Les Echos se mettent en grève contre le danger Bernard Arnault

Qui l’emportera? Les arguments sonnants et trébuchants du patron de LVMH Bernard Arnault (qui met 200 millions d’euros sur la table) ou ceux, journalistiques et moraux, de la rédaction, qui considère l’industriel comme une menace à son indépendance?

Les échos sont en grève. Vers 15 heures, le site Internet a cessé d’être alimenté. Demain, mercredi, le quotidien ne paraîtra pas en kiosque. C’est ce qu’ont décidé les salariés, réunis en assemblée générale à 14h30.
Ils contestent l’ouverture, par leur propriétaire le britannique Pearson, de négociations en vue de vendre le journal à Bernard Arnault.

"L’ensemble des personnels considère que cet acquéreur potentiel ne satisfait pas à deux exigences majeures: l’indépendance éditoriale et le maintien de l’emploi", estime le communiqué commun à la Société des journalistes (SDJ) et aux syndicats.

Arnault est considéré comme indésirable pour trois raisons: son groupe d’abord, omniprésent dans l’actualité économique: pas un jour ne passe sans que les journalistes n’aient à écrire sur les activités de LVMH. Ensuite, Bernard Arnault possède déjà un quotidien économique, la Tribune : s’il contrôlait les deux, ce serait un recul du pluralisme de la presse économique, sans parler des risques pour l’emploi. Enfin, le patron de LVMH est très proche de Nicolas Sarkozy, dont il fut le témoin de mariage…

La SDJ a longuement rencontré David Bell, président des Echos, qui représente Pearson au conseil d’administration. Ce dernier a confirmé la volonté du groupe britannique (par ailleurs propriétaire du Financial Times)de vendre le quotidien français. Il a indiqué aux représentants de la rédaction que trois conditions avaient été posées pour la vente: un bon prix, le respect de l’indépendance, et le respect de l’emploi. "Aucun candidat ne respecte pour l’instant ces trois conditions", aurait-il assuré. La SDJ des Echos demande qu’un pacte d’indépendance, prévoyant des règles précises concernant les pouvoirs sur la rédaction, soit intégré au mandat de vente.


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
Courageux anonyme
20H40 19/06/2007

Quels employés peuvent se permettre de choisir leur patron ?
assez lamentable cette attitude des journalistes. Qu’ils prennent le risque de monter leur propre entreprise on verra ensuite. Souhaitons-leur ce qu’ils méritent !

 
Courageux anonyme
21H36 19/06/2007

permettez moi de penser que faire un tel commentaire montre que vous ne comprennez pas les enjeux actuels qui pèsent sur les médias français… C’est bien dommage, c’est parce les gens sont ignorants qu’il peut se passer des choses graves sans que la masse s’en aperçoive… Et encore une pensée pour la suppression d’arret sur image au passage…

 
22H56 19/06/2007

Vous semblez critiquer l’attitude des salariés qui devraient remercier leur employeur de leur octroyer un travail. Soit c’est une vision de la société que beaucoup partagent sans doute. C’est une opinion .

On peut aussi avoir une logique entrepreunariale tout en comprenant ces journalistes. Le produit (service) que propose un journal à ses clients (lecteurs)est de l’information indépendante et non un journal d’entreprise de propagande, qui plus est d’un très proche du Président actuel. Les informations seront forcément entachées de suspicion.

Et si par exemple une des sociétés de Monsieur Arnaud réalise une augmentation de capital en faisant appel public à l’épargne que devront faire les journalistes de la rédaction ? Faire leur métier vous me répondrez. Et si l’article est dithyrambique pourra t on être sur de son honnêteté. En tant que client je n’aurais donc pas satisfaction. Et dans ce cas que devra dire l’AMF

 
Courageux anonyme
16H35 20/06/2007

j’aime le ton pondéré de la réponse. On compare des points de vue, sans échanger d’anathème !

Je ne demande pas que les salariés remercient leurs actionnaires ou leur PDG, simplement j’estime que leur devoir, s’ils ne sont pas en phase avec les idées (supposées et non prouvées) qui leur seront imposées, est d’aller jusqu’au bout logique de leur contestation et fassent jouer la clause de conscience (droit des journalistes). Ils ont ensuite toute liberté s’ils en ont les capacités, de créer leur propre entreprise où la liberté totale de pensée sera autorisée.

Tous les journaux peuvent être soupçonnés (entachés de suspicion), si ce n’est pour le pouvoir en place, ce peut être en faveur de l’opposition. Si vous lisez ‘Présent’, ‘le Canard enchaîné’, ‘Libération’, ‘Le Monde’, vous êtes à même de faire fonctionner vos filtres en conséquence.

 
Courageux anonyme
18H09 24/06/2007

bonjour,

La clause de conscience me semble -il n’a rien à voir avec cette affaire. Il s’agit ici non pas pour les journalistes des Echos de disposer d’un media qui corresponde à leurs idées mais de CONDITIONS de TRAVAIL NORMALES qui leur permettent d’exercer leur métier en toute indépendance de tout pouvoir. Il s’agit donc de mon point de vue de pouvoir s’assurer d’avoir une presse libre, la moindre des choses dans une démocratie!

 
23H08 19/06/2007

Quand les amis de Sarkozy possèderont tous les médias français, ça ira sûrement mieux n’est-ce pas ?———————————————————————————————————————————————————
Après avoir fait virer un directeur de magazine ici, fait passer à la trappe des articles gênants là, il ne restait plus qu’à supprimer une émission de télé gênante ailleurs. C’est fait.———————————————————————————————————————————————————
Alors pourquoi vouloir tout acheter ? Pour tout baillonner ? Le pluralisme n’a jamais tué personne, à part les tyrans.———————————————————————————————————————————————————
http://ehim.over-blog.com

 
Franz | ingénieur stagiaire
00H23 20/06/2007

« Quels employés peuvent se permettre de choisir leur patron ? »
Attention au vocabulaire :
patron =PDG (ex-ex: Noel Forgeard), différent de propriétaire, Bernard Arnault possède une part importante de LVMH (quasiment 50%) et en est aussi le PDG.
En cas de vente, Arnault deviendrait propriétaire, pas PDG.
Le PDG(patron) est un salarié.

Pour répondre à votre une question:
un employé d’une SCOP.
Quelle que soit la quantité du capital détenu, chaque coopérateur ne dispose que d’une seule voix lors de l’assemblée générale de l’entreprise. L’assemblée générale, qui a lieu une fois par an, fixe les grandes orientations de l’année à venir et renouvelle le mandat du dirigeant. (selon wikipédia, mais je suis quasi sûr que c’est vrai)

Par ailleurs je trouve votre remarque peu réfléchie (ça arrive), un peu démago (c’est la mode), voire réac.

 
Courageux anonyme
07H08 20/06/2007

Le 1er commentaire ayant été fermé (bon, d’accord, il est terriblement à côté de la plaque - il reflète cependant une opinion très répandue qu’il ne suffit pas de « refermer »…), je ne l’ai pas vu et j’ai d’abord pensé que les 5 commentaires suivants répondaient à l’analyse de Pascal Riché !

 
09H01 20/06/2007

ce qui s’est passé dans les autres journaux (match ,etc) et les radios (europe1) ou les chaînes de télé ne vous suffisent pas pour comprendre le danger? pour une fois que des journalistes courageux tirent la sonnette d’alarme avant et pas après la cata je trouve celà plutôt courageux!

 
13H18 20/06/2007

Lamentable! Si on vous suit les journalistes n’on qu’a la fermer et tout accepter. Regardez ce qui se passe avec la presse de New York et en particulier la presse financière comme le Wall St journal et autres. Ces médias sont capturés a 100% et peuvent même se permettre de manipuler le marché en toute quiétude avec des articles orientés.
Vous êtes myope ou malhonnête.

 
Courageux anonyme
18H43 20/06/2007

Comment croire qu’un journal soit une entreprise normale, encore plus quand il s’agit d’un magasine économique.
Vive le canard enchaîné et Charlie hebdo qui ne sont pas financé par la pub.
L’indépendance éditoriale d’un journal est un fondement de base en journalisme.
Bernard Arnault représente tout sauf cela.

 
00H42 20/06/2007

Les Echos et La Tribune dans le même groupe on imagine comment cela va se terminer: un seul quotidien économique en France et qui plus est à la botte du pouvoir politique …avec les pertes d’emploi que cela va entrainer. . En plus Sarkozy n’est pas un vrai libéral pour les anglais. Pourquoi le soutiendraient ils ?

 
Courageux anonyme
07H28 20/06/2007

Juste une question, parce que je ne comprends pas bien :
Est-ce que les salariés de Pearson en Angleterre auraient la possibilité de se mettre en grève dans des circonstances similaires ?

Le groupe Pearson étant résolument libéral, il y a comme un cumul de libéralisme anglais et de social français dans le cas du statut des salariés des Echos.

C’est une situation qui pourrait faire l’objet d’une analyse plus approfondie, si je ne me trompe.

 
Courageux anonyme
11H18 20/06/2007

Pour avoir une vue d’ensemble du rapport des medias à l’argent, je vous conseille la carte réalisée par le Plan B :
http://www.leplanb.org/page.php?article=20

Bonne route

 
Courageux anonyme
13H28 20/06/2007

C’est plutot drôle de voir qu’un journal qui prône le libéralisme économique et la mondialisation des marchés puisse se rendre compte que ce n’est pas sans risques pour l’indépendance et l’emploi. Et oui, ça n’arrive donc pas qu’aux autres, mais quand ça tombe sur soi c’est la qu’on se réveille?

 
Courageux anonyme
09H32 21/06/2007

à sarkozo décompléxé

C’est un peu ce que je pensais en demandant plus haut s’il n’y a pas un cumul entre le libéralisme Pearson avec ses privilèges certains et les bénéfices du social français.

Les salariés des échos défendent leur indépendance à juste titre. Mais quelle indépendance ?

Est-ce qu’ils ont sérieusement combattu le libéralisme qui les lâche maintenant ?
A voir le petit mag Enjeux les Echos… franchement, on dirait qu’ils aimaient la soupe libérale…

 
Courageux anonyme
18H44 24/06/2007

il est toujours facile de considérer qu’il y a d’un côté des libéraux et de l’autre les gauchistes. Abonné au magazine dont vous parlez, j’ai plutôt le sentiment que c’est un magazine d’analyse et de réflexion qu’un journal d’opinion.
Le numéro récent qu’ils ont publié sur le thème « tous réacs » en est une parfaite illustration. je vous conseille de le lire de plus près! Peut être cela nuancera til vos propos!

 
Courageux anonyme
15H30 22/06/2007

Je suis étonnée du nombre de commentaires sur le ton : « Les Echos découvrent le libéralisme, bien fait pour eux ! ». Journaliste moi-même aux Echos, je peux vous dire que là n’est pas la question. Nous ne sommes pas au-dessus des autres à pouvoir exiger de choisir notre acheteur. Et nous savons bien que si notre actionnaire a décidé de nous vendre, nous ne pourrons pas l’en empêcher.

Le terrain sur lequel nous nous battons est celui de l’indépendance éditoriale. On a besoin sur la Place d’un journal économique qui puisse parler à la fois des entreprises de Bernard Arnault (LVMH/La Tribune), de François Pinault (PPR/Le Point), d’Arnaud Lagardère (Paris Match), de Serge Dassault (Le Figaro), de Vincent Bolloré (Direct 8)… Et aujourd’hui, il n’y en a qu’un, c’est Les Echos, qui a la chance d’avoir un actionnaire britannique qui prend très au sérieux les questions d’indépendance éditoriales et ne possède pas d’autres intérêts économiques ou politiques dans notre pays.

Petit rappel : la dernière fois que Les Echos avaient fait grève en 1988… c’était pour que la vente en cours à Pearson ait bien lieu (Balladur aurait préféré que Les Echos tombent dans les mains d’un Français, Havas). Les salariés des Echos ont préféré le méchant capitaliste étranger, parce que c’était lui qui garantissait le mieux leur indépendance par rapport aux pouvoirs économique et politique dans l’Hexagone.

J’espère que vous comprendrez que notre grève, qui va reprendre lundi, n’est pas un caprice.

 
Courageux anonyme
22H16 23/06/2007

oui, mais bon, en même temps les échos ça a jamais été un brulot!