Trois ans après sa création, RESF risque-t-il d’être victime de son succès ? Le réseau doit-il évoluer et si oui vers quoi ? Nous avons posé la question à deux membres fondateurs : Pierre Cordelier et Richard Moyon.
Richard Moyon :
» Depuis trois ans, on est partis à fond sur une absence de structures avec l’idée, quand même, qu’on allait résoudre les problèmes à court terme. Avec le résultat de la présidentielle, les choses se posent en des termes différents. Tenir cinq ans au rythme auquel on marche depuis un an ou deux, c’est physiquement impossible. La structure doit évoluer.
Il y a une espèce de culture libertaire, une autosatisfaction à dire : ‘Y a pas de chef, y a pas de représentants, y a pas de porte-parole…’ Et c’est vrai que, d’une certaine manière, c’est un pied de nez à toutes les institutions, y compris aux syndicats. Mais si le fait de ne pas avoir de structure établie représente pas mal d’avantages, il y a aussi pas mal d’inconvénients, en particulier au niveau des prises de décision.
L’un des risques, c’est d’éclater, car c’est extrêmement fragile. Il va falloir, d’une façon ou d’une autre, mûrir. C’est comme l’union libre. Au bout de quarante ans, on finit bien souvent par normaliser pour des conneries d’héritage, de biens accumulés. Et puis on ne court pas un marathon à la vitesse du 100 mètres. On est la tête dans le guidon 24h/24.
Parmi les impératifs d’évolution, il y a aussi la nécessité de tisser des liens au niveau européen et international. RESF Maroc et RESF Niger existent. Il faut absolument continuer à développer les contacts en Afrique. »
Pierre Cordelier :
» Personnellement, je souhaite que nous restions ce que nous sommes, à savoir un réseau sans bureaux. Méfions-nous de ne pas vivre ce qui s’est passé à Attac. Si nous devenions une organisation, on perdrait l’essentiel de ce qui fait notre crédibilité.
Après les élections, le réseau représente une des rares forces de résistance crédibles alors que l’ensemble de la gauche est dans les choux. En fait, nous avons peu de décisions à prendre, à part fixer la date des réunions nationales. Pour le reste, ce sont des décisions locales au cas par cas. La liste Burot nous a d’ailleurs posé problème. Je me méfie des doubles citoyennetés et du consensus à tout prix.
Il y a deux ans, nous avions déjà été reçus par Claude Guéant, alors qu’il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy. Il voulait qu’on constitue des structures de travail communes, c’était le piège ! Faut-il aller vers une association avec tous les dangers que cela comporte : la sclérose, l’installation, la dépendance aux subventions ? Il faut se méfier de toute récupération et rester vigilant. Les vacances c’est souvent le temps du relâchement et des mauvais coups. »

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je suis entièrement d’accord avec pierre cordelier,la force de ce genre d’initatives est son caractère « flou »;je crois néamoins que des liens personnels très forts sont nécessaires et c’est là, où il faudra recruter constamment de nouveaux participants, mais sur des bases ou tout le (?)sache à quoi il s’engage et …ce qu’il risque….
Pourquoi en France tout cela se fait quasiment « sous le manteau »? Est-ce qu’on est si fliqués?Depuis longtemps , je n’ai plus eu l’occasion de participer à une maniestation sur la voie publique(la dernière fois, nous avons manifesté contre l’entrée en guerre des USA contre l’Irak, c’est dire….
Idem pour le soutien scolaire aux enfants des migrants, j’y contribue modestement depuis deux ans ,mais c’st le plus pur hasard qui m’y a amenée…
Mais c’est peut-être le fait d’habiter une …petite ville??