Au comité Désirs d'avenir de Paris, Ségolène est toujours « la meilleure »
Mardi soir, devant l'Espace des Blancs-Manteaux, à Paris, une foule de militants du comité Désirs d'avenir attend l'arrivée de Ségolène Royal. La candidate malheureuse à la présidentielle vient mobiliser ses troupes. Quelques fidèles sont présents : le sénateur de Paris, David Assouline ; son ancien directeur de campagne, Jean-Louis Bianco et son fils, Thomas, qui animait la Ségosphère, le mouvement des jeunes pour Ségolène Royal.
L'objectif de la réunion « privée » –la presse est invitée à rester dehors– est affiché : faire adhérer au Parti socialiste les militants de Désirs d'avenir. Isolée au sein des instances dirigeantes, Ségolène Royal veut jouer à nouveau la carte des militants.
Ségolène Royal arrive enfin. Aux micros des journalistes, elle a assuré que Désirs d'avenir était un « laboratoire de réflexion, d'idées » au service du Parti Socialiste. Avec 700 comités, partout en France, et près de 17 000 adhérents, son réseau de militants est plutôt en « bonne santé », selon les termes d'un militant de Désirs d'avenir – Paris, le plus important comité de France avec 2 300 adhésions.
Désireuse de maintenir la dynamique de ces groupes, Ségolène Royal s'est voulue rassurante : « Ce sont des lieux où il n'y a pas d'enjeux de pouvoir (...) ce sont des endroits apaisés. » Celle qui a allègrement « séché » le dernier conseil national du PS, lui préférant la « France apaisée » du Poitou, se voit donner raison par ses supporters. Outre les fidèles de la première heure, quelques nouveaux adhérents sont là. « Nous avons enregistré plus de 2000 adhésions après le second tour des législatives » se félicite un responsable national de Désirs d'avenir.
Après cet intermède médiatique, la réunion participative du groupe parisien s'est tenue à l'écart des caméras. Au menu, questions-réponses des participants. Dans une foule, constituée principalement de « nouveaux adhérents » qui ont voté Ségolène Royal en novembre 2006, quelques Modem venus « réflechir » sur une alliance du centre et de la gauche que la présidente de la région Poitou-Charentes avait esquissée dans l'entre-deux-tours des législatives.
A la sortie de la réunion, les aficionados de Ségolène Royal semblent satisfaits. De ses explications d'abord : « Elle a clarifié les choses. Ses déclarations sur le SMIC et les 35 heures ont été déformées par les médias et par les ténors du parti. »
Déformées ? « Oui. Ce qu'elle a essayé de dire par là, c'est que la hausse proposée par Laurent Fabius n'était pas suffisante sur cinq ans. Et on lui a imposé un programme qu'elle ne voulait pas défendre. » Indulgents, les militants ? « C'est la meilleure pour le moment. Je continuerai à la soutenir, sauf si un nouveau candidat se révèle... »
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1.-Rappel simpliste mais nécessaire sur le fait évident que lors du 2° tout d'une élection présidentielle en France, il ne peut avoir qu'un vainqueur et par conséquence il y a toujours un « non élu ». Avec 47% de votes représentant 17 millions d'électeurs (d'où qu'ils viennent) cette « non élue » subit un procès jamais vu, alors qu'au contraire, profitant de cet élan, elle aurait pu continuer de tirer toute la gauche par le haut. Au lieu de quoi, nous nous trouvons dans la déchéance la plus totale, avec des militants, des sympathisants et des citoyens complètement déboussolés. La droite ne pouvait pas mieux demander.
Quant à déterminer le pourquoi des raisons de l'échec de la candidate ? il y a du cynisme dans la question, alors que la planche savonneuse lui a été tendue par les responsables socialistes - pire que ceux venant de la droite - au lendemain de son investissement par les militants.
2.- Le parti socialiste durant les cinq dernières années de gouvernement mou de droite n'a pas joué le jeu d'une opposition responsable, avec les critiques et des propositions constructives qui s'imposaient. Les hauts responsables de ce mouvement se sont laissés aller à préparer individuellement chacun leur lit, croyant sans doute que de facto à la prochaine échéance il y aurait l'alternance. Nous ne les avons pas entendus ni s'opposer ni proposer. Par exemple, nous découvrons avec stupéfaction fin 2006 que les principaux médias (pour ne pas dire tous) se trouvent dans les mains de trois ou quatre groupes financiers ! Mais cela ne s'est pas fait d'un coup et tout seul, où étaient ces responsables pendant que ces regroupements s'organisaient ?
Où en sont-ils aujourd'hui pour dénoncer et proposer alors que les propositions régressives du programme du vainqueur se mettent en place toutes voiles déployées ? Ils sont en train de s'entredéchirer les uns les autres. Ils n'ont pas le droit d'utiliser les instances du parti à leurs propres fins personnels, ils doivent ou se remettre au service des valeurs de gauche et à l'écoute des militants du parti ou alors se démettre.
3.- Nicolas Sarkozy s'est appuyé sur des communicants et sur des études des comportements qui lui ont fourni le discours approprié à chaque revendication catégoriale. Il s'est adapté comme un caméléon à chaque environnement et ainsi chaque individu a entendu ce qui voulait écouter de la part d'un leader politique, comme si celui-ci allait travailler à leur intérêt unique et personnel. Il a aussi jeté des « têtes de turc » à la vindicte populaire, en somme, il a mené non pas une bonne campagne, comme l'on s'évertue à dire, mais une campagne fondée sur une idéologie presque fascisante moderne. Parmi ses propositions, il y en aura sans doute quelques unes qui seront bénéfiques à l'ensemble, il faut les prendre et demander des améliorations, éventuellement. Et il faut dénoncer et combattre avec des arguments sereins, clairs et didactiques toutes les autres.
4.- Donc, pour nous, effectivement nous continuons de faire confiance en la modernité de la démarche de Ségolène : consultation, écouté, parler vrai et de l'autocritique quitte à se faire démolir, proposer en dehors des sentier battus... Notre soucis de militants, est comment arriver à nous faire entendre des instances fossilisées au service des ego, la haut dans les olympes ?




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