
Pour entrer dans la galerie White Cube de Londres, le visiteur doit se procurer un ticket (gratuit) pour admirer, en groupe de trois ou quatre personnes maximum et en l'espace de deux minutes chronométrées par un agent de sécurité intransigeant, l'œuvre d'art la plus onéreuse jamais produite.
Il s'agit d'un crâne du XVIIIe siècle auquel on a rajouté une dentition humaine et que l'on a agrémenté de 8600 diamants de petite taille et d'un diamant plus important, incrusté dans le front. Soit en tout 1106,18 carats. Cette œuvre, qui aurait pu surgir de l'imagination d'un scénariste pour le prochain James Bond, a coûté près de 20 millions de dollars à l'artiste anglais Damien Hirst, qui seul l'a financée.
Damien Hirst, chouchou du marché de l'art international et acteur central du renouveau de l'art contemporain anglais des années 90, gère une véritable entreprise de création artistique. Un artiste qu'on connaît autant pour ses sculptures, peintures, dessins et installations que pour le marketing qu'il orchestre lui-même pour chacune de ses expositions.
Il a ici tout conçu, depuis la façon dont les spectateurs voient le crâne (puisqu'en l'occurrence il s'agit d'un véritable spectacle) jusqu'au reste de l'exposition, qui occupe les deux espaces monumentaux de la galerie, dans le West End (Mason's Yard) et dans l'est branché de Londres (Hoxton Square).
Cent vingt secondes riches en émotion
Le crâne, pièce centrale du dispositif, est exposé dans un espace séparé. Armé d'un ticket spécialement conçu et dessiné par l'artiste, le spectateur curieux y parvient après avoir franchi plusieurs contrôles de sécurité et laissé son sac à l'entrée.
» For The Love Of God » ( » Pour l'amour de Dieu » ) se présente un peu, et peut-être de façon ironique, comme la huitième merveille du monde : le crâne » apparaît » au centre d'un espace complètement sombre, éclairé de façon admirable et visible derrière une épaisse protection de verre.
En l'espace de cent vingt secondes, on traverse toute une série d'émotions, de l'éblouissement à l'agaçement, de l'admiration à l'incompréhension. Mille questions surgissent. S'agit-il d'un pied de nez au monde de l'art avec ses envolées quasi boursières, à une époque ou une toile de Rothko se vend quasiment à 54 millions d'euros ?
S'agit-il, contre la fatuité d'une simple toile faite de matériaux de peu de valeur, d'exhiber un objet dont la valeur est presque éternelle et infinie, dans le temps et l'espace ? Car, même si un diamant n'a de valeur que parce que nous lui en attribuons, qui oserait prétendre que ça ne vaut rien ?
Pour autant, un crâne, même couvert de diamants, vaut-il plus que la vie ? La vie est-elle éternelle jusque dans la mort ? Hirst semble poursuivre ici son étude de la vie et de la mort, de leur aspect tout aussi miraculeux que fragile.
Cette pièce, admirable autant qu'obscène, n'est que l'aboutissement d'une œuvre accompagnée, et même portée par la controverse. Malgré son prix de vente, 100 millions de dollars, cinq acheteurs potentiels –dont semble-t-il le chanteur George Michael– sont prêts à l'acquérir. Peut-on en conclure que plus aucun prix n'effraie dans un monde où il y a compétition pour acheter ce qu'il y a de plus cher ?
Si les diamants sont certifiés » conflict free » (c'est-à-dire produits hors des zones de conflits en Afrique et donc ne finançant pas la guerre), on peut légitimement se demander pourquoi dépenser autant pour une œuvre dont la seule qualité est d'apparaître chère dans un monde ou les inégalités ne cessent de croître.
Animaux découpés et baignés dans le formol
Ce crâne est qualifié par certains de farce, et certains journalistes de la presse conservatrice anglaise y voient la fin de la carrière de Hirst. Le reste de l'exposition propose une série d'œuvres dans la lignée des travaux précédents de l'artiste et de son atelier. Hirst qui, comme un peintre classique, ne fait que dessiner des croquis et apporter une touche finale, confie la réalisation de ses pièces à de nombreux assistants.
Cliquer ici pour voir le diaporama en plein écran.
Ainsi, les deux étages des deux vastes espaces de White Cube, une galerie qui représente et expose les stars internationales de l'art (d'Andreas Gursky à Tracey Emin en passant par Jeff Wall) sont couverts de toiles, collages et animaux coupés, cloués et collés dans d'immenses coffres en verre et baignés dans le formol.
Soutenu par Saatchi et vainqueur du Turner Prize en 1995, Hirst est depuis longtemps connu pour ses animaux, en général de grande taille, coupés et placés dans du formol. Cette obsession de Hirst pour la science de la vie et la mort est très présente ici, que ce soit avec un requin tranché en deux dans le sens de la longueur ( » Death Explained » , » La Mort expliquée » ), un mouton ( » Black Sheep » , » Mouton noir » ) ou encore deux vaches dont le corps est coupé au niveau des pattes avant ( » Love's Paradox » , » Paradoxe de l'amour » ).
D'autres pièces » animalières » se penchent de façon provocatrice sur la mythologie chrétienne : moutons dépouillés et crucifiés dans » God Alone Knows » ( » Dieu seul sait » ), chèvres agenouillées en position de prière devant un squelette de nouveau-né en argent et en couveuse dans » The Adoration » (« L'Adoration »), vache debout sur ses pattes arrière percée de dizaines de flèches dans » Saint Sebastian, Exquisite Pain » ( » Saint Sébastien, douleur exquise » ).
En procédant ainsi, Hirst nous confronte avec ce que nous ne voyons pas, ou refusons de voir, dans notre vie quotidienne. Le visiteur se retrouve face à l'intérieur du corps des animaux, c'est-à-dire à l'intérieur de notre propre corps, de notre corps-machine et de notre corps-science.
Des images de cellules atteintes de maladies graves
Cette fascination du corps et de l'humain est manifeste aussi dans les toiles (à la précision quasi-photographique) représentant la naissance de son dernier enfant. Le surgissement de la vie par la mise au monde est mis en parallèle avec le phénomène de la maladie, dans des toiles de très grande taille sur fond rouge, composées à partir d'images agrandies de cellules atteintes par diverses formes de maladies graves, avec notamment des lames de rasoir, des cheveux, des bouts de verre et du vernis.
Ces images abstraites ne deviennent vraiment incommodes qu'à la lecture des titres : » Skin Cancer » ( » Cancer de la peau » ), » Salivary Gland Cancer » ( » Cancer des glandes salivaires » ), » Fungal Liver Infection » (« Infection fongique du foie ») ou encore » Prostate Blood Clot » (« Caillot de sang dans la prostate »).
Le systématisme de l'approche de Hirst dans son découpage très précis des maux humains et des corps animaux, tout comme ses étagères de pastilles pharmaceutiques ou d'espèces de poissons, constituent son originalité dans un monde de l'art souvent trop uniforme.
Ne cessant d'étonner, Hirst agace aussi par ses provocations constantes et par son marketing forcené. Qu'inventera-t-il pour faire suite au crâne incrusté de diamants de « For The Love Of God » ? Ira-t-il un jour jusqu'à exposer, pour l'amour et en l'honneur de Dieu, des êtres humains découpés et placés dans un bain de formol ?
► Beyond Belief, exposition de Damien Hirst à la galerie White Cube, 25-26 Mason's Yard, St. James's Londres SW1Y6BU (plan) et 48 Hoxton Square, Londres N1 6PB (plan) - Rens. : 00 44 (0) 20 7930 5373 - jusqu'au 7 juillet - Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h - Entrée gratuite.
Diane Gabrysiak et Anne Maniglier.





















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De Roroeyro
18H38 | 22/06/2007 |
En bon champion d'échec qu'il était, Duchamp à eu cette idée de mettre en échec - & mat - les postulats du monde de l'art, les critiques comme les praticiens de la chose. L'idée est rigolote, potache et moins couteuse en neurones que de battre Deep Blue.
Une idée de joueur/tueur comme le veut la logique du jeu d'échec. Bien.
Sauf que : c'était il y a longtemps. Et que depuis cette rouste historique, les choses ne bougent + beaucoup. On y revient, on s'en éloigne un peu , puis on y revient.
Hirst, Koons ou un autre. ? What's the fuck ! ça me fait penser à ces situations où l'on se retrouve à devoir expliquer une blague ou un jeu de mot à un convive un peu endormi..
à Roroeyro
De pikasso02
09H48 | 30/06/2007 |
Bonjour Roreyro
Picasso est-il mort ? Duchamp l'a-t-il mis KO ? Je veux dire, la forme d'art utilisée par les anciens depuis la préhistoire. Le mimétisme est-il mort ? Merci.
De Mokarider
18H56 | 22/06/2007 |
La tête de mort est une référence iconographique explicite aux vanités : la représentation de matières vivantes dans leur aspect le plus périssable, ou plus directement, la mort elle-même. Les cellules malades sont exactement sur le même plan.
Peut-être une façon de rappeler d'une façon provocante que ces enchères sur les modes de représentation du monde ne sont qu'un jeu finalement assez vain. En bon postmodernistes, rien n'empêche Hirst de profiter lui-même du jeu.
De
21H14 | 22/06/2007 |
Est-ce que vous parleriez de Hirst si Saatchi ne l'avait pas mis (depuis des lustres) sur l'orbite des artistes à prix plus qu'exorbitants ?
A propos de Banksy, l'angle de rue89 était le même : la côte de l'artiste.
Paris Match est déjà sur ce créneau, non ?
Pour en revenir à Hirst, sa façon de jouer le jeu est du grand art, mais vous le dites bien timidement.
De Yann Guégan
Rue89 | 23H18 | 22/06/2007 |
Vous pouvez aussi lire régulièrement sur Rue89 des articles sur des artistes dont la cote (sans chapeau chinois : -) est nettement moins élevée que celle de Damien Hirst. Notamment :
La Biélorussie en images :
http://www.rue89.com/2007/06/21/minsk-de-lautre-cote-du-miroir
La scène alternative de Buenos Aires :
http://www.rue89.com/2007/06/19/balagan-scene-alternative-buenos-aires
L'art contemporain africain en mal de collectionneurs :
http://www.rue89.com/2007/05/31/artistes-africains-en-mal-de-collectionn…
à Yann Guégan
De
10H12 | 23/06/2007 |
Excusez-moi, mais je n'avais pas pris la série complète de Minsk dans les flaques ni les gentils portraits bélarusses (on dit comment, déjà ? ) pour de l'art.
Je n'y ai vu qu'une forme de régression qui mérite débat sous cet angle.
Pour l'art contemporain africain, celui qui émerge et se vend bien vient des townships et, là aussi, je vois le débat sous cet angle.
La scène argentine… C'est une info à suivre, effectivement.
Cela dit, je continuerai avec rue89, en même temps qu'avec d'autres sources d'information et lieux de débats émergents, le temps au moins de définir pourquoi votre angle me fait réagir aussi négativement (pour le moment - et je tente de faire la part des choses).
De
20H32 | 23/06/2007 |
Vos commentaires onr un goût de trop peu : vous esquissez quelques lignes d'approche, vous mettez en perspective des angles particuliers…mais vous ne développez pas ! Serait-ce trop vous demander que de nous faire un dessin ?
De
13H54 | 23/06/2007 |
Hirst s'etait deja fait connaitre avant Saatchi lorqu'il etait encore etudiant a Goldsmith. Avec d'autres il a organise en 1988 une expo independante et tres courue a l'epoque, Freeze, qui a veritablement lance le renouvellement de l'art contemporain britanique (Young British Artists).
Donc, difficile de repondre a votre question. Le point de vue de l'artiste n'est pas particulirement mis en avant ici puisque nous ne l'avons meme pas cite.
Il joue sans aucun doute le jeu de l'art mais on peut dire ca de tous les artistes connus non ?
De
20H09 | 23/06/2007 |
Oui, en effet, il n'a pas été découvert par Saatchi, mais récupéré, et c'est exactement ce qu'il voulait. Les YBA ne prétendaient pas rester pauvres et malmenés.
Ce qui rend Hirst intéressant est précisément la manière qu'il a de jouer le jeu, plus que son art. Il mêle toujours très étroitement les deux avec un grand degré de réussite dans la provocation que les ultra-riches s'arrachent alors qu'il se moque d'eux en même temps que de la prétendue pureté idéaliste de l'ambition artistique.
Son crâne en diamants est encore un exemple de cette démarche.
Non, tous les artistes connus ne jouent pas ce jeu. Pynchon (je sais, c'est un écrivain, artiste connu) réussit à rester totalement en dehors de la célébrité en tant qu'individu.
Banksy se positionne encore plus clairement dans la même lignée.
Il ne resterait plus qu'à trouver les critiques d'art capables de s'adapter à cette tendance, non ?
De
21H43 | 23/06/2007 |
L'angle d'approche de rue89 n'est pas la cote de l'artiste, mais le coût tout court de l'« oeuvre » exécutée. Cet angle semble pertinent, puiqu'aucune oeuvre auparavant n'avait eu cette valeur effective, avant même qu'elle ait été…spéculée. On peut reconnaître à l'artiste ce talent d'avoir pondu une pièce qui, quel que soit la cote de l'artiste en question, ne peut guère valoir moins que ce le matériau utilisé vaut…et c'est déjà énorme.
Hirst, joue le jeu des marchés de l'Art, mais il n'est pas artiste : il est au mieux, un bel escroc. Il a effectivement compris que les marchands (et les acheteurs d'Art), par peur de passer à coté d'un Van Gogh, étaient prêts à s'arracher tout ce qui leur apparaisait hors norme, et surtout insensé.
Alors il le joue trash son Art, mais attention, c'est un business man : il utilise des diamants par paquets…mais éthiquement collectés, il utilise un crâne daté du 18ème (pourquoi pas un crâne récupéré dans un charnier Bosniaque…histoire d'être vraiment dans la provocation ? )…
Je pense que l'angle avec lequel Rue89 appréhende cette oeuvre de Hirst, est le meilleur qui soit : elle ne vaut que celà, elle ne vaut rien d'autre que ces quelques diamants.
De Diane Gabrysiak
01H08 | 24/06/2007 |
L'oeuvre « vaut » malheureusement 5 fois plus que son cout de production ! Pour eviter toute speculation, dixit Hirst.
A Londres, ou tout n'est que prix, ou une conversation tournera forcement a un moment ou un autre autour du prix de quelque chose (le plus souvent de l'immobilier), la galerie elle-meme presente le crane comme l'oeuvre la plus chere jamais produite au monde. Oui Hirst est un excellent business man, il a du flair meme, et en meme temps il se joue de cette obsession pecuniaire londonienne tout autant qu'il joue avec elle.
Je crois tout de meme qu'il ne faut pas reduire l'ensemble de son oeuvre a ce crane, meme s'il est symptomatique d'une certaine etape de sa carriere (ou de sa fin ? ) et d'une reflexion / reaction au monde dans lequel il vit.
à Diane Gabrysiak
De ena22
21H43 | 24/06/2007 |
J e n'ai pas dit que cette « oeuvre » ne pouvait valoir plus que son coût de production, je disais qu'elle ne pouvait valoir moins (en tous cas tant que nous n'auront pas tous trouvé des diamants dans notre sous-sol ou dans nos ruisseaux).
Vous avez raison de dire qu'il a du flair, et, fatalement, quand on est un business-man-avec-flair, on compose et on crée …selon l'air du temps !
L'obsession de Hirst pour la vie,le vivant, la mort, et Dieu dans tout ça, est moins son obsession qu'une obsession contemporaine : je le répète, c'est un business man ! Hirst n'est pas un Artiste. Et il le sait, et peut-être même qu'il est aujourd'hui assez mûr pour le faire savoir…et peut-être que ce crâne n'a été conçu que pour le faire savoir…
Mais le problème c'est que Hirst a atteint ce point de non retour qui fait que même si il criait « CECI N'EST PAS UNE OEUVRE D'ART », personne (et surtout pas ceux qui ont investi dans ses oeuvres) n'aurait intérêt à le croire.
De
18H23 | 24/06/2007 |
et ce qui serait finalement vraiment trash ou vraiment « artistique », ça serait qu'il le brule (ça brûle les diamants ? )… but art is business, business is art et on rigole pas avec le fric par les temps qui courent.
Bref tout ça vire à l'ennui le plus profond…
De Diane Gabrysiak
01H01 | 24/06/2007 |
Bansky est un bon exemple et d'ailleurs il est souvent compare ou plus exactement oppose a Hirst, mais tout de meme Hirst est tres symptomatique d'une epoque et il est difficile de l'ignorer. Tout comme Bansky existe en reaction a ce type d'art, non ?
De René B.
06H52 | 23/06/2007 |
L'homme éternel, l'homme sublimé, l'homme se glorifiant lui-même, l'homme toutes dents dehors, l'homme scintillant jusque dans ses os, l'homme paillettes, l'homme coté en bourse, l'homme réussite ? Mais, francement (sans « h »), c'est notre Sarko !
De
08H50 | 23/06/2007 |
Duchamp etait un marchant
Hirst un publicitaire
Le monde de l'art regorge de ces personnages malins, certes, mais cyniques, assoiffes de pouvoir et d'argent. Pour avoir vu naitre et cotoye les YBAs a Londres au debut des annees 90, je ne mefais aucune illusion sur l'honetete de la demarche'sensationaliste'de Hirst, Emin et toute la clique. Sex drugs and rock and roll, le tout saupoudre de tactiques business. Saachi est alle pecher une quinzaine d'etudiants aux beaux arts de Goldsmith et les a « achete'en faisant d'eux des pop stars. il leur a verse des milions pour la production de leurs oeuvres alors que leurs camarades luttaient avec des bouts de ficelles et l'invisibilite des debutants. De grandes expos a la Royal Academy of Arts sous le patronnage d'un commissaire avide de courbettes et autre signes de soumission. Parallelement s'est monte le Turner Prize, qui recompensait les artistes du meme circuit. Pour sa premiere expo personelle, Hirst a emprunte de l'argent a sa banque et rachete la quasi-totalite de ses oeuvres a la galerie pour faire monter sa cote. Tout cela n'est pas nouveau, les galleristes et artistes Parisiens du debut du XX agissaient de la sorte. Lorsque, par exemple , Picasso arrive a Paris, il demande a ses amis, dont max jacob de revetir l'habit et le monocle du collectionneur et d'aller dans toutes les galleries pour demander “avez-vous du Picasso, ce jeune Prodige ? ”. Le peintre n'a plus alors qu'a ce pointer quelques semaines plus tard. Si art il y a c'est surtout celui de l'opportunisme. Tous les discours qui cherchent a degager du sens de ces objets publicitaires me font bondir. Quelle est la pertinance de l'oeuvre de D.Hirst par rapport a (par exemple)celle de Hans Bellmer ? Pouvons nous encore pretendre que les avants gardes n'ont pas eu lieu et faire des redites insipides, decoratives et speculatives ad infinitum ?
De
10H51 | 23/06/2007 |
impressionant ! …rien d'autre !
De mathieu_tremblin
Artiste | 13H00 | 23/06/2007 |
Funeste destinée que celle du Grand Art
qui prend sa source au baromètre des cordons de la Bourse.
Comme d'autres formes d'« art » et d'« artistes » construisent leur réputation sur l'audimat qu'ils réalisent plutôt que sur la musique qu'ils composent.
Le temps des grands récits modernes se poursuit, mais ce sont les médias et les annonceurs qui les écrivent.
Ils les écrivent très mal.
La « force de leur art » manque de tact.
Mais tous les artistes ne cherchent pas à entrer à la « Art Academy ».
Pour les commentaires sur ce genre de pratiques mainstream symptomes d'un monde-média ivre de pouvoir et d'argent - il faut le dire on ne peut plus réberbatif - il y a déjà de très bonnes critiques des Pièces contemporaines sur ParisArt.com .
Rue 89,
Vous qui n'avez pas d'intéressement financier (contrairement à André Rouillé dont le site est justement en partie financé par les galeries privées, ce qui ne l'empêche pas de faire un très bon travail critique…)
pourquoi nous renvoyer une Xième fois le miroir aux alouettes des ces artisans du marché de l'art alors que tant d'autres démarches singulières (qui ne cherchent pas forcément à se vendre sous forme d'oeuvre pérennes) existent et peuvent être relayées.
Quelques exemples :
http://www.graffitiresearchlab.com
http://www.blublu.org
http://hnteuropa.free.fr
Biaisez !
Biaisez !
On est pas sur Beaux Arts Mag tout de même !
De ionina
13H14 | 23/06/2007 |
kitsch et complaisant pour ma part…
à ionina
De Diane Gabrysiak
01H10 | 24/06/2007 |
C'est bizarre tout de meme, tout le monde est outre qu'on puisse produire une oeuvre d'art pour 18 millions de dollars, mais qu'un footballeur touche 50 millions pour changer de club ne gene absolument personne.
De Yurichan
13H50 | 23/06/2007 |
quoiqu'il en soit, personne ne reste indifférent…
ceci di, si certains artistes arrivent à jouer, de manière très habile, avec les cordons de la bourse, arrêtons aussi de ne penser l'artiste comme devant être « maudit », à tout prix (désolé pour le jeu de mot).
De MCollery
14H09 | 23/06/2007 |
A partir du moment où on commence à estimer ce précieux crâne en carats, il quitte le domaine de l'art comptant pour rien pour entrer dans la catégorie bijou de luxe. Pas de honte à devenir le joaillier officiel de la reine, après tout. Au passage, le coup (le coût ? ) de la précision que le crâne est du XVIIIè me fait rire. Quant à ces dents bien brossées, détartrées, rangées comme des perles, Damien Hirst aurait pu au moins nous coller une canine à peine cassée ou gâtée, juste histoire de trasher un peu, de nous adresser un signe que tout n'est pas fini. La perfection c'est quand même la mort, non ?
à MCollery
De
16H17 | 23/06/2007 |
oui c'est vrai que tout est calcule, precise, publie dans le travail de hirst. D'ailleurs le crane est l'oeuvre d'un joaillier.
A mon avis, difficile d'utiliser un crane de notre epoque, d'ou le choix d'un crane plus ancien (et aussi beaucoup plus petit en taille ! ). La perfection c'est peut-etre la mort mais ce crane est-il la perfection incarnee ? Pas vraiment.
à MCollery
De Diane Gabrysiak
16H20 | 23/06/2007 |
oui c'est vrai que tout est calcule, precise, publie dans le travail de hirst. D'ailleurs le crane est l'oeuvre d'un joaillier.
A mon avis, difficile d'utiliser un crane de notre epoque, d'ou le choix d'un crane plus ancien (et aussi beaucoup plus petit en taille ! ). La perfection c'est peut-etre la mort mais ce crane est-il la perfection incarnee ? Pas vraiment.
à Diane Gabrysiak
De
18H14 | 23/06/2007 |
Il a utilisé un crâne d'enfant alors ? Parce qu'il ne me semble pas que nos ancêtres du 18ème, soient du point de l'évolution, suffisamment éloignés de nous pour que le volume de leur boîte crânienne diffère du nôtre.
à Diane Gabrysiak
De MCollery
19H38 | 23/06/2007 |
Je parlais de la dentition.
Quant à la datation, je ne vous en faisais pas le reproche. C'est juste que le XVIIIè en rajoute encore une louche côté valeur historico-scientifique. Un crâne non daté ça l'aurait moins fait.
Et les dents ?
à MCollery
De Diane Gabrysiak
00H54 | 24/06/2007 |
Je ne sais pas si c'est un crane d'enfant. En revanche, je crois qu'utiliser un crane date va de pair pour lui avec son souci de creer une oeuvre « eternelle » comme il l'a dit lui-meme dans des entretiens. Je serais tentee de dire que les dents vont dans le meme sens. Il aurait pu lui mettre aussi des yeux et un nez mais l'usure du temps les aurait abimes, tandis que la aucun risque !
Je crois quand meme qu'il voir voir ce crane dans le cadre du reste de l'exposition et de son oeuvre en general, avec son obsession de la mort, de la science etc.
De
22H23 | 23/06/2007 |
Il fait exprès de vous montrer que l'art, idéalisé par les assoifés de culture, n'est que pognon ! Que la partie la plus noble de l'anatomie humaine n'a de valeur que si elle vaut du pognon !
Il se moque à la fois des acheteurs d'oeuvres d'art, qui investissent en fait, et de l'idéalisation de l'ambition artistique.
C'est du grand art contemporain. Il en sort gagnant, les investisseurs gagnent aussi et les autres font les expos.
De MCollery
23H07 | 23/06/2007 |
C'est vrai que celui qui va l'acheter aura à peine l'air con avec ce truc sur sa cheminée.
à MCollery
De
00H48 | 24/06/2007 |
Exact.
Mais celui qui fait la queue pour admirer de l'art et qui se retrouve devant un crâne vide n'a pas l'air fin non plus.
signé Damien, qui se marre bien.