(De Londres) Au gouvernement fantôme des socialistes français, les Britanniques répondent avec un "gouvernement de l’ombre". Ou plutôt, ils les précèdent, car ces "shadow cabinets" sont en place depuis très longtemps de manière informelle dans ce vieux système parlementaire et, officiellement, depuis le début du vingtième siècle.
Le terme ne vient évidemment pas d’une fonction qui serait perçue comme sinistre mais plutôt de l’expression "to shadow", dans le sens de filer quelqu’un ou de le suivre "comme son ombre". Lorsqu’il est élu, le chef du plus grand parti de l’opposition devient "Leader of the Opposition" et, en cette qualité, nomme un cabinet factice avec autant de députés et de Lords qu’il y a de membres du gouvernement.
"L’opposition peut ainsi s’assurer de suivre tous les éléments du gouvernement et les questionner de manière approfondie. Cela permet aussi à l’opposition d’avoir des députés et des Lords prêts à prendre leurs fonctions s’ils gagnent les prochaines élections générales", explique-t-on sur le site de Westminster. Pour se préparer à cette éventualité, le shadow cabinet se préoccupe, en outre, d’élaborer son propre programme avec des propositions détaillées.
Les conservateurs forment l’actuelle Opposition de Sa Majesté. Ils sont menés par David Cameron, la quarantaine à peine entamée, et parfois décrit comme "l’héritier de Blair" –même si beaucoup basent cette comparaison sur son apparente habileté médiatique plutôt que sur sa carrure politique.
En devenant chef de l’opposition en décembre 2005, David Cameron s’est vu projeté dans l’arène de l’un des rendez-vous les plus spectaculaires du calendrier politique britannique : le Prime Minister’s Question Time. Chaque mercredi, pendant la session parlementaire, le chef du gouvernement et son adversaire s’affrontent pendant une demi-heure dans ce qui, selon le talent des protagonistes, se transforme souvent en véritable joute oratoire.
Le chef de l’opposition dispose de six questions pour interroger le Premier ministre sur l’action de son gouvernement, auxquelles peuvent s’ajouter celles d’autres députés, y compris du troisième parti d’opposition, les libéraux-démocrates (Liberal Democrats).
Pendant ses dix ans au pouvoir, Tony Blair a vu se succéder pas moins de cinq chefs des conservateurs dans une discipline qu’il a presque toujours dominée avec aisance. Sa dernière séance, ce matin, a vu la Chambre des communes se lever et l’applaudir après son discours, une image rare à Westminster. Chaque ministre du gouvernement doit également faire face aux questions de son fantôme et à celles d’autres députés pendant une heure, tous les quinze jours.
Les libéraux-démocrates ont eux aussi formé un shadow cabinet mais, en tant que deuxième parti d’opposition, leur chef est simplement désigné par sa fonction réelle de leader du parti. Nommer son cabinet fantôme donne au leader de l’opposition une arme politique au sein de son parti, le moyen de favoriser ses alliés mais aussi de gérer les courants ennemis.
David Cameron a ainsi placé au poste prestigieux de ministre des Finances fantôme (Shadow Chancellor of the Exchequer) son ami George Osborne et à celui de ministre de l’Intérieur fantôme, son ancien rival à la présidence du parti, David Davis.

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Il faut dire qu'au Québec et au Canada cela fonctionne. Pour moi, je trouve que cela donne une structure à l'opposition avec des gens qui vont se former sur des dossiers importants. Il faut que l'opposition apporte les vrais problèmes et donne des solutions intelligentes. Cela va permettre au PS de se redonner un blason autre que l'opposition.
Sarko va trouver cela difficile de ne pas pouvoir contrôler ce contre pouvoir. Il peut manier ses ministres mais pas eux. Les pires dans cette formule, ce sont les ministres qui seront dans un étau entre Sarko et l'Opposition. Au bout de deux ans , même avant, ils devront quitter pour refaire le plein d'énergie. Cela use.
Merci pour ce papier réellement éclairant...
Paulo
En fait cette pratique anglaise s'est institutionalisée aussi en Australie (ancien Dominion comme le Canada). Est-ce transposable dans le système politique français? Dans ces pays (Canada, Australie, Angleterre) le paysage politique est composé de deux partis largement dominants. Il n'existe donc qu'un parti d'opposition ce qui facilite la composition d'un shadow cabinet. Pour que le système se pérennise en France, il faudrait que LES partis d'oppositions (de droite comme de gauche - même si à droite, l'UMP apparaît comme hégémonique) se mettent d'accord sur la nomination de ce shadow cabinet. Et l'on risque de retomber dans les sempiternelles querelles de programme/plate-forme commun(e); ce qui n'a plus rien de nouveau. En fait, je dirais (presque) que la constitution d'un groupe commun communiste/vert, s'il résiste à l'usure du temps et des tiraillements internes, peut être d'une portée plus large que celui du "shadow cabinet" socialiste - qui ne regroupe que des socialistes - alors que le groupe parlementaire compte des radicaux et des chevènementistes.
mathieu
Laissez-les faires ,ils commences ,ont aient dans le zag (le trous)les lèvres au ras de l'eau . Ont recommencent a nager,encourageons-nous,plutôt que de savoir qui à raison. Sa ma fait chi.. de savoir Holland et Bové d'être les mal aimer par des Français et Françaises fesant de la politique à la mode de (gala_voici et match).Ces revus sont le bréviaire de niko 1° tsariste de la France; ne fesont pas commes les 63% qui ont gober commes des gobis ces paroles et des journalistes gameleurs. Soyont téméraires et finis de tendres l'autre joue. Bravo les élus PS agissez.