
(De Dehli) Quand Chandra Mohan, 23 ans, étudiant en dernière année à l'université de l'école d'art Baroda (Maharaja Sayajirao University, à Vadodara, dans l'état indien du Gujarat) a présenté ses derniers travaux de peinture en mai au jury, il ne pouvait pas imaginer une minute qu'il serait suspendu de l'université et jeté en prison par le gouverneur de l'Etat.
En cause : une peinture du Christ sur la Croix, en pleine érection, son sexe offrant ses dernières gouttes de sperme ; un autre tableau représentant Durga tuant un enfant sortant du sexe de sa mère avec un trident ; Lord Vishnu tenant son phallus au milieu d'autres acolytes ; et enfin l'autoportrait de Chandra Mohan émergeant d'un paysage rempli de sexes masculins.
La police, arrivée quelques minutes après la présentation des œuvres (une promptitude plutôt inattendue dans un pays ou il faut des mois pour déposer une plainte), a immédiatement fait le ménage, aidée par un service d'ordre religieux et musclé, mi-hindou mi-catholique. L'artisan de cette descente plutôt violente : Niraj Jain, leader du parti BJP dans l'Etat du Gujarat (qui a enregistré de très mauvais résultats aux dernière élections). Le groupe a endommagé deux des quatre tableaux présentés à l'examen final, et ont passé à tabac l'étudiant, avec la complicité de la police.
Chandra, soutenu par le président de l'université, a expliqué à la police qu'il s'agissait d'un examen auquel le public n'était pas convié. Ce qui ne l'a pas empêché d'être jeté en prison en un temps record.
Du fond de sa prison, Chandra Mohan a appris que l'on manifestait en sa faveur jusqu'à Delhi, non seulement pour obtenir sa libération immédiate, mais aussi pour défendre la liberté d'expression, et pas seulement artistique. Ses parents, vite retrouvés par la presse à scandale indienne dans l'Etat de l'Andhra Pradesh, se désolent du comportement de leur progéniture.
L'affaire Chandra Mohan (qui a finalement été libéré sous caution après quelques jours), a ouvert une violente polémique dans toute l'Inde. Outre les manifestations, qui ont eu lieu de Delhi à Mumbai, de nombreuses pétitions, signées par des personnalités, ont circulé.
Mohan a ouvert la boîte de Pandore, suscitant une vraie réflexion dans un pays qui se remet à peine du baiser public de Richard Gere à Shilpa Shetty, au cours d'un gala de charité pour le sida. L'affaire met en lumière les interventions religieuses et politiques, courantes dans les écoles publiques, auprès des intellectuels, des artistes ou des organisateurs d'expositions.
Les médias se sont emparés de l'évènement, mais aucun d'entre eux n'a osé évoquer le contenu de ces œuvres. Seuls India Today et Outlook ont fait leur travail, s'autorisant des descriptions des tableaux, en utilisant les mots « sexe », « érection » ou « sperme ». Une franchise qui fait encore problème en Inde : il nous a fallu parcourir au moins vingt-cinq quotidiens, hebdomadaires et journaux télévisés pour avoir une idée plus précise des œuvres concernées.
Pour des millions de personnes en Inde et dans le monde, le seul média capable de relater les faits et d'animer le débat a été Internet, et les centaines de blogs qui ont fleuri après cette nouvelle censure.
























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De
18H50 | 11/06/2007 |
Sans doute beaucoup de lecteurs défendront ces obscenités qui n'ont rien a faire avec l'art. Mais là il faudrait définir ces deux termes - l'art et l'obscenité. Peut-être la notion d'obscenité n'existe plus aujourd'hui : serait-il un signe de décadence ?
De Klaus
19H23 | 11/06/2007 |
Emettre un jugement d'obcénité sans avoir vu l'oeuvre ne parait pas très raisonnable.
Comme vous le suggérez : qu'est-ce que l'obscénité ?
Dévoiler un mollet, comme au XIXe siècle, laisser voir ses cheveux comme certaines religions l'affirment, se mettre seins nus sur la plage, photographier ses excréments comme Gilbert et George, les films X, etc. ?
La définition de chacun dépend de sa culture (éducation, religion…)
Quant à l'art quoi de plus subjectif ?
Les religions n'ont jamais fait bon ménage avec l'art (sauf à en faire l'apologie) : de la « Passion du Christ » de Gibson aux photo de Bettina Rheims (INRI), des caricatures de prophète aux réactions suscitées par la pub (la Cène de Girbaud ou « Amen » de Costa-Gavras), tout ce qui touche à la foi des uns est susceptible de réactions violentes comme le décrit l'article.
Il n'y a ni à défendre ni à condamner l'artiste. Il a une vision et une inspiration personnelles, à chaque visiteur d'adhérer ou de rejeter les oeuvres.
Personne n'est obligé d'aller voir une expo.
De kookaburra
12H55 | 12/06/2007 |
Oui, je suis plutôt d'accord avec vous Klaus, mais la photo et la description de « l'oeuvre » permettent quand même d'en faire une opinion. Je déplore toutes ces exhibitions de WC et boîtes de merde etc qui, depuis l'époque du Dada ne nous choquent plus mais qui sont simplement ennuyeuses et témoignent d'un manque de créativité. « L'artiste » ne cherche qu'à provoquer. Quant à la relation de l'art avec la religion, il ne faut pas oublier que jusqu'à la Renaissance tout l'art était religieuse, de Giotto à Michelangelo. Je ne pense pas non plus que l'évaluation d'une oeuvre d'art est purement subjective : on peut aimer ou détester Picasso mais la valeur de son oeuvre ne peut guère être contester. Quant à la notion d'obscenité on constate par tous les commentaires que les concepts de pudeur, de décence, d'outrage, de la morale même sont mis en question ou plutôt rejettés par la jeune génération. Mais vous serez d'accord avec moi que le sujet est trop vaste (et trop passionant ! ) pour un simple commentaire.
à kookaburra
De icare
Peut ont faire confiance a un Journ... | 17H00 | 12/06/2007 |
Peut être que les artistes INDEPENDANT cherchent t'ils a provoquer car c'est le seul moyen d'attirer l'attention des medias.
Si l'art n'était pas contrôlé par une mafia de pseudo intellectuel il en serait peut être autrement…
De
13H57 | 12/06/2007 |
Entièrement d'accord avec votre commentaire. Pour suivre votre raisonnement, il faudrait aussi définir le mot « décadence » , utilisé dans le message auquel vous répondez : est ce une limite personnelle, une limite communautaire…. Y a t'il vraiment un sens à utiliser ce mot pour critiquer l'art ?
Stouve
De
00H07 | 12/06/2007 |
Ce qui est ob-scène n'a rien à faire sur la scène.
Je ne vois pas en quoi l'expression de la sexualité est obscène, la sexualité, source de désirs et de transcendances, nous anime et nous met en scène.
Quant à définir l'art, n'est-ce-pas insensé ? C'est l'enfermer dans des limites qu'il refuse, qu'il repousse en permanence.
S'l fallait vraiment définir l'art, la seule définition qu'il tolèrerait peut-être serait :
j'ai pour finalité (et non pour objectif) de vous déranger, de vous bousculer, de vous choquer même et de vous offenser, d'interroger encore et encore les concepts et de vous faire douter, de visiter avant l'heure et avant vous l'au-delà de votre monde connu. Si l'art est ainsi, alors Chandra Mohan est de toute évidence un grand artiste.
De
08H39 | 13/06/2007 |
N'importe quoi
De
10H33 | 13/06/2007 |
Ta finalité garde la pour toi
sur le reste j'suis plutôt d'accord avec toi
Evite de donner des leçons de MOI,
T'as L'EGO tellement dévelloppé qu'on dirait un DUPLO
De Alexad 8145
14H24 | 12/06/2007 |
Au contraire, tout choque aujourd'hui ! Il n'y a que le « politiquement correct » qui soit acceptable semble-t-il ! !
L'artiste produit une oeuvre qu'il nous présente et avec laquelle nous avons le droit de ne pas être d'accord.
L'obscénité est plutôt dans l'utilisation des médias pour supporter la vulgarité et engranger des profits immédiats (ex : télé réalité) et les émissions qui placent le téléspectateur dans un état de passivité totale devant un petit groupe d'artistes qui ne nous présentent rien de leur talent mais qui s'amusent ensemble en faisant qq blagues, souvent graveleuses.
De icare
Peut ont faire confiance a un Journ... | 17H19 | 12/06/2007 |
Ce qu'il y a de certain c'est que si la première photo représente le christ… Il faut bien avouer qu'il avait une toute petite bite ! Pauvre Marie…
les religions sont les plaies du monde ellent ne servent qu'a manipuler et aservir les pauvres gens et les idiots
à icare
De
08H38 | 13/06/2007 |
N'importe quoi.
De kookaburra
18H57 | 11/06/2007 |
Sans doute beaucoup de lecteurs défendront ces obscenités qui n'ont rien a faire avec l'art. Mais là il faudrait définir ces deux termes - l'art et l'obscenité. Peut-être la notion d'obscenité n'existe plus aujourd'hui : serait-il un signe de décadence ?
De
19H27 | 11/06/2007 |
Vive la liberté d'expression en Inde, moins les religieux exerceront leur censure obscurantiste plus l'Inde sera belle et grande, une terre de tolérance ou cohabitent toutes les religions du monde. La jeunesse indienne est sur le point de ne prendre que la spiritualité des religions et non les interdits et terreurs culpabilisantes.
Un mec de Mumbai.
De
19H56 | 11/06/2007 |
Le problème n'est pas tant de la valeur de l'oeuvre d'art évoquée ici, mais plutot le rapport à la sexualité de la société indienne.Il est amusant de constater d'ailleurs que c'est dans les sociétés les plus repressives sexuellement que les manifestations de colère publique et les émeutes sont les plus « energiques »…
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 03H13 | 12/06/2007 |
Eh oui… quand la virginité était une vertu et la mast…. (chuttt,,, ! ) un péché mortel, l'Occident gagnait toutes ses guerres….. « … mais y a plus de baleines… ! », comme disait Paul Fort.
http://www.nouvellesociete.org/112.html
PJCA
De
20H30 | 11/06/2007 |
Bonjour,
On aimerait savoir quand s'est produit cet évènement
De Yann Guégan 1836
Rue89 | 00H53 | 12/06/2007 |
L'article indique que l'attaque sur l'exposition a eu lieu en mail. Après une petite recherche, on apprend que ça c'est passé en fait le 9 mai.
De
20H34 | 11/06/2007 |
Ce qu'il a fait c'est de la provocation gratuite pour faire parler de lui et se faire de la pub.
Et certains viennent parler de liberté d'expression, mais ça n'a rien à voir, certains crèvent pour dire des opinions, là ça n'a pas le moindre rapport, sa c'est de la pure provocation gratuite, de la communication, du marketing, et certains tombent dans le panneau !
De
20H48 | 11/06/2007 |
ça c'est de la condamnation ! vous avez tout vu je suppose ? vous êtes au courant des intentions de l'exposant ?
et bien sûr « certains » sauf vous « tombent dans le panneau ». Quelle clairvoyance ! Quelle science !
De
23H30 | 11/06/2007 |
alors vous vous êtes comiques dans votre genre !
Il a peind un christ en érection, du sperme, … les symboles ne sont pas un hasard.
Et après il vient s'étonner !
Ca va 5mn !
De
09H47 | 12/06/2007 |
Euh, z'avez lu l'article ? Il est expressément dit que ces oeuvres étaient présentées dans le cadre d'un concours, pas d'une expo. donc, le côté provo, faut vraiment le chercher.
En outre, et surtout, même si c'est de la provo, où est le problème ? Qu'il choque des religions ? Et alors ?
Moi, je suis athée, les bondieuseries des grenouilles de bénitier pourraient me choquer. Vais-je pourtant aller demander leur interdiction ? Non.
Pourquoi les religions ne respecteraient pas les pensées de ceux qui ne sont pas du même avis ?
En tous cas, ras le bol de tous ces gens, religieux ou non, qui veulent imposer leur point de vue aux autres. Pensez ce que vous voulez mais laissez les autres penser ce qu'ils veulent, même si c'est autre chose. Le monde ne s'en portera que mieux.
Otto Naumme
De
13H42 | 12/06/2007 |
Et alors ?
Mais puisqu'il s'en prend volontairement aux religions faut peut être pas être étonnée qu'elles réagissent !
C'est lui qui est allé sur le terrain religieux !
De
14H19 | 12/06/2007 |
Il n'est pas allé sur le terrain religieux, l'étudiant a montré son travail à un jury normalement à Huis clos, c'est un accident qui montre combien la politique liée à la religion peuvent braver les lois et les règles.
Le BJP, le parti de congrès, en chute dans les urnes s'est servi de cet événement pensant pouvoir gagner qq voix….
N'oubliez pas que le Gujarat est habitué aux debordements religieux inrta communautaires.
anne maniglier
De
10H34 | 13/06/2007 |
Bravo, belle maturité. « C'est cui qui dit qu'y est, na d'abord ».
Et si ces fichues religions étaient si sûres d'elles, elles n'auraient pas à s'offusquer pour si peu.
De
20H37 | 11/06/2007 |
Je ne sais rien de plus sur la vulgarité et de l'obcénité des ces oeuvres, par contre les commentaires planent au plus bas pour certains.
J'admire la capacité de certains à juger des sociétés dont ils n'ont pas idée.
Allez passer quelques mois en Inde et on en reparlera.
La complexité de ce pays calmera sans doute même les plus énervés.
De Yann Guégan 1836
Rue89 | 00H56 | 12/06/2007 |
Oui, désolé, on a pas assez surveillé le fil de commentaires. Je viens d'en supprimer certains, qui tombaient dans l'insulte. Mais n'oubliez pas qu'en votant pour les commentaires, vous faites « replier » les moins intéressants (deux boules rouges ou moins).
à Yann Guégan
De
08H30 | 12/06/2007 |
se moquer des cathos facile
des vaches sacrés censure
à Yann Guégan
De
09H11 | 12/06/2007 |
la censure voila vous y êtes,BRAVO,ça n'a pas trainé,blaguer sur les cathos c'est du velour
Sur la bouse fraîche des vaches sacrées c'est pas beau
c'est une forme de racisme dorlotant
De Yann Guégan 1836
Rue89 | 15H19 | 12/06/2007 |
Cher Courageux anonyme, vous m'avez percé à jour. Je voue en effet un profond respect à la gent bovine, qu'elle soit indienne et sacrée, pie noire et laitière, salers et « à viande »…
Plus sérieusement, les commentaires vulgaires ou insultants dissuadent les internautes de réagir à leur tour, vu « le niveau du débat ». Ils sont supprimés. Une censure assumée, donc.
à Yann Guégan
De manu2005
France Out Of Afghanistan Now ! | 10H05 | 13/06/2007 |
C'était moi qui râlais sur le post en tête.
Je hais la censure.
Mais ces commentaires ineptes, vulgaires et insultants, sans rapport avec le sujet, ni de près, ni de loin sont assez misérables.
Je pense que le repli par vote est suffisant.
Mais je me demande ce qu'est la vie de ces gens qui postent ce style de commentaires pour qu'ils descendent aussi bas.
J'ai plutôt pitié d'eux.
Mais ne cédez pas à la censure, on vous le reprochera.