Alors qu'une conférence s'ouvre à Paris, Jean-Hervé Bradol, de Médecins sans frontières, pointe une dérive idéologique.
Une conférence internationale sur la crise humanitaire au Darfour commence aujourd'hui à Paris. Jean-Hervé Bradol, président de Médecins sans frontières (MSF), une des ONG les plus actives dans la région, avec quelque 2000 employés, ne voit pas dans l'envoi de troupes étrangères la panacée pour résoudre le conflit. Dans une interview à Rue89, il dénonce même l'émergence d'une idéologie » néoconservatrice » , qui veut instrumentaliser l'humanitaire.
Qu'attendez vous des politiques ?
Qu'ils fassent avancer la situation dans le sens d'une meilleure protection des populations civiles et d'une solution au conflit. Mais pour la distribution de l'aide humanitaire, on voit mal ce que peuvent apporter des militaires. Quand Bernard Kouchner dit qu'il faut des troupes pour acheminer l'aide aux populations, je ne suis pas d'accord, comme la majorité de mes collègues.
Pourquoi vous opposez-vous à une intervention militaire ?
C'est un conflit grave, pour lequel il n'y a pas de solution évidente. Ce n'est pas comparable avec le Sierra Leone en 2000, par exemple, lorsqu'il n'était pas absurde d'envoyer des troupes. Au Darfour, ce n'est pas comparable. On parle de 20000 hommes, mais il faudra un an pour les réunir… si on trouve les financements. Et 20000 hommes, dans un territoire aussi vaste et fragmenté, ce ne sera pas suffisant pour protéger les populations.
On a d'abord entendu parler de corridors humanitaires. L'idée est aujourd'hui abandonnée, au profit de moyens destinés à faciliter le déplacement de produits de première nécessité. Ce qui me gêne, c'est que lorsque les politiques se piquent d'humanitaire, c'est pour nous mettre des militaires sur le dos. On les attend plutôt sur le règlement du conflit lui-même, et là-dessus, on n'entend pas grand chose. L'urgence est au Darfour même. Les grandes représailles collectives sur les villages ont eu lieu entre 2003 et 2005. Mais de plus petites opérations ont toujours lieu, c'est insupportable.
Le débat autour du Darfour s'accompagne de polémiques plus idéologiques que pratiques. Qu'en pensez-vous ?
Le ministère des Affaires étrangères a eu l'intelligence de réorienter ses propositions vers un besoin plus net, l'aide aux déplacés du Tchad. Il a manifesté une réelle écoute, au risque d'embarrasser le Programme alimentaire mondial, qui n'avait pas nécessairement envie de s'afficher avec des militaires français.
Ces polémiques n'ont pas bloqué une évolution pragmatique de la position de la France. Mais il est clair qu'il y a un débat idéologique. Le collectif Darfour aux Etats-Unis, tout comme Urgence Darfour en France, s'apparentent à un courant » néoconservateur » pour employer une typologie américaine, c'est-à-dire l'idée que l'imposition du bien à l'échelle de la planète –y compris l'économie de marché, les droits de l'Homme et l'humanitaire– peut se faire par la force.
C'est un enjeu dans le débat d'idées, mais c'est une orientation à laquelle nous ne devons pas adhérer. Notre champ de compétence n'est pas dans la sphère politique, mais dans les secours. Ce sont deux registres qui parfois se chevauchent, mais qui sont aussi parfois très différents. Ce qui nous pose problème, ce n'est pas que ce courant existe, mais c'est d'entendre dire que les ONG réclament une intervention militaire pour les protéger. Il y a usurpation du label humanitaire.
Ce n'est pas ce que réclament Action contre la faim, Médecins du monde ou MSF. Nous sommes souvent en désaccord, mais sur ce point, il n'y a pas de divergences. Ainsi, la rencontre entre Bernard Kouchner et les ONG s'est mal passée, car il avait en face de lui un milieu entier qui ne partageait pas sa vision.
Si vous parlez avec les agences onusiennes sur place ou avec les ONG humanitaires, elles vivent très négativement les pressions extérieures. Peu de gens qui connaissent le terrain pensent qu'on réglera le problème d'un coup de baguette magique. Nous sommes présents au Soudan depuis 1979 : s'il y avait des solutions simples à imposer de l'extérieur, on les aurait déjà trouvées…
A lire :
La planète diplomatique au chevet du Darfour à Paris
La conférence internationale débute lundi.
A voir :
« Le gros du conflit a cédé la place à des razzias ponctuelles »
Le témoignage de deux journalistes françaises.


























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De Ashanti
13H13 | 25/06/2007 |
Assez ! Cela suffit !
Quand est-ce que les occidentaux arrêteront enfin de se meler des affaires africaines ? Ni le Soudan ni l'Union Africaine ne sont présents et c'est une très bonne chose. Il nous appartient, à NOUS africains, de régler nos problèmes entre nous ! Si Sarko veut se faire de la pub, qu'il s'occupe des affaires franco-francaises. En Afrique, nous ne voulons ni de lui ni de Kouchner et sa damoiselle ! Bon sang, est-ce si difficile à comprendre ?
à Ashanti
De snip
13H22 | 25/06/2007 |
Alors pour vous, les 2000 personnes qui travaillent au risque de leur vie et qui sont occidentaux ne sont pas les bienvenus au Darfour ?
Il n'y a pas que Sarkozy et Kouchner qui sont occientaux, il y a des milliers de personnes qui prennent le problème à coeur même s'ils ne sont pas africains.
C'est pourquoi je ne comprend pas trop la phrase : « Quand est-ce que les occidentaux arrêteront enfin de se meler des affaires africaines ? »
Les politiques je veux bien mais c'est un sacré amalgame de parler d'occidentaux en mélangeant gouvernements et ONG (NON GOUVERNEMENTALES ! ).
Il faut faire la part des choses je pense.
à Ashanti
De
16H38 | 25/06/2007 |
Vous avez sûrement raison quand au fond, mais pour être crédible dans vos propos il faudrait qu'une fois, au moins une fois… une toute petite fois, les africains nous montrent leur capacité à faire cesser ce genre d'ignoble massacre.
Alviano
De
18H10 | 25/06/2007 |
Et leur capacité à mettre fin à la corruption qui siphone leurs ressources internes et externes. Il est vrai que, dans ce domaine, les occidentaux ne sont pas trop regardants. Il semblerait que NS soit disposé à prendre ses distances avec les pays africains les plus indécents à cet égard. Acceptons-en l'augure
De Ashanti
08H43 | 26/06/2007 |
En effet on verra bien avec Sarkozy mais les premiers signes ne sont guere encourageants.
Omar Bongo a reçu Sarkozy dans son hotel particulier plusieurs fois pendant la campagne électorale.
A peine élu, Sarkozy téléphone en premier à Bongo puis à Ouattara son « pote » et maintenant il fait pression sur Wade pour que son ami Bolloré conserve la concession du port de Dakar.
Alors continuité ou rupture ?
De Ashanti
08H39 | 26/06/2007 |
Pour cela, il faudrait au moins nous laisser décider seuls, sans nous envoyer vos bons « samaritains », sans chercher à déclencher des guerres dés que nous refusons un marché à une de vos entreprises comme ce fut le cas en CI avec Bolloré.
A ce titre, soyez vigilants dans les prochains mois ; Bolloré vient de se faire ravir la concession du port de Dakar, et malgré l'intervation de Sarkozy, Wade n'est pas revenu sur sa décision : alors bientôt une guerre au Sénégal ?
à Ashanti
De Deborah
19H01 | 25/06/2007 |
Kouchner ne s'ingère pas n'importe où, s'il lui arrive de s'ingérer n'importe comment. Et surtout pas dans le « conflit israélo-palestinien
Son collègue du quai d'Orsay, Philippe Faure, qui inaugurait aujourd'hui à Tel Aviv un nouvel Institut Français a parlé textuellement de “l'amitié SECULAIRE qui lie le peuple français et le peuple d'Israël”
Tant qu'à faire, il aurait pu carrément parler d'une amitié bi millénaire ! !
à Deborah
De
15H27 | 25/07/2007 |
De quoi voulez vous parler ?
de l'influence juive depuis 2000 ans ?
discour antisemite classique vous etes une berk…
à Ashanti
De
19H04 | 25/06/2007 |
ces propos sont tout simplement racistes
et ça : c'est p'ASHANTI….
De Ashanti
08H44 | 26/06/2007 |
Merci c'est me faire trop d'honneur.
Sinon désolé de vous bousculer dans vos certitudes mais nous, africains, avons envie d'avancer et SANS la France !
à Ashanti
De
09H57 | 26/06/2007 |
Alors avancez sans la France, sans l'aide humanitaire et bon courage.
De Ashanti
10H11 | 26/06/2007 |
Ouf ce fut laborieux mais vous avez enfin compris.
à Ashanti
De
13H22 | 26/06/2007 |
Il ne faut pas dénigrer les personnes qui oeuvrent pour l'aide humanitaire. Ce sont des gens sincères et sensibles. Mais je crois que les gouvernements se fichent de cet aide humanitaire même s'ils font croire que la misère des africains les préoccupent.
Le grand enjeu est le pétrole convoité par tous. Avec cette richesse il est sûr que l'Afrique pourrait être autonome mais hélàs qui va profiter de cette richesse ? certainement pas le peuple africain. Rien ne changera pour eux, ils seront toujours aussi pauvres.
à Ashanti
De Marx Du_Veuzit
10H18 | 26/06/2007 |
il faudra donc laisser la moitié de vous même à la case départ : ne nous avez vous pas dit que votre mère est française ?
Je suis constamment d'accord avec vous. Mais ce rejet de la France me parait relever de la psychanalyse. C'est d'autant plus ridicule que les Africains sont en train de se jeter dans les bras de nos amis américains avec une ferveur que vous devriez condamner avec la même verve. L'attitude la France en Afrique est condamnable, en effet mais le retrait de la France laisse un vide que les Américains tentent de combler -avec succès- au grand dam de la France qui effectivement s'accroche à ce rocher comme une bernique.
La guerre ? Elle viendra bien assez tôt jusque chez nous.
à Marx Du_Veuzit
De Ashanti
10H29 | 26/06/2007 |
Il y une différence entre être de mère française et adhérer à la politique d'un pays ?
Donc parce que je suis française par ma mère cela devrait faire de moi une adepte de la politique françafricaine de ce pays.
Si vous lisiez mieux mes écrits, vous rendriez compte que je parle aussi de se débarrasser des dirigeants africains qui nous empechent d'avancer et cela bien que je sois de père ivoirien.
Par ailleurs, qui vous dit que je condamne pas l'arrivée massive des américains (et des chinois) ? Je m'en méfie comme de la peste justement parce que ces pays sont comme la France, ils pensent d'abord à leurs intérêts. Il convient donc, que nous autres africains, pensions aussi à nos intérêts et à l'heure actuelle notre intérêt va plus dans le sens des USA et de la Chine que de la France !
à Ashanti
De
19H26 | 25/06/2007 |
Arrêter de se meler des affaires africaines est une chose.
Faire en sorte que cessent les massacres et le désastre humanitaire en est une autre.
L affrique est responsable de sa politique et il serait bon,certes,que cesse les pressions et influences des gouvernements et compagnies étrangères lesquelles oeuvrent pour leur capital.
mais face aux crimes contre l humanité,c est le monde entier qui est concerné.
à Ashanti
De
19H45 | 25/06/2007 |
tes propos ashanti,sont racistes,facistes.
la grande misère quoi ! ! !
à Ashanti
De
19H46 | 25/06/2007 |
tes propos ashanti,sont racistes,facistes.
la grande misère quoi ! ! !
De snip
13H17 | 25/06/2007 |
Nous avons vu en Irak à quel point l'envoi de militaires n'avait rien résolu au conflit.
L'idée qu'un nombre important de militaires dans une région en conflit puisse résoudre le problème est assez utopique.
Ce qui me désole le plus dans l'interview de M. Bradol, c'est qu'il dit que cela fait 28 ans qu'ils sont la bas et qu'ils ne voient pas de solutions …
Après, qu'ils soient en désaccord avec M. Kouchner, cela ne me surprend pas et ne les a pas surpris non plus je pense. C'est le cas depuis qu'il a quitté MSF, non ?
En tout cas, je ne sais pas comment ils font pour trouver la force de continuer leur combat dans un tel climat d'impuissance.
Chapeau bas !
De
13H57 | 25/06/2007 |
Bravo pour cet interview du président de MSF ! Il a tout à fait raison de se méfier des interventions militaires et aussi des dérives néo-conservatrices des ONG.
Ayant travaillé pendant trois ans en Somalie, je me suis rendue compte que, a)l'on n'écoutait jamais les gens qui étaient sur le terrain (surtout s'ils étaient Africains) b) qu'il y a avait toujours des enjeux politiques dans les interventions dites « humanitaires » des gouvernements, c) que les ONG qui recevaient leur financement d'institutions gouvernementales étaient très dépendantes de la philosophie économique/politique de celles-ci, d) et que les solutions les plus efficaces étaient les moins spectaculaires et les moins médiatisées.
Malheureusement ce dont il faut se souvenir,c'est qu'au Soudan il y a du pétrôle, beaucoup de pétrôle et par conséquent, tout le monde veut intervenir…n'importe comment. Et dans tout cela, les populations locales sont oubliées…. sauf pour les photos ….
De Ashanti
14H39 | 25/06/2007 |
Concernant le pétrole soudanais, même si celui-ci est exploité en grande partie par les chinois, la firme française Total s'est vu attribuée une partie non négigeable de la concession ; il y a donc fort à parier que la réunion de ce jour sur le Darfour n'est qu'une réunion de « palabreurs », bonnes âmes qui ont besoin de gesticuler pour ce donner l'illusion de se soucier du continent africain.
Le véritable problème de la France réside dans le fait que ce pays ne s'est toujours pas débarrassé de son complexe de Fachoda.
à Ashanti
De Superblaireau
comme son pseudo l'indique | 15H21 | 25/06/2007 |
« complexe de Fachoda »
c'est quoi ?
à Superblaireau
De Ashanti
15H27 | 25/06/2007 |
C'est l'humiliation qu'a subi la mission Marchand face aux « maudits » anglais en 1898.
plus de détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fachoda
à Ashanti
De Superblaireau
comme son pseudo l'indique | 15H30 | 25/06/2007 |
Localité située dans l'actuel Soudan, où, en 1898, l'armée anglaise humilia un détachement colonial français en le contraignant à la retraite, sans même combattre. Il faut dire que, hors de France, peu de gens sont capables de mesurer le caractère cuisant de cette défaite somme toute virtuelle
à Superblaireau
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 17H22 | 25/06/2007 |
Et même en France !
C'est vrai que cette défaite a façonné la rivalité franco-britannique en Afrique, qui s'est reproduite avec le temps, jusque dans le conflit du Rwanda où cette dimension n'est pas absente.
Pour la petite histoire, les Français avaient avec eux des bouteilles de Champagne, et les ont bues avec les Anglais lorsque Londres et Paris ont conclu à la fin de cette bataille ! Il ne devait pas être très frais, cela dit.
De
16H13 | 25/06/2007 |
Pour comprendre ce qui a entraine la France du cote des mauvais dictateurs , suite a la defaite de Fachoda .
http://www.nuitdorient.com/n2214.htm
Jac
De
16H28 | 25/06/2007 |
je ne vois comment on pourrai subir ce complexe vu que pratiquement personne ne connait cette histoire ! ! ! Merci quand même car je me suis instruit
De snip
16H35 | 25/06/2007 |
Mais c'est une image, un symbole Fachoda !
Evidement que personne ne se dit maintenant : « Bon on va faire comme ça car il y eu Fachoda ! »
Ceci dit les grands moments de notre histoire ont toujours eu des conséquences sur les générations suivantes.
C'est le cas de la Révolution Française, de Napoléon, de mai 68 etc.
Et si on dit que Sarko à un comportement napoléonien ce n'est pas pour ça qu'il doit connaitre toute l'histoire de Napoléon pour l'avoir.
J'espère que je me suis fait comprendre mais je n'en suis pas sûr du tout après coup …
Tant pis je publie quand même.
à snip
De
16H52 | 25/06/2007 |
c est ce que je dis tout le monde connait Napoléon et fadocha : personne !
De
18H22 | 25/06/2007 |
Les gens de ma génération ( 65 ans ) ayant suivi des études secondaires complètes ont eu à connaître de l'épisode emblématique de Fachoda, l'épopée coloniale française étant alors au programme officiel d'histoire.