efficace
De caro
délinquante avérée | 16H52 | 02/07/2007 |
Les étudiants en économie répondent eux-mêmes par une pétition sur leurs desiderata en matière d'enseignement. Les autres disciplines pourraient prendre modèle :
…
En conséquence nous proposons donc quatre pistes de réformes :
- Une formalisation qui ne soit plus une fin en soi.
- Une confrontation plus importante des théories aux faits.
- Une présentation plus équilibrée des différentes théories économiques dans les premières années de cursus universitaire.
- Une approche de l'économie plus transversale.
http://www.autisme-economie.org/article159.html
De Jean Matouk (auteur)
Economiste | 18H14 | 02/07/2007 |
Je suis complètement d'accord
Durant toute ma carrière, j'ai cherché à confronter aux faits, par l'histoire et par l'économétrie (complètement différente de l'économie mathématique qui formalise inutilement) .Dans l'économétrie on teste une théorie en la confrontant aux statistiques. On ne peut pas faire d'économie sans chiffres.
Mais je ne iimitais pas mon raisonnement l'enseignement de l'économie et n'entrais pas dans le détail pédagogique de chaque discipline
De
19H50 | 02/07/2007 |
La sélection à l'entrée des Universités n'a aucun sens pour les titulaires d'un BAC général, si il y a trop de monde, il faut monter le niveau du BAC et développer les filières courtes, en aucun une sélection entre BAC généraux n'a de sens.
De
20H39 | 22/07/2007 |
L'idée de sélection est séduisante, mais illusoire. Plus précisément, elle repose sur l'assomption qu'il existerait encore, quelque part, des bons étudiants qui ne demanderaient qu'à venir à la fac. A l'exception, peut être, des quelques milliers qu'on retrouve en grandes écoles, c'est faux : l'effondrement du niveau des étudiants reflète celui de la jeunesse française dans son ensemble. Il n'y a pas de « bacheliers bis » ni d » « étudiants de secours » pour prendre la place de ceux qui échouent (à tous les sens du terme) dans le supérieur.
La situation est donc infiniment plus catastrophique que ce que laisse entendre le texte. Le problème est moins celui de la sélection que celui de la valeur globale du réservoir dans lequel on puise.
Je dois dire, enfin, Monsieur Matouk, que vous vous réveillez un peu tard. Cela fait des années que l'éducation nationale, confiée à de véritables cinglés, passe systématiquement au bulldozer tout ce qui dépasse, tout ce qui ressemble à de la culture (forcément bourgeoise), tout ce qui rappelle le savoir (forcément élitiste), tout ce qui évoque, même de loin, la discipline et la rigueur intellectuelles (forcément fascistes)…
Que faisaient donc les intellectuels de gauche pendant que ces fous dangereux saccageaient de fond en comble notre système éducatif ?
Et bien, vous les honoriez. Vous avez même été jusqu'à leur confier des responsabilités décisives, des budgets faramineux (un IUFM coûte plus cher qu'une prépa), ainsi que les titres universitaires dont ils se glorifient aujourd'hui. Vous avez ouvert la porte des facultés à des gens qui ne rêvaient que d'une chose : vous écraser sous leur botte.
Croyez bien que je suis moi-même un ancien électeur de gauche. C'est donc avec regret que je vous l'annonce : JAMAIS, au grand JAMAIS, je ne pardonnerai à la gauche d'avoir tué l'Education nationale, ni aux intellectuels de gauche d'avoir, par un esprit de chapelle bien mal placé, couvert ce massacre.
Comme l'écrivait jadis Aragon : Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat / Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat […]
Vous même, la quasi totalité de l'intelligentsia de gauche et la majeure partie des universitaires français, n'avez pas été à la hauteur de cet enjeu. Vous en avez même été très loin. En tant que jeune chercheur (heureusement bientôt expatrié), je vous juge impardonnables.