A débattre

Faut-il supprimer le baccalauréat ?

Hier, j'ai rêvé que je repassais mon bac. Ce n'était pas un rêve agréable. Et à en croire quelques témoignages laissés sur des forums du net, je ne suis pas la seule que le grand examen hante dans son sommeil. Le bac cause de stress ? Il serait même l'une des premières sources d'angoisse des lycéens, avec le divorce des parents. Pour gérer l'épreuve, le web fourmille de conseils, de mises en garde contre l'usage de médicaments dont les ventes explosent en cette période. On peut même trouver de petits reportages pour affronter sereinement l'épreuve.

Mais le stress n'affecte pas que les principaux concernés. Pour une écrasante majorité de parents, le baccalauréat de leurs fistons reste un souvenir important de la vie de famille. En deux siècles, le bac a acquis aux yeux des Français un pouvoir symbolique aussi fort que le coq ou le drapeau bleu blanc rouge. Et depuis l'étranger, il possède la même force emblématique, digne ambassadeur d'un système scolaire qu'on nous a longtemps envié. Pourtant, ses détracteurs sont de plus en plus nombreux, et les critiques fusent de tous bords.

Le bac coûte trop cher, entre 55 et 70 euros par candidat, selon la filière. Toutes dépenses comprises, il coûterait entre 50 et 150 millions d'euros selon les estimations. Le bac présente une surcharge de travail pour les enseignants, dont les méthodes de correction –correction doublée de systématiques réunions d'harmonisation des notes– sont souvent remises en cause. Outre stresser chaque année plus de six cent mille candidats, il raccourcit leur année scolaire d'un bon mois. Et tout cela pour quoi ? Pour éliminer moins d'un élève sur vingt. Car si 82% des élèves ont eu leur bac l'an dernier (un record), avec les rattrapages et les redoublements, on peut considérer in fine que 95% des lycéens décrochent le diplôme.

La nature des épreuves est également critiquée. Zacharia Dosseur, enseignant en ZEP et bloggeur pour Rue89* : « L'oral de français est souvent une absurdité. Il m'est arrivé de le faire passer et de demander aux candidats ce qu'ils pensaient du texte qu'ils venaient “d'expliquer” en répétant mal l'explication apprise par cœur de leur professeur et ils se mettaient à pleurer. Pourtant ce n'était pas méchant, juste pour discuter sincèrement et partager la lecture. Il était donc difficile de savoir s'ils aimaient ou savaient lire, si leurs lectures leur avaient apporté quelque chose ».

Les élèves évoquent souvent le facteur chance, ou angoissent sur LE sujet survolé en cours, faute de temps, et qui risque de tomber. Pour ma part, c'était la formule chimique de la saponification, et oui, elle est tombée. Quant aux inégalités entre les lycées, dont le taux de réussite peut osciller entre 16% et 100%, elles soulèvent aussi la contestation.

Le doute s'installe réellement en jetant un coup d'œil de l'autre côté de nos frontières. Nos voisins ne sont pas moins bien formés et pourtant, point de baccalauréat. En Espagne, Suède ou Belgique, seul le contrôle continu est pris en compte ; ailleurs, on mélange examen final et contrôle continu.

Mais de là à changer le baccalauréat… les Français le désirent-ils vraiment ? Dans un sondage paru avant-hier sur le JDD.fr, 50% se déclarent pour le maintien, contre 48% contre. Et curieusement, ce sont les lycéens qui semblent le plus attachés à cette épreuve.


La réforme du bac, plus d'un ministre s'y est cassé les dents, de Claude Allègre à François Fillon. Peut-être parce qu'en fin de compte, la France s'est attachée à cette expérience qu'on a tous en commun, première étape d'une vie pleine d'événements bien plus stressants.

*Zacharia Dosseur est un pseudonyme.


A lire :
Sarkozy, bachelier médiocre et alors ?
Article de Zineb Dryef.


A écouter :
« Le baccalauréat est comme la Tour Eiffel »
Entretien avec le sociologue François Dubet.


A lire :
Le bac moderne est une tentative de pacification sociale
Extrait du blog de Nestor Roméro.


A lire :
L'Abitur n'est pas un bac français où l'on parle allemand
De Berlin, par Pierre Rouchaléou.


A lire :
La Grande-Bretagne songe à importer le bac
De Londres, par Elodie Cuzin.

Rectifié le 09/06/2007. En effet, la double correction n'est pas automatique, c'est la réunion d'harmonisation des notes.

75 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De Enki

Alchimiste | 05H04 | 09/06/2007 | Permalien

J'ai du mal à saisir si la question porte sur la suppression ou la réforme du baccalauréat.
Le supprimer, faute d'être capable de le réformer ? Etre incapable de le réformer faute d'être capable de proposer une refondation cohérente de notre système éducatif, à la fois dans ses valeurs républicaines et la conjoncture mondiale ?
Il est devenu utopique, voire malsain, de considérer le bac comme un jalon de citoyenneté. Utopique, parce que le but n'est plus la validation des acquis nécessaires à une citoyenneté de raison, outils littéraires et bases scientifiques, fondements philosophiques, compréhension des enjeux de société. Le but est de faire le premier pas des études supérieures, elles mêmes basées plus sur la sélection et l'échec que sur la réussite de tous, plus sur la professionnalisation que sur l'acquisition des savoirs choisis.
Malsain, parce que le fait que 95% des lycéens sortent bacheliers ne nous dit pas combien de collègiens ne le seront pas.
Pourquoi ne pas réduire les ambitions du bac, en en faisant une étape citoyenne universelle et non élitaire, en l'adaptant aussi bien aux cursus de professionalisation rapide qu'aux études de longue durée ? Pourquoi laisser cette fonction à un examen de nationalité ?
On a supprimé le service national avant qu'il perde sa vocation militaire, avant qu'il devienne à nouveau égalitaire par la mixité, avant qu'il redevienne la contribution universelle du citoyen à la république. Sorti par la porte, il revient par la fenêtre sous la forme d'une conscription sociale.
Jusqu'où reviendrons nous en arrière ? Jusqu'à remettre en question la république ?
Les enfants des riches passeront un bac privé, et les enfants des pauvres feront un service d'intéret géneral.
Les autres passeront un examen de nationalité pour avoir le droit d'avoir des enfants.

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Ecossaise, un physique de rêve avec... | 08H42 | 09/06/2007 | Permalien

Des nouvelles de Micka FRENCH…

« Quand on est trop dévot, on est détruit »
http://zorpia.com/frenchmicka

Extrait :
Avant de réformer le Bac, il serait plus urgent de re-former le Certo…

Micka FRENCH en direct d'Edinburgh, à vous les studieux…

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08H55 | 09/06/2007 | Permalien

Ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui de plus en plus de bachelier recherche la mention ! ! Ce qui prouve que le diplôme par lui même ne présente plus autant d'intérêt. Maintenant qui peut s'en passer de ce passeport pour l'avenir. Aujourd'hui il me fait penser à ce bon vieux CEP des temps anciens qui ne servait à rien, mais fallait le posséder ^^

Très certainement qu'un jour prochain il faudra accepter son vieillissement et lui redonner peut-être un niveau supérieur. affaire @suivre

Fr@n6 pour http://papotagebriard.canalblog.com

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09H19 | 09/06/2007 | Permalien

Etant actuellement élève de terminale et par conséquent en plein stress je ne suis évidemment pas le mieux placé en terme d'objectivité pour répondre à cette question.
Malgré cela je tiens à donner mon opinion, le Bac aujourd'hui a une valeur emblématique, c'est un symbole, un passage obligé après 3 années minimum de lycée.
C'est donc notre billet d'entrée dans l'âge adulte et notre premier examen important.
En théorie tout cela est bien joli, le bac est sensé nous permettre de montrer de quoi nous sommes capables et comment nous parvenons à mobiliser des connaissances acquises depuis plusieurs années, en affrontant le stress.
Mais en pratique nous sommes pour la plupart réellement inquiets, car le facteur chance dont vous parlez est bien réel et que nous connaissons tous, de près ou de loin, celui qui a raté son bac ou qui s'est retrouvé aux rattrapages à cause d'un accident.
Et c'est à ce moment là que tout se complique.
Nous nous mettons à bachotter au dernier moment dans l'optique de réussir cet examen final. Nous emmagazinons un nombre incroyable d'informations qui sont sensées être les bases d'une reflexion.
Mais le problème majeur réside dans le fait que de nombreuses inégalités sont alors révélées.
Il y a ceux qui ont été bien préparé pendant l'année dans un lycée où la réussite des élèves ne passera jamais sous la barre des 98%.
Et ceux dont les professeurs ont plus rapidement baissé les bras en sachant que l'objectif de l'année 2007 serait de faire un peu plus de 50% de bacheliers.
Il y a ceux qui sont formatés pour réussir. Ceux qui sont tout indiqués pour rater.
Ceux qui savent dès le départ qu'ils feront parti des 15% qui repasseront par la case terminale.
Et qui n'essayent donc pas de faire mentir les statistiques et les avis de leurs professeurs.
Aujourd'hui, le symbole qu'est le baccalauréat est évident, nous en rêvons depuis l'âge de 6 ans de cet examen.
Mais dans les faits nous n'avons pas réellement confiance en cet examen souvent jugé beaucoup trop inégalitaire et absolument pas représentatif de ce dont nous sommes réellement capables.
C'est donc plein d'angoisse et d'inquiétude que je m'en retourne à mes « prépabac » que j'ai la chance d'avoir pu me procurer contre la modique somme de 11 euros.
Sachant qu'il y en a 3 je suppose que c'est la clé de ma future réussite.

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De Enki

Alchimiste | 10H56 | 09/06/2007 | Permalien

Merci de ton témoignage, très intéressant commentaire, très lucide !
Une anecdote pour te faire flipper et une précision pour te rassurer.

Il y a … quelques années de cela, j'ai raté le bachot, série C (scientifique) à cause d'un 01 en bio, le correcteur m'ayant saqué parce que j'avais fait le schéma de la molécule d'ADN sans couleurs. J'étais en médecine deux ans plus tard, oui, parfois le bac c'est n'importe quoi, attends (un peu) de l'avoir pour t'enquérir de ce qu'est la docimologie…

Une précision quant aux lycées a 98% de taux de réussite, ne croies pas que la préparation y soit meilleure, c'est une affaire de sélection. Par exemple, dans la plupart de ces lycées, les élèves que les profs ne sentent pas au niveau ne sont pas inscrits au bac par l'établissement, et doivent le passer en candidat libre, ou se réfugier dans un lycée… à 50% parce qu'il prend tout le monde.

En fait, c'est un peu toi qui me pose problème…
Ton propos est clair et construit, ton analyse pertinente, et ton expression excellente. De plus, alors que tu es en période de bachotage, au lieu de trainer au café, de faire une partie en réseau ou de visionner un bon porno, tu prends le temps de surfer et commenter sur un site d'information. Qu'est ce qu'on te demande de plus ? Pourquoi te faire perdre ton temps ?
Je préfèrerais un bac un peu moins lourd et ambitieux, mais que l'on puisse mettre à la portée de tout le monde, au lieu d'abandonner les filières CAP-BEP, quite à le doubler d'un véritable examen pré-universitaire.
L'idée, en fait, c'est que l'ojectif de 100% de bacheliers ne soit pas celui des élèves ni des établissements, mais celui de l'éducation nationale.

Ceci dit… merde !

Portrait de Lulubellule

à Enki Portrait de Enki De Lulubellule

Elève ingé parisienne | 16H40 | 09/06/2007 | Permalien

Une autre petite précision concerant les lycées à 98% de réussite …

Non ces lycées, pour la plupart d'entre eux, ne font pas passer le bac en candidats libre aux étudiants qu'ils ne sentent pas au niveau !

Il y a un an, je passais mon bac … résultats de mon lycée : 100% de réussite …

Pourtant, aucun départ forcé, aucune incitation à passer le bac en candidat libre … et comme partout, il y avait des élèves en difficulté pendant l'année …

La préparation n'y est pas forcément meilleure, il y a comme partout, d'excellents profs, comme d'autres dont on pourrait se demander pourquoi ils enseignent encore …

J'ajouterai que ces lycées, en général, sont, soit des lycées privés, soit des lycées publics qui sélectionnent les élèves à l'entrée en seconde (comme c'est le cas de tous les lycées parisiens). Ceci explique peut etre cela …

Je réagis sur ce propos, car j'avais cet avis sur ce genre de lycées avant d'y entrer … mais ce sont souvent des rumeurs, et puis il est de bon ton de taper sur les bons lycées …

Portrait de Courageux anonyme

à Lulubellule Portrait de Lulubellule De

07H29 | 10/06/2007 | Permalien

Prenez un peu de hauteur.
Je respecte, je comprends le « pensée encore à l'état embryonnaire » de mon professeur de philosophie alors que je suis aujourd'hui professeur d'Université ! Il ne me viendrait pas à l'esprit de remettre en cause son appréciation qui a pour mérite de susciter l'interrogation plutôt que de flatter !

Portrait de Enki

à Lulubellule Portrait de Lulubellule De Enki

Alchimiste | 10H02 | 11/06/2007 | Permalien

Un bon lycée,de mon point de vue, c'est un lycée où les jeunes sortent meilleurs qu'ils n'y sont entrés, de mème qu'un bon prof, c'est celui qui va donner leur chance à ceux à qui les statistiques ne la donnent pas. Un très bon prof étant celui (ou celle, bien sûr, bien souvent) qui a la passion de le faire.
Chère Lulubellule, je dois ce que vous appelez une rumeur à quelques amis du café du commerce, professeurs de leur état, dont certains sont révoltés chaque année par le sacrifice d'élèves au chiffre, et je ne peux affirmer être réellement heureux d'avoir à portée de main un exemple probatoire en chair et en os de lycéen dégraissé en cours de terminale. Le facteur de base est effectivement la sélection à l'entrée, elle est socio-géographique (voire pseudo-geographique) pour certains lycées publics, elle est socio-qualitative pour les lycées privés. Ils ont leurs 100% à l'entrée, et non à la sortie.
J'ai le sentiment aussi qu'il est de bon ton de taper sur les bons lycées, ce qui ne me met pas d'accord avec vous, n'appellant pas la même chose un bon lycée.
De même que l'on appelle pas la même chose un élève en difficulté, d'un point de vue d'ancien éduc, un élève qui va au lycée n'est pas réellement en difficulté.
Un bon prof a facilement 50% d'élèves qui ratent le bac. Pour le rater, c'est qu'ils se sont donnés la peine de le tenter.

Portrait de Lulubellule

à Enki Portrait de Enki De Lulubellule

Elève ingé parisienne | 21H00 | 11/06/2007 | Permalien

Excusez-moi, cher Enki, de ne pas m'être exprimée assez clairement : bien sûr par élèves en difficulté, j'entendais « difficulté scolaire ».

Je pensais à certains de mes camarades qui avaient très largement en dessous de la moyenne dans des matières à fort coefficient, et ont pourtant eu leur bac : peut être avions nous un de ces « bons profs » dont vous parlez ? Bien sur que non, sinon la moitié de ma classe aurait raté son bac …

Quant à votre définition du bon lycée, elle me semble bien vague et pourrait s'appliquer à tous les lycées ! Des lycées d'où l'on sortirait pire que l'on est entré ? J'estime trop l'enseignement public pour le croire !
Ma définition du bon lycée ? Un lycée dont la politique est d'amener tous ses élèves au bac. Tout simplement. Pas seulement une volonté des profs donc, mais tout une dynamique portée par toute l'équipe pédagogique et l'administration.
Je me rappelle le message de ma proviseur adjointe à mon arrivée en seconde, nous signifiant sa volonté que nous restions tous jusqu'à la fin de notre terminale pour passer notre bac.

Je changerai la formulation de la fin de mon message précédent, pour dire qu'il est de bon ton de taper sur les lycées ayant de bons résultats, comme s'il n'était pas normal que certains réussissent, sous prétexte que d'autres peinent.

L'égalité des chances ce n'est pas l'anti-élitisme et le nivellement par le bas, mais donner les moyens à l'enseignement public pour que tous réussissent …

Portrait de poing-trop-n-en-faut

à Enki Portrait de Enki De poing-trop-n-en-faut

11H54 | 10/06/2007 | Permalien

Il me semble qu'il y a plusieurs problèmes avec le bac : le premier, c'est que pour qu'il ait une valeur il faut qu'il y en ait qui ne l'ait pas (si tout le monde l'a, on s'en tamponne), le deuxième, c'est le niveau de plus en plus faible et toutes filières confondues (y a qu'à voir, les sujets tombés il y a 15 ans -soit, dans les années 1990- sont infaisables pour nos élèves aujourd'hui).
On va ensuite dire que « ça dépend des lycées » et « ça dépend des profs dans les lycées » puis « ça dépend du milieu social des candidats ». Autant de paramètres que l'examen ne peut pas prendre en compte, on est d'accord. Bon. Mais, en général, si on est arrivé jusqu'au bac, et qu'on veut se donner les moyens de l'avoir, il est tout à fait possible de l'avoir. Il existe des CDI, des bibliothèques, qui offrent un savoir gratuitement : qu'on s'en serve !
Finalement, je considère que le bac est le premier examen important sans qu'il soit pénalisant (avec 82% de réussite, ça va). Parce qu'ensuite, il y a les concours blancs de prépa, les partiels pour les facs, et les vrais concours. Quand on dit qu'en Belgique et partout ailleurs ils ont pas de bac et qu'ils s'en sortent bien les gamins quand même, on oublie de dire qu'en France, on doit passer des concours pour tout, alors qu'en Belgique, en Suède, etc., ce n'est pas le cas. Il ne faut donc pas tout confondre. Soit on réforme le bac ET tout le système d'intégration sociale, soit on le maintient, mais on fait pas les choses à moitié.

Portrait de Enki

à poing-trop-n-en-faut Portrait de poing-trop-n-en-faut De Enki

Alchimiste | 13H36 | 11/06/2007 | Permalien

« pour qu'il ait une valeur il faut qu'il y en ait qui ne l'ait pas »

Comme le dernier sac de chez Vuitton, le droit de vote, l'argent… la liberté, l'égalité, la fraternité…

 ?

Portrait de Courageux anonyme

De

14H12 | 09/06/2007 | Permalien

Il ya une chose qu'il faudrait m'expliquer !
Courageux anonyme envahit le blog, est-il seul ou bien plusieurs personnes utilise ce pseudo ?
Aujourd'hui il est lycéen en terminale , l'autre jour il était étudiant , il habite Strasbourg, il ou elle a deux enfants, …le CV change tous les jours ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ,

Portrait de Ophélie Neiman

De Ophélie Neiman (auteur)

Rue89 | 18H40 | 09/06/2007 | Permalien

Courageux anonyme, c'est vous, c'est lui, c'est elle, ce sont tous ceux qui ne se sont pas inscrits sur le site. Ils peuvent donner leur avis mais leur pseudo, par défaut, est celui-ci.
Vous remarquerez aussi que les courageux anonymes ont une écriture gris clair, alors que les inscrits ont une écriture noire. Une façon comme une autre d'inciter les internautes à s'identifier.

Portrait de annakarénine

à Ophélie Neiman Portrait de Ophélie Neiman De annakarénine

09H23 | 11/06/2007 | Permalien

c'est drôlement mieux quand on sait à qui on parle même si c'est en différé et que la parole n'a pas de grain, seulement le plat relief de l'écriture en ligne. C'est Annakarénine qui y est !

Portrait de Courageux anonyme

De

09H38 | 10/06/2007 | Permalien

Pourtant ça semblait plutôt évident… Mais promis ça ne tombera pas au bac en dissertation ! ! Te voila sauvé(e) si jamais tu étais concerné(e) ! !

Portrait de poing-trop-n-en-faut

De poing-trop-n-en-faut

11H56 | 10/06/2007 | Permalien

Celle-là, elle est énorme !

Portrait de Courageux anonyme

De

16H48 | 09/06/2007 | Permalien

Je voudrais juste revenir sur les inégalités à déplorer par rapport au bac.
On peut aujourd'hui dire que le Bac s'achète, simplement parce que les bouquins de révisions par exemple sont très couteux (10 € en moyenne) ou encore parce que certains peuvent plus que d'autres se permettre de prendre des cours particuliers (30 € de l'heure en moyenne).
C'est un paradoxe intéressant d'ailleurs, on remarque que ceux dont le capital culturel est le moins grand (les élèves des classes populaires)ont bien évidemment plus besoin de cours supplémentaires.
Malheureusement ce sont toujours les mêmes à qui profite le savoir.
Ceux qui peuvent le monayer.

Portrait de sup. à la demande du riverain 30 juin

De sup. à la demande du riverain 30 juin

XXX | 21H11 | 09/06/2007 | Permalien

Je vais être clair : le bac, de nos jours, ne vaut rien. En tant que tel. Comparez à un bac pro, un bac pro vous ouvre des portes dans l'industrie, les services, tandis qu'avec un bac général, vous n'aurez aucun boulot.

De plus, le bac ne vaut rien : le niveau est faible. C'est peut-être méchant pour ceux qui le rate, mais c'est pourtant la vérité. La personne en terminale parle « d'énorme quantité d'informations emmagasiné ». C'est tout le contraire, j'ai fait un Bac S, option SI, spécialisation Physique Chimie, section européenne. E, physique par exemple, je n'ai pour ainsi dire pas eu de prof de toute l'année, mais j'ai réussi à avoir 14 au bac dans cette matière, et non grace à la chance comme j'ai pu le lire, mais juste parce que la quantité d'information n'était pas très importante, et que même avec des lacunes dans le cours (je n'avais pas le droit à la calculatrice quand j'ai passé mon bac, j'en ai été bien embêté quand il fallait citer certains théorème), les exercices sont ainsi fait que l'on peut s'en sortir quand même.
Par contre, après la terminale, tout change. Que ce soit en médecine (des amis) ou en prépa (surtout la deuxième année, expérience personnelle), la quantité d'information devient énorme, et les calculatrices ne sont jamais autorisées, il faut donc retenir toutes les formules, les démonstrations, et toute les conditions qui vont avec…

Je n'étais pas dans un grand lycée, dans une classe asser bizarre (là où au niveau nation, la fillière SI à le plus fort taux de réussite, dans ma classe le taux était d'environ 60%, mais avec 4 mentions très bien, et 12 mentions bien). Ce qui ont réussi n'étaient pas forcément les plus aisés, aucun ne prenait de cours particuliers.

Evidemment que les gens cherchent une mention, comme je l'ai dit, le bac a un niveau médiocre. Quand on a pris conscience de ça, on cherche une certaine satisfaction tout de même.

(Non je ne suis pas fils de riche, mes parents sont fonctionnaire pour l'un, femme au foyer pour l'autre, j'étais dans un collège basique avec ses problèmes, dans un lycée tout aussi basique, je suis maintenant en école d'ingénieur).

http://politique.heaven-hosting.biz

Portrait de Courageux anonyme

à Enki Portrait de Enki De

17H55 | 10/06/2007 | Permalien

Le taux de réusssite est d'environ 83%, tous bacs confondus.

Ca donne environ 63% d'une classe d'âge. Ca ne veut ps dire qu'il sort chaque année 37% de non diplômé, mais ça fait quand même un sacré paquet de jeunes dont la formation est nettement limite face à l'avenir.

Portrait de Courageux anonyme

à Enki Portrait de Enki De

18H36 | 16/06/2007 | Permalien

Oui par souci d'économie et puis la sélection se fait naturellement en première année d'université ou par concours pour les grandes écoles ! Quel intérêt d'avior un Bac donné à plus de 80 % des candidats… Inutile, ridicule et en plus gaspillage Scandaleux ! Fillon il est temps de supprimer le bac héritage napoléonien…

Portrait de daniel

De daniel

07H21 | 09/06/2007 | Permalien

AMHA, supprimer le bac revient à instaurer des concours pour l'entrée à l'université.
Pourquoi pas.

Sinon, les arguments, de stress, de cout sont un peu léger dans ce genre de débats, je trouve.

Personellement, je suis pour le maintien, ne serait parce que c'est une longue tradition (je sais c'est encore plus léger comme argument ; ) ).
Je trouve positif que les étudiants ait un objectif de travail en fin d'année.

Comme cela a été suggéré, on pourrait y mettre une dose de controle continu, ce qui devrait apaiser le stress et encourager les lycéens à travailler tout au long de l'année.

Portrait de Courageux anonyme

De

07H30 | 09/06/2007 | Permalien

Un avantage du bac par rapport au contrôle continu, c'est qu'il est anonyme. On ne l'obtient pas par « relations ». Un autre, c'est qu'il force les jeunes à bachoter, justement, donc à bosser beaucoup plus qu'ils ne l'auraient fait s'il n'existait pas, surtout à cet âge, où la longueur de la jupe de sa voisine de classe ou le sourire charmeur de son voisin prend le dessus sur tout le reste. Stressant ? Certainement. Mais la vie professionnelle l'est tout autant, non ?
Tant mieux si une large proportion des élèves l'obtient. Cela prouve qu'ils ont bien choisi leur section et qu'ils se donnent du mal pour réussir. Pourquoi en déduire qu'il est « facile » ? S'il était vraiment aussi « facile », alors pourquoi tout ce stress ? Pas bien logique.

Portrait de Courageux anonyme

De

07H41 | 09/06/2007 | Permalien

pourquoi on n'instaure pas un tirage au sort,ca serait plus simple,et tout le monde serait sur le même pied d'égalité….

Portrait de Courageux anonyme

De

07H52 | 09/06/2007 | Permalien

Le bac est le symbole d'un systeme a bout de souffle. Systeme scolaire qui ne repond plus aux besoins de la societe et au developpement des enfants, systeme universitaire ou le parcage des etudiants est plus efficace que leur epanouissement, et entre les 2 un diplome qui effraie les eleves tout en ne possedant aucune valeur pour travailler.
Faut il supprimer le bac ? oui si l'on remet tout a plat sinon gardons le comme la statue de Jeanne d'arc ou la tombe du soldat inconnu.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H03 | 09/06/2007 | Permalien

remettre à plat ? oui certainement…
A gauche on aime remettre à plat.
Le problème, c'est que cela ne suffit pas. Il faut faire des propositions.

Portrait de René B.

De René B.

08H08 | 09/06/2007 | Permalien

D'accord pour que le contrôle continu joue un rôle plus important.
Mais, essayons de faire en sorte de garder le rituel du passage, très important pour la constitution de l'individu, jeune ou moins jeune.
Le moment où on franchit la frontière entre un espace et un autre, un temps et un autre, demande à être souligné. Cela, dans les rituels initiatiques, porte le nom d'épreuve. Pas pour en « baver » et renforcer la notion de « mérite“- fichtre, non ! - mais pour baliser la route. Or le rendez-vous, tel jour, telle heure, est irremplaçable même s'il a besoin d'être accompagné d'un suivi d'appréciation.
Pas de mythe du grand soir mais pas de banalisation non plus. Les gens qui pratiquent l'apprentissage de la pratique théâtrale, par exemple, le savent bien. On suit un atelier toute l'année et on peut y apprécier de jour en jour ses progrès et ses manques. Mais le moment de la représentation est un temps particulier et essentiel de l'apprentissage qui souvent permet à la personne de concrétiser et de potentialiser ce qu'elle a appris.
Donc, considérons l'épreuve du Bac comme un moment singuler qui possède sa valeur propre et nécessaire. N''en faisons pas l'aboutissement. Pas de quitte ou double. Mais donnons lui toute sa dimension de tremplin pour la vie. Et pas seulement pour la vie du monde du travail mais pour la vie de l'individu.
Pour ce faire, j'ai bien conscience que c'est tout le système de l'éducation qui est en jeu. Et pourquoi pas ? On veut des réformes ? Faisons-les en plaçant le développement de l'individu, au centre du processus.
Pour un Bac ‘humain’. Reste à définir ce que c'est qu'être” humain ». Cela fera peut-être l'objet d'un prochain commentaire…

Portrait de ebolavir

à René B. Portrait de René B. De ebolavir

Tianjin | 09H18 | 09/06/2007 | Permalien

Tout à fait d'accord sur l'idée du rite de passage. Je viens d'être témoin du déroulement du 高考 gaokao, le grand examen national unifié d'entrée dans l'enseignement supérieur en Chine. 10 millions de candidats. Un symbole national, cette année est la 30e de son rétablissement après la Révolution Culturelle. Le grand monument à la méritocratie, successeur des examens de district, premier degré des concours impériaux de l'ancien temps.
Mais aussi le couronnement d'années de bachotage (le mot) car le but de l'enseignement, c'est de préparer à l'examen.
Un des arguments en sa faveur, c'est que le remplacement de ce grand test anonyme par quelque chose de varié et ouvert ouvrirait la voie à « une inondation d'abus et de corruption ».

On ne sait pas comment faire autrement, alors on le garde. Un Français ne se sent pas vraiment dépaysé.

A lire (en anglais)

http://www.chinadaily.com.cn/opinion/2006-06/10/content_613553.htm
http://www.chinadaily.com.cn/china/2007-06/07/content_889597.htm

Portrait de daniel

à ebolavir Portrait de ebolavir De daniel

18H05 | 09/06/2007 | Permalien

très intérressante mise en perspective.
Cela dit, il faut rappeller qu'en Chine, cet examen est autrement plus important que notre Bac puisqu'il conditionne l'entrée à l'université : les meilleurs notes allant dans les « meilleures » universités.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H09 | 09/06/2007 | Permalien

Le bac a fini par devenir un certificat de « cursus scolaire », qui a perdu toute crédibilité, puisque le taux de réussite est celui qu'ont décidé les instances gouvernementales, qui font pression sur les auteurs de sujets et les correcteurs de plusieurs façons :
1)consignes de rédaction de sujets « faisables par 80% des classes terminales actuelles », en perdant donc toute référence au programme officiel et aux compétences correspondantes exigées. L'examen s'adapte à l'élève…….
2)lors de la correction collective de certaines épreuves, tous les correcteurs corrigent simultanément en un même lieu les copies de l'académie et selon les mêmes critères. La moyenne académique est calculée. Un Inspecteur Pédagogique Régional ou son envoyé annonce alors la moyenne souhaitée pout cette épreuve, d'ou calcul du coefficient multiplicateur à appliquer pour se plier à cette volonté et ontenir le résultat désiré.
Beaucoup d'enseignants se plient sans rechigner à cette manoeuvre…
On annonce ensuite de très bons résultats……ce qui est valorisant pour les établissements, rassurant pour les parents, mais ne traduit qu'un souci de gestion des flux d'élèves, en vue de libérer la place pour les suivants…..

Portrait de Courageux anonyme

De

09H01 | 09/06/2007 | Permalien

De toutes façons, on le donne pratiquement à tout le monde ….
Et quant au stress …. ? ! Si nos chères têtes blondes n'ont pas plus de stress que ça dans la vie….tout ira bien pour eux.
Et cher pour finir… alors là il faut vite le supprimer, nos députés en profiteront pour se voter une augmentation.

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