J’avais commencé à écrire un post sur l’article « Amnesty: un climat de suspicion autour des réfugiés ». Et puis, je me suis dit: « Encore du racisme ordinaire, je n’ai rien de plus à ajouter que je n’ai déjà dit dans d’autres posts. » Je ne suis pas non plus un spécialiste des demandeurs de statut de réfugié. Autant laisser les gens qui connaissent bien le problème en parler.
Mais, en rentrant du travail, je jette un œil au forum… Le racisme était encore un peu plus ordinaire que d’habitude. Que disait mon post non posté? Que le problème est complexe. Racisme, politique, économie, culture… Malgré l’ampleur du racisme ordinaire déversé ici, il ne m’a pas surpris.
Pourquoi? Parce que quelque chose de grave s’est passé en France. Qu’un quidam tienne des propos racistes, ce n’est pas bien, mais ce n’est pas aussi grave que si c’est un élu qui en parle. On a toléré bien des digressions au Front national (et à son avatar MNR). C’était déjà une grave erreur de laisser des propos racistes envahir le débat politique et les affiches.
Mais ce n’était malgré tout, pendant assez longtemps, qu’un parti « marginal » en termes de présidentialisation. Puis, de plus en plus, les partis « traditionnels » ont, pour des raisons électorales, voir peut-être de conviction, flirté avec ces idées, ce propos. Quand des gens comme Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal ont commencé à parler d’identité nationale, les choses ont gravement basculé.
Le racisme d’Etat était né. Officiel, banalisé. Et l’article ne parle que de l’application de cette politique. Car l’immigré, clandestin ou non, essaie sournoisement de s’infiltrer pour profiter de nos allocations. Et quel moyen plus sournois que celui d’utiliser notre bon cœur pour s’infiltrer, soi-disant comme réfugié politique, et rester ensuite comme profiteur et délinquant. Voilà le discours que nous tiennent insidieusement les médias et certains politiques. Celui dont se fait écho cette politique.
Pourquoi les politiques? Parce qu’il leur faut un bouc émissaire pour porter la responsabilité de problèmes qu’ils ne peuvent ou ne veulent pas traiter (chômage, économie). Parce qu’ils ont laissé par calcul politique un parti nationaliste et raciste planter ses mauvaises graines (insécurité médiatiquement exacerbée).
Parce que c’est toujours facile de désigner l’autre comme responsable de ses maux. Mais cet article ne parle pas de racisme, ne nous laissons pas entraîner. Il parle de réfugiés.
Qu’est-ce qu’un réfugié? Sans être un professionnel du sujet, on peut penser qu’il s’agit de quelqu’un qui a fui son pays pour des raisons de sécurité. Pourquoi ne s’est-il pas battu, demande un des lecteurs de l’article? Eh bien, beaucoup de raisons me viennent à l’esprit: il n’avait que ses poings face à des armes de guerre, ils étaient plus nombreux que lui. Mais encore plus: il était vieux, fatigué, malade, avait de jeunes enfants.
Ou encore plus: il n’a pas envie de faire de sa vie une lutte à mort, ce n’est pas un belliqueux.
Un autre s’inquiète de ce que ça va coûter. Le même, sans doute, s’indigne quand on lui parle de personnes refoulées d’hôpitaux américains faute de moyens. Cela coûtait parfois la vie à des gens qui protégeaient des juifs pendant la guerre. On ne nous en demande pas tant.
On nous dit que notre pays traverse de graves difficultés économiques. On me parle d’ailleurs de la crise depuis 1973 pour être exact. Pourtant, je vois des compagnies faire de gros bénéfices. Et quand je sors dans la rue, je vois de plus en plus de grosses voitures toutes neuves. Des gens biens habillés, bien nourris.
Bien sûr, il y en a qui galèrent. Je ne pense pas que ceux-là aient les moyens de s’exprimer sur les forums de Rue89. Et parmi ceux-là, rares sont ceux qui ont faim ou froid. Il y en a bien sûr. Enfin, encore plus rares sont ceux qui risquent la mort ou la torture.
Or pour nos réfugiés c’est de cela dont il s’agit. Et, face à cela, nos hésitations financières ou identitaires sont du plus mauvais goût. S’attaquer à la racine du mal est une très bonne idée, pour que tous ces gens puissent vivre chez eux en paix. Je suis sûr que presque tous le voudraient aussi.
Mais pour le moment il y a urgence et c’est de cela dont on parle. De tendre la main à un enfant, un vieillard, un aveugle, un réfugié qui en a besoin. Comme on voudrait savoir qu’un jour, plus bas que l’autre, on nous la tendra. C’est cela l’humanité, la société, celle dont je voudrais être fier.
Au lieu de cela, pour satisfaire les instincts les plus vils, la mesquinerie, la xénophobie, on refoule ces gens, sournoisement, en les piégeant là où ils viennent se faire régulariser et parfois même illégalement.
Et on les renvoie vers la torture et la mort. Et c’est de cette société que l’on voudrait que je sois fier.









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je ne peux qu’adhérer à ton analyse, lucide, humaine ,et à tes propos sur rue89; site sur lequel nous devons de plus en plus batailler pour faire valoir des idées progressistes.Les propos discriminatoires se multiplient et il nous faut rester en alerte .
Salut Manu. Ton frère de combat ,Bonobo
LE RACISME…du vent….cotoyez des africains en france ou n’importe ou et vous verrez:ils sont racistes-les ouolofs n’aiment pas les bambaras qui n’aiment pas les diolas etc…vous le saviez pas ? faut sortir de votre trou et voir ce vqui se passe alentour- massoni
La phrase elle même se contredit: « le racisme du vent », pour finalement constater que cela existe aussi chez les « neg’ »
Mais nous n’avons pas signé de contrat d’exclusivité.
Le raciste des africains (ou autres), n’est pas mieux que le notre.
On arrête d’être raciste quand on comprend qu’un africain(jaune, rouge, vert…) peut être dans l’erreur, sans pour autant condamner tous les africains(jaunes, rouges, verts).
Je m’associe à Bonobo 35 pour saluer votre article Manu! Bravo.
bonjours
Ordinaire le racisme et bien pour moi il ne faut surtout pas différencier le racisme populaire du racisme élitisme il ne font qu’un seul et unique bloc l’instruit instrumentalise chez l’inculte le bras lui transférant toute sa haine pour que le coup porté soit le plus violent possible
Il ne peut pas avoir de haine si nous respectons l’humain.
Sur ce sujet il faut être précis, or les mots clefs (dont vous n’êtes pas responsable) utiisés au bas de l’article « immigrations » « réfugiés » font une confusion vraiment malhabile (ou habile ?) qui entre en contradiction avec vos écrits.
Réfugié est un statut et bien entendu je vous soutiens : il faut accueillir les gens menacés dans leur pays pour des raisons idéologiques, religieuses, ethniques, orientation sexuelle, etc…
Bonsoir,
Les mots clés choisis l’ont été puisque l’article dénonce justement la confusion entre « immigrés » et « réfugiés ». Difficile de faire l’impasse sur ces deux mots.
Bien d’accord avec vous manu2005. Certains commentaires déposés sur rue89, sont très inquiétants et sans doute significatifs de la dérive d’un discours politique crasseux, reçu par des cervelles grasses et incultes, poussées à l’égocentrisme. Quel manque de réflexion, d’humanité et d’empathie !
… et en plus ils sont jugés par de grands humanistes qui peuvent se permettre en trois coups de cuillère à pot de déterminer leur niveau intellectuel « cervelles grasses et incultes », et leur degré d’humanité…
Ne voyez-vous pas que tous les reproches que vous adressez aux auteurs de ces commentaires pourraient vous être retournés ? Qui êtes-vous pour juger les gens ainsi ?
Bien sûr, il y a des discours différents, parfois désagréables, d’autres nauséabonds. Et alors ? C’est pareil dans la rue, la vraie ! Mais vous préféreriez ne pas les voir sur Rue89 ? S’il faut que ce site devienne un repère de conformismes (endroit où tout le monde pense de la même manière), alors bon vent, sans moi. Mais je pense qu’il n’y aura plus grand monde pour en parler dans peu de temps…
Otto Naumme
Je pense que vous avez raison de dire qu’il faut modérer ses jugements, même face à des déclarations révoltantes.
Ne serait-ce que pour avoir une chance de convaincre l’autre et ne pas apparaître soi-même intolérant.
Mais par contre se serait bien que tout le monde respecte son prochain. S’il ne devait y avoir qu’un pensée unique, celle là serait bien.
Bonjour Manu, je ne peux qu’être d’accord avec votre texte, peut être écrit à l’emporte-pièce, mais qui sonne tellement juste. Le gouvernement a bien compris le danger de la solidarité, puisqu’il punit les personnes qui aident les sans paps (très forte amende, possibilité de prison etc) et ceux qui s’opposent aux reconductions musclées).
Je crois qu’il est grand temps de ressortir le livre de Franck Pavlov « matin brun » et rendre sa lecture obligatoire :
http://aubonheurdeslivres.over-blog.com/article-5487527.html
Pour moi, il n’est pas question « d’idées progressistes » (pour Bonobo35), mais d’humanité, une idée simple que nos gouvernants, bien trop occupés à rafler des voix du FHaine et les réfugiés, ont rayé de leur vocabulaire et de leurs actes.
« Rendre sa lecture obligatoire », dites-vous, Caro. Etes vous sûre de ne pas y aller un peu fort dans vos termes ?
otto Naumme
Bah, on demande un tas de choses pas toujours très judicieuses à nos potache.
Bon, c’est vrai « obligatoire » sonne un peu, mais n’est-ce pas un peu tatillon de votre part ?
je préfère rendre « obligatoire » la lecture de « matin brun » que d’apprendre par coeur la Marseillaise.
:-)
il semble que quelques mauvais coucheurs soient passés par ici … le texte n’a plus que 3 points rouges, les commentaires qui sont d’accord avec n’en ont plus que deux, histoire de les fermer.
Mais … les mauvais coucheurs ne nous la feront pas fermer. Restons vigilants. Le soutien que nous pouvons apporter aux réfugiés fait partie d’une lutte plus globale pour que la France ne devienne pas un pays encore plus raciste et sclérosé.