
Un sommet sur le Darfour… sans le Soudan. Le régime de Khartoum est en effet le grand absent de la réunion de ministres des Affaires étrangères qui se tient ce lundi à Paris –une initiative de Bernard Kouchner qui a fait de ce conflit africain sa principale préoccupation depuis son entrée au gouvernement.
La réunion à Paris d'un » groupe de contact élargi » réunit le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, la secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice, les Européens représentés par Javier Solana et, pour la première fois, la Chine, acteur majeur du dossier du Darfour en tant que protecteur de Khartoum et principal client du pétrole soudanais.
Le gouvernement soudanais, pour sa part, a refusé de venir, comptant sans doute sur le représentant de Pékin pour limiter les dégâts. Rencontrant Bernard Kouchner avant la réunion ministérielle, Condoleeza Rice a eu des paroles très dures : » Je serai très franche. Je ne pense pas que la communauté internationale ait vraiment été à la hauteur de ses responsabilités » dans ce conflit, dont le bilan atteint au moins 200000 morts et deux millions de personnes déplacées.
» Sommes-nous prêts à faire les choix difficiles (…) qui, je crois, persuaderont et forceront Khartoum à faire ce qu'il faut ? » . Bernard Kouchner partage ce point de vue et, à défaut d'avoir obtenu ses » corridors humanitaires » , le chef de la diplomatie française appuie l'envoi d'une » force hybride » (ONU-Union africaine) de 19000 hommes au Darfour.
Mais ce projet d'engagement militaire est loin de faire l'unanimité parmi les humanitaires, comme le montre l'interview à Rue89 de Jean-Hervé Bradol, le président de Médecins sans frontières. Dans une tribune publiée lundi dans Libération, plusieurs anciens responsables de missions onusiennes (Richard Gladstone pour les tribunaux internationaux Rwanda et Yougoslavie), Jan Pronk (ancien chef de la mission de l'ONU au Soudan…), ou d'ONG comme Human Rights Watch, se montrent réservés.
Ils avancent cependant une proposition alternative innovante : placer les revenus du pétrole soudanais dans un fonds international, afin d'en priver le pouvoir de Khartoum tant que continuent les exactions vis-à-vis des populations du Darfour. Toucher au portefeuille leur semble plus efficace que la menace hypothétique d'une force internationale, dont on sait d'avance qu'elle ne sera pas facile à monter, et moins encore à déployer.
Cette réunion parisienne ne sera sans doute pas concluante pour le dossier du Darfour. En revanche, elle viendra accréditer l'image de volontarisme diplomatique du nouveau gouvernement français, après le succès relatif rencontré par Nicolas Sarkozy au sommet européen de Bruxelles la semaine dernière.
A lire :
MSF : « Sur le Darfour, Kouchner se met à dos les ONG »
L'interview de Jean-Hervé Bradol, de MSF.





















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De
16H41 | 25/06/2007 |
Darfour : Les Africains absents
La tenue de la conférence ministerielle sur le Darfour du 25 juin à l'initiative du président Sarkozy est, à ne point en douter une belle initiative pour tenter de parvenir au reglement du conflit meutrier que connait la province du Soudan le Darfour.
Mais on peut reprocher à Sarkozy de n'avoir pas associé les premiers concernés notamment les Africains. Pas le gouvernement soudanais qui l'avait jugé inoportune mais l'Union Africaine, l'organisation panafricaine qui regoupe tous les pays africains sauf le Maroc. D'où son absence.
L'Union africaine non consultée avant l'annonce de la réunion, n » a pas souhaité y participer.
Certes Sarkozy a annoncé que « La France est prête à contribuer à hauteur de dix millions d'euros pour remédier aux difficultés matérielles de l'AMIS dont les éléments n'ont pas été payés depuis plusieurs mois“mais la moindre des choses ne s'erait-il pas d'en discuter avec les acteurs sur le terrain ? L'Union africaine ne serait-elle plus un acteur crédible dans la résolution de la crise de Darfour ?
Komi