Cent cinquante mille nouveaux adhérents pour la seule année 2006. Ce succès exceptionnel de la campagne d’adhésion lancée en mars 2006 par le Parti socialiste a largement contribué à la victoire de Ségolène Royal dans la bataille pour l’investiture du mois de novembre 2006. Pour autant, sa stratégie actuelle, qui vise à un remake de novembre 2006, n’est pas sans risques.
Les militants ne seront pas consultés avant 2008. En décidant, sur proposition de François Hollande, de renvoyer au prochain congrès en 2008 la consultation des militants, le conseil national a suscité la fureur des proches de Ségolène Royal, qui y ont vu une manœuvre destinée à lui barrer la route. Elle ne réclame que cela : demander rapidement leur avis aux adhérents. En rejouant la carte des militants contre celle des dirigeants, Ségolène Royal prend pourtant un pari risqué.
Après sa défaite à l’élection présidentielle, le soutien du gros des troupes PS n’a rien d’acquis. D'ailleurs, combien seront-ils à décider du sort du parti ? Difficile à dire. Les militants socialistes étaient 300000 au 31 décembre 2006. Pour avoir un chiffre exact et savoir si les 150000 nouveaux venus ont renouvelé leur carte, il faut donc attendre la prochaine mise à jour des listes.
Réadhéreront-ils ? Rien n’est moins sûr. Si une première adhésion s'élève à 20 euros, celles qui suivent coûtent de 50 à 250 euros environ. Un coût qui pourrait bien jouer un rôle de frein pour des nouveaux adhérents parfois peu structurés politiquement. Peu actifs durant la campagne, beaucoup, au grand dépit des responsables de section, ne se sont jamais présentés à une réunion.
Bousculant totalement les habitudes des anciens , plus dogmatiques, les nouvelles recrues font bouger les lignes jusque dans les sections réputées les plus fermées, comme celle du XIe arrondissement de Paris : On ne sait pas qui ils sont ni s’ils vont rester, explique un membre de la section.
Des éléphants qui affûtent leurs couteaux. Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, François Hollande et même Gisèle Halimi jugent sévèrement la candidate socialiste. Lire notre florilège des déclarations anti-Ségo.
Des députés circonspects. Dans le nouveau groupe socialiste, radical et citoyen (SRC), les rapports de force entre courants ont peu évolués. En recoupant les soutiens apportés durant la campagne pour les primaires de novembre 2006 et les déclarations faites à la presse, il apparaît que sur les 186 députés socialistes, 45 sont des partisans affichés de Ségolène Royal, contre 39 pour Laurent Fabius. Les strausskahniens, eux, sont peu représentés.
Un rapport de force qui se retrouve logiquement dans la composition du contre-gouvernement présidé par Jean-Marc Ayrault, proche de Ségolène Royal. Ce cabinet, qui se veut être le cœur de l'opposition, a été contesté dès sa création en raison de la surreprésentation des ségolénistes.
Des échéances électorales lointaines. Brûlant quelque peu les étapes, Ségolène Royal a provoqué la panique de ses camarades en annonçant successivement qu'elle briguait le poste de premier secrétaire et de candidate à la présidentielle de 2012. Décidés à lui barrer la route, les dirigeants du Parti socialiste tombent parfois dans l'excès.
Au point que des alliances surprenantes se sont organisées en un Tout sauf Ségo » à Solférino. Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Bertrand Delanoë ont tous trois soutenus les propositions de François Hollande, alors même qu'ils le tenaient –notamment DSK– pour responsable de la défaite.
Rappellant ses nombreux déplacements pour soutenir les candidats en difficulté lors des législatives, Ségolène Royal, comme au soir du 6 mai, ne reconnaît qu'une défaite relative. Entre l'immobilisme reproché à François Hollande et la campagne permanente de Ségolène Royal, les chantres de la rénovation semblent émerger, du moins médiatiquement. Benoît Hamon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou encore Gaëtan Gorce pourraient être tentés de jouer aux électrons libres à l'approche du congrès.
A lire :
Le PS et Ségolène : que reste-t-il de leur amour ?
Militants et éléphants dans l'incertitude.














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Je repense à une petite phrase Mme Royal … « il n’y avait pas un jour [pendant la campagne] où je me levais sans me demander quel socialiste allait me planter un couteau dans le dos ».
Voilà le vrai handicap, de Mme Royal comme du PS en général, trop d’égos démesurés qui ne font plus bloc autour de leur 1er secrétaire et qui s’expriment à tout va sans coordination entre eux.
On peut être progressistes et disciplinés, c’est pas incompatible !
Bravitude
Précisions sur le montant des adhésions :
250 euro (présenté ici comme un maximum) c’est dans les cas où le salaire mensuel est environ entre 1600 et 1800 euro
pour un salaire de 700 euro mensuels, l’adhésion coûte 78 euro
pour 1200 euro mensuels, elle est de 156 euro
pour 1600 euro mensuels, elle est de 240 euro
pour 2000 euro mensuels, elle est de 312 euro
pour 2400 euro mensuels, elle est de 384 euro
pour 2600 euro mensuels, elle est de 4200 euro
et au-delà de 2800 euro mensuels, elle est de 456 euro.
C’est plutôt dissuasif !!!
Quelques réflexions sur votre très bon article :
1/ Je suis d’accord sur le fait qu’un congrés en 2008 est une très bonne chose pour l’appareil du PS, et une très mauvaise pour Ségolène et plus globalement pour tous ceux, toutes celles qui souhaitent voir en interne « évoluer », se rénover le PS.
COTISATIONS
Par contre, le passage d’une cotis à 20 euros à une cotis « normale » de section…ce n’est en rien l’argument décisif, plutot un chiffon rouge agité par certains anciens » militants pour rester entre eux.
Bien des sections ont des « grilles » adaptées, avec cotisations très réduites pour chomeurs..jeunes..étudiants et « petits salaires », sans oublier que 66% de la cotis est déductible des impots !
Sans oublier qu’aucun trésorier PS ne demande une déclaration des revenus, et que de fait..chaque militant est libre de verser une somme, en fonction de ses charges et de son souhait de s’investir dans le PS.
Les adhérents à 20 euros doivent rester au PS, s’impliquer dans les sections, passer à des cotisations « normales »(mais adaptées) et peser sur le prochain congrés, sinon nous aurons un congrés de « repli sur soi » et ne tenant pas compte de la diversité, de la richesse de citoyens différents de l’appareil « classique » du PS.
Je suis convaincu..que la principale menace au non renouvellement..c’est plutôt le climat délétère développé par les « éléphants » et un trop grand conformisme ambiant au sein du PS.
2/ Les réglements de compte politiques et l’acharnement sur Ségo n’ont aucun intérêt, le PS et Ségo (+ Désirs d’avenir) doivent maintenant avoir le courage de se « critiquer » objectivement pour progresser, aller de l’avant et bâtir du nouveau au PS, avec de nouvelles perspectives pour la gauche.
3/ Le rapport entre députés PS et courants à l’AN est important, mais..il est le reflet d’un équilibre dégagé, année après année, entre les personnalités locales et des accords entre les courants, voir des relations avec des partenaires de gauche..le tout géré par Solférino.
Le mouvement autour de « Ségolène » (avec les rénovateurs) étant récent, il ne se traduit pas totalement encore chez les élus.
4/ Au PS, il y a toujours eu…des courants qui sont de faits des « écuries présidentielles » et poussent leur poulain en permaence, rendant de fait difficile le débat..l’émergence de changements au sein du PS, car nous courons toujours d’échéances en échéances..
Le PS est de fait confronté à un paradoxe, d’un côté il a très imparfaitement soutenu Ségolène lors de la campagne présidentielle..et en même temps, quasiment tous les candidats aux législatives ont réclamé…le soutien de Ségolène et bon nombre d’entres eux, lui doive la mobilisation du 2éme tour et le succés.
Sur 2012, l’hypothése la plus probable..c’est un attentisme « collectif » qui laissant sa chance à tous les éléphants..apaisera de fait le climat ambiant, mais ne résoudra rien car le PS se cherche un leader, avec une ligne politique capable de maintenir une unité et de dynamiser le mouvement.
Je trouve que l’auteur a commis pas mal d’erreurs & oublis:
1) La cotisaition sera déductible pour les 2/3 des impots. Prenons ma section avec mettons 120€ de cotisation = 40€ réellement payés soit à peine plus que les 20€ initiaux !
2)Je parie que Hollande ne sera pas si sévère à terme… Et Delanoe aura besoin de tout le monde pour garder Paris !
3) Pour les députés, il y a une 45aine de « royalistes », une 40aine de fabiusiens et une 35aine de strauss (en gros): faudra réviser vos chiffrages !
4) Gorce, Valls ou Montebourg n’ont aucun intérêt à jouer les électrons libres… Refonder le NPS ne leur assurerait pas la majorité réformatrice qu’ils appellent de leurs voeux !
Vous devriez postuler dans ce journal quand on voit que le journaliste fait un article avec 4 approximations…
Lors du vote à l’AN, Ayrault et Montebourg ont récolté 108 votes sur 186 (soit 58%). En plus avec les 700 comités (17.000 adhérents) à Désirs d’Avenir et les 300.000 militants, bien malin qui peut dire ce qui se passera en Juin 2008, au prochain congrès.
Bonjour,
Sur les chiffres relatifs au députés proches de Ségolène, je maintiens ce que j’ai écrit. J’ai expliqué la façon dont j’ai compté: soutien ouvert en novembre 2006 et récentes déclarations. Il s’agit des soutiens « affichés », ceux qui ne laissent aucun doute.
Je ne suis pas dans la prévision mais dans l’interrogation: que feront les jeunes « lions »?
Cordialement
OK, dont acte pour la méthodologie sur les députés.
Reste le reste à savoir les supputations sur la désertion des militants à 20€ dont je suis.
Pourquoi partirait ils pour une question monétaire alors que nombre d’entre eux ont fait la campagne avec passion et croient plus dans leurs idées que nombre d’élus et de caciques du parti ?
Je maintiens qu’avec la déduction d’impot, le prix « à payer » sera proche de celui déjà réglé par eux.
Et que la seule chose qui peut les faire partir est l’absence de renouveau politique.