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Pierre Jeantet obtient la confiance des journalistes du Monde

Les sociétés des personnels du Monde et des Publications de la vie catholique ont donné la majorité à Pierre Jeantet et à son dauphin Bruno Patino, avec respectivement 61,9% et 65% des voix, là où il leur en fallait 60% et 50%.

Avec la confirmation à la tête du quotidien d’Eric Fottorino, qui devrait avoir lieu demain par un vote de la rédaction, voilà donc un trio porté à la tête du Monde, à cinq jours du départ officiel de Jean-Marie Colombani : Pierre Jeantet, 60 ans, ancien numéro 2 du groupe, en devient président du directoire ; Bruno Patino, 42 ans, jusqu’ici président de Télérama et du Monde interactif, prend la vice-présidence, avec promesse de succéder à Jeantet à mi-mandat, dans trois ans.

Pour la majorité des personnels du groupe La Vie-Le Monde, c’est le soulagement : le refus de la candidature Jeantet aurait entraîné la désignation d’un administrateur provisoire et, surtout, les postulants se seraient faits rares, après deux rejets successifs de la rédaction. «  C’est un vote de raison à défaut d’être un vote d’enthousiasme " , commente un journaliste de Télérama. "  Ce n’est pas très ambitieux, mais on paie la politique désastreuse de Colombani. »

Au Monde, un chef de service se dit satisfait du nouveau directoire :  » Leur attelage à trois a pris de la cohérence. On va pouvoir crever l’abcès et passer à autre chose. Les projets sont un peu plus clairs, même si ça ne reste que des promesses et des engagements verbaux. »

De fait, lorsqu’ils étaient encore candidats séparément, Jeantet et Patino portaient des projets clairement différents : le premier, ancien président du groupe Sud Ouest embauché au Monde par Colombani pour réaliser le Pôle Sud –le rapprochement de la filiale Midi Libre avec des quotidiens du groupe Hachette–, comptait poursuivre dans cette voie ; le second s’opposait à cette stratégie, qui impliquait, comme Jeantet l’avait implicitement évoqué, de vendre Télérama.

En formant leur ticket, les deux candidats avaient fait un compromis, entériné par une lettre envoyée la semaine dernière par Pierre Jeantet au personnel, et qui annonçait un «  désengagement partiel du projet Sud " . Comme l’a montré le vote de cet après-midi, une minorité des électeurs n’est pas convaincue par ces promesses : "  J’ai voté contre ce ticket qui allie la carpe et le lapin » , reconnaît une journaliste du quotidien.  » Leurs projets étaient trop différents, je ne crois pas au virement de bord de Jeantet sur le projet Sud. »

Pour elle, le duo Jeantet-Patino est clairement un  » ticket Minc » . Demain, l’assemblée générale de la Société des rédacteurs du Monde qui confirmera Eric Fottorino au poste de directeur du Monde pourrait aussi accoucher d’une motion de défiance envers Alain Minc : pour l’instant, 116 journalistes –sur 340– ont signé une pétition demandant à leurs élus de voter contre son renouvellement à la présidence du conseil de surveillance. Celui-ci se réunit jeudi ; pour rester à sa tête, le conseiller des puissants devra obtenir 11 voix sur 20.


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leonardo
20H48 25/06/2007

Et bien allons y pour cet attelage.
Finalement, pourquoi pas?
Mais la condition sine qua non, c’est que Minc sorte demain pour tirer un trait sur cette période, et laisser à ce tandem des coudées franches.
Allez un peu de courage…A condition que cela soit de courage qu’il s’agisse.

 
Alain Rollat | ancien chef adjoint du Service Politique...
10H23 26/06/2007

Votre question est pertinente mais l’anomalie que vous observez résulte de l’une des conséquences du bilan de Jean-Marie Colombani et de son compère Alain Minc: le pouvoir de la Société des Rédacteurs s’étant réduit à peau de chagrin, sous l’effet des recapitalisations successives ,les journalistes du Monde ont perdu le droit de choisir et d’élire librement leur directeur. Ils ne disposent plus que d’un droit de veto sur le candidat proposé aux sociétés de personnels par le président du conseil de surveillance du groupe. D’où le compromis issu des tractations de ces derniers jours et le vote de ce lundi entérinant cette solution en trompe-l’oeil. La question est maintenant de savoir si le tandem Jeantet-Patino aura le courage de s’affranchir de la tutelle d’Alain Minc. S’il ne l’a pas c’est « Le Monde » lui-même qui sera bientôt à vendre et ce serait la pire des choses pour la presse française car malgré ses erreurs et ses insuffisances mon journal reste l’un des meilleurs quotidiens au monde… Je crois que, maintenant, il faut faire confiance à l’intelligence des successeurs de Jean-Marie Colombani en espérant qu’ils démontreront vite leur capacité de résistance à tous les pouvoirs et que, pour sa part, la Société des Rédacteurs assumera vraiment son rôle historique de contre-pouvoir.