Les lecteurs de Libération, ou au moins les fans de « Smoking " , la chronique hebdomadaire de Pierre Marcelle, remarqueront ce mardi matin que cette dernière est plus courte que d’habitude. Elle a été amputée de quelque 1650 signes, un passage dans lequel le chroniqueur rouspétait contre un petit avis de décès publié par Libération vendredi, dans sa colonne " Carnet » :
» L’équipe de Libération s’associe à la tristesse d’Edouard de Rothschild [actionnaire de référence de Libé, note de Rue89] et de sa famille à l’occasion du décès du baron Guy de Rothschild » .
Voici les phrases qui ont coincé :
« Sans doute pouvons-nous tous concevoir, et moi de même, la douleur qu’ait pu inspirer au fils la perte de son père. Je tiens cependant, et par principe, qu’elle relève de cette " sphère intime" , comme on dit chez Nicolas Sarkozy, qui vaut autant pour les disparitions que pour les divorces. Autant dire qu’elle ne me regarde pas. (…) Je n’entretiens avec Edouard de Rothschild d’autres rapports, très indirects, que ceux d’un salarié avec un actionnaire. Ils n’autorisent pas la privauté de condoléances que son destinataire même serait fondé à interpréter comme l’expression d’une hypocrisie dans un mélange des genres. »
Un peu provoc, certes, mais pas de quoi caviarder un chat.










En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Lire ça après avoir appris la suspension de l’émission Arrêt sur image, et après toutes les récentes atteintes à la liberté d’expression, les pressions diverses auprès de journalistes, d’éditeurs, les non-publication d’articles, tout ça laisse bien mal augurer de l’avenir de la démocratie.
Bienvenue à Sarkoland !
Ouais bon, faudrait pas crier au loup dès que quelques lignes sont amputés. (je répond en cela à jean_78 ;-). Une atteinte à « la liberté d’expression » c’est un peu fort je trouve.
La formulation de l’avis de décès était surement maladroite (associé « l’équipe de Libération " au lieu de généraliser: " Libération ») mais la mise au point pouvait s’effectuer en interne, pas besoin de gaspiller du papier pour cela, il me semble
Il le savait dès hier soir, il ne l’a pas découvert ce matin…
Tant que Libé s’associe à la tristesse de n’importe quel membre de Libération qui perd un proche, et sous la même forme, pourquoi pas ?
Pierre Marcelle reste ma seule raison de lire Libération. ses chroniques sont un régal d’écriture et de justesse. Si
les ciseaux le frappe, je crois que les derniers lecteurs de gauche vont déserter ce journal.
Nous voulions donner l’essentiel.
Mais les voici:
Sphère intime de la mort privée
Mais il n’y a pas de complot. Juste une dérive comme au cours de l’eau trop bleue. Je vais le dire gentiment, sans goût particulier de chicaille, mais tout de même… Le dogme désiré de l’alliance capital-travail s’impose partout. C’était ainsi vendredi, dans la marginale colonne Carnet de Libération (p. 15) qui faisait part du décès, « dans sa 99e année ", du baron Guy de Rothschild et père d’Edouard –notre actionnaire de référence. Suivaient deux autres avis funèbres, puis, au sous-sol, comme un post-scriptum, cet autre: " L’équipe de Libération s’associe à la tristesse d’Edouard de Rothschild et de sa famille à l’occasion du décès du baron Guy de Rothschild ». Sans doute l’initiative relève-t-elle d’une courtoisie d’usage et d’un alloi qu’une proximité professionnelle souligne encore. Et sans doute pouvons-nous tous concevoir, et moi de même, la douleur qu’ait pu inspirer au fils la perte de son père. Je tiens cependant, et par principe, qu’elle relève de cette » sphère intime « , comme on dit chez Nicolas Sarkozy, qui vaut autant pour les disparitions que pour les divorces. Autant dire qu’elle ne me regarde pas.
Je ne sais de feu Guy de Rothschild que ce qu’en rapportait la longue nécrologie que lui consacra vendredi Le Monde. Je n’entretiens avec Edouard de Rothschild d’autres rapports, très indirects, que ceux d’un salarié avec un actionnaire. Ils n’autorisent pas la privauté de condoléances que son destinataire même serait fondé à interpréter comme l’expression d’une hypocrisie dans un mélange des genres. Ce en quoi je lui donne acte qu’il aurait raison.
Si tel était le cas:
1. Nous n’aurions pas du tout parlé de cette affaire.
2. Nous n’aurions pas diffusé cet extrait a posteriori. Il aurait été facile de pretexter une erreur de calcul dans le nombre de signes.
Ne voyez pas le mal et la censure partout.
Un peu partagé sur ce coup là. Est-ce le bon endroit (et surtout le bon moment) pour rappeler des divergences d’opinion ou l’inimitié que l’on porte à quelqu’un ? Certes la coupure n’est pas admissible mais le texte n’est pas des plus heureux.
Comme d’habitude : peu importe le sujet, sa portée et son ton, l’inadmissible - par principe (et il en faut d’autant plus ces jours-ci, où l’appât d’honneurs semble valoir les engagements )- dans cet épisode, est la coupure ( ou la censure si les grands mots ne font pas peur ) d’un article sans en demander l’autorisation à son auteur ! Il n’y a pas à mégoter sur ce principe au nom d’un quelconque intérêt - ou manque de .
La vigilance va devoir être de tous les instants, il me semble !
Ce grand professionnel de l’indignation qu’est pierre M. me gonfle prodigieusement. Dans le même genre il y a le beauf de gauche de Fr. Inter qui fait « là bas si j’y suis » ts les jours à 15h00. ces mecs là donnerai presque raison à Sarko quand il parle de la nécessaire liquidation de mai 68…
La suffisance du ton, le surplomb systématique que ces mecs adoptent pour parler de tout et souvent de n’importe quoi me fait penser qu’il y a parfois des manières droitières d’être « à gauche ».
Pourquoi presque?
Ce qui est « marrant » dans cette histoire c’est que (à ma connaissance) c’est la deuxième fois que Marcelle se fait caviarder dans Libé et chaque fois c’est en évoquant Libé (plus ou moins directement )…
Donc surement rien de dramatique, mais j’aimerais bien savoir qui a tenu les ciseaux sur ce coup là…
Au vu des reactions il est clair que Marcelle n’a pas que des amis, mais à mon sens ( et bien que pas toujours synchrone avec sa chronique…)il demeure LA bonne raison d’acheter Libé tous les mardi…
En espérant que dans le contexte de purges qui sévit actuellement nous retouveront M.Marcelle à la rentrée… Sinon ce serait un bien triste message que nous enverrait M.Joffrin, déjà qu’on nous a sucré la chroniques disques, si on nous enlève M.Marcelle je me contenterai de Libé sur le net…
Pierre Marcelle descend encore un peu plus bas dans l’ignominie. Il devrait être reconnaissant à ceux qui lui ont épargné l’étalage public de ces phrases honteuses.
Un homme meurt. Le journal qu’il possède publie un mot de condoléances au nom de tous ses membres. Un geste simple, banal, qui se fait dans tous les pays du monde. La simple décence humaine.
Pas pour Pierre Marcelle. Pierre Marcelle, jusqu’au bord de la tombe d’un autre, croit indispensable de faire le malin. De montrer sa différence. D’élever la voix. D’insister sur son désaccord. De se plaindre qu’on ne lui ait rien demandé. D’introduire la politique dans un domaine où elle n’a rien à faire. De parler à la place des proches du défunt.
Cet homme ne comprend-il pas qu’il y a des circonstances, dans la vie, où la dignité consiste à se taire?
Peut-il concevoir une fois, une seule, de considérer son prochain à l’aune de leur simple humanité commune et non de ses opinions politiques?
Ne peut-il laisser les gens en paix, au moins le jour de leur mort?