
(De New York) Un an avant son déploiement en Irak, Lynndie England a travaillé dans une usine de transformation de poulets. Là, des morceaux de volaille visiblement impropres à la consommation partaient sur la chaîne dans l'indifférence générale. Ecœurée, Lynndie England a démissionné. Question de principe.
Cette anecdote, c'est Tara McKelvey qui me l'a racontée. Journaliste et chercheuse, Tara a rencontré Lynndie England, « la fille à la laisse », dans la prison militaire de San Diego où elle a passé dix-huit mois. Elle était mal à l'aise. Pour « Monstering », son livre consacré aux interrogatoires et tortures de la guerre contre le terrorisme, Tara avait déjà passé beaucoup de temps à écouter les récits de détenus victimes de sévices.
Lorsque les photos d'Abou Ghraib ont été rendues publiques par l'émission 60 Minutes le 28 avril 2004, les lectures du scandale se sont divisées en deux camps. D'un côté, ceux qui, comme le Président George Bush et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, y voyaient les dérives de quelques brebis galeuses (« a few bad apples »), ne remettant pas en cause le système. De l'autre, le mouvement (généralement anti-Bush et antiguerre) considérant Lynndie England et sa bande comme des pions, victimes de la guerre et d'une mauvaise politique.

Portrait pris à sa sortie du lycée, en 2001.
« On me demande toujours si elle a été victime d'abus quand elle était enfant », m'a confié Tara. Effectivement, à une conférence où j'irai ensuite l'écouter, c'est une des premières questions qui sera posée. Lynndie England n'a pas été maltraitée ou violée étant enfant. Sa personnalité, comme l'a illustré sa réaction à l'usine, ne témoigne pas d'une inclination particulière à la soumission.
La rencontre avec Charles Graner, un « bad boy » de l'armée
Et ce n'est pas non plus la seule pression de la vie à Abou Ghraib qui lui a fait péter les plombs. La dérive d'England avait commencé avant cette affectation. En novembre 2002, elle rencontre Charles Graner, de quinze ans son aîné, sur la base des réservistes de la 372e compagnie de police militaire. Graner est, raconte Tara, la figure même du « bad boy », populaire et charismatique. Une plainte en justice accuse cet ex-gardien de prison d'avoir caché une lame de rasoir dans la purée d'un détenu de la prison de Pennsylvanie.
Bien qu'encore mariée à l'époque, England part en vacances avec Graner et un autre militaire à Virginia Beach. Là, Graner prend toutes sortes de photos de lui et England en train de baiser, des photos de sodomies, de fellations prise par le troisième larron du voyage, ou d'England mettant sa poitrine dans l'oreille du copain militaire complètement saoul.
Quelques jours plus tard, England et Graner rejoignent les parents d'England partis chasser dans le Kentucky. A une table de pique-nique, Graner leur tend leurs photos de vacances un peu particulières… Les parents sont interdits. « Que cherchait-il à faire ? “, s'interroge Tara. ‘Les photos, ces trucs bizarres, ça commence avant qu'ils ne soient déployés en Irak.’
Des ‘trucs bizarres’, il y en aura d'autres avant Abou Ghraib. En arrivant en Irak au Hilla Camp au sud de Bagdad, en juin 2003, Sabrina Harman, qui sera plus tard condamnée à six mois de prison pour sa participation aux sévices, récupère des carcasses d'animaux. Quelqu'un prend une photo d'un soldat simulant un acte sexuel sur une tête de chèvre. Un autre coupe la tête d'un cadavre de chat et l'enfile sur le goulot d'une bouteille de soda. ‘On se marrait’, a raconté Lynndie England à Tara.
Un mois plus tard, ils sont à Abou Ghraib. Là, à nouveau, Graner prendra des photos. Il garde son appareil dans sa poche de pantalon. Comme l'a expliqué un autre soldat, il regrettait de ne pas l'avoir eu lors de la première guerre du Golfe. Une photo de fellation évoque celle de Virginia Beach, mais cette fois, Lynndie England, 21 ans, lève le pouce vers la caméra. Comme sur une autre photo où elle force un détenu à se masturber.
La ‘pyramide’ en économiseur d'écran
Graner a envoyé l'image de Lynndie avec un détenu en laisse à sa famille en Pennsylvanie. ‘Regardez ce que je fais faire à Lynndie’, disait le message de son e-mail. Prise le soir de l'anniversaire de ses 21 ans, la photo de la pyramide des détenus nus était installée en économiseur d'écran sur un ordinateur de la prison. ‘Il fallait qu'ils soient sûrs que cela ne leur causerait pas de problème’, analyse Tara.
Devant la justice militaire, la plupart des neuf soldats inculpés ont mis en cause la hiérarchie qui les encourageait à maltraiter les détenus. Une explication partielle pour Tara. Elle revient sur la célèbre expérience de Stanley Milgram. En 1961, juste après le procès d'Adolf Eichmann, ce professeur de psychologie a voulu tester le pouvoir de l'obéissance aux ordres en demandant à des participants d'infliger des décharges électriques (bidons) de force grandissante à des personnes qui répondraient mal à des questions. 65% des étudiants sont montés jusqu'à la décharge maximale de 450 volts. ‘On me cite toujours ces 65 % de Milgram’, me dit Tara. ‘On ne parle jamais des 35 % restants. Chacun a le choix’. A Abou Ghraib, certains ont donné l'alerte.
‘Pour que tout ceci ait pu se produire à Abou Ghraib, résume Tara, il fallait qu'il y ait à la fois des England et des Graner, mais aussi ce climat d'impunité, ces mémos de l'administration approuvant grosso modo toutes les techniques d'interrogation, tant qu'elles ne provoquaient pas de blessures sérieuses.’
Depuis trois mois, Lynndie England est en liberté conditionnelle. ‘Elle n'a pas l'air d'avoir des regrets, à part celui de s'être retrouvée en prison.’ Son fils Carter, né après son retour aux Etats-Unis, aura bientôt trois ans. Graner ne l'a pas reconnu. Il s'est marié avec une autre femme et purge une peine de dix ans. En Irak, rien n'a changé d'après Tara. ‘Les politiques sont les mêmes. La seule leçon pour les prochains Graner et England, c'est qu'il ne faut pas prendre de photo.’





















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De
13H55 | 13/06/2007 |
c'est scandaleux ! ! ! scandaleux et écoeurant ! ! « l'homme blanc » a encore une fois tous les pouvoirs sur les arabes noirs et cie ! ! Hitler et son extermination n'a servi de leçon a aucun occidental ! ! paraît il que les arabes ne sont pas des hommes mais pourtant quand ils se prennent une balle c'est bien du sang rouge ! rouge tel que l'homme blanc ! ! de la justice dans cette planète bon sang ! ! comment en vouloir aux irakiens qui se font sauter près des américains après ces humiliations ! ! ! ! ? comment leurs en vouloir de se défendre contre l'occupant ? c'est bien ce que nos grand parents ont fait il y 60 ans contre les nazis ! ! ! ! absurdité de l'être humain qui oublie qu'au de là des frontières géographiques nous sommes un peuple : le peuple de la planète Terre !
De
16H18 | 13/06/2007 |
Mais monsieur,les arabes étaient tous les alliés d'Hitler, vérifiez votre histoire,les Oustachis ça vous dit quelque chose ? Oui ? Des SS Oustaschis ,plus méchants que les vrais..Ces tueurs qui ont massacré sans relâche..
Poliakoff
De Yann Guégan
Rue89 | 16H28 | 13/06/2007 |
Avant que les choses ne s'enveniment, je veux préciser au Courageux anonyme de 17h18 que le commentaire précédent, pour être véhément, ne fait pas des Arabes des « alliés » d'Hitler. Merci de bien lire avant de poster : )
De Klaus
16H40 | 13/06/2007 |
les Oustachis étaient des nationalistes Croates … révisez aussi un peu. S'il étaient bien alliés au nazisme, ils on tenté de convertir les Serbes au catholicisme… Essayez de trouver mieux pour illustrer vos propos sur les Arabes…
vous devez cnfondre avec la 13e SS Hanschar composée de musulmans, mais Arabe ne signife pas musulman et vice versa.
De
17H45 | 13/06/2007 |
Je crois qu'il est inutile de chercher à éclairer le courageux anonyme de 17h18 car, pour lui et ses semblables, tout ce qui est basané est arabe.
De
12H11 | 15/06/2007 |
Monsieur, vos deux lignes sont le reflet de l'ignorance poussée à son extrême,pourquoi ?
Je suis basané, mais pas arabe ni musulman, dan sce cas c'est vous qui généralisez et qui êtes raciste !
De plus vous « obtenez “ cinq pastilles rouges avec 4 votes ! Génial !
Les musulmans ne poeuvent pas s'intégrer, il y aura des conflits très sérieux sous peu.
Pensez ce que vous voulez c'est votre droit.
Poliakoff.
De
00H12 | 14/06/2007 |
merci a vous klaus pour cette correction .
Cela faisait certainement parti de ses fantasmes a ce 17h18
De
12H06 | 15/06/2007 |
Je ne confonds rien du tout, le grand mufti de Jérusalem est allé rendre visite à Hitler, puis il a formé des milices SS , bien sur les croates sont en question puisque ils étaient sous la domination des turcs,la Turquie étant aussi l'alliée d'Hitler, le monde est en grand danger, les fanatiques arabes musulmans sont 1,4 milliard, ils forment une entité pour répandre la terreur.
Poliakoff
De
22H40 | 13/06/2007 |
Vous voulez dire que vous approuvez le nazisme ?
De
10H03 | 14/06/2007 |
Apparemment vous avez de drôle de livre d'histoire, car dire que tout les arabes étaient les complices d'Hitler sont des mensonges
Vous oubliez ceux qui ont financer le réarmement de cette Allemagne qu n'avaient absolument rien d'arabe, car chez les illuminatis, il y a avaient plus de Rockffeler et Rothschild et autres,
Qui à négocier avec Hitler pour le transfert de juifs en Palestine de certains pays occupés comme la Hongrie.
Voir les pages googles à se sujet,
Programmeur des Illuminati 1 :
Ce sont les Illuminati de la finance internationale qui ont conduit Hitler au pouvoir. Des chefs Illuminati comme Rockefeller, Onassis et le Roi de Suède, …
Et autre
De
14H12 | 14/06/2007 |
l'ennemi de votre ennemi est votre ami ! (pays arabes colonisés par les anglais et français)
vous oubliez qui a servis de chaire à cannon pendant les deux guerres.
vous oubliez la position de certains grands penseurs arabes pendant la 2ème guerre (recherchés par la gestapo)
De
10H40 | 15/06/2007 |
Mais monsieur,
Les oustachis étaient de bon chrétiens bien blancs dont le souvenir est célébré en Croatie.
Quand on veut donner des leçons de ce genre on se calme - ou on achête un manuel d'histoire qui, contrairement à votre « nom » (Poliakoff) ne datent pas de la guerre d'espagne
De
03H24 | 14/06/2007 |
Un article qui m'avait marqué parlait de ces photos comme « photos de voyage » et citait Cavanna : « Sales cons qui avez besoin qu'il existe des salauds pour être salauds en toute bonne conscience ».
Je viens de remettre la main dessus :
http://www.vox-populi.net/article.php3 ? id_article=73
A part ça, tant pis, je passerai pour un « courageux anonyme », mais je ne vois pas en quoi ma date de naissance et autres joyeusetés concernant ma vie privée vous regardent, même si j'apprécie votre site.
De
14H18 | 13/06/2007 |
J'aime ce style d'article a l'americaine, ca manque vraiment au journalisme francais, bravo Guillemette !
De kawaayi
2012??? | 13H04 | 14/06/2007 |
Si on leur pompe leur « style de journalisme » (et pourtant je croyais TF1/LCI a la pointe du sujet)…reste plus qu'a apprendre l'anglais et bouffer des MacMerde a tire la riglotte…( ! )
De Alfary
Ronchon | 14H20 | 13/06/2007 |
De la banalité du mal, en somme. Il est interessant d'observer que la recherche de déterminants dans la psychologie de sa personnalité, son roman familial… n'apporte d'éclairage que pour dire l'extrême banalité de cette femme tortionnaire.
Du coup se pose au moins la question de savoir si le droit de la guerre (les Conventions) s'appliquent aux parties prenantes d'un conflit illégitime et illégal.
L'instauration de centres de détention illégaux signe la forfaiture de l'Administration Bush.
Comment pouvait-on s'attendre à un traitement correct de personnes retenues contre leur gré, sans statut évident donc sans accès à des moyens de défense ?
Les mauvais traitements sont d'une façon certaine le paradigme de l'aventure belliqueuse américaine en Irak.
à Alfary
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 07H48 | 14/06/2007 |
Il y a toujours des dérives sadiques dans toute situation carcérale. La vraie question, c'est comment le système y réagit. Il semble que pour les USA, les formations réactionnelles sautent bien vite - les comportements de New Orleans lors de Katrina étant encore plus révélateurs que Abu Ghraib - et les incidents aberrants mais trop fréquents du type Columbine ou Virginia Tech apportant la preuve supplémentaire d'une société en pleine désintégration morale. http://www.nouvellesociete.org/5124.html
Lueur d'espoir, les correctifs qui sont apportés, bien tard, mais apportés quant même, comme si une autre Amérique s'éveillait in extremis pour ranimer les valeurs défaillantes. Il ya encore une chance que cette Amérique reprenne le contrôle d'une société dont elle semble avoir volontairement laissé la gouverne à ses éléments inférieurs, comme les Romains de la toute fin de l'empire trouvant leur réconfort dans le stoïcisme et un désintéressement de la chose publique. C'est sans doute la réaction au bushisme de l'après-Bush qui scellera le sort de l'Amérique.
Un entêtement fatal dans la bêtise ou un repentir rédempteur ?
http://www.nouvellesociete.org/5143.html
Pierre JC Allard
De
14H37 | 13/06/2007 |
Il y a beaucoup à dire bien sûr sur cette histoire. Force est de constater que cette « impunité » possible n'était pas une condition à ce genre d'actes. Le fait d'envoyer des photos d'une fille à ses parents n'a pas grand chose à voir avec une barbarie organisée. D'ailleurs tout ce qui est en rapport avec le lien entre Lynndie et une organisation est toujours hypothétique et subjectif dans la bouche de Tara McKelvey tandis que le reste semble factuel.
« Sa personnalité, comme l'a illustré sa réaction à l'usine, ne témoigne pas d'une inclinaison particulière à la soumission. » Peut-être justement l'épisode est important. J'ai du mal à voir pourquoi on peut aller dans ce sens, on peut tout autant dire le contraire ou dire autre chose.
Maintenant si en effet la torture et les sévices étaient généralisés et qu'il y avait des comportements pornographiques de la sorte chez tous les soldats avant même que des ordres soient donnés, je dirais qu'il y a autre chose en jeu quand même. Bref : si le lien, dans ce cas précis, me semble aventureux cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'y avait pas système dans l'armée américaine. Le prouver avec des théories fumeuses serait alors peut-être contreproductif.
De Guillemette Faure (auteur)
Eco89 | 14H47 | 13/06/2007 |
Pour Courageux anonyme.
L'anecdote de l'usine de poulet est intéressante. L'usine a été poursuivie en justice trois ans plus tard. Tara a fait remarquer à Lynndie England quand elle l'a rencontrée que dans cette affaire, c'était elle qui avait le « whistle blower » (elle avait essayé de prévenir la hiérarchie qu'il se passait des choses incorrectes).
Il y a aussi d'autres exemples d'insoumission dans sa vie. Par exemple elle est entrée dans l'armée contre l'avis de ses parents.
Tara ne donne pas d'explication, elle dit juste que la seule politique de l'armée, la psychologie d'England, ou la perversité de Graner ne peuvent seules expliquer ce qui a pu se passer.
à Guillemette Faure
De poing-trop-n-en-faut
15H34 | 13/06/2007 |
Je ne sais pas ce que vous voulez dire (ou plutôt Tara) lorsque vous écrivez : « la seule politique de l'armée, la psychologie d'England ou la perversité de Graner ne peuvent seules expliquer ce qui a pu se passer ». Qu'en concluez-vous ?
PS : j'aime beaucoup votre prénom.
à poing-trop-n-en-faut
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 16H04 | 13/06/2007 |
que c'est un mélange de facteurs… (pour le prénom, je fais suivre le commentaire à mes parents)
à Guillemette Faure
De Alfary
Ronchon | 21H52 | 13/06/2007 |
Précisément. D'où l'on peut dire audacieusement aussi que Lynndie England symbolise « la corde tendue entre la bête et le Surhumain ».
Et de questionner encore le déplacement du sacré vers l'Etat, qui dans sa totalisation permanente ne peut ciller tous les signes de dépossession. Mme England fait sens et c'est heureux que ce papier donne également à (re)penser de l'incontingence.
Il y a de l'Etat problématique dans la majorité des sujets qui travaillent l'actualité.
De
15H04 | 13/06/2007 |
Légalité… Illégalité… Légitimié… Illégitimité…
Juste la raison du plus fort mon garçon… Avec ses dérives et forcément ses excès…
England, Graner, des citoyens ordinaires, désespérément ordinaires…
Il ne s'agissait là, à la prison d'Abou Ghraib, que de petits crimes contre l'humanité perpétrés par des gens désespérément humains, simplement pénétrés de leur puissance et de leur invincibilité.
Ce sont là les archétypes mêmes de l'übermensch cher à Frédéric…
Le droit et la raison n'ont rien à faire ici ! L'homme est un tueur, dans le jardin des supplices Aloysius Bertrand en a fait un esthète… C'est là toute l'ambiguité…
De
16H08 | 13/06/2007 |
Que de verbiage pour soutenir une thèse délicate. England et Graner aurait été « ordinaires » ? Quels faits cités dans l'article ressortent de l'ordinaire ? Les photos pornographiques présentées aux parents ? La tête d'un cadavre de chat enfilée sur le goulot d'une bouteille de soda ? etc.
De poing-trop-n-en-faut
15H30 | 13/06/2007 |
Pour moi, il me semble que lorsqu'on dépasse un certain niveau d'inhumanité, plus rien n'a d'importance, on n'est même plus capable de regretter. Il doit y avoir un seuil. Certains le franchissent,d'autres non. Le cas de Lynndie est typique de ces personnes ayant passé les bornes, ayant commis l'irréparable, et qui finalement se vide sentimentalement. Cela me fait penser à ce couple de violeur-tueur canadien, Paul Bernardo et Karla Homolka. Bernardo ressemble beaucoup au Garner, un type qui a une infleunce énorme sur les filles, et Karla qui suit, qui obéit, et qui se laisse aller à jouir des situations les plus insupportables. On retrouve d'autres cas de couple déréglés.
C'est pourquoi je pense -mais ce n'est que mon avis- le couple Garner-England doit être considéré à part dans les histoire d'Abu Ghraïb. Les autres histoires de torture sont sûrement plus proches de celles que nous connaissons et que les bons Français ont pratiqué en Algérie : le goût du patriotisme et du travail bien fait, la légitimité de l'action. Dans le cas Garner-England (car il faut prendre les deux), il y a la perversion et le délire fantasmatique de la domination. C'est pourquoi je les distingue.
Vive la psychologie de comptoir !
à poing-trop-n-en-faut
De
16H21 | 13/06/2007 |
ne fustigez pas une fois de plus le « bons Français » ça devient ridicule à force de simplification.
TOUTES les armées de TOUS les peuples du monde ont pratiqué (pratiquent encore) la torture. Voulez vous des exemples ?
De
20H36 | 13/06/2007 |
Je donnais simplement un exemple qui nous parlait à tous. Mais, évidemment, si vous préférez que je prenne un exemple très loin de chez nous, relisez avec la mention « comme les Chinois le pratiquent quotidiennement », ça ne me dérange pas.
poing-trop-n'en-faut
De Deborah
15H35 | 13/06/2007 |
D'un livre de plus de 300 pages on ne retient que cette expression devenue passe-partout : la banalité du mal (in « Eichmann à Jérusalem », d'Annah Arendt)
Tout bien réfléchi ce n'est pas le mal qui est banal. Le mal est absolu. Il n'a pas besoin de qualificatif.
Ce sont les Hommes qui sont banals. C'est ce que démontrent une fois de ces soldats américains dénués de toute conscience morale
De
15H51 | 13/06/2007 |
Je pense certains détails sur son passé intéressants, mais il ne faudrait pas faire une analyse trop rapide de son comportement, car on ignore le principal de sa vie.
Personnellement, je me pose toujours des questions au sujet de l'utilisation de drogues durant les guerres. Amphétamines pour les pilotes de chasses qui peuvent rester en vol plus de 30 heures, acides pour rendre l'infanterie plus « tête brûlée », ces drogues permettent de faire respecter les ordres sans opposition ni réflexion et de supporter des images atroces, et qui se répètent de jours en jours.
Alors le soldat se drogue t'il ou se fait il droguer ? Lui, opposé à la guerre, et qui a été envoyer sur le front, peut on comprendre qu'il ait besoin de substances enivrantes ? S'il se fait droguer, est il responsable de ses actes ?
Dans le cas relaté, on ne fait pas du tout allusion à sa relation avec les drogues ou d'alcool, avant les photos porno par exemple. Dans le monde d'aujourd'hui, ça me paraît être un détail pourtant très important.
Les guerres propres n'existent pas, mais si, au moins, elles étaient fondées sur une réelle conviction de nécessité (car c'est malheureusement parfois le cas), elles seraient sûrement conduites avec un peu plus d'éthique et de réflexions (peut être un peu utopiste ça ! ).
Stouve
De Guillemette Faure (auteur)
Eco89 | 16H09 | 13/06/2007 |
A propos de la drogue, Tara décrit dans son livre des scènes de « robotripping » de soldats : ils se défoncent avec un cocktail de médicaments et dans une de ses drog-parties filmées, font mine de poignarder des détenus.