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Parachutage parfait de Guéant junior en Bretagne

François Guéant (DR)

Devenir député sans avoir été élu. C’est le tour de force que pourrait réussir, dans la circonscription de Ploërmel (Morbihan), François Guéant, le fils de Claude, bras droit de Sarkozy et nouveau secrétaire général de l’Elysée. Le « fils Guéant », comme on l’appelle déjà dans les contrées rurales de ce petit coin de Bretagne, a réussi à se faire désigner suppléant du député sortant, Loïc Bouvard.

Elu sans coup férir depuis 1973, l’indéboulonnable parlementaire est candidat UMP à sa succession. En ballottage favorable, Bouvard a de fortes chances de devenir, à 78 ans, le doyen de l’Assemblée nationale, s'il est élu dimanche. Dans ce contexte, les mauvaises langues estiment qu’il pourrait ne pas aller jusqu’au bout de son mandat.

Le Mensuel du Golfe du Morbihan, un magazine local, annonçait dans ses colonnes en juin que Loïc Bouvard pourrait être nommé secrétaire d’Etat aux Anciens combattants après le second tour des législatives. Un poste qu’il aurait négocié en échange de la désignation de Guéant à sa suppléance. C’est en tout cas ce que le député confiait à ses proches avant les élections. Dans ces conditions, Guéant, 32 ans, le remplacerait, tout naturellement.

Il faut dire que ce parachutage a été finement préparé. Tout débute le 22 août 2005. Ce jour-là, Brice Hortefeux, qui est encore ministre délégué à l’Aménagement du territoire, rend visite au tempétueux maire de Ploërmel, Paul Anselin (UMP). Les deux hommes ont un point commun : ils adulent Nicolas Sarkozy. Lors de sa visite, Hortefeux emmène l’un de ses conseillers dans ses valises : Guéant fils, qui est présenté à Anselin. Lequel se met en tête de le parachuter dans la circonscription. Ainsi, l’élu ferait d’une pierre deux coups : faire profiter « son” territoire du “carnet d’adresses » de Guéant junior, tout en poussant Loïc Bouvard vers la sortie. Anselin et Bouvard ne peuvent pas s’encadrer depuis de trop longues années…

En avril 2006, le maire de Ploërmel démissionne donc de la présidence de la Mission locale pour l’emploi. Il y installe Guéant. Ce dernier fait alors des pieds et des mains pour s’implanter dans un terreau local pas franchement favorable à ce genre de « titis parisiens ». La méthode est simple : profiter de son poste de conseiller ministériel pour permettre au territoire de décrocher des subventions. Ce qu'il réussit : la région de Ploërmel décroche un « pôle d’excellence rural” inespéré en février dernier, soit 210 millions d’euros pour “développer le tourisme”. La signature du pôle d’excellence rural s’effectue en présence d’un autre très proche de Sarkozy : Christian Estrosi. L’alors ministre délégué aux Collectivités territoriales ne tarit pas d’éloges sur “l’excellent travail » mené par François Guéant dans ce dossier.

Mais Bouvard ne rend pas les armes. A 78 ans, pas question pour lui de se faire imposer Guéant comme suppléant. D’autant qu’il avait promis à Jean-Luc Bléher, son suppléant historique, qu’il lui passerait le relais. Du coup, ce dernier brandit la menace d’une candidature dissidente à droite. Exposant ainsi la circonscription à une victoire de la gauche. Une première depuis l’après-guerre…

L’avant dernier acte se déroule entre le 14 et le 18 mai derniers, période de dépôt des candidatures en préfecture. Les tractations se multiplient jusqu’à la clôture de celle-ci. Allers-retours à Paris, coups de téléphone incessants et marchandages de bas étage se succèdent. Bléher est même reçu à Paris par Guéant père, Pierre Méhaignerie, Josselin de Rohan et Alain Marleix, les patrons de l’UMP. Le vendredi 18, le miracle a lieu… Tout rentre dans l’ordre. Bouvard a cédé et Bléher s’est retiré « pour rester libre ». Le premier a négocié son secrétariat d’Etat… le second se serait garanti une place au Sénat.


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Ferdinand.Bardamu
23H52 14/06/2007

Je crois que c’est désespéré, on n’y arrivera jamais. Il se trouvera toujours un beau parleur pour défendre l’indéfendable avec les plus beaux arguments, un malin pour contourner les règles, etc..
Pourtant il existe des gens intègres dans le monde, mais précisément parce qu’ils sont intègres, ils n’auront jamais le pouvoir. Circulez y a rien à voir :-(

 
Alexad
00H02 15/06/2007

Pas mal aussi le parachutage de l’avocate Sylvie Noakovitch qui sévissait depuis plusieurs années sur TF1 dans l’émission de J.Courbet « sans aucun doute », défendant (souvent en hurlant) les victimes d’escroqueries en tous genres…Disparue depuis qq semaines semble-t-il, on la retrouve aux législatives, face à DSK à Sarcelles, en hurlant aussi d’ailleurs(vue dans un JT ce jour)….. Mais les téléspectateurs gogos savent combien elle est dévouée et pugnace….
Bravo, le spectacle continue !!

 
intrepide77
01H37 15/06/2007

ça pue ! encore 5 ans à les supporter , peut -être moins si ça continue comme ça .
je ne sais pas s’ils se rendent compte que plein de citoyens sont fatigués des magouilles politiciennes ( à gauche et ailleurs c pareil )tant qu’on est aux manettes on profite , ça me fatigue !

 
setrak
02H12 15/06/2007

Un peu sensationnaliste votre titre..
Si vous titriez comme ça pour tous les suppléants amenés à devenir députés sans avoir été  »élus »..

Une élection législative, il me semble, est toujours l’élection d’un candidat flanqué de son suppléant en cas de pépin (ou de ministère), je ne vois pas le problème.

Vous pouviez raconter l’histoire sans laisser entendre que Guéant est moins élu que n’importe quel autre suppléant de ministre.

 
Buzhidao
06H26 15/06/2007

Eh oui mais là le problème c’est qu’il y a un accord pour que le député sortant laisse sa place à peine élu, et dans la mesure où il sait qu’il ne pourra pas assurer son mandat (quoi, deux semaines grand maximum ?) ça pose un problème. Problème accru par le fait que le député actuel sera réélu sur son nom alros qu’on pourrait douter sérieusement que Guéant fils y parvienne.
Somme toute, rien d’illégal, mais un peu de malhonnêyeté vis à vis des électeurs, ou au moins ce qu’il conviendrait d’appeller magouilles…

 
setrak
13H36 20/06/2007

Je suis bien d’accord avec tout ce que tu dis sauf que il n’existe absolument aucune différence entre ce cas et celui de tous les ministres-candidats!

Je n’ai pas lu le même ton à propos de Juppé par exemple sur rue89.

L’article laisse entendre que le cas raconté est unique alors qu’il est identtique à une dizaine d’autres, c’est tout.

 
résiste
10H02 15/06/2007

Ce que je vois une nouvelle fois, c’est la précision machiavélique avec laquelle ce parachutage a été préparé (2005 : art consommé de la prospective)
Ce que je vois en outre c’est le noyautage de tous les postes par ces argousins du pouvoir : être partout, occuper le terrain! Et ce noyautage est extrêmement dangereux parce qu’il est pérenne : ils tiennent les ficelles pour bien plus longtemps que ce que pense Intrépide77. « Même pas 5 ans? » Ne rêvez pas. Nous sommes des marionnettes dans leurs mains et avec leur forcing pour tenir toute l’Assemblée nationale en plus du reste, ils vont pouvoir s’en donner à coeur joie! Et nous pourrons continuer à avoir nos colères ou nos états d’âme, à les déverser sur Rue 89 ou sur d’autres forums, ils s’en soucient comme de leur première chemise!

 
alexandrin
12H08 16/06/2007

Tout comme le contrôle de l’opinion (la privatisation de TF1 en 1987), la droite à bien compris qu’il faut occuper tous les postes y compris et surtout au niveau local, pour espérer un jour, laminer la gauche. J’ai vécu au plan local le même phénomène dans les années 1970, mais cette fois ci- en faveur de la gauche. Malheureusement installée au pouvoir, la gauche s’est endormie et a coupeé les liens avec les associations de quartiers, de consommateurs, de parents d’élèves… Elee laissé la droite reprendre le terrain. Il serait temps que la gauche , qui a été sortie des palais présidentiels, retrouve le chemin des banlieues et des espaces ruraux, si elle veut gouverner un jour pas trop lointain.

 
cyclomal
12H34 15/06/2007

Le titre de l’article se suffit à lui-même: Parfait, ce parachutage en règle sans risque de non élection. Et avec la mémoire des veaux (ainsi que le silence des agneaux de la presse qui compte), c’est à une réélection triomphale dans 5 ans qu’on se prépare chez Guéant, même sans une affaire louche au derrière que ce serait trop facile alors…Ben oui, avec un nom pareil, c’est sûrement un bon p’tit gars que ce Guéant là, comme on dit dans tous les bons clubs des chiffres et des lettres.
Si on se réécoutait la Marseillaise pour se reprendre un peu, non?

 
NeHo
13H56 15/06/2007

Je trouve l’article intéressant, car il permet de poser cette question : « En quoi le choix nous est offert ? ».
Les figures politiques qui nous sont proposées (imposées ?) sont le résultat de « guerrias », qui ont pour but l’aboutissement au mieux d’idéaux, au pire, de servire les ambitions personnelles. Les gué-guerres n’ont rien d’anormale, la victoire se fait par la conquête des territoires, et c’est nous qui leur livrons.
Ce qui l’est moins c’est de ne pas pouvoir évaluer ces choix qui nous sont imposés, et donc sortir du subjectif (c’est la faute de l’autre, nous ont fera mieux, …), pour aller vers la prise d’engagements.
Pour moi, l’alternative serait comme dans certaines les entreprises, de permettre au dirigeant de soumettre le bilan de leurs engagements chiffrés à l’approbation des actionnaires (le peuple !), qui leur renouvellent ou pas leur « confiance » annuellement : Une nouvelle république ??

Car en fait le choix n’est rien, si nous n’avons aucun moyen d’évaluer ce qui nous est proposé, et il est d’autant plus risqué qu’on ne peut le contrôler.
Alors parachuter ou pas, le problème n’est pas là.

 
NeHo
14H00 15/06/2007

Je trouve l’article intéressant, car il permet de poser cette question : « En quoi le choix nous est offert ? ».
Les figures politiques qui nous sont proposées (imposées ?) sont le résultat de « guerrias », qui ont pour but l’aboutissement au mieux d’idéaux, au pire, de servire les ambitions personnelles. Les gué-guerres n’ont rien d’anormale, la victoire se fait par la conquête des territoires, et c’est nous qui leur livrons.
Ce qui l’est moins c’est de ne pas pouvoir évaluer ces choix qui nous sont imposés, et donc sortir du subjectif (c’est la faute de l’autre, nous ont fera mieux, …), pour aller vers la prise d’engagements.
Pour moi, l’alternative serait comme dans certaines les entreprises, de permettre au dirigeant de soumettre le bilan de leurs engagements chiffrés à l’approbation des actionnaires (le peuple !), qui leur renouvellent ou pas leur « confiance » annuellement : Une nouvelle république ??
Car en fait le choix n’est rien, si nous n’avons aucun moyen d’évaluer ce qui nous est proposé, et il est d’autant plus risqué qu’on ne peut le contrôler.
Alors parachuter ou pas, le problème n’est pas là.

 
alexisgirszonas | Etudiant en Deuxième Année de Droit et S...
22H24 15/06/2007

Que dire??? Décidément, face à ces abus de pouvoir qui se multiplient depuis le fameux soir où 53% des français ont fait une très grosse erreur, les mots me manquent pour exprimer le malaise et la honte qui m’envahit. Pourquoi tout cela se passe? C’est proprement scandaleux, je viens de l’apprendre et ça me rend furieux.

 
Servais-Jean | Psychanaliste orphelin
10H30 16/06/2007

Trés intéressant ce système. Mais en Bretagne ils n’ont rien inventé. Venez donc voir dans la première circonscription de la Haute Loire, on fait cela de façon régulière. Jacque Barrot député de père en fils,joue le même jeu depuis très longtemps. Il se présente à la députation avec un pote à lui comme suppléant, il est nommé soit comme ministre, soit à la commission européenne et son suppléant devient député. Le pli étant pris il à réussi à faire élire pour la deuxième fois un dénommé Wauquiez à la Chambre des députés ce qui va lui ouvrir comme à son prédécesseur les portes de la mairie du Puy en Velay. Combines combines quand tu nous tiens…

 
pistou
16H34 16/06/2007

5 ans de salaire de député +5 ans de chomage et il est assuré d’avoir une retraite de 1500€ mois ,au fait si le chomage compte pour la retraite,ce sera 3000€ .
Elle est pas belle la vie pour ces fils de la droite décomplexée,mais faut-il que ce garçon soit un bon à rien pour accepter une telle magouille.
Il y a des jours ou j’ai la nausée.

 
vector
15H41 17/06/2007

Dans la 15ème circonscription des Bouches du Rhône, c’est le même cas de figure, mais en moins médiatique. Le député UMP sortant, Léon Vachet, 75 ans, fait sans doute sa dernière campagne. Il la fait pour son suppléant Bernard Ramond, maire de Lambesc qui se verrait bien député sans aller devant les électeurs. Mais Bernard Reynès, maire UMP de Chateaurenard, ne l’entend pas de cette oreille. Il s’est présenté en candidat dissident, et contrairement à beaucoup d’autres dissidents qui se sont fait laminés dimanche par les candidats investis, lui termine devant son adversaire, de peu certes (0.2% de plus), mais devant. Résultat: une lutte à couteaux tirés entre les deux tours dans ce duel fratricide. Epilogue ce soir, 20h00.