Particules fines: le bureau Horizons tire la sonnette d’alarme

Chargés d'une étude par Ecologie sans frontières, les chercheurs du bureau Horizons ont mis l'accent sur une source de pollution encore méconnue, et mal prises en compte par les études: les particules fines.

"Les particules constituent l’ensemble des matériaux solides et/ou liquides présents dans l’atmosphère. Bien qu’une partie importante soit présente naturellement dans l’air, les particules fines (PM10: inférieures à 10 µm) sont davantage associées aux émissions humaines et concentrent de nombreux composés toxiques.

"Les particules ultra-fines (PM2,5 et PM1: respectivement inférieures à 2,5 et 1 µm) sont considérées comme les plus dangereuses. Plus les particules sont fines, plus elles rentrent profondément dans l’appareil respiratoire. Plusieurs études récentes françaises et internationales démontrent leurs implications dans l’augmentation de l’asthme, des allergies ou des problèmes cardiaux vasculaires dans les milieux urbains.

Des particules aux origines complexes

"Il est difficile de connaître la contribution exacte en Ile-de-France de chaque émetteur de ce polluant atmosphérique. Ces derniers sont principalement: les grandes installations de combustion urbaines (comme les incinérateurs), le chauffage résidentiel, le transport routier (uniquement les véhicules diesel, l’érosion des pneumatiques et de la chaussée) et enfin le transport aérien.

"L’inventaire des émissions de particules apporte peu d'informations pour le moment: les méthodologies employées impliquent une incertitude de plus de 60% concernant les émissions de PM2,5, et ni le transport aérien ni les phénomènes de formation de particules secondaires ne sont pris en compte. Il faut bien comprendre que les particules fines ne sont pas forcément directement émises, mais peuvent résulter de l’agglomération de différents polluants dans l’atmosphère.

Une directive européenne minimaliste

"En 2010, la directive CAFE (Clean Air For Europe), en cours d’élaboration, fixera de nouvelles normes pour les dix années suivantes concernant la qualité de l’air. Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) critique ce projet de directive. Il se joint aux cris d’alarme poussés par de nombreux scientifiques français et européens. La conclusion du CSHP est sans appel: "L’adoption du texte proposé, en l’absence d’amendement, constituerait une régression préjudiciable d’un point de vue de santé publique."

"Les normes fixent deux valeurs concernant les PM10 et PM2,5: une moyenne annuelle et une autre journalière, dit valeur limite. Le tableau ci-dessous décrit l’évolution des normes et propose un comparatif avec les valeurs recommandées par l’organisation mondiale de la santé (OMS):

 

 

"Il apparaît clairement que les moyennes annuelles retenues par l’Union européenne sont bien supérieures aux recommandations de l’OMS, tant pour les PM10 que pour les PM2,5. Concernant les valeurs limites, si celle retenue pour les PM10 est identiques à celle de l’OMS, il n’est pour l’instant même pas proposé une valeur pour les PM2,5.

Pas de procédure d'alerte

"Sur l’agglomération parisienne, lors des pics de pollution aux PM, il n’existe à l’heure actuelle aucune procédure d’information et d’alerte. Pourtant, un avis du CSHPF datant de 1996 recommande l’établissement de seuils d’information et d’alerte pour les PM10, respectivement à 80 µg/m3 et de 125 µg/m3 en moyenne sur 24 heures.

"Le Plan de protection de l’atmosphère pour l’Ile-de-France, approuvé en 2006, propose d’inclure les PM10 dans la procédure d’alerte et d’information avec les valeurs proposées ci-dessus. Les régions suivantes ont mis en place les recommandations de seuils d’information et d’alerte pour les PM10 du CSHPF entre 2004 et 2005: Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Rhône, Isère...

"Mais les seuils de 1996 proposés par le CSHPF sont aujourd’hui certainement à revoir, comme le Conseil national de l’air le recommande, le seuil de 80 µg/m3 étant largement supérieur aux valeurs limites recommandées par l’OMS et validé par l’Union européenne.

Un défi majeur pour l'agglomération parisienne

"Si la méthodologie employée pour quantifier les concentrations de PM10 a été améliorée depuis le 1er janvier 2007, évitant une minoration importantes des résultats principalement pendant les pics de pollution, il en va tout autrement pour les PM2,5. En effet, à l’heure actuelle, les niveaux de pollution fournie par le réseau de capteur d’Airparif continuent d’employer l’ancienne méthode. Ainsi, les résultats d’analyses communiqués ne sont pas représentatifs de la pollution aux PM2,5 sur l’agglomération.

"A l’heure actuelle, les objectifs réglementaires et politiques de prévention ne permettent pas d’envisager de réduction de la pollution particulaire, bien que celle-ci soit de plus en plus dénoncée par la communauté scientifique et médicale. Avec une forte proportion de véhicules diesel dans le parc automobile, ainsi que de nombreuses usines d’incinération, l’agglomération parisienne semble confrontée à un défi majeur pour réduire cette pollution."

A lire:
Pollution de l'air: si les Parisiens savaient...
Polémique sur les contrôles d'Airparif.

 

 


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Courageux anonyme
11H01 17/07/2007

Je ne comprends pas le fait que cet article ne mentionne pas les normes Euro 4 et Euro 5...

 
Courageux anonyme
13H53 14/08/2007

Evidemment qu'on nous raconte bien ce qu'on veut!
les seuils d'alerte pour chaque polluant constituant notre air-paris seront toujours modulés en fonction de ce qui arrange ceux qui nous gouvernent.
Notez qu'ils respirent le même air que nous tous!!!

j'habite Place de Clichy, pas très loin de l'incinérateur de déchets ménagers de St-Ouen, construit en pleine agglomération.Je vous passe les odeurs nauséabondes.
Mais surtout,on nous explique que les fumées crachantes qui sortent de sa cheminée ne sont pas nocives pour la santée publique.
Tout est sous contrôle...