Inconnu sur la scène nationale, méconnu à l'échelle régionale, Thierry Benoit est depuis dimanche 17 juin le nouveau député centriste de Fougères, en Ille-et-Vilaine… et un des rares élus UDF-MoDem à l'Assemblée nationale.
La Bretagne, souvent présentée comme un fief du centre, était pourtant à deux doigts de se passer d'élu UDF-MoDem. Dans ses 26 circonscriptions, la région n'avait hissé qu'un seul candidat orange au deuxième tour des législatives, à Fougères. Une amère déception pour le nouveau parti, qui entendait créer l'événement dès le premier tour, notamment en Ille-et-Vilaine, où près d'un électeur sur quatre avait voté François Bayrou lors de l'élection présidentielle. Déception en partie consolée par la surprise locale et l'élection, dimanche, de Thierry Benoit à l'Assemblée nationale.
A quarante ans tout juste, il est le benjamin des députés bretons. Né dans le pays de Fougères d'un père aide-soignant et d'une mère agricultrice, Thierry Benoit est aussi un symbole du renouvellement politique. Celui qui a sillonné le terrain avec ténacité et a réussi à évincer la sortante UMP Marie-Thérèse Boisseau, députée depuis 1986, se présentait pour la première fois à la députation. D'abord conseiller municipal à 22 ans alors qu'il finissait une formation de technicien agricole, il n'a pris sa carte à l'UDF qu'en 2004, quand il a repris le flambeau du leader centriste du cru, Philippe Nogrix, pour devenir conseiller général.
A bonne distance de François Bayrou
Le soir du second tour, l'élu béarnais a salué devant les caméras l'élection de son voisin et ami Jean Lasalle… mais s'est montré beaucoup moins disert sur celle de Thierry Benoit à Fougères. Les deux hommes ne se connaissent pas. Entre les deux tours, le candidat avait déjà décliné la venue du leader centriste à Fougères, arguant qu'il n'était » pas question de faire croire aux électeurs [qu'ils étaient] intimes » . Lorsque François Bayrou est venu récemment à Rennes, Thierry Benoit l'aurait même carrément boudé.
Tout en brocardant » la politique partisane et parisienne des étiquettes » , l'élu centriste de Bretagne tient à souligner qu'il s'est présenté » sous les couleurs de l'UDF et pas du MoDem » . Déjà un tacle contre François Bayrou, qui ne compte pourtant que quatre députés au Palais-Bourbon ? Au second tour de la présidentielle, Thierry Benoit n'a pas caché qu'il avait voté Sarkozy et même répété que c'était » le meilleur pour faire le job » . Et il semble aujourd'hui tout faire pour demeurer à bonne distance du » troisième homme » , avec qui il a toutefois échangé » très courtoisement » au téléphone dimanche.
Elu du centre avant tout » Le MoDem n'a même pas d'existence juridique, on ne sait pas si ce sera un mouvement, une alliance ou un parti. Nous n'avions pas le temps de faire de la pédagogie en trois semaines, je n'ai donc pas mentionné le MoDem mais seulement l'UDF sur mes tracts et les bulletins électoraux. Le programme présidentiel de François Bayrou était excellent et je l'ai défendu dans ma campagne. Mais je ne me suis pas présenté en tant que bayrouiste mais en tant que centriste. Je l'ai toujours été, tendance Raymond Barre » , précise celui qui, enfant, collectionnait les coupures de presse au lendemain des élections. » Depuis quelques années, d'autres le font pour moi » , s'amuse le commercial qui a mis son activité de représentant en vins du Jura au ralenti du fait de ses mandats politiques.
Fin stratège habile à ratisser large contre l'élue UMP sortante ? Iconoclaste qui pourrait bien précariser un peu plus un parti déjà clairsemé à l'Assemblée à force de faire cavalier seul ? » C'est à Vitré et à Redon que les espoirs de l'UDF-MoDem étaient les plus élevés » , reconnaît Philippe Nogrix, aujourd'hui sénateur d'Ille-et-Vilaine… mais c'est à Fougères avec Thierry Benoit que le parti centriste parvient à rafler un siège en Ille-et-Vilaine. A Vitré, Pierre Méhaignerie, l'ancien patron du CDS –rallié à l'UMP dès 2002– a été reconduit dès le premier tour. A Redon, c'est la gauche qui remporte le siège qu'Alain Madelin occupait depuis 29 ans. L'UDF-MoDem estime être désormais » un parti avec beaucoup de militants mais peu d'élus » . En Ille-et-Vilaine, l'UDF comptait 350 adhérents. Aujourd'hui, le MoDem en annonce 1280. Thierry Benoit, lui, entend bien rester » un élu UDF » .




















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De
10H56 | 21/06/2007 |
Euh c'est tout ? Même pas un petit portrait ou une interview ? ? C'est un peu maigre comme article
De
11H05 | 21/06/2007 |
Bonjour
non il y a évidemment un souci technique : ce n'est que le chapeau ! Nous y remédions au plus vite
Chloé Leprince
De Arnaud Aubron
Rue89 | 11H28 | 21/06/2007 |
Le problème doit être réglé désormais. Désolé.
Le webmaster
De
10H57 | 21/06/2007 |
Bonjour,
Je ne comprends pas l'intitulé de cet article.
Cela veut dire quoi « » moderement Modem'' ?
De Arnaud Aubron
Rue89 | 11H29 | 21/06/2007 |
Qu'il est au Modem mais garde ses distances avec Bayrou.
De
19H05 | 21/06/2007 |
Quand le MoDem aura son congrés fondateur, on aura la vrai ligne politique. Pour l'instant les centristes de droites sont sur les dents du changement de position qui n'est juste qu'un rééquilibrage…
http://notregeneration.com
De
21H47 | 21/06/2007 |
Plusieurs facteurs qui ont fait l'élection de T. Benoît …sa jeunesse, son implantation locale, MT Boisseau n'étant plus présente sur la circonscription depuis quelques années, comme son suppléant (parachuté), le fait que celle-ci ait un peu perdu ses nerfs, mais sans la couleur orange du modem, il n'aurait jamais eu certaines voix de gauche qui lui ont permis au final de faire la différence
De
22H12 | 21/06/2007 |
Habitant la circonscription, et pour avoir observé d'une certaine distance les évènements, les éléments de cet article semblent pertinents et traduisent des questions que l'on peut se poser également.
Avant son élection lors d'une très brève rencontre sur un marché local avec le candidat, communicant fonçeur, j'ai cru comprendre, entre autres, qu'il se positionnait dans une posture « divers droite » entre droite et gauche, qu'« il resterait lui-même » en tous les cas en ce qui concerne une tentation de rejoindre finalement le principal parti dominant.Il a cité également dans ce bref contact dans la rue, où il a d'ailleurs interpellé différents passants à la suite comme je l'ai été, le soutient d'hommes politiques locaux plutôt à gauche qui ont pourtant appellé à voter blanc deux jours plus tard. C'est tout ce que je peux en dire.
Qui vivra, verra… comment celà fonctionnera, pour le bénéfice des citoyens ou des questions locales importantes se posent ?
De
15H17 | 22/06/2007 |
Qui y comprend quelque chose ? C'est franchement incompréhensible et surtout irrespectueux de ne pas afficher clairement ses convictions vis à vis de l'électeur qui doit savoir et doit voter en connaissance de cause. Je trouve par exemple scandaleuse l'attitude Jean Christophe Lagarde qui a soutenu Bayrou mais qui n'a pas fait campagne en tant que Modem dans sa circonscription. En plus de cela, il a déclaré publiquement qu'il soutenait Sarko pour le second tour. Franchement, c'est honteux et ce d'autant plus qu'il s'agit là de quelque chose que l'on peut qualifier de véritable politique politicienne qui fait honte et qui ne contribue pas à grandir ce qui la pratique et qui l'érige en modèle. Sinon pour aller un peu plus loin par rapport à l'article, il paraît aujourd'hui certain que Bayrou est réduit à rien du tout à l'Assemblée Nationale lorsqu'on voit de quoi disposent à juste titre je pense les députés qui appartiennent à un groupe politique(voitures, bureaux, secrétaires, temps de parole…) En tout cas, cela sonne comme un avertissement, les électeurs n'aiment pas trop que certains politiques valsent sans arrêt et Bayrou va devoir redoubler d'efforts pour pouvoir se faire entendre et occuper la place de premier plan à laquelle il aspire tant en vue des prochaines échéances qui se dérouleront tant au niveau local que national. Ce qui est sûr, c'est que j'en rigole d'avance…
De
15H26 | 22/06/2007 |
Il me semble que le vote « sans modération » des Modem pour lui, et son étiquette UDF-Modem lui ont permis d'être élu avec le report des voix de gauche. S'il ne s'estime pas en phase avec François Bayrou et le Modem, pourquoi ne pas s'être présenté sous l'étiquette Nouveau Centre ? serait-ce encore un exemple d'opportunisme politicien ? en tous cas,cela aurait été plus honnête vis-à-vis de ses électeurs…